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Visite guidée

Entrée de la maison de Monet à GivernyIl arrive que les visiteurs de Giverny rendent compte de leur voyage sur internet, dans des sites spécialisés, ou encore dans leur blog ou leur journal de bord. Ces comptes-rendus sont précieux par leur sincérité même, différents de ceux que l’on obtient en posant la sempiternelle question, alors, ça vous a plu ?
Sur internet, les avis positifs abondent. Le charme de Giverny agit sur la plupart des visiteurs. Rêves devenus enfin réalité, paradis terrestre…
Ce qui me fascine, c’est de pouvoir, grâce à ces récits, vivre la visite de quelqu’un qui découvre les lieux avec son regard neuf.
On a des surprises quelquefois. Certains, par exemple, n’ont pas trouvé la maison de Monet très intéressante. Je sursaute. La maison de Monet ! Cette merveille, ce temple ! Ce témoignage unique du goût exquis de Monet, ce reflet fidèle de la vie bourgeoise à la campagne il y a cent ans ! Je ne comprends pas. Ou plutôt si, je comprends : ils sont passés à travers les pièces sans vraiment les voir.
Nous avons besoin d’explications pour que notre oeil s’ouvre. Il nous est difficile de percevoir ce que personne ne nous a montré. Et pas seulement montré, mais raconté, mis en scène dans son contexte. Comment apprécier sans comprendre ?
Chers lecteurs, si vous prévoyez de venir visiter Giverny, pensez à préparer soigneusement votre voyage, et pas seulement dans ses aspects pratiques, mais lisez, écoutez, réservez une visite guidée… Votre voyage vous récompensera de vos efforts au centuple, il en sera tellement plus beau.

Les Japonais à Giverny

Kuniyoshi Utagawa, estampe dans la maison de Monet à Giverny Costume bleu marine et talkie-walkie : c’est la panoplie des gardiens de la maison de Claude Monet à Giverny. Postés à l’entrée de la maison, ils veillent à ce que chacun respecte le sens de la visite. On voudrait commencer par le plus beau, la salle à manger et la cuisine, à droite de l’entrée, ils vous aiguillent poliment mais fermement vers la gauche.
Conversation surprise ce matin entre deux gardiens :
– « Comment tu dis s’il vous plaît en japonais ?
– Kudasai.
– Koshira c’est quoi ?
– Par ici.
– Kudasai alors, tu es sûr ? Parce que c’est bien gentil mais si tu leur dis kudasai et qu’on dit pas comme ça, ils peuvent se dire ils pourraient être plus polis ! »
Voilà les questions qu’on se pose quand on est gardien à Giverny. Car les touristes venus du Japon sont nombreux. Il n’y a qu’eux pour s’arrêter longuement devant toutes les estampes, émerveillés de leur beauté et de leur profusion (je suppose !). Dans le jardin, ils flashent sur les azalées, sur des plantes étranges qu’on n’aurait pas remarquées sans eux.
J’aime les Japonais à Giverny. Ils arrivent le plus souvent en groupe. La plupart ne parlent pas un mot d’européen. On voudrait se parler mais on n’essaie même pas, on se sourit. C’est frustrant de ne pas pouvoir communiquer. J’aimerais tant savoir ce qu’ils pensent de ce japonisme à l’européenne, sauce 19e siècle. Sont-ils surpris ? Amusés ? Flattés ? Agacés ?
Ami lecteur japonais, je serais très honorée d’un commentaire de ta part dans ce modeste blog.
Sayonara !

Le prix de la maison de Monet

maison de Claude Monet J’ai été surprise de lire le prix auquel Monet a acheté sa maison de Giverny, le 17 novembre 1890. L’acte de vente porte sur 22 000 francs, payables en quatre ans.
Non pas que cela me dise grand chose, 22 000 francs de 1890, mais cette année-là, cela correspond environ au prix de vente de trois de ses tableaux. C’est Heide Michels, dans La maison de Monet, qui compare. L’année précédente, la Seine à Vétheuil s’est vendue 7 900 francs, et les Dindons, une oeuvre de grande taille il est vrai, a atteint la coquette somme de 12 000 francs. Les années de vaches maigres sont finies.
Alors pourquoi, sur le coup de la cinquantaine, Monet a-t-il acheté cette maison rurale, simple, et pas si grande pour une famille de dix personnes comme la sienne ? Il avait les moyens de s’offrir un château, ou de faire construire. Il n’a pas peur de bâtir, les nombreux agrandissements et aménagements qu’il fait faire à sa demeure le prouvent.
Tout simplement, il se plait dans cette maison. En 1890, quand le propriétaire la met en vente, les Monet-Hoschedé louent la maison de Giverny depuis sept ans. Il faut acheter ou partir.
Monet écrit à son marchand Durand-Ruel :

« Je serai obligé de vous demander pas mal d’argent, étant à la veille d’acheter la maison que j’habite ou de quitter Giverny, ce qui m’ennuierait beaucoup, certain de ne jamais retrouver une pareille installation ni un si beau pays. »
C’est une maison à la campagne où il mène une vie bourgeoise, mais sans pose. La maison offre à Monet la fonctionnalité qu’il en attend, il se fiche du reste. Monet est un homme de plein air. Ce qui compte, c’est son jardin, et les motifs de la campagne alentour. « Giverny est un pays splendide pour moi », dit-il.


Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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