La fondation Bemberg, à Toulouse, est logée dans le magnifique hôtel d’Assézat, l’un des plus beaux bâtiments Renaissance de la ville rose, construit au milieu du 16e siècle par le marchand de pastel Pierre d’Assézat. C’est un écrin idéal offert par la ville à la collection de Georges Bemberg, fils d’industriel argentin d’origine allemande passionné par les arts. Les choix du mécène sont le reflet de son goût très sûr, et la visite du musée en devient, encore plus qu’ailleurs, une merveilleuse déambulation dans la beauté.
Claude Monet, Portrait de Jean Monet en bonnet à pompon, 1869, Fondation Bemberg, Toulouse
Dