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Le Bureau des Finances

Bureau des Finances, Office de Tourisme de RouenC’est depuis l’une des trois fenêtres de gauche de l’ancien Bureau des Finances de Rouen que Monet a peint sa série des Cathédrales, qu’il voyait légèrement de profil juste en face de lui.
En 1892, la pièce servait de salon d’essayage au magasin de vêtements du rez-de-chaussée, tenu par Monsieur Fernand Lévy.
Le bâtiment, devenu propriété de la ville de Rouen, abrite aujourd’hui l’Office de Tourisme.
Les visiteurs n’accèdent plus à l’étage, (dommage !…) mais peuvent, mieux qu’à l’époque de Monet, profiter du magnifique décor Renaissance de la façade, avec ses arcs surbaissés et ses putti inspirés de l’Italie.
On doit le bâtiment à un architecte surdoué, Rouland Leroux, qui a beaucoup travaillé à Rouen au début du 16e siècle. Il oeuvre, notamment, au Palais de l’Echiquier (devenu Palais de Justice), et au portail de la cathédrale.
La diversité de son talent s’exprime dans ces trois monuments qui ne se ressemblent pas, alors qu’ils ont été réalisés en même temps par le même maître-maçon.
Le portail occidental de la cathédrale est de style gothique, en harmonie avec le reste de l’édifice, bien que sa période de construction (1509 – 1526) coïncide avec les débuts de la Renaissance en Normandie.
Pour les bâtiments civils, Rouland Leroux se permet plus de liberté. Il adopte au Palais de l’Echiquier un style exubérant qui tient à la fois du gothique flamboyant et de la Renaissance. Et puis ici, au bureau des Finances, le voilà qui oublie gâbles et fleurons pour donner dans le dernier cri de la modernité, une harmonie et un décor copiés des palais italiens.
On a peine à croire que les deux chantiers, de part et d’autre du parvis de la cathédrale, soient exactement contemporains, commencés tous deux en 1509. A première vue, plusieurs décennies, au moins, semblent les séparer.
La tradition affirme qu’une console du mausolée des cardinaux d’Amboise, à l’intérieur de la cathédrale de Rouen, représente le fameux architecte. Si c’est bien lui, c’est émouvant de découvrir les traits de son visage, avec ses yeux perçants et son front haut. On le devine intelligent, et, comment dire ? pas facile. Une moustache et une barbe taillée, rousses peut-être, encadrent une petite bouche d’où devaient sortir des ordres définitifs.
Rouland Leroux n’a pas son nom sur la console, mais on dit qu’il a signé à sa manière ses créations. La balustrade du Palais de Justice est composée de cercles, où l’on peut voir des armes parlantes, la « roulante roue ». Peut-être est-ce cette même roue qu’encadrent six fois les petits putti potelés de la façade du Bureau des Finances.


3 commentaires

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Ariane.

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