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Coup de vent

Vent dans les bambous13 degrés ce matin au lever du jour : il faut aimer la tempête pour s’en réjouir, et se ficher comme d’une guigne de la panique semée dans la nature.
Le vent a mugi toute la journée, torturant les arbres. J’avais peur, en traversant le parc, de prendre une branche sur la tête. Même une brindille doit faire mal, j’imagine. Les automobilistes sont attentifs à l’endroit où ils garent leur voiture.
Le vent retrousse les plumes des oiseaux. Comment font-ils pour voler dans la bourrasque ? Ils ont l’air imperturbable.
Sur la Seine, les mouettes, les cygnes, les canards posés sur l’eau se laissent porter par le courant, puis, à un repère connu d’eux seuls, ils décident qu’il est temps de prendre leur envol pour remonter un peu en amont. Les cygnes adorent se laisser porter en deçà du pont. Une question de territoire, je suppose. C’est un spectacle de les voir prendre leur élan en courant sur l’eau, puis voler, allongés comme un trait, à quelques mètres au-dessus du pont. Que c’est beau, un cygne en vol.
Il est temps que cette douceur hors de saison prenne fin. Qu’on aperçoive un flocon de neige. L’air est déjà peuplé de moucherons. Et le long du mur du jardin, les premiers iris sont prêts à fleurir. Si ! Je vous assure que c’est vrai. Trois mois d’avance. Je les gronde : « Espèces d’idiots ! qu’est-ce qui vous prend de fleurir maintenant ? Vous n’avez pas vu le calendrier ? On est en janvier. En janvier ! » Rien n’y fait. Ils n’en font qu’à leur tête.


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Ariane.

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