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Pomologie

Exposition pomologique à GivernyCette science, je n’en avais jamais entendu parler avant de vivre en Normandie. Ici la pomologie concerne le plus souvent les pommes. On est donc enclin à croire qu’elle se limite à elles et par conséquent tenté d’écrire ‘pommologie’ avec deux m, mais le mot n’en prend qu’un. C’est l’étude des fruits, du latin pomus, le fruit.
Une exposition pomologique vient de se tenir à Giverny, dans l’ancienne gare transformée en salle des fêtes. Dans ce lieu qui fut fréquenté par Monet, les fenêtres dessinent des tableaux de ses paysages.
A peine la porte franchie, on est assailli par une puissante odeur de pomme issue de dizaines de variétés mêlées. Cultivées par le verger-conservatoire de Saint-Clair-sur-Epte, des pommes de toutes espèces, couleurs, formes et aspect sont présentées dans des assiettes étiquetées.
Combien y en a-t-il ? Peut-être une centaine de variétés, et cela a déjà de quoi faire tourner la tête, mais ce n’est pourtant qu’un échantillon des quelque 20 000 cultivars que la nature a inventés.
On parcourt les tables, on lit les noms des fruits. C’est tout un voyage. Rien à voir avec l’étal du marché : ici les pommes sont des individus, avec des têtes, des personnalités, une histoire, et non pas des clones interchangeables. Il y a en elles cette complicité de l’humain et de la nature qui date d’avant l’ère des machines et des engrais. Elles ont été nommées comme on nomme un enfant, et non pour mieux se vendre. Pigeon blanc d’hiver, pigeon commun, croquet, reinette parmentier, gros vert, cramoisie de Gascogne, grand Alexandre, glacée d’hiver… Voici l’api étoilé à la si jolie forme pentagonale. Et voici les reinettes, goûteuses et sucrées, mais défense de toucher !
Quelques passionnés s’attachent à conserver les variétés qui ont régalé nos aînés mais qui ont depuis déserté les étals. Outre le fabuleux réservoir de gènes qu’elles représentent, elles ont de multiples qualités, la première étant d’être parfaitement adaptées au terroir. A leur aise dans l’écosystème, elles résistent à tous les temps et toutes les maladies sans traitement. Ce sont les pommes commerciales qui sont les plus fragiles.


6 commentaires

  1. Sigismond de Phalèse dit :

    C’est sûr ça fait tourner la tête de tomber dans autant de pommes.

    Sigismond

  2. Tania dit :

    Voilà qui ravirait ma mère, éternellement nostalgique des "vraies" pommes du verger de ses parents.

  3. Ariane dit :

    Quand c’est bon, ça ne s’oublie jamais…

  4. Therese dit :

    Divin! Ah cette vue me rappelle les odeurs lorsqu’on ouvrait la porte de la cave l’hiver pour aller chercher pommes et poires a mettre sur la table ou dans les cageots pour la vente. Mon papa n’est plus depuis longtemps et le verger a ferme ses portes mais les doux parfums restent pour toujours dans ma memoire ressucites de temps en temps par une vue comme celle-ci un parfum sorti de je ne sais ou le plus souvent a la campagne au detour d’un chemin.
    Merci de m’avoir permis ce voyage en arriere.

  5. Ariane dit :

    Quel joli souvenir, Thérèse ! Ah, la mémoire des odeurs ! Aussi puissante que celle du goût !

  6. On revient de quelques jours près de Paimpol, et une de nos très belles découvertes fut la visite de l’abbaye de Beauport, qui a elle aussi un verger conservatoire de pommes à cidre et à couteau. Etaient accrochés aux branches des petits cartons avec des mots, phrases, expressions autour de la pomme…Avec ma mémoire plate comme une crêpe, je n’en ai retenu qu’une : "haut comme trois pommes"…
    Et il y avait vraisemblablement des pommes aux doux noms que tu évoques.
    [je découvre grâce à toi ce mot : pomologie!]

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