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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

samedi 6 décembre 2014

Enooooorme !!!

Buche de Noël la plus longue du monde
Tant qu'on ne l'a pas vue, on ne se rend pas compte de l'ampleur du travail.
Des dizaines de bénévoles se sont activés pendant des heures, encadrés par des professionnels, depuis la mise en place des tables en pleine nuit jusqu'à la dernière décoration.
A l'heure qu'il est, c'est fini.
La distribution des parts prévendues a dû commencer.
Je vais aller chercher la mienne :).

jeudi 4 décembre 2014

La plus longue bûche du monde

Bûche de NoëlSamedi prochain, le 6 décembre, un boulanger-pâtissier de Vernon va tenter de pulvériser le record de la bûche de Noël la plus longue du monde. Le gâteau fera un kilomètre et demi de long. Mille cinq cents mètres de génoise fourrée à la crème au beurre parfum chocolat qui seront vendus au profit du Téléthon, 5 euros la part pour 4 personnes.
La mise en place durera toute la journée de samedi, la vente commencera à 17h30 après l'indispensable constat d'huissier pour faire entrer la bûche de Vernon dans le Guinness.
On aurait rêvé de tables tout en longueur, mais elles seront plutôt en serpentin devant la mairie et dans la rue Carnot, ce qui facilite le travail, la vente et la communication. Car bien sûr la télé sera là. Et comme ce sera la fête, des concerts sont programmés devant l'hôtel de ville.
De nombreux bénévoles apporteront leur concours à la réalisation de l'exploit pâtissier. Pour bien mesurer l'ampleur de la tâche, le journal le Démocrate vernonnais cite quelques chiffres : 50 000 oeufs, 500 kilos de sucre, 2500 plaques de génoise... Un vrai défi.
Espérer vendre 10 000 parts de bûche est aussi un réel pari. Le pâtissier qui a eu l'idée de cette aventure est Julien Véniel. Sa boutique située à deux pas de l'église s'appelle comme il se doit le péché Véniel. Samedi prochain, que le péché soit de gourmandise ou d'orgueil, il sera pardonné d'avance, car c'est pour la bonne cause !

mardi 26 août 2014

Sortir avant la rentrée

Chandelles et magot, Château de Bizy, VernonJe ne sais pas si c'est la même chose chez vous, mais ici les opportunités de sorties se multiplient en cette fin août. Hier soir la salle des mariages de Vernon n'était pas assez grande pour contenir tous les spectateurs intéressés par une conférence sur la Libération de Vernon, intervenue le même jour que celle de Paris. Les archives viennent de révéler de nouveaux documents, en particulier un film, d'un très grand intérêt. La guerre filmée chez soi, dans ces rues et ces paysages bien connus, voilà des images tout à fait effrayantes et saisissantes.
En dehors de cette commémoration, les autres manifestations sont heureusement plus gaies. Fin août, c'est le rendez-vous annuel des cinéphiles dans toutes les salles obscures de l'Eure, avec tous les films à 3,50 euros. Parmi les avant-premières proposées, "Gemma Bovery" a pour cadre Lyons-la-Forêt. L'ennui, ce ressort essentiel de Madame Bovary, semble avoir inspiré le réalisateur.
Fin août, c'est aussi l'époque du Festival de musique de chambre de Giverny. Depuis onze ans, de talentueux jeunes artistes et des musiciens chevronnés se rencontrent pour jouer ensemble. Tous les soirs ou presque, ils proposent un concert à Giverny ou aux environs, et c'est toujours éblouissant. Le programme met chaque année un compositeur contemporain à l'honneur, présent au festival, et dont une oeuvre spécialement composée pour le festival est créée.
Fin août enfin, c'est encore un peu les vacances... Le château de Bizy s'en est souvenu en organisant une soirée aux chandelles. Une ambiance chaleureuse et intime règne la nuit dans les grandes salles du château baignées par cette lumière. Un battement de cil, et on aurait cru voir entrer Louis-Philippe.

mercredi 24 octobre 2012

La fin des moulins

Vieux Moulin, Vernon Autrefois, sur les ponts, il y avait des moulins. Souvent on ne sait pas très bien quand leur construction a commencé, ni quand ils ont cessé de fonctionner. A Vernon en revanche, ces deux évènements sont précisément datés.
En 1196, Philippe-Auguste, qui vient de s'emparer de Vernon, fortifie le pont sur la Seine. Pas question de moulin alors : le pont est un ouvrage militaire, sis à la frontière du Duché de Normandie, à deux pas des Andelys où Richard Coeur de Lion est en train de bâtir Château-Gaillard.
Tout change en 1204 : après la mort du roi d'Angleterre, le roi de France prend la forteresse andelysienne et envahit la Normandie.
Plus besoin d'un pont fortifié au milieu du royaume de France ! Philippe-Auguste récompense ses compagnons les plus fidèles en leur octroyant des concessions de moulins et de pêcheries sur les arches du pont de Vernon. Un acte passé en 1204 au bénéfice d'un certain sieur Platras est arrivé jusqu'à nous.
La meunerie en Seine s'est poursuivie jusqu'au 19e siècle, très exactement jusqu'au 29 octobre 1849. La veille, elle faisait encore vivre une dizaine de familles, grâce à cinq moulins qui ressemblaient beaucoup à notre Vieux Moulin, le dernier rescapé. Du jour au lendemain, les meuniers sont privés d'emploi. Le courant manque pour faire tourner les roues et les meules, car on vient de mettre en eau le barrage de Notre-Dame de l'Isle, en aval de Vernon.
Ce barrage est le tout premier ouvrage construit sur la basse Seine. Beaucoup d'autres viendront.
En 1849, le fleuve n'est pas encore régulé. Il est plus large et moins profond, tout encombré d'îles. En été, le tirant d'eau est de 80 cm à peine. L'aménagement de la Seine va permettre de faciliter la navigation et de limiter les effets des crues. Le chenal recreusé sera plus profond. Les matériaux rejetés sur les côtés vont créer de nouvelles berges.
Le seul hic avec le barrage de Notre-Dame de l'Isle, c'est qu'on a omis de prévoir une indemnisation pour les meuniers vernonnais. Ceux-ci entament alors une extraordinaire bataille juridique contre l'Etat, qui va les mener deux fois devant la cour de Cassation et deux fois devant le conseil d'Etat, et qui fera jurisprudence. Les tout derniers soubresauts de l'affaire sont datés de 1869... vingt ans plus tard. Mais l'histoire finit bien, les meuniers auront gain de cause et seront indemnisés rétroactivement.
Et le Vieux Moulin ? Nommé moulin Duvivier, du nom de son dernier propriétaire et meunier, il daterait de 1478. Situé du côté "calme" de la Seine, il a échappé à la démolition. Il a eu la chance de rester habité assez longtemps pour se maintenir en place jusqu'aux années 1970. Il était alors bien fragile. Mais la conscience patrimoniale, qui est allée grandissant au fil du temps, était devenue assez forte pour que la ville de Vernon se lance dans son sauvetage.

Merci à Jean Baboux, du Cercle d'Etudes Vernonnais, dont la conférence sur "la fin des moulins du pont de Vernon" est à la source de ce billet.

dimanche 17 juillet 2011

Les toits de la Reconstruction

VernonC'est d'en haut qu'on le voit le mieux. Les toits des quartiers du centre ville de Vernon n'ont pas la même couleur.
Voyez-vous l'église, presque au milieu de la photo ? A sa droite, un enchevêtrement de toitures aux teintes brunes et rouges, édifiées au fil des siècles et couvertes de tuiles.
A gauche de la collégiale, des rangées bien alignées de couvertures d'ardoises qui s'étirent jusqu'à l'avenue matérialisée par ses tilleuls taillés. C'est le Vernon reconstruit dans l'après-guerre, tout ce quartier ayant été détruit par les bombardements et l'incendie de juin 1940.
Les architectes de la Reconstruction ont bien opté pour la petite tuile brune de temps en temps, mais on le remarque à peine tant l'ardoise domine.
Après avoir été chic et noble jusqu'au 20e siècle, elle est devenue brusquement populaire. Les immeubles contemporains en sont presque toujours couverts.
L'ardoise présente sûrement des avantages techniques et budgétaires pour évincer sa concurrente. Mais elle est moins locale, il faut la faire venir d'assez loin.
Difficile de résister à la banlieusardisation des villes de la grande couronne parisienne.
L'uniformisation des goûts et des pratiques paraît inéluctable.

samedi 30 octobre 2010

Couleurs d'automne

Forêt de Vernon en automneToute la vallée de la Seine a brusquement roussi. Voici les couleurs qu'elle arborait cet après-midi à Vernon. Le château des Tourelles jouait à cache-cache derrière les arbres de l'île du Talus, et le soleil en faisait autant avec les nuages !
Très réduit depuis le dragage de la Seine, l'îlot a joué un rôle important par le passé, puisque le pont de Vernon y prenait appui. On y habitait, on y pêchait, on y avait même mis les malades avant que Saint-Louis ne s'en émeuve.
C'est là, au pied de l'arche marinière, que les chevaux de halage hissaient à grand peine les bateaux qui remontaient le cours du fleuve, d'où son autre nom d'île aux chevaux.
De toute cette splendeur passée, il ne reste plus qu'un bout de quai en train de s'écrouler dans l'eau, tandis qu'une végétation spontanée à l'étonnante diversité est venue conquérir le restant d'île tout à fait sauvage aujourd'hui.

dimanche 8 août 2010

Vernon, soleil couchant

Coucher de soleil sur la Seine, VernonSi les cités américaines se caractérisent par la silhouette de leurs gratte-ciel, leur skyline, on chercherait en vain, dans bien des villes françaises, l'ombre d'une tour de plus de dix étages.
Ce sont les édifices du Moyen Âge qui ressortent. A Vernon, la collégiale Notre-Dame se dresse à l'horizon, encadrée à gauche par le clocheton de la mairie, à droite par les drapeaux de la tour des Archives.
Sur l'autre rive, la Seine vient lécher les prés de Vernonnet, formant une petite plage de sable désormais accessible par un sentier de randonnée.
C'est presque l'angle choisi par Monet pour sa première vue de la collégiale, avant qu'il opte pour une série dans l'axe de l'église.
Un coucher de soleil sur un plan d'eau a toujours un effet apaisant. Les cygnes glissent, le temps s'écoule. Qu'ailleurs il y ait la guerre, des forêts qui brûlent, des gens qui souffrent, tout cela paraît difficile à croire.
Et puis, un moustique vient vous vrombir aux oreilles, désagréable messager de l'imperfection du monde.
Il est temps de rentrer.

dimanche 15 juillet 2007

Le bal du 14 juillet

14 juillet à Vernon, Normandie, FranceJ'étais venue juste pour faire quelques photos au coucher du soleil.
Et puis, dès l'entrée dans le jardin public où le bal du 14 juillet était organisé, je me suis laissé emporter par l'ambiance festive et détendue, et je suis restée jusqu'à la fin.
Il y avait des ballons bleu blanc rouge accrochés aux grilles, des guirlandes et des lampions.
Sur la scène installée au pied de la tour des Archives, à l'emplacement du jeu d'échec dont on avait à peine repoussé les pièces dans un coin, un groupe excellent jouait des standards avec sincérité.
Sur la piste, des couples de danseurs tourbillonnaient dans un style impeccable. D'autres plus maladroits regardaient leurs pieds. Une petite fille en robe de tulle courait après un ballon.
La tour des Archives, heureuse d'être de la fête, prêtait son gros ventre à la projection de lumières. Tout en haut, une brise agitait les drapeaux et les faisait flotter en rythme avec beaucoup d'à propos. Le mur d'enceinte et les bâtiments autour du jardin créaient un espace intime sur lequel tombait la nuit.
Il faisait agréablement doux, une petite bulle d'été qui venait tout juste d'arriver alors qu'on n'y croyait plus. On savourait ce temps suspendu, ce petit miracle d'harmonie urbaine, sans oser respirer trop fort de peur qu'il ne s'envole.
- Vous reviendrez l'année prochaine ? a demandé quelqu'un dans le public.
Même avant, j'espère.

samedi 14 juillet 2007

Feu d'artifice

Feu d'artifice

"D'éblouissants feux d'artifice allaient mêler aux étoiles leurs panaches de feu".
C'est du Maupassant. C'est beau, cette petite citation, n'est-ce pas ? Il n'y a pas un mot à changer pour décrire le spectacle pyrotechnique d'hier soir, tiré sous un ciel enfin dégagé.
Guy de Maupassant, écrivain haut-normand, critique d'art, a été un grand ami et admirateur de Monet.
Rien de nouveau sous les étoiles, donc, tous les 14 juillet. Pour changer un peu de point de vue, je suis montée sur la colline Saint-Michel.
L'escalade avec le matériel photo dans la pénombre s'est avérée un peu dangereuse, mais le paysage était à la hauteur, si j'ose dire. La nuit tombait sur la vallée de la Seine, la ville de Vernon brillait déjà de toutes ses lumières. De là-haut, le château des Tourelles ressemblait plus que jamais à la Bastille. Un endroit rêvé pour tirer un feu d'artifice, d'autant plus qu'on peut aussi l'admirer depuis le pont ou de l'autre berge de la Seine, et qu'on profite alors des reflets.
Mais pourquoi faut-il qu'à chaque fois la musique pleine de feu et de panache de la Guerre des Etoiles vienne se mêler aux éblouissants feux d'artifice ?

lundi 2 juillet 2007

Le lycée de Vernon

Le lycée de VernonC'est presque les vacances... Les établissements scolaires s'apprêtent à entrer dans leur sommeil estival.
Au lycée de Vernon, voilà déjà plusieurs jours que le grand campus de 14 hectares est déserté, juste au moment où il est le plus beau avec ses grands arbres qui semblent échappés de la forêt toute proche.
Cet après-midi, pourtant, le lycée Dumézil a connu un petit sursaut d'animation avant de s'endormir pour l'été. On voyait des cohortes de jeunes à la mine anxieuse se presser vers la caféteria et se pencher, les sourcils froncés, sur de longues listes de noms. Et puis, le plus souvent, le soulagement, les cris de joie, les rires au bout des portables. Et parfois, l'amertume, et des pas qui s'en vont pressés loin de toutes ces démonstrations bruyantes.
C'est la vie comme elle va, doit se dire de là où il se trouve le grand philologue Georges Dumézil, cet érudit de l'histoire des religions et des civilisations indo-européennes qui maîtrisait une vingtaine de langues aussi improbables que l'ossète, le gallois, le persan et le turc.
S'il revenait aujourd'hui, je crois qu'il trouverait cela très bien que son nom ait été donné à un établissement où les jeunes se consacrent à l'étude, mais qu'il ne lui déplairait pas non plus d'y retrouver le calme propice à la réflexion.
Demain le silence sera retombé sur le lycée Georges Dumézil. Le grand totem de pierre qui, du milieu de la pelouse, veille sur les 2100 élèves, va pouvoir baisser la garde, et se contenter de servir de perchoir aux petits oiseaux.

samedi 30 juin 2007

Maison bizarre

Une maison bizarre, le vieux moulin de VernonCe bâtiment est en train de devenir une star de l'internet dans les sites qui recensent les maisons les plus étonnantes à travers la planète.
A force d'être tous les jours sous leurs yeux, il n'épate plus du tout les habitants de Vernon. Pourtant, sa curieuse position à cheval sur deux piles de pierre a de quoi intriguer. Pourquoi avoir construit cette maison en équilibre à cet endroit ?
Claude Monet, qui l'a peinte depuis son bateau-atelier l'année de son installation à Giverny, en 1883, devait ignorer son nom, puisqu'il a simplement appelé le tableau qui la représente "Maisons sur le Vieux Pont à Vernon" (New Orleans Museum of Art, Louisiana).
Maisons sur le Vieux Pont à Vernon (New Orleans Museum of Art, Louisiana) Tout devient logique quand, comme les Vernonnais, on connaît son nom et son ancienne fonction : le Vieux Moulin.
Avant l'invention de la machine à vapeur, l'eau était l'une des sources d'énergie les plus abondantes et les plus faciles à utiliser. On bâtissait des moulins partout, le long de la moindre rivière, mais aussi sur la Seine. La présence d'un pont était une aubaine qui facilitait la construction du moulin. Celui de Vernon daterait du 16e siècle.
On peut encore voir à Andé ou à Muids de très anciens moulins sur le fleuve avec leur roue pendante, capable de s'adapter à la hauteur variable du niveau de l'eau. Celle du moulin de Vernon a hélas disparu, ce qui lui donne cet air bizarre et énigmatique.

jeudi 10 mai 2007

Trois bottes de cresson

Vitrail de la mairie de Vernon représentant Saint-Louis recevant du cressonCela ne se devine pas si on ne le sait pas : les armes de la ville de Vernon représentent trois bottes de cresson, surmontées de trois fleurs de lis.
L'histoire de ce blason remonte à Louis IX, autrement dit Saint-Louis.
Le roi de France est venu une vingtaine de fois à Vernon, entre mai 1227, date du premier séjour connu, et les 9, 10 et 11 mai 1268, son dernier passage dans la ville.
Voici l'anecdote :

Saint-Louis, venu à Vernon par un temps de grande chaleur, témoigna à son arrivée dans la ville le désir de prendre quelques aliments à la fois substantiels et rafraîchissants. On lui offrit une salade de cresson, plante abondante dans le pays. Le roi en fut si satisfait qu'il accorda de suite à Vernon de placer dans son écu, d'abord trois fleurs de lis comme étant ville royale, puis en reconnaissance de sa bonne et chaude hospitalité, trois bottes de cresson de sinople liées d'or, deux et un.
Dans l'escalier d'honneur de la mairie de Vernon, un vitrail illustre cet épisode. Il a été réalisé par François Décorchemont en 1964.
Aujourd'hui, on ne récolte plus de cresson à Vernon, mais on en cultive pas très loin, dans les cressonnières de la vallée d'Eure. Le producteur vient tous les samedis au marché de Vernon. Je crois même que pour trois bottes, il vous fait un prix et vous offre en prime ses meilleures recettes.

jeudi 5 avril 2007

Semper viret

la devise de Vernon Il en va des devises comme des promesses électorales : c'est joli à entendre. Vernon semper viret, proclame celle de Vernon, Vernon toujours vert ! Gloire au micro-climat de la vallée de la Seine, aux hivers et aux étés tempérés qui ne font pas roussir les prés !
A l'époque où le latin n'avait pas de secret pour les gens instruits, des esprits facétieux ont fait de cette devise un jeu de mots : Ver non semper viret, Vernon semper viret. Le printemps (ver) n'est pas toujours vert, Vernon est toujours vert.
La contradiction n'a pas choqué ces latinistes distingués. En admettant que le printemps ne soit pas toujours vert, qu'il neige en avril par exemple, cette vérité générale doit s'appliquer à Vernon, comme dans tout syllogisme qui se respecte. Passons.
On ne parle plus le latin, mais c'est bien la seule chose qui ait changé : on baissera les impôts, on réduira la dette, on limitera les gaz à effet de serre, on désenclavera les départements sans autoroute, on donnera plus de moyens à l'hôpital, on bouchera le trou de la sécu... Il fait bon y croire pendant quelques semaines. Pourquoi pas ? Le printemps est vert.

lundi 19 mars 2007

Un musée Ariane à Vernon ?

La Fusee Ariane 5 au CSGEst-ce la contagion des promesses électorales ? C'est un scoop, la municipalité de Vernon planche sur un projet de musée de la fusée Ariane. Le lieu serait déjà trouvé, l'ancienne caserne en cours de restructuration à côté du centre ville, les collections existent, inaccessibles pour l'instant dans l'enceinte de Snecma, ex Société européenne de propulsion ; il ne resterait plus... qu'à tout faire, c'est-à-dire passer de l'idée à la réalisation en faisant naître le musée.
C'est à la fois un projet formidable et risqué. Imaginez comme cela pourrait être bien, un espace didactique, ludique dans le style de la Cité des Sciences, qui nous expliquerait façon C'est pas Sorcier comment c'est possible de faire voler des engins dans l'espace, comment on les y expédie, comment on les récupère, les mystères de la pesanteur et de l'attraction terrestre, les nouveaux combustibles révolutionnaires qu'on utilise, les piles solaires, à quoi servent les satellites, la coopération spatiale européenne, et toutes ces questions qu'on ne s'est peut-être jamais posées mais dont on est bien content d'apprendre la réponse...
Et maintenant imaginez le même sujet version musée industriel... Ce n'est pas tout d'avoir à Vernon le site de conception et de fabrication des moteurs de la fusée Ariane. Il reste à créer un espace muséographique attractif, à la hauteur de la notoriété internationale du lanceur européen. Un vrai et beau challenge.

vendredi 12 janvier 2007

Pierre Amédée Defontaine

fontaine derrière la mairie de Vernon, EureOn aurait pu tout oublier de l'existence de Pierre Amédée Defontaine, comme de tant d'autres personnages vernonnais du 19e siècle. Mais ce contemporain de Monet a pris soin de passer à la postérité. Bien sûr, comparée à l'aura du génie de Giverny, la mémoire de Defontaine se fait discrète. Loin des trompettes de la renommée, elle fredonne sa petite chanson en minces filets d'eau.
Dès 1858, Defontaine est constructeur fondeur de son état, à une époque où la fonte connaît son heure de gloire.
Engagé dans la vie politique, le voici d'abord conseiller municipal, puis adjoint au maire de Vernon. C'est je crois ce même intérêt pour la chose publique, cet amour de sa ville qui le poussent à faire un don important à la commune, en 1899. Et quand on s'appelle Defontaine... ce ne peut être qu'une fontaine. Une monumentale fontaine de fonte, qu'on peut toujours voir dans le square derrière la mairie.
Elle se compose de deux vasques concentriques. Dominant celle du haut, une accorte jeune femme semble remplir la fontaine en y versant l'eau de sa cruche. Au-dessous, l'eau jaillit de la bouche de quatre têtes de faunes et de celle de dauphins. Sur une plaque moussue, on peut encore lire "A la ville de Vernon A. Defontaine ancien adjoint".

vendredi 5 janvier 2007

Illuminations de Noël

Fontaine aux sapins bleusAprès Noël,
quand la fête est finie,
quand les sapins desséchés gisent sur les trottoirs,
quand les voitures télécommandées tournent dans les parkings,
quand le foie gras et les chocolats sont bradés à prix coûtant,
quand on range la sono,
quand on a balayé les cotillons,

après Noël,
les illuminations des rues se poursuivent chaque soir.

Lumières de Noël à Vernon Un dais de lumière couvre la rue piétonne,
des sapins bleus garnissent la fontaine d'où coulent des gouttes brillantes,
Des milliers d'ampoules électriques formant rideaux et draperies
clignotent et scintillent
comme si de rien n'était.
Elles brillent pour personne dans les rues vides,
incongrues,
anachroniques,
juste pour faire joli et réchauffer la nuit.

jeudi 4 janvier 2007

Video de Vernon

Soyez indulgents, c'est une première ! Je suis allée essayer la fonction vidéo de mon nouvel appareil photo. Pour voir l'image ci-dessus s'animer, il faut double cliquer dessus. (Attention, le son est abominable, il est prudent de baisser vos enceintes).
C'est marrant, non ? Oui, d'accord, c'est bref, hivernal et pas passionnant. Merci les rabat-joie !
Ce n'est pas facile de trouver un sujet qui bouge. Le soleil jouait avec mes nerfs, le vent soufflait, et je dérangeais des techniciens en train de retirer la sonorisation des fêtes, debout sur une échelle en haut du pont.
Les cygnes qui me plaisaient tant sont gros comme des têtes d'épingles, l'horizon penche comme si la Seine était pressée d'arriver à la mer. Mais... Ca marche !!! Et en plus, c'est simple comme bonjour !
Il ne reste plus qu'à faire quelques progrès.

vendredi 29 décembre 2006

Vitrines peintes

vitrine de Noël peinte à Vernon, NormandieLes rues des villes ne sont jamais aussi belles que pendant les jours les plus courts de l'année, quand elles ont l'air de se préparer au grand soir, ornées de fards et de bijoux.
Chaque vitrine raconte les fêtes à sa manière, avec son style propre, contemporain, naturel ou romantique. Les plus bavardes sont les grandes baies des brasseries, qui ne dérogent jamais à la tradition des fenêtres peintes.
Même dans une petite ville comme Vernon, on peut en voir beaucoup, car les limonadiers ne sont pas les seuls à faire décorer leurs vitrines par des artistes. Des charcutiers-traiteurs et des coiffeurs s'y mettent aussi, et cela donne beaucoup de gaieté aux rues dans la grisaille de l'hiver.
On voit des pères Noël faire du ski, des fées patiner, des villages enneigés au milieu des sapins, dans une débauche de blanc de Meudon, et aussi des branches de houx, des bougies, des montagnes de paquets cadeaux... Des thèmes de carte postale, sans autre prétention que de faire plaisir aux passants.
Noël est une date incontournable, mais on peut voir des vitrines peintes à d'autres moments de l'année, par exemple à la Saint-Valentin ou pour les grands rendez-vous du football. Elles ont le charme de l'éphémère, des dessins à la craie sur les trottoirs, de ce qui passe et s'envole, et qui pourtant revient chaque année, comme les oiseaux.

jeudi 7 décembre 2006

Le monsieur qui habite dans l'arbre

tilleul en forme de bonhommeIl a un petit oeil rond, un gros nez, une bouche bienveillante et des bajoues.
C'est le monsieur qui habite dans l'arbre, à côté du cimetière de Vernon.
Le tilleul a peut-être une centaine d'années, son habitant guère moins.
Son grand âge lui donne une certaine distance par rapport aux choses de ce monde.
Peut-être que s'il voyageait en Afrique, le monsieur qui habite dans l'arbre se réincarnerait en baobab. Sous ses frondaisons se tiendraient les palabres, qu'il inspirerait de sa grande sagesse.

mercredi 22 novembre 2006

Les sentes de Bizy

Promenade dans les sentes de Bizy à Vernon, FranceC'est un quartier où la ville se croit à la campagne. A Vernon, la colline qui grimpe jusqu'à la forêt de Bizy était couverte de vignes et de vergers autrefois. Il en reste des noms de rues et quelques fermes, d'antiques bâtisses trapues en pierres et colombages.
Quand la ville s'est développée, à la belle époque des machines à vapeur, des constructions de loisir ont commencé à fleurir au milieu des pâtures, pour cause de vue magnifique sur la vallée de la Seine. Ce furent des chalets, des maisons de style anglo-normand, des pavillons en meulière.
Aujourd'hui, le quartier de Bizy est resté résidentiel. Les terrains y sont chers, on y construit des maisons cossues. Le mélange des époques donne une physionomie particulière au quartier, un air amical et bonhomme qui semble dire que chacun est libre de vivre comme bon lui semble.
Depuis quelques années, une signalisation très bien faite a mis en valeur les sentes qui parcourent le quartier. En limites de propriétés, des chemins d'un ou deux mètres de large permettent de circuler à travers la colline, à l'écart de la circulation. De temps en temps, on se retrouve dans une petite rue paisible, d'où part bientôt une autre sente.
Flâner à l'aventure dans ces chemins réserve bien des surprises. Des potagers, des vergers bien plantés, des basses-cours qui gloussent, des jardins d'agrément soignés, des sources, des ruisseaux qui chantent, et tout à coup un petit temple grec en guise de belvédère, une échappée sur la vallée, la ville tapie au fond. Et puis encore : des friches ou fleurissent l'églantine et la mûre, des pies qui s'envolent... Le chemin herbeux sera couvert de pâquerettes et de fleurs de pissenlits au printemps prochain. Une balade pas très longue et amusante, qu'on peut faire avec des enfants qui marchent déjà bien.

mardi 21 novembre 2006

Kiosque à musique

Kiosque à musique style rocailleAutrefois, ce devait être un endroit charmant. Vernon possède encore un kiosque à musique du plus pur style rocaille, ce faux bois en ciment armé qui a fait fureur il y a un bon siècle.
Le kiosque est coiffé d'un grand toit en forme de chapeau pointu, qui lui donne l'air de fêter Halloween toute l'année. Ce toit est soutenu par des piliers imitant les tilleuls. Les artisans qui les ont exécutés ont reproduit chaque détail de l'écorce, inventant des cicatrices, des moignons de branches et des crevasses. C'est un travail soigné, appliqué, si bien que les poteaux semblent s'être échappés de la rangée de tilleuls qui fait tout le tour de cette grande place pour venir se mettre à l'abri sous le chapeau pointu.
Les bâtisseurs ont poussé le souci du détail jusqu'à imiter, pour la charpente, des branches en guise de poutres, et entre elles, des planches avec de pseudo veines de bois. On est chez Blanche-Neige, au moins.
Autrefois, les musiciens s'installaient sur la plate-forme, garantis de la chute par une balustrade en croisillons de faux-bois. Le toit les protégeait du soleil et des intempéries, tout en servant à rabattre le son.
Que va devenir ce kiosque ?
La place de la République est devenue un grand parking gratuit, envahi par les voitures. Plus de fanfare ni de violons sous le kiosque, aujourd'hui on préfère voir les musiciens sur des estrades, on a trouvé d'autres lieux en ville pour des aubades, les abords de la mairie, le jardin des arts, le parvis de l'Espace Philippe-Auguste...
Sous la pression du stationnement aux abords du centre-ville, le kiosque occupe une surface indécente. Combien de temps résistera-t-il ?
Ce témoin d'un temps révolu est devenu inutile. Il ne sert plus qu'aux amoureux de Peynet, qui aiment encore s'enlacer sous ses ramures factices.

dimanche 19 novembre 2006

Le marché de Vernon

étalage de légumes au marché de VernonTous les samedis matins, au marché de Vernon, c'est la grande fête des yeux avant celle des papilles. Aux petites heures de la matinée, les légumes et les fruits sont à la parade, tellement beaux qu'on a envie de tout acheter.
J'aime le sens artistique de ce marchand, qui fait chanter les formes et les couleurs.
Voici donc, dans l'ordre de leur entrée en scène, les poireaux, les choux-fleurs, les potirons, les blettes, derrière lesquelles se devine une cagette de topinambours. En plein milieu, de délicates pommes de terre rates en provenance d'Israël. Et à l'arrière-plan, les choeurs : tomates grosses ou moyennes, endives, choux de Bruxelles.
Tous ces produits splendides viennent d'ailleurs, de loin parfois, en passant par Rungis. On trouve aussi au marché de Vernon des fruits et des légumes qui n'ont parcouru que quelques kilomètres depuis leur verger ou leur champ. Les producteurs locaux ne font pas dans le tape-à-l'oeil. Ils entassent les salades en piles, les pommes dans des cageots profonds. Chez eux, on achète des produits de saison pleins des saveurs du terroir.

samedi 11 novembre 2006

Onze novembre


Onze novembre à VernonJournée de souvenir, qui donne lieu à jour férié et cérémonies solennelles dans toutes les villes, notamment à Vernon.
C'était au début du siècle dernier, une guerre absurde, longue et meurtrière. La mémoire directe s'en perd. Les combattants sont morts, ceux qui étaient enfants à cette époque s'éteignent à leur tour. Bientôt, il ne restera que le souvenir du souvenir.
Dans ma mémoire vivante se mêlent deux mémoires aujourd'hui disparues. Un être cher de chaque côté du front.
Je me rappelle ma grand-mère, née en Alsace en 1901, donc née Allemande. Pendant la Première Guerre Mondiale, elle avait tricoté des chaussettes pour les soldats. On lui avait appris à l'école. Elle a gardé ce savoir-faire toute sa vie. C'était la reine de la chaussette, celle qui se tricote à quatre aiguilles réversibles dans une laine défiant tous les hivers. Quinze ans après sa mort toute la famille en a encore, de ces chaussettes inusables.
Je me rappelle le grand-père de mon mari, né en 1908 en Normandie, donc Français. De la Première Guerre Mondiale, il racontait l'Armistice. Sa mémoire d'enfant a été marquée à jamais par les cloches de la cathédrale sonnant à toutes volées, interminablement.
Le jour de l'Armistice a été choisi comme date de commémoration. Fin de la guerre, heure du bilan. Honneur aux morts. Mais le 11 novembre 1918, d'autres sentiments animaient les coeurs. Chaque année, je repense à ce souvenir de cloches.
"Elles ont sonné pendant des heures et des heures"... La sonnerie n'était pas motorisée, en ce temps là. Il fallait tirer sur les lourdes cordes. Il a dû se trouver des dizaines de tout jeunes gens, de vieux messieurs, de femmes peut-être, pour venir le faire à tour de rôle, dans une ambiance de joie folle que l'on ne peut même pas se figurer. Quand le cauchemar prend fin, que l'avenir à nouveau peut exister, quel meilleur exutoire y aurait-il à l'envie de bouger ses muscles et de crier sa joie que de faire sonner les cloches, à s'en crever les tympans ?

dimanche 24 septembre 2006

Voie verte

Chemin pour les piétons et les cyclistes de Vernon à GivernySaviez-vous que c'était la journée des voies vertes aujourd'hui ? L'info risque bien d'être passée inaperçue, même auprès des promeneurs qui ont emprunté le chemin réservé aux cyclistes, piétons, rollers et personnes à mobilité réduite entre Vernon et Giverny.
Pourtant, cette ancienne voie ferrée convertie en sente à l'écart de la circulation mérite un coup de projecteur. Car tous les jours, on voit des touristes mal informés marcher ou pédaler le long de la route en contrebas, au ras des camions et des voitures pressées.
Une rangée de maisons sépare le chemin de la route, ce qui le rend presque inaccessible une fois qu'on s'est engagé du mauvais côté. Les riverains, quand ils le peuvent, font traverser leur jardin aux touristes pour les remettre dans le droit chemin. En quelques pas, les visiteurs de Giverny passent du cauchemar d'une progression inconfortable et dangereuse au rêve d'une voie verte conçue pour la promenade.
Que ce soit à pied ou à vélo, le chemin est plat, ancienne voie ferrée oblige. Tout en flânant au pied de la colline, avec vue sur la vallée de la Seine, le promeneur a tout loisir d'imaginer le petit train à vapeur où Monet et les siens ont pris place tant de fois, pour se rendre de Giverny à Vernon et plus loin encore.
Pour trouver l'entrée du chemin quand on vient de Vernon, il faut, en sortant du pont sur la Seine, ignorer les indications pour les voitures, et continuer tout droit sur 100 mètres en suivant les panneaux marrons. Devant la pharmacie, le chemin commence au milieu d'un parking. Pas très engageant, d'accord, mais juste après, quel confort !
De la gare de Vernon au musée Monet, il faut compter une heure de marche. Les cyclistes qui n'ont plus touché un guidon depuis leur enfance et aiment mettre souvent le pied à terre prévoiront environ le même temps, tandis que ceux dont c'est le moyen de locomotion préféré seront vite arrivés.

vendredi 18 août 2006

Coin à pique-nique

Coin à pique-nique au bord de la Seine à VernonLa visite de Giverny ou de Vernon vous a ouvert l'appétit. C'est le moment de déballer votre sympathique casse-croûte, dès que vous aurez trouvé un coin à pique-nique.
Dans ce domaine, le niveau d'exigence de chacun est extrêmement variable. Certains se trouvent très bien assis sur une bordure de trottoir près de leur voiture dans un parking. D'autres prétendent chercher l'endroit idéal, et mettent un temps infini à se décider.
Si vous êtes plutôt du genre pragmatique, que vous aimez manger en plein air, mais assis à table, voici un des endroits idylliques que la ville de Vernon a aménagés au bord de la Seine. D'accord, ce n'est pas le calme de la campagne. Vous êtes dans un espace vert à quelques pas de la nationale 15, en ville, tout près du pont qui franchit la Seine en direction de Giverny. Mais quelle vue ! Entre deux bouchées, vous flottez au fil de l'eau, dans les reflets chers à Monet. Il y a un bon siècle, dans son bateau atelier, le maître de l'impressionnisme peignait le vieux moulin en face de vous.
Vous trouverez des aires de pique-nique de chaque côté du pont. Ma préférée est celle à côté du vieux moulin, avec le château des Tourelles à l'arrière plan. Le site est tellement joli qu'il est classé.
Par beau temps, les places sont très convoitées. Si vous ne trouvez pas votre bonheur au bord de la Seine, vous pouvez également aller pique-niquer en forêt de Bizy, en haut de la colline qui surplombe Vernon. Dans un autre genre, c'est tout aussi charmant.


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