jeudi 18 octobre 2007
Maison du Parlement
Comment ça marche, la mémoire collective ? Qu'est-ce qui fait qu'on croit savoir mais que parfois on colporte une erreur ? A Louviers, cette maison de la rue des Grands-Carreaux est dite du Parlement. Mais aux dernières nouvelles le Parlement ne logeait pas là mais à côté, dans la maison du bailli de Louviers rue Tatin.
Pourquoi a-t-on préféré croire que c'était celle-ci qui avait reçu le Parlement de Rouen en exil en 1562 plutôt que l'autre ? Avait-elle plus le look de l'emploi, avec ses décors gothiques ? Allez savoir.
C'est une année bien sombre, 1562 ; celle de la première Guerre de Religion. En mai, la ville de Rouen tombe aux mains des protestants de Montgomery.
Vous avez déjà entendu ce nom là quelque part ? Petit anachronisme, Bernard Montgomery est un général de l'armée britannique qui a participé à la Libération en 1944, en particulier à Vernon. Il serait apparenté au Gabriel de Montgomery qui a pris Rouen quatre siècles plus tôt.
Le Parlement, c'est-à-dire la cour de justice (on l'appelait auparavant l'Echiquier) se réfugie à Louviers, une ville sûre qui appartient à l'archevêque de Rouen. De là le Parlement veut organiser la reconquête. Une seule idée en tête, tout rétablir en l'état antérieur. Comment y arriver ? Le Parlement opte pour la répression la plus dure qui soit.
Ils sont vingt et un conseillers, deux avocats du roi et des greffiers réunis sous l'autorité d'un président. Ils n'y vont pas par quatre chemins, au point de choquer l'ambassadeur d'Espagne qui se trouve là au début octobre. En trois jours celui-ci voit " trois fois pendre soixante huguenots et un ministre (c'est-à-dire un prêtre) qui avait été maître d'école, en latin, de la plupart des conseillers." Belle reconnaissance !
Le Parlement va (heureusement ?) bientôt pouvoir regagner Rouen : la ville est reprise le 26 octobre par les troupes royales fortes de 30 000 hommes qui la pillent.
A Louviers, la maison dite du Parlement a peu à peu usurpé la place de celle du bailli. Elle vient d'être rénovée par la ville qui s'est réservé pour un usage associatif le premier étage décoré de boiseries et de poutres peintes.
Ce billet, écrit à 21:33 par Ariane dans la catégorie Louviers a suscité :

Pierre Mendès France est le plus connu des Lovériens.
J'hésite à vous parler du
Août est fini. On range la plage, quai des Lavandières à Louviers...
Quelquefois l'argot des cours de récréation a le génie de déterrer un mot oublié venu du fond des siècles, pour le propulser sans crier gare dans le 21ème. Comme les Visiteurs, le mot se sent tout bizarre dans sa nouvelle époque.
Ce petit personnage qui apparaît sous le porche de l'église de Louviers n'a rien de biblique. On le surnomme le Bonhomme Louviers, ou le "maqueu d'soupe", le mangeur de soupe, car il tient une écuelle à la main.
Autre hypothèse, les Lovériens portaient le surnom de mangeurs de soupe parce qu'ils étaient assez riches pour manger de la soupe plusieurs fois par jour.
C'est le monument le plus étonnant de Louviers : le couvent des Pénitents présente un étrange cloître bâti sur l'eau.
Voilà, ça recommence, me suis-je dit en lisant le catalogue de l'exposition sur la Reconstruction organisée ce printemps par le musée de Louviers : il faut à nouveau que je sorte le dictionnaire pour comprendre 
En visitant le beau jardin public ancien de Louviers, je suis restée stupéfaite devant ce spectacle. Vous avez reconnu ce qui sert de pot de fleurs ? 

Malgré de douloureux bombardements lors de la seconde Guerre Mondiale, Louviers a conservé une bonne partie de ses vieux quartiers. Une courte promenade permet de s'en donner une idée.