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Les Tournesols de van Gogh et de Monet

Les Tournesols, Vincent van Gogh 1888, Munich, Neue Pinakothek

« Gauguin me disait l’autre jour qu’il avait vu de Claude Monet un tableau de tournesols dans un grand vase japonais très beau, mais – il aime mieux les miens. Je ne suis pas de cet avis. »

Cette confidence poignante, Vincent Van Gogh la fait à son frère Théo. On est saisi par l’extrême modestie et le doute qu’elle exprime. Van Gogh avait-il vu le Bouquet de soleils dans un vase peint sept ans plus tôt par Monet ? Ou n’est-il « pas de cet avis » simplement parce qu’il admire Monet et qu’il n’est pas satisfait de sa propre peinture ?
On aimerait savoir ce que Monet pensait des Tournesols de van Gogh, s’il les connaissait, et des siens. Etait-il lui aussi plein de doutes, comme c’était souvent le cas ?

Coïncidence étonnante : deux peintres géniaux choisissent par hasard le même sujet de nature morte, un bouquet de tournesols dans un vase.
D’emblée, ils sont confrontés à la même difficulté bien connue des maîtresses de maison : trouver un grand vase. Van Gogh opte pour une poterie rustique vernie dans le même ton jaune que la couleur des fleurs. Monet choisit un vase de couleur complémentaire, en porcelaine bleue.
Nos peintres préparent maintenant leur bouquet. Les fleurs sont difficiles à arranger. Chez van Gogh comme chez Monet, elles ont l’air de n’en faire qu’à leur tête, surgissant dans tous les sens, à toutes les hauteurs.
Et puis les deux artistes préparent leur palette, leurs brosses, et se lancent, chacun avec son style propre. Van Gogh se passionne pour son sujet, qu’il traite de nombreuses fois, en série. Ce seront des chefs-d’oeuvre. Monet abandonne le motif du bouquet de soleils après ce tableau, qui ne marquera pas la postérité.
Tout comme van Gogh, Claude Monet aimait beaucoup les tournesols, fleurs géantes d’un jaune éclatant. On se souvient de l’escalier à travers les soleils dans Le Jardin de l’artiste à Vétheuil, au millieu desquels son fils paraît encore plus petit.
Monet a des tournesols plein son jardin, le choix de ce motif de bouquet, peint peut-être un jour de pluie, n’a rien d’étonnant.
Bouquet de soleils Claude MONET 1881 Metropolitan Museum of Art, New York Des tournesols épanouis, Monet fait des zones vibrantes, des capteurs solaires. Touche douce et caressante, fond travaillé de rose, de mauve, de violet : malgré les couleurs vives des fleurs jaunes, des feuilles vertes, de la nappe rouge, l’ensemble exhale une beauté comme féminine. C’est le côté yin des tournesols, qui s’exprime dans un tableau à l’ambition avant tout décorative.
La comparaison avec Douze Tournesols dans un vase de van Gogh (Munich) révèle le côté yang du sujet. La vigueur du dessin, les contours nets, expriment la force. Le nombre réduit de couleurs crée une harmonie chromatique et fait ressortir les fleurs sur le fond bleu pâle. Mais derrière cette harmonie de la couleur, le tableau offre tout autre chose que l’aimable bouquet de fleurs de Monet.
Des têtes échevelées et barbues, un oeil, une bouche, des coeurs : les Tournesols de van Gogh interpellent le spectateur comme des représentations humaines.
Le peintre a composé son bouquet avec des fleurs à tous les stades de leur évolution : en bouton, épanouie, fânée, en graines… Chacun peut y voir une image de la vie qui passe, et c’est sans doute ce qui nous touche dans ce tableau, et peut-être nous met un peu mal à l’aise. Vincent pousse un cri de révolte face à la condition humaine, Monet veut oublier le temps qui s’écoule.


15 commentaires

  1. petroz dit :

    http://www.petroz.com/gallery/au...

    http://www.petroz.com

    mercredi 5 juillet 2006, 15h37
    Un antiquaire genevois croit avoir trouvé un Van Gogh

    Nathalie Ogi

    GENEVE (AP) – Découvrir une toile de Van Gogh sur un marché aux puces: le rêve de tout amateur d’art. Il y a trois ans, Jules Pétroz, un antiquaire genevois, achète à un ami un portrait ressemblant étrangement au maître hollandais. Serait-ce un autoportrait de Vincent? Les experts sont sceptiques, mais ce passionné ne se laisse pas décourager. De nos jours, l’authentification d’un tableau relève bien souvent du parcours du combattant.

    En voyant ce portrait pour la première fois en avril 2003, Jules Pétroz s’est senti interpellé par le regard de l’homme aux sourcils relevés, sous son chapeau. "J’ai d’abord pensé à Bonnard". L’antiquaire entreprend des recherches et découvre que cette toile manifestement ancienne pourrait correspondre à la période parisienne de Van Gogh. Entre 1886 et 1888, le peintre a réalisé une vingtaine d’autoportraits, la plupart non signés.

