La clarté printanière donne à l'étang de Claude Monet des reflets soyeux.
A la surface du bassin tiré à quatre épingles, les feuilles des nymphéas nouvellement ouvertes
dessinent des chemins virtuels sur l'eau.
L'oeil saute de feuille en feuille, tel une grenouille, zigzagant à travers l'étendue bleue et verte grâce au soutien de ce fragile support.
Dans un gazon, les pierres plates affleurant le sol qui jouent ce rôle de repose-pied sont nommées des pas japonais.
Voici donc les nymphéas élevés au rang de pas japonais dans un jardin japonais pas si japonais que ça.
Ce billet, écrit à 21:12 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Soit un bassin d'une superficie de x m2 et de y cm de profondeur. Ce bassin est alimenté par un captage d'eau souterrain d'un débit de z litres par minute.
1/ Calculer le temps caractéristique de renouvellement de l'eau du bassin. On pourra négliger les infiltrations.
Le jardinier plante des nénuphars, qui apprécient la chaleur et les nitrates (on trouvera en annexe un graphe de l'influence de la température et de la concentration en nitrates sur la croissance des nénuphars).
Sachant que l'eau souterraine est à une température T0 très inférieure à la température extérieure, et d'une concentration C en nitrates :
2/ Établir si un apport continu de cette eau a une incidence positive ou négative sur le développement des feuilles de nénuphars.
3/ Déterminer la date d'apparition des premières fleurs en conditions normales de température et de pression.
La richesse en nitrates de l'eau souterraine et la clarté de l'eau du bassin entretenue par son renouvellement permanent favorisent la prolifération des algues.
4/ Représenter le graphe du temps nécessaire à l'entretien du bassin en fonction du débit d'eau souterraine. En déduire s'il sera ou non nécessaire d'embaucher un jardinier supplémentaire.
Pour hâter la floraison, le jardinier décide de stopper l'arrivée d'eau froide et de laisser le bassin se réchauffer. La prolifération des algues se poursuit jusqu'à ce que l'eau de l'étang se trouble à la température T1. Puis le manque de lumière stoppe la croissance des algues.
5/ Combien de jours le jardinier peut-il espérer gagner sur l'apparition des premières fleurs ?
6/ Sachant que le jardin est visité par des touristes qui apprécient l'eau claire et les nénuphars en fleurs, démontrer par l'absurde qu'il est impossible de satisfaire la totalité des touristes. Déterminer le débit que le jardinier doit laisser à l'arrivée d'eau pour obtenir une satisfaction optimale des touristes en fonction des données du problème.
Ce billet, écrit à 10:24 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Le bassin aux Nymphéas de Claude Monet à Giverny le 15 août, tandis que de gros nuages argentés se reflètent à la surface et matérialisent le ciel normand.
Ce billet, écrit à 21:19 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Le bassin aux nymphéas du jardin de Claude Monet à Giverny, sous le pâle soleil de décembre.
Le givre poudre les pelouses de blanc, mais l'étang n'est pas pris en glace, sans doute grâce au courant qui le traverse.
Que le printemps paraît loin ! Et qu'il faudra de métamorphose avant la réouverture en avril prochain !
Ce billet, écrit à 16:34 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Début octobre dans le jardin de Claude Monet à Giverny.
Quand l'étang est déjà envahi d'ombres en fin d'après-midi, le soleil s'attarde encore à la cime des arbres.
Leur reflet vient éclabousser de lumière dorée la fraîcheur ombreuse du bassin aux nénuphars.
Ce billet, écrit à 18:08 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Voilà à quoi ressemblait l'étang du jardin de Claude Monet fin octobre à la veille de la fermeture. Les plantes n'ont pas toutes les mêmes réactions face à l'arrivée de la fraîcheur et à la baisse de la luminosité. Chacune a son rythme pour piger que c'est l'automne. Le liquidambar répond tout feu tout flamme ; les rosiers rosissent ; les saules pleureurs poursuivent leurs lamentations ; la glycine se sent encore pleine de verdeur. Et le petit chemin chemine de pont en pont, à la jonction des végétaux et de leurs reflets.
Ce billet, écrit à 19:35 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Ce n'est pas à cause de la parution toute récente du dernier volume d'Harry Potter, mais il y a quelque chose de magique dans le jardin d'eau de Claude Monet. Pour le visiter, on longe un cours d'eau, le Ru, on traverse la bambouseraie et on débouche au pied de ce hêtre pourpre centenaire. On le voyait très bien de loin, tant il est grand. Depuis la fenêtre de la chambre de Monet, il apparaît à l'arrière-plan, immanquable avec son rouge bien foncé. Mais une fois que l'on est dessous, quel est ce sortilège ? Si on lève les yeux vers lui, les feuilles paraissent vertes ! Il doit y avoir une explication scientifique des plus rationnelles, mais j'espère que personne ne va se mettre en tête de me la livrer. Vous aimez bien qu'on vous explique les tours de prestidigitation, vous ?
Un autre sort opère au même endroit, c'est très curieux. De là, on ne voit pas l'étang aux nymphéas. On aperçoit tout juste un coin du pont, un bout de pelouse, quelques arbustes. Mais c'est toujours à cet endroit que les visiteurs se mettent à soupirer d'aise en disant "quel calme ! quel endroit merveilleux !" Je ne m'explique pas trop bien non plus ce phénomène ; je me retiens de leur dire, mais non, ce n'est pas là, attendez de voir le bassin ! J'imagine qu'il y a un effet de porte quand on débouche des bambous, même si on ne voit pas grand chose.
Mais finalement, la magie la plus exceptionnelle, c'est encore sur Monet qu'elle a opéré. Cette attraction irrésistible, cette aimantation qui l'a tenu au bord de son bassin pendant vingt ans, qui lui a fait reprendre les pinceaux alors qu'il ne peignait plus depuis longtemps suite à la mort de sa femme Alice, qui l'a poussé à reproduire à l'infini les mêmes paysages d'eau sur des centaines de mètres carrés de toiles, ces "éternels nymphéas" pour lesquels il a jeté dans la bataille ses dernières forces de vieillard... Si ce n'est pas de la magie, qu'est-ce que c'est ?
Ce billet, écrit à 15:28 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Voici l'embarcadère aux arceaux fleuris vu de la berge en face, presque de l'endroit où Monet l'a peint. L'effet est très différent : de nos jours, le fond du paysage est empli de grands arbres. A l'époque de Monet, sur le tableau du musée de Phoenix, on n'aperçoit ni la peupleraie du fond, ni tous les arbres qui bordent aujourd'hui l'étang et qui ont eu le temps de parvenir à maturité.
Vu du pont japonais, le bassin ressemble aujourd'hui à une clairière en pleine forêt.
Ce billet, écrit à 23:28 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Le bassin de Monet au petit matin, quand le soleil bas étire les ombres à la surface de l'eau. Les nénuphars sortent de leurs songes, sous le ciel inversé les poissons glissent en silence. Rien ne bruisse, rien ne s'ébroue que la lumière.
Ce billet, écrit à 17:04 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
L'entretien du bassin aux Nymphéas de Monet est une tâche quotidienne. Il faut constamment supprimer les herbes aquatiques qui flottent à la surface ainsi que les pollens de peupliers qui se déposent sur l'eau au début du printemps. A l'époque de Monet, un jardinier était dévolu à l'entretien de l'étang. Parmi ses attributions figurait une tâche assez singulière : chaque matin, il devait laver les nymphéas. Un contemporain a décrit cette occupation routinière du jardinier, qui circulait en barque entre les nénuphars et plongeait les boutons dans l'eau avant qu'ils ne s'ouvrent dans la matinée. Monet n'aimait pas que quelque chose vienne s'interposer entre son motif et son oeil. La route qui longe le jardin d'eau n'a cessé de devenir de plus en plus passagère. Les véhicules à moteur soulevaient des nuages de poussière qui venait se déposer sur les fleurs aquatiques. Avec la détermination qui lui était coutumière, Monet a résolu le problème. En proposant de régler la moitié de la dépense, il a obtenu du conseil municipal de Giverny de faire asphalter la portion de chaussée qui traverse sa propriété. C'est le jardinier du bassin qui a dû être content.
Ce billet, écrit à 21:56 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Tout est si beau en ce moment dans le jardin de Monet que j'ai bien du mal à choisir une photo.
Partout, les couleurs éclatent. Autour du bassin, les azalées sont en pleine floraison, dans un feu d'artifice de roses, d'oranges et de blanc qui tranchent sur les tonalités vertes des premiers feuillages. Les azalées ont été choisies par Monet pour évoquer le Japon dans le jardin d'eau, en compagnie d'autres plantes exotiques telles que les bambous et les nénuphars, les fameux Nymphéas.
Ce billet, écrit à 13:11 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
L'automne vient de toucher de sa baguette magique le jardin de Monet à Giverny. Je crois qu'il arrive un peu plus tard que d'habitude, et que les quinze jours de retard pris en début de saison se sont répercutés tout au long de l'année. Le liquidambar flamboie dans le soleil, la glycine se transforme en or. Dans l'air flotte une odeur acide de feuilles tombées. C'est l'été indien, il fait doux l'après-midi, plus de vingt degrés. Par ce temps inespéré, se promener dans les jardins est un délice. Nous étions peu à en profiter aujourd'hui, et nous échangions des sourires complices d'avoir eu cette bonne idée. Vite ! Si vous voulez venir cette année, dépêchez-vous ! La saison 2006 s'achève à Giverny. Les plus belles choses ont une fin, la Fondation Monet fermera mardi soir, le 31 octobre. Après, il faudra patienter jusqu'en avril, et le spectacle sera très différent.
Ce billet, écrit à 18:41 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
La glycine en fleurs au-dessus du pont japonais, c'est la carte postale de Giverny. La floraison dure assez longtemps, en mai, car le pont est orné de deux variétés différentes. L'une, de couleur mauve, porte des grappes assez rondes, l'autre de longues fleurs blanches.
La robustesse de la glycine est assez stupéfiante. Elle traverse allègrement les décennies, supporte l'absence de soins, l'abandon, l'excès d'humidité... rien ne la décourage.
Cinquante ans après la mort de Monet, il ne restait presque rien de son jardin, mais les glycines n'étaient pas mortes. Celle du pont, la blanche, a dû être coupée pendant la reconstruction de la passerelle. Elle est repartie de plus belle.
A l'autre bout de l'étang, la glycine mauve avait glissé dans le bassin. Elle a pû être repêchée et sauvée. De son tronc, il ne reste que l'écorce. Mais vaille que vaille, un siècle après sa plantation, elle survit toujours.
Ce billet, écrit à 23:01 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :
Le jardin de Monet est-il un jardin japonais ? A l'évidence, la réponse est non. Le jardin japonais ignore la profusion de fleurs, la symétrie du clos normand, les allées bien visibles.
Mais de façon tout aussi évidente, et bien qu'il n'ait jamais quitté l'Europe, Monet s'est inspiré des jardins japonais. Rechercher les éléments japonisants qu'il a adoptés rend la visite de Giverny aussi amusante qu'un jeu de piste, à condition d'avoir un peu révisé les bases du jardin japonais auparavant.
Près de la maison, les pommiers et cerisiers du Japon ne se laissent pas ignorer ces derniers temps. Dans le clos, cherchez bien : vous remarquerez les iris et les pivoines, deux favoris des jardins japonais.
Mais c'est du côté du jardin d'eau que la ressemblance saute aux yeux. Vous franchissez le "pont japonais" - peint en vert, il est vrai, alors qu'il est traditionnellement rouge - vous passez sous la glycine, vous contournez les bambous, vous flânez le long de l'étang aux nymphéas, vous arrivez près des rhododendrons et des azalées : autant de fleurs et de plantes fétiches des jardins nippons. Ici plus de symétrie, mais une nature évoquée.
Le jardin japonais est un lieu de méditation. N'était-ce pas ce que faisait Monet quand il contemplait et peignait à l'infini ses nymphéas ?
Ce billet, écrit à 16:51 par Ariane dans la catégorie Bassin aux Nymphéas a suscité :