Soit un bassin d'une superficie de x m2 et de y cm de profondeur. Ce bassin est alimenté par un captage d'eau souterrain d'un débit de z litres par minute.
1/ Calculer le temps caractéristique de renouvellement de l'eau du bassin. On pourra négliger les infiltrations.
Le jardinier plante des nénuphars, qui apprécient la chaleur et les nitrates (on trouvera en annexe un graphe de l'influence de la température et de la concentration en nitrates sur la croissance des nénuphars).
Sachant que l'eau souterraine est à une température T0 très inférieure à la température extérieure, et d'une concentration C en nitrates :
2/ Établir si un apport continu de cette eau a une incidence positive ou négative sur le développement des feuilles de nénuphars.
3/ Déterminer la date d'apparition des premières fleurs en conditions normales de température et de pression.
La richesse en nitrates de l'eau souterraine et la clarté de l'eau du bassin entretenue par son renouvellement permanent favorisent la prolifération des algues.
4/ Représenter le graphe du temps nécessaire à l'entretien du bassin en fonction du débit d'eau souterraine. En déduire s'il sera ou non nécessaire d'embaucher un jardinier supplémentaire.
Pour hâter la floraison, le jardinier décide de stopper l'arrivée d'eau froide et de laisser le bassin se réchauffer. La prolifération des algues se poursuit jusqu'à ce que l'eau de l'étang se trouble à la température T1. Puis le manque de lumière stoppe la croissance des algues.
5/ Combien de jours le jardinier peut-il espérer gagner sur l'apparition des premières fleurs ?
6/ Sachant que le jardin est visité par des touristes qui apprécient l'eau claire et les nénuphars en fleurs, démontrer par l'absurde qu'il est impossible de satisfaire la totalité des touristes. Déterminer le débit que le jardinier doit laisser à l'arrivée d'eau pour obtenir une satisfaction optimale des touristes en fonction des données du problème.
Ce billet, écrit à 10:24 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Le bassin aux Nymphéas de Claude Monet à Giverny le 15 août, tandis que de gros nuages argentés se reflètent à la surface et matérialisent le ciel normand.
Ce billet, écrit à 21:19 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Le bassin aux nymphéas du jardin de Claude Monet à Giverny, sous le pâle soleil de décembre.
Le givre poudre les pelouses de blanc, mais l'étang n'est pas pris en glace, sans doute grâce au courant qui le traverse.
Que le printemps paraît loin ! Et qu'il faudra de métamorphose avant la réouverture en avril prochain !
Ce billet, écrit à 16:34 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Début octobre dans le jardin de Claude Monet à Giverny.
Quand l'étang est déjà envahi d'ombres en fin d'après-midi, le soleil s'attarde encore à la cime des arbres.
Leur reflet vient éclabousser de lumière dorée la fraîcheur ombreuse du bassin aux nénuphars.
Ce billet, écrit à 18:08 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Voilà à quoi ressemblait l'étang du jardin de Claude Monet fin octobre à la veille de la fermeture. Les plantes n'ont pas toutes les mêmes réactions face à l'arrivée de la fraîcheur et à la baisse de la luminosité. Chacune a son rythme pour piger que c'est l'automne. Le liquidambar répond tout feu tout flamme ; les rosiers rosissent ; les saules pleureurs poursuivent leurs lamentations ; la glycine se sent encore pleine de verdeur. Et le petit chemin chemine de pont en pont, à la jonction des végétaux et de leurs reflets.
Ce billet, écrit à 19:35 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Baissez la tête, on va passer sous le pont... Un des agréments du pont japonais que Monet a fait installer dans son jardin, c'est de donner du piment à la promenade en barque.
Malgré sa belle taille pour un bassin artificiel, on fait le tour de l'étang aux Nymphéas en quelques coups de rame. D'où l'intérêt de se glisser sous le pont pour découvrir le petit bras qui se cache derrière et qui conduit au Ru. Par son aspect décoratif et exotique le pont japonais de Monet est une fabrique. Mais il est plus que cela, dans cet univers de reflets où le ciel, l'eau et le végétal se mêlent.
Il est la passerelle qui relie la terre ferme et l'île.
Il permet de marcher au-dessus de l'eau, au-dessus des reflets, de se trouver physiquement en un point improbable à un mètre de la surface, dans l'air donc, pour mieux brouiller encore les repères.
Sur le pont, il arrive qu'on ressente un vertige simplement en fixant les reflets des arbres et du ciel.
Ce billet, écrit à 22:33 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
C'est comme au théâtre : on ne voit que le devant de la scène. Le nénuphar cache toute une vie en coulisse, le cordon ombilical qui le relie au fond de l'étang, qui lui permet de se nourrir de vase. Par courtoisie, il dissimule ces contingences matérielles, il feint le pur esprit. Cette plante aquatique aime se prélasser dans le bleu du ciel. Le nénuphar observe le monde depuis la surface des choses. A peine émerge-t-il de l'eau qu'il a l'air de poser, étonné de se voir si beau en ce miroir. Il est une nature morte à lui tout seul. Et comme dans les natures mortes des peintres flamands, il y a la mouche. Elle est posée sur la corolle parfaite. C'est le péché originel. La pureté n'est pas de ce monde. Et il y a les vers. Ils creusent leurs sillons dans l'épaisseur de la feuille. La mort nous guette, rappellent-ils, hâtons-nous pendant que nous sommes vivants. Se hâter, mais de quoi ? C'est à vous de savoir ce qui vous paraît important. Le transi de Gisors est assorti de ce commentaire :
Fay maintenant ce que tu vouldras
Avoir fait quant tu te mourras
Ce billet, écrit à 09:50 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Quelquefois les feuilles de Nymphéas font mine de ne pas être vertes. On dirait qu'elles s'appliquent à être bleues pour mieux refléter le ciel. Peut-être que c'est leur rêve secret, oublier qu'elles sont des plantes et devenir de l'air, de l'eau, se transformer en bulles de savon et s'élever au milieu des nuages...
Ce billet, écrit à 16:31 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Ce n'est pas à cause de la parution toute récente du dernier volume d'Harry Potter, mais il y a quelque chose de magique dans le jardin d'eau de Claude Monet. Pour le visiter, on longe un cours d'eau, le Ru, on traverse la bambouseraie et on débouche au pied de ce hêtre pourpre centenaire. On le voyait très bien de loin, tant il est grand. Depuis la fenêtre de la chambre de Monet, il apparaît à l'arrière-plan, immanquable avec son rouge bien foncé. Mais une fois que l'on est dessous, quel est ce sortilège ? Si on lève les yeux vers lui, les feuilles paraissent vertes ! Il doit y avoir une explication scientifique des plus rationnelles, mais j'espère que personne ne va se mettre en tête de me la livrer. Vous aimez bien qu'on vous explique les tours de prestidigitation, vous ?
Un autre sort opère au même endroit, c'est très curieux. De là, on ne voit pas l'étang aux nymphéas. On aperçoit tout juste un coin du pont, un bout de pelouse, quelques arbustes. Mais c'est toujours à cet endroit que les visiteurs se mettent à soupirer d'aise en disant "quel calme ! quel endroit merveilleux !" Je ne m'explique pas trop bien non plus ce phénomène ; je me retiens de leur dire, mais non, ce n'est pas là, attendez de voir le bassin ! J'imagine qu'il y a un effet de porte quand on débouche des bambous, même si on ne voit pas grand chose.
Mais finalement, la magie la plus exceptionnelle, c'est encore sur Monet qu'elle a opéré. Cette attraction irrésistible, cette aimantation qui l'a tenu au bord de son bassin pendant vingt ans, qui lui a fait reprendre les pinceaux alors qu'il ne peignait plus depuis longtemps suite à la mort de sa femme Alice, qui l'a poussé à reproduire à l'infini les mêmes paysages d'eau sur des centaines de mètres carrés de toiles, ces "éternels nymphéas" pour lesquels il a jeté dans la bataille ses dernières forces de vieillard... Si ce n'est pas de la magie, qu'est-ce que c'est ?
Ce billet, écrit à 15:28 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Voici l'embarcadère aux arceaux fleuris vu de la berge en face, presque de l'endroit où Monet l'a peint. L'effet est très différent : de nos jours, le fond du paysage est empli de grands arbres. A l'époque de Monet, sur le tableau du musée de Phoenix, on n'aperçoit ni la peupleraie du fond, ni tous les arbres qui bordent aujourd'hui l'étang et qui ont eu le temps de parvenir à maturité.
Vu du pont japonais, le bassin ressemble aujourd'hui à une clairière en pleine forêt.
Ce billet, écrit à 23:28 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
On trouvait vraiment de tout dans les Expositions Universelles du 19ème siècle. Monet s'est procuré beaucoup de nénuphars en fréquentant l'Exposition Universelle de Paris de 1889 et celle de 1900. C'est là qu'il a découvert les nombreux hybrides obtenus par Joseph Bory Latour Marliac, un pépiniériste de Temple sur Lot, près de Bordeaux. Les contemporains de Monet ont décrit tous les merveilleux nénuphars qu'ils avaient vus à Giverny : certaines années, le peintre fou de fleurs parvenait à faire pousser des espèces exotiques, purement tropicales, de nymphéas roses. Il possédait d'étonnantes variétés bleues venues d'Amérique du sud, ou encore le Nymphea aurora, jaune au début de sa floraison, et qui virait au rouge ensuite. Il en avait aussi d'autres, d'origine égyptienne, au coeur blanc entouré de pétales roses. (in Monet the Gardener, Robert Gordon et Sydney Eddison, Ed. Universe)
Claude Monet recherchait la plus grande variété de couleurs possible. A la création de son bassin, le choix des premiers nénuphars avait été vite fait : il avait tout simplement commandé tous ceux qu'il avait trouvé dans le catalogue Vilmorin, une douzaine au total.
Monet plantait ses nénuphars dans des pots immergés dans la vase, ce qui lui permettait de retirer les espèces fragiles en hiver. Aujourd'hui, on peut en voir des roses, des jaunes et des blancs de différentes sortes à Giverny, en ce moment dans tout l'éclat de leur floraison.
Ce billet, écrit à 20:55 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Le bassin de Monet au petit matin, quand le soleil bas étire les ombres à la surface de l'eau. Les nénuphars sortent de leurs songes, sous le ciel inversé les poissons glissent en silence. Rien ne bruisse, rien ne s'ébroue que la lumière.
Ce billet, écrit à 17:04 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
L'entretien du bassin aux Nymphéas de Monet est une tâche quotidienne. Il faut constamment supprimer les herbes aquatiques qui flottent à la surface ainsi que les pollens de peupliers qui se déposent sur l'eau au début du printemps. A l'époque de Monet, un jardinier était dévolu à l'entretien de l'étang. Parmi ses attributions figurait une tâche assez singulière : chaque matin, il devait laver les nymphéas. Un contemporain a décrit cette occupation routinière du jardinier, qui circulait en barque entre les nénuphars et plongeait les boutons dans l'eau avant qu'ils ne s'ouvrent dans la matinée. Monet n'aimait pas que quelque chose vienne s'interposer entre son motif et son oeil. La route qui longe le jardin d'eau n'a cessé de devenir de plus en plus passagère. Les véhicules à moteur soulevaient des nuages de poussière qui venait se déposer sur les fleurs aquatiques. Avec la détermination qui lui était coutumière, Monet a résolu le problème. En proposant de régler la moitié de la dépense, il a obtenu du conseil municipal de Giverny de faire asphalter la portion de chaussée qui traverse sa propriété. C'est le jardinier du bassin qui a dû être content.
Ce billet, écrit à 21:56 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
C'était d'abord une rumeur, il y aurait des grenouilles dans le bassin de Monet à Giverny.
Puis j'ai entendu un papa et son fils parler des deux belles grenouilles qu'ils avaient vues sur un radeau de nénuphars. Rendue sur les lieux qu'ils m'indiquaient, pas l'ombre d'un batracien en vue, hélas. Ensuite, j'ai surpris un coâ sonore et répété, mais pas moyen d'admirer le ténor caché dans les roseaux.
Enfin, enfin, hier, je l'ai vue, tapie tout près de la berge. C'était l'heure du bain de soleil et la bête ne bougeait pas, j'ai pu l'observer et la photographier à loisir. Comme vous pouvez le constater c'est un bestiau de belle taille, ce qui fait que je me demande si en fait de grenouille il ne s'agirait pas plutôt d'un crapaud. Si c'est une grenouille, elle est pourvue de cuisses dodues qui auraient fait le régal de la famille de Monet. On raconte qu'un jour les garçons avaient attrapé soixante grenouilles. Brrr... J'avais envie de les voir, mais de là à les imaginer grouillant comme une plaie d'Egypte...