    A cette époque, Van Gogh habite chez son frère Théo, puis partage une chambre avec un ami. Il tombe malade, subit une opération et perd beaucoup de poids. Ce qui expliquerait, selon Jules Pétroz, le visage amaigri du portrait. L’antiquaire émet aussi une autre hypothèse: la toile est peut-être l’oeuvre d’un peintre contemporain de Vincent.

    La difficulté consiste dès lors à parvenir à authentifier ou du moins à déterminer la provenance du tableau, initialement trouvé sur le marché aux puces de la plaine de Plainpalais. En novembre 2004, l’antiquaire envoie une photo du tableau au Musée Van Gogh à Amsterdam qui rend un avis négatif: l’oeuvre ne peut pas être attribuée à Vincent.

    Pour l’antiquaire toutefois, le rêve reste permis. L’institution hollandaise n’accepte pas facilement un nouveau tableau. Même s’il se montre sceptique lui aussi face au tableau de Jules Pétroz, dont la facture lui semble exclure la main de Van Gogh, l’historien d’art français Pascal Bonafoux confirme que le processus d’authentification est compliqué.

    "Le musée Van Gogh s’est arrogé le droit exclusif d’authentification des oeuvres, ce qui pose divers problèmes", note en effet Pascal Bonafoux. Ce dernier a lui-même été confronté à un cas similaire, avec un paysage de Van Gogh, que nombre d’experts attribuaient au maître hollandais. Tous les éléments techniques convergeaient. "Le musée d’Amsterdam n’a même pas voulu le voir et à ce jour, l’oeuvre n’est toujours pas authentifiée", relève le professeur.

    "Le marché de l’art étant ce qu’il est, les enjeux autour des oeuvres de Van Gogh sont tellement énormes, que plus personne n’ose se prononcer", ajoute l’historien d’art qui enseigne à la Sorbonne. Les autres musées refusent de donner leur avis. Quant aux maisons de vente aux enchères, elles fonctionnent selon des règles strictes et n’y dérogent pas. Sotheby’s Genève renvoie ainsi au Musée Van Gogh pour toute authentification d’oeuvre.

    Fort d’une certaine expérience, Jules Pétroz ne baisse toutefois pas les bras. En 1997, il a déjà découvert, sous un pastel acheté au marché aux puces de Genève, un portrait de Méry Laurent, qu’il attribue à Edouard Manet. L’oeuvre n’est à ce jour pas formellement identifiée, mais elle a acquis une forme de reconnaissance, grâce à une publication dans un catalogue des Musées nationaux en France. L’autoportrait de Van Gogh connaîtra-t-il le même destin? Après tout, le rêve fait partie intégrante du monde de l’art. AP

    tl/S

    Geneva (AP) – To discover a Van Gogh painting at a flea market is every amateur’s dream.

    Nathalie Ogi

    To discover a Van Gogh painting at a flea market is every amateur’s dream. Three years ago, Jules Petroz, a Swiss antiques dealer, purchased a painting from a colleague. It was a picture of a man who bore an uncanny resemblance to the Dutch master. Could it be a self-portrait? The experts are sceptical, but this enthusiast will not easily be discouraged. These days, the process of verifying a painting’s authenticity resembles more often than not an assault course.

    Seeing this portrait for the first time in 2003, Jules Petroz felt compelled by this man’s countenance under his hat, his eyebrows raised.

    “I thought of Bonnard at first” M Petroz declared. He did some research and discovered that the painting, which was clearly from another era, might correspond to the time of Van Gogh’s sojourn in Paris. Between 1886 and 1888 Van Gogh completed about twenty self-portraits, all of which were not signed. While in Paris he lived with his brother Théo and subsequently shared a room with a friend. He became ill, underwent an operation, all of which resulted in a considerable loss of weight. This would explain, according to Jules Petroz, his thin appearance in the painting. However, the antiques dealer does have another hypothesis: it could be the work of one of Vincent’s contemporaries.

    For now, the difficulty lies in establishing the painting’s authenticity or, at least, in determining the origin of the work. In November 2004, M Petroz sent a photo of the painting to the Van Gogh Museum in Amsterdam, who replied in the negative: the work could not be attributed to Vincent Van Gogh. Nevertheless, one is free to dream. The Dutch institution does not easily accept the existence of a new work. The complexity of the process of authenticity is confirmed by the French art historian, Pascal Bonafoux, for whom the work appears excludes the master’s brush.

    “The Van Gogh Museum apportioned itself the sole right to authenticate the master’s works, which has proven problematic,” noted M Bonafoux. He too was confronted with a similar case – a landscape painting which many experts attributed the Dutch Master. All the technical requirements converged. The professor, who teaches in the Sorbonne adds,

    “The museum in Amsterdam did not even want to see it, and, to this day, the work remains unverified. The art market, being what it is, the stakes surrounding Van Gogh’s works being so high, nobody dares to take a stance.”

    The other museums refuse to give an opinion. As for the auction houses, they operate strictly by the rules and will not deviate from this position. Sotheby’s of Geneva would automatically send the painting Amsterdam for approval.

    Nonetheless, Jules Petroz, on the strength of a certain experience will not give up just yet. In 1997, he made discovered another painting hidden beneath a pastel bought in the same flea market. It was a portrait of Mery Laurent which he attributed to Edward Manet. The work has yet to be formally identified but it has attained a certain amount recognition owing to a publication in the catalogue of the National Museums of France. Will this self-portrait meet the same fate? After all, to dream is an integral component in the world of art.

    tl/S

  2. youssef dit :

    s’est un artiste

  3. petroz dit :

    JULES PETROZ http://www.petroz.com
    Est heureux de vous inviter pour la sortie de son livre, « MANET,VAN GOGH ET NOUS ».
    Éditions Le Manuscrit Paris
    Le 31 mars 2009, une soirée de dédicaces se déroulera à la galerie du PASSAGE DE RETZ,
    9, rue Charlot, dans le 3e arrondissement à Paris, à partir de 18 heures.
    Le 1er avril 2009, de 18 heures à 20 heures au Café – Restaurant
    LES DEUX MAGOTS
    6 place Saint-Germain-des-Prés – 75006 Paris
    Présent au 23e SALON DU LIVRE de Genève du 22 au 26 avril 2009 !
    Un livre qui retrace le parcours d’un brocanteur de province et de son épouse, qui découvrent un jour, par hasard et pour quelques francs, caché sous une croûte, le portrait du modèle et la maîtresse d’Edouard Manet ; Mery Laurent.
    Le caractère érotique de la toile d Edouard Manet , peinte il y a plus de cent ans, aurait fait un tel scandale que l’on avait d’autre choix que de la cacher…..

  4. Himawari dit :

    Ces comparaisons sur les Tournesols de Monet et de Van Gogh, puis cette découverte d’un auto-portrait peut-être de Vincent, et d’une toile qui est peut-être de Manet, sont vraiment passionnantes, et me font penser à la problématique du double et aux multiples synchronicités de la vie. Je me suis demandée aussitôt : que ferais-je si je découvrais par hasard une toile qui puisse être de Van Gogh? Certainement, je la garderais précieusement, et je considérerais cette rencontre comme un clin d’oeil malicieux du peintre, une main serrée à travers les siècles. L’important, est-ce vraiment de savoir s’ils sont vrais? N’est-ce pas plutôt cette joie de la découverte de ce que l’on considère comme un trésor?
    Je vous réécrirai. A bientôt!

  5. Ariane dit :

    Une belle oeuvre rien que pour soi, c’est fantastique ! Pourtant, qui peut résister à chercher à se prouver qu’il a gagné au loto ?

  6. Himawari dit :

    Vous avez raison Ariane, c’est essentiel de savoir si l’on a gagne a la loterie, et surtout, la recherche de la verite ne peut etre abandonnee. Mais en l’occurence les rsultats de cette recherche s’averent difficiles a trouver car ils sont lies a de multiples enjeux, financiers surtout. Ces enjeux depassent l’art et l’artiste et voici notre antiquaire dans un Labirynthe. Mais heureusement, grace a votre blog, il va peut-etre trouver le fil d’Ariane!

  7. niman dit :

    je m’exuse de vousderanger je voudrai vous demander combien y a t-il de nuance dans cette oeuvre tres charmante

  8. Ariane dit :

    Je l’ignore, cela doit être bien difficile à compter !

  9. lorie922 dit :

    j’aimerais faire les tournesols de van gogh ( premiere image ) en 3D auriez vous une idée pour trouver des fleurs en miniature ??
    Merci d’avance 😉

  10. Ariane dit :

    Désolée, je n’ai aucune piste pour des fleurs miniatures. Bonne réalisation !

  11. kahlo dit :

    Van Gogh est l’artiste que j’aimais parce qu’il fait toujours une peinture auto-portrait.

  12. Colombus dit :

    Le tournesol, de la naissance à la mort : une autre vision d’artiste contemporaine à découvrir.

  13. Samia dit :

    J’aime tros les tableau de van gogh comme les mongeur de pomme de terre ou la récolte et les tournesols et l’orei couper il est mon meilleur

  14. Bertrand Lapicorey dit :

    Bonjour,

    Auriez-vous l'amabilité de me communiquer les références de cette lettre de Vincent à Théo car je n'arrive pas à la trouver dans les lettres de Van Gogh?

    Bien à vous

  15. ariane dit :

    Elle est en ligne à l'adresse suivante, au niveau de la note 15 :

    http://www.vangoghletters.org/vg/letters/let721/print.html

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