mardi 20 février 2007
Monet au Carnaval de Nice
On se représente toujours Claude Monet comme un homme austère, travaillant sans relâche. C'est vrai, bien sûr, mais derrière cette rigueur, le peintre dissimule un caractère parfois enjoué, farceur, capable de fantaisie.
Cet aspect de sa personnalité trouve l'occasion de s'exprimer lors de son séjour sur la Riviera italienne pendant l'hiver 1884.
Monet peint d'arrache-pied un sujet difficile, le fouillis végétal du jardin de la villa Moreno, au centre de Bordighera. La propriété appartient à un Marseillais qui laisse aimablement travailler Monet, "un des artistes les plus distingués de Paris".
Le peintre est sous le charme de cette propriété unique en son genre, qu'il décrit ainsi à Alice :
"Un jardin comme cela ne ressemble à rien, c'est de la pure féerie, toutes les plantes du monde poussent là en pleine terre et sans paraître soignées ; c'est un fouillis de toutes les variétés de palmiers, toutes les espèces d'oranges et de mandarines."
L'exubérance du jardin le fascine au point qu'il souhaitera la recréer à Giverny. On retrouve dans les plates-bandes débordantes de fleurs géantes du clos normand, dans les buissons qui entourent le jardin d'eau un peu de la prolifération du jardin Moreno.
Donc, pendant des semaines, Monet est sur le motif, il s'acharne à rendre les plantes et les paysages de la Côte d'Azur, avec l'alternance de satisfaction, de doute et de découragement qui lui sont habituels.
Fin février, il a hâte de rentrer à Giverny. Mais il ne sait pas résister à l'invitation de Monsieur Moreno, qui l'entraîne au Carnaval de Nice.
Le visage protégé d'un masque en fil de fer, couvert de plâtre et de farine, c'est un nouveau Monet qui se révèle, celui qui se lâche en prenant part à la bataille de bonbons.
Voici le récit qu'il en fait à Alice, une vision de peintre autant que de participant enthousiaste :
Les chevaux, les voitures couvertes de housses vertes, bleues, rouges, et dans chaque voiture des sacs énormes de ces bonbons ; du reste, tout le monde porte en bandoulière son sac et une pelle pour les jeter. C'est un combat acharné, tout le monde est blanc de farine, il en tombe des fenêtres, de partout, il n'y a pas d'abri possible."Pauvre Alice, qui doit imaginer ces débordements, elle qui se morfond à l'attendre à Giverny !
Ce billet, écrit à 18:50 par Ariane dans la catégorie Vie de Monet a suscité :

C'est l'histoire d'une grande passion qui dure jusqu'au dernier souffle.
A la façon de l'arroseur arrosé, voici le peintre peint. Monet pose pour son camarade Gilbert Alexandre de Séverac.
Pendant des années, Monet ne passe guère l'hiver à Giverny. Il a l'habitude de partir pour de longues campagnes de peinture qui l'emmènent vers des lieux retirés du monde : la Creuse, Belle-Ile en Mer, Varengeville, Sandviken en Norvège. A moins qu'il n'opte au contraire pour l'agitation de Londres.
Voici "Jeune fille se défendant contre Eros", un tableau produit en 1880 par William Bouguereau. Je ne sais pas si vous aimez. Les corps idéalisés sont très bien peints, le sujet plaisant. Si on est bien disposé, on trouve cela joli. Adorable. Mignon. Mais si on n'aime pas tellement la confiture, si on se défend de la peinture de Bouguereau comme sa jeune fille d'Eros, on la qualifie volontiers de mièvre, surannée, voire un tantinet nunuche...
Fêtons Noël avec
On écrivait beaucoup de lettres, avant l'ère du téléphone. Un millier de missives reçues par Monet viennent d'être vendues aux enchères à Paris par Artcurial. Quelle personne possède, aujourd'hui, un millier de lettres manuscrites qu'elle a reçues ?
Claude Monet est décédé le 5 décembre 1926, il y a exactement 80 ans.
Bon anniversaire, Monsieur Monet !
Alice Hoschedé Monet mérite-t-elle une entrée dans wikipédia ? Le débat a agité un temps les coopérateurs anglophones de la célèbre encyclopédie en ligne. Qui ont tranché : être 'seulement' la femme d'un homme célèbre ne justifie pas qu'on vous consacre un article, tout peut être dit de ce qui concerne l'épouse ou la muse dans le texte dédié à l'homme célèbre en question. 
Admiration réciproque, amitié un peu lointaine : la vie de Claude Monet croise à plusieurs reprises celle de Charles-François Daubigny, le grand peintre de l'école de Barbizon qui est son aîné de 23 ans.
Quel meilleur signe de la familiarité entre deux hommes que l'échange de recettes ? Consignée dans les carnets de cuisine de Claude Monet, on retrouve cette preuve de son amitié avec Stéphane Mallarmé. L'homme de lettres de deux ans son cadet avait sa façon d'accommoder la girolle. Le peintre avait dû la trouver alléchante, puisqu'il l'a notée.
"Ce n'est pas une noce, mais simplement un acte, une simple formalité". Voilà en quels termes Monet parle de son mariage avec sa deuxième femme Alice. Le 16 juillet 1892, ils convolent à la mairie de Giverny, après s'être mariés à l'église le 10 juillet - aujourd'hui il faudrait passer devant le maire en premier.
La musique, c'est bien beau, à condition que cela ne vous fasse pas coucher trop tard.
C'est un jour très spécial aujourd'hui. Pourquoi ? Nous sommes le 6 juin, voyons ! Oui, bien sûr, c'est l'anniversaire du Débarquement, mais cela se passait près de vingt ans après que Monet eut quitté ce monde. On n'avait pas encore inventé les régions, on ne parlait pas encore de fusionner Haute et Basse-Normandie et encore moins de faire du 6 juin le Normandy Day.
C'est la journée sans tabac. De ce point de vue, Monet n'est pas politiquement correct. Gros fumeur. Malgré cela, une belle longévité : il est mort à 86 ans d'une sclérose pulmonaire. Je ne sais pas si le tabac est la cause de cette maladie.
En feuilletant le livre de cuisine réalisé à partir des cahiers de recettes familiales retrouvées dans la cuisine de Monet à Giverny, j'ai été tentée par la "palette de porc à la Sacha".
Voici Camille Doncieux, la première épouse de Claude Monet. Elle pose pour Renoir, grand ami du jeune couple.
Une expression revient souvent dans la correspondance de Monet : "je travaille à force". Cette locution ne se dit plus, comme le précise le Petit Robert qui qualifie l'expression de 'vieux', c'est-à-dire peu compréhensible de nos jours et jamais employée.