Ce billet, écrit à 18:09 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Dans le jardin d'eau de Monet à Giverny, deux glycines ornent le pont japonais qui enjambe la rivière. A l'autre extrémité du bassin, une glycine ancienne leur fait pendant.
Elle revient de loin. Très exactement du fond du bassin.
Le pied de glycine avait fini par tomber dans l'étang, qui s'est peu à peu comblé après la mort du maître des lieux. Au moment de la restauration du jardin, à la fin des années 1970, on a réussi à sauver la glycine plantée par Monet en la tirant du bassin avec une grue. Son tronc a disparu, il n'en reste plus que l'écorce. Et pourtant, malgré son grand âge, elle fleurit toujours généreusement à chaque printemps.
Ce billet, écrit à 18:12 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Tout est si beau en ce moment dans le jardin de Monet que j'ai bien du mal à choisir une photo.
Partout, les couleurs éclatent. Autour du bassin, les azalées sont en pleine floraison, dans un feu d'artifice de roses, d'oranges et de blanc qui tranchent sur les tonalités vertes des premiers feuillages. Les azalées ont été choisies par Monet pour évoquer le Japon dans le jardin d'eau, en compagnie d'autres plantes exotiques telles que les bambous et les nénuphars, les fameux Nymphéas.
Ce billet, écrit à 13:11 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Le Bassin aux Nympheas, Claude Monet 1899, 90x90 cm, Art Museum, Princeton University, Princeton, New Jersey
Le jardin d'eau de Claude Monet à Giverny est orné d'un petit pont de bois qui enjambe l'extrémité du bassin, là où l'étang redevient un ruisseau prêt à se jeter dans le Ru.
La forme arquée de cette passerelle et de son garde-corps lui ont valu le nom de pont japonais. Bien qu'il ne soit jamais allé au Japon, Monet, comme nombre de ses contemporains, était fasciné par le pays du soleil levant. Son importante collection d'estampes japonaises, le décor japonisant de son service de table, le style bambou de certains de ses meubles en témoignent.
Des ponts figurent sur plusieurs estampes possédées par Monet, et il est probable que c'est là qu'il a puisé son inspiration au moment de créer son jardin d'eau. Peu soucieux d'une fidélité absolue au modèle, Monet l'a fait peindre en vert - dans un vrai jardin japonais, le pont aurait été rouge.
Monet débute en 1893 la création de son bassin, et fait d'abord construire un pont simple, sans tonnelle. Dix ans plus tard, il ajoute un support pour deux glycines dont les floraisons se succèdent, l'une mauve, l'autre blanche.
Principal élément architectural du jardin d'eau (agrémenté par ailleurs de cinq passerelles beaucoup plus petites) le pont japonais constitue le sujet de 45 tableaux de Monet. Il figure pour la première fois dans une oeuvre de janvier 1895, dix-huit mois après l'arrêté préfectoral du 24 juillet 1893 autorisant sa construction. Mais c'est surtout en 1899 que Monet en tire des chefs-d'oeuvre, comme cette toile conservée au musée de l'université de Princeton, New Jersey.
Monet s'est placé au bord du chemin venant du clos fleuri. Le bassin apparaît beaucoup plus petit qu'aujourd'hui : le peintre l'a fait agrandir l'année suivante, en 1900, après avoir acheté une nouvelle parcelle de terrain.
Après la mort de Monet, le pont japonais comme le reste du jardin a souffert du manque d'entretien. Quand la restauration de la propriété a été entreprise cinquante ans plus tard, le pont n'était plus réparable. Une réplique exacte a été construite en bois de hêtre, essence courante dans les forêts de l'est de l'Eure.
Ce billet, écrit à 13:04 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
L'automne vient de toucher de sa baguette magique le jardin de Monet à Giverny. Je crois qu'il arrive un peu plus tard que d'habitude, et que les quinze jours de retard pris en début de saison se sont répercutés tout au long de l'année. Le liquidambar flamboie dans le soleil, la glycine se transforme en or. Dans l'air flotte une odeur acide de feuilles tombées. C'est l'été indien, il fait doux l'après-midi, plus de vingt degrés. Par ce temps inespéré, se promener dans les jardins est un délice. Nous étions peu à en profiter aujourd'hui, et nous échangions des sourires complices d'avoir eu cette bonne idée. Vite ! Si vous voulez venir cette année, dépêchez-vous ! La saison 2006 s'achève à Giverny. Les plus belles choses ont une fin, la Fondation Monet fermera mardi soir, le 31 octobre. Après, il faudra patienter jusqu'en avril, et le spectacle sera très différent.
Ce billet, écrit à 18:41 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
De même que nous fermons les volets le soir, le Nymphéa aime dormir dans les profondeurs sombres de son étang.
A la tombée de la nuit, les fleurs se referment en boutons et s'enfoncent doucement sous l'eau.
Le matin, elles refont surface, comme on le voit bien sur cette photo d'Anne Chrysotème prise dans les jardins d'eau de Monet à Giverny. Dans un instant, les nénuphars seront prêts à faire figure de petits soleils à la surface du bassin.
Charles Prost, qui a observé les Nymphéas avec un oeil d'esthète, dit qu' "en matière d'art, les nymphéas sont des personnes de haute culture, avec lesquelles on a grand profit à dialoguer".
Ce billet, écrit à 09:03 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Les jardins de Monet à Giverny sont le paradis des photographes. Fleurs, reflets, perspectives s'offrent à leur objectif comme ils s'offraient à l'oeil de Monet. Les variations qu'ont peut obtenir d'un appareil photo quand on s'en sert avec talent sont tout aussi infinies que les séries de Nymphéas. Près du bassin aux nénuphars, j'ai rencontré un photographe chargé de deux gros sacs pleins de matériel. Profitant du temps radieux, il est venu faire de la photo infrarouge.
Ce film argentique ne capte que les émissions de chaleur, m'explique-t-il. Les feuilles en réfléchissent beaucoup, (c'est pour cela qu'il fait plus frais sous les arbres), la végétation se pare donc de couleurs claires, tandis que le ciel est d'un noir d'encre. Effet inhabituel, onirique. Je grille de voir cela, malheureusement ce professeur d'art en retraite ne montrera pas ses clichés, qu'il réalise pour son seul plaisir. C'est bien dommage ! Pour donner une idée du rendu d'une photo infrarouge de nénuphar, voici le très beau cliché réalisé au jardin botanique de Chicago par Jezlin.
Ce billet, écrit à 10:25 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
A Giverny, ça y est ! Les nymphéas sont en fleur dans le bassin du jardin d'eau de Claude Monet. Les ilôts de nénuphars qui flottent à la surface du bassin s'ornent de couronnes de pétales roses, jaunes et blanches. A l'image de Claude Monet, on peut se perdre dans la contemplation des sortilèges du bassin.
Le nom de nymphéa choisi par Monet pour désigner tous ses nénuphars ne s'applique selon le Petit Robert qu'au seul nénuphar blanc. Toutefois, la diphtongue en éa sonne de façon plus légère et gracieuse que la terminaison en "ar", une désinence souvent péjorative. Pour nos oreilles contemporaines, les "éa" sont même furieusement à la mode pour les petites filles, d'Océane à Léa. A quand des petites Nymphéa ?
Le Robert nous informe que le nénuphar blanc s'appelle aussi lune d'eau. Quel pouvoir évocateur dans cette appellation ! Je me demande si Monet la connaissait.
Pour les Allemands, les nénuphars sont des roses de lac (Seerosen), pour les Anglais des lys d'eau (water lilies). Voilà de quoi rêver en les regardant flotter sur l'étang.
Une autre comparaison onirique est celle que propose Charles F. Stuckey dans sa monographie consacrée aux Nymphéas de Monet (Gründ). Le mot nymphéa dérivant de nymphe, il suggère une interprétation allégorique des tableaux de Monet. On pourrait y voir une analogie avec certaines oeuvres de ses contemporains, les Grandes Baigneuses de Renoir, les Grandes Baigneuses de Cézanne, ainsi qu'un tableau de grand format de Berthe Morisot représentant deux nymphes flottant dans une mer de nuages, d'après Boucher. Le plus amusant, c'est l'explication qu'il donne pour justifier cette analyse. Monet se serait rabattu sur une représentation allégorique du corps féminin par absence de modèle.
