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Donner un genre

Ancolie Une dame anglaise m’a raconté avec quelle incompréhension elle a découvert quand elle était petite que les noms avaient un genre en français. Comment une table pouvait-elle être « féminine » ? Avec la logique des enfants, cela lui paraissait, disons, grotesque. Depuis, il lui a fallu faire de gros efforts pour tenter de mémoriser un tant soit peu le genre des noms dans notre langue.
Pour avoir lutté comme elle avec des langues étrangères (pourquoi en allemand dit-on le table et la tableau ?) cette dame a toute ma sympathie. En français, il va de soi que le genre des noms me paraît aller de soi, comme tout le monde dans sa langue maternelle.
Il reste pourtant un irréductible champ du vocabulaire où son aspect arbitraire me redevient conscient : c’est celui du nom des fleurs. Cela m’agace comme un caillou dans la chaussure, pour certaines, j’ai du mal à trancher entre le et la.
Essayez, on va voir si vous êtes plus à l’aise. Pivoine ? Fritillaire ? Azalée ? Ellébore ? (Réponse : les quatre sont féminines).
Un truc qui marche quelquefois, mais pas toujours, c’est de se référer au nom latin de la plante, dont la terminaison indique le genre. Encore faut-il le connaître, et n’est-ce pas, les langues étrangères…


2 commentaires

  1. Alors j’avais faux pour "fritillaire", que j’aurais mis au masculin!
    J’ai eu tout récemment des discussions avec des personnes adultes confrontées à l’apprentissage d’une langue étrangère. Un brésilien, prof de français langue étrangère au Brésil, et vivant maintenant en allemagne, a suivi des cours d’allemand avec son regard de "prof de FLE". Il a été confronté à une enseignante n’ayant pas bien réfléchi à ce que peut être l’apprentissage d’une langue pour des adultes étrangers…pour elle, la logique de la langue allemande était LA logique, et elle ne parvenait pas à entrevoir quelles pouvaient être les difficultés d’apprentissage de personnes dont la langue répondait à une autre logique!…
    Et ma soeur, ayant [veinement!] tenté d’apprendre le finnois s’est retrouvé à peu près dans la même situation, l’enseignement du finnois n’étant pas encore, vraisemblablement, doté d’une pédagogie efficace pour l’apprentissage de cette langue par des étrangers!…

  2. Ariane dit :

    Ca fait toujours du bien de repasser du côté des élèves, n’est-ce pas ! C’est difficile d’être confronté à une autre logique, ce n’est pas facile non plus d’expliquer celle de sa langue. Quand j’étais prof de FLE en Amérique latine j’ai eu bien du mal à expliquer ce qu’était le partitif (du pain, de la farine) et pourquoi il fallait mettre ce du ou de la devant le nom. Encore une bizarrerie du français !

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