D'après les enfants de Paul Durand-Ruel, le marchand de Monet, le peintre souhaitait abandonner l'étude du paysage pour celle de la figure. Il voulait même engager une jeune Parisienne, mais Alice, apprenant cela, aurait opposé son veto : "Si une femme entre ici, je sors de la maison". La pieuse Alice ne badinait pas avec la morale !
Ce billet, écrit à 09:00 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Quel est donc ce sortilège ? Une fièvre photographique saisit les visiteurs de Giverny. Aux endroits stratégiques, il est presque impossible de résister, on se sent obligé de faire la même photo que tout le monde. Au bout du bassin, la vue sur le pont japonais de l'autre côté provoque parfois de mini bouchons.
Sans appareil photo à disposition, la visite des jardins ne prendrait guère plus d'une demi-heure. Mais il est prudent de prévoir deux à trois fois plus de temps si l'on envisage de faire "quelques photos".
Tout attire l'objectif : des fleurs encore plus belles que dans les catalogues, des allées débordantes de couleurs, des perspectives, des reflets... Chacun se sent soudainement une âme d'artiste. Ceux qui maîtrisent la peinture sortent leurs aquarelles, les autres travaillent lumière et cadrage avec leur appareil photo.
La conscience de vivre un instant aussi extraordinaire que fugace saisit le visiteur. Sans y penser, il s'attache à retenir une impression. Monet aussi voulait rendre l'instantanéité, comme s'il ressentait une urgence face au temps qui passe.
Ce billet, écrit à 22:15 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
La glycine en fleurs au-dessus du pont japonais, c'est la carte postale de Giverny. La floraison dure assez longtemps, en mai, car le pont est orné de deux variétés différentes. L'une, de couleur mauve, porte des grappes assez rondes, l'autre de longues fleurs blanches.
La robustesse de la glycine est assez stupéfiante. Elle traverse allègrement les décennies, supporte l'absence de soins, l'abandon, l'excès d'humidité... rien ne la décourage.
Cinquante ans après la mort de Monet, il ne restait presque rien de son jardin, mais les glycines n'étaient pas mortes. Celle du pont, la blanche, a dû être coupée pendant la reconstruction de la passerelle. Elle est repartie de plus belle.
A l'autre bout de l'étang, la glycine mauve avait glissé dans le bassin. Elle a pû être repêchée et sauvée. De son tronc, il ne reste que l'écorce. Mais vaille que vaille, un siècle après sa plantation, elle survit toujours.
Ce billet, écrit à 23:01 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Le jardin de Monet est-il un jardin japonais ? A l'évidence, la réponse est non. Le jardin japonais ignore la profusion de fleurs, la symétrie du clos normand, les allées bien visibles.
Mais de façon tout aussi évidente, et bien qu'il n'ait jamais quitté l'Europe, Monet s'est inspiré des jardins japonais. Rechercher les éléments japonisants qu'il a adoptés rend la visite de Giverny aussi amusante qu'un jeu de piste, à condition d'avoir un peu révisé les bases du jardin japonais auparavant.
Près de la maison, les pommiers et cerisiers du Japon ne se laissent pas ignorer ces derniers temps. Dans le clos, cherchez bien : vous remarquerez les iris et les pivoines, deux favoris des jardins japonais.
Mais c'est du côté du jardin d'eau que la ressemblance saute aux yeux. Vous franchissez le "pont japonais" - peint en vert, il est vrai, alors qu'il est traditionnellement rouge - vous passez sous la glycine, vous contournez les bambous, vous flânez le long de l'étang aux nymphéas, vous arrivez près des rhododendrons et des azalées : autant de fleurs et de plantes fétiches des jardins nippons. Ici plus de symétrie, mais une nature évoquée.
Le jardin japonais est un lieu de méditation. N'était-ce pas ce que faisait Monet quand il contemplait et peignait à l'infini ses nymphéas ?
Ce billet, écrit à 16:51 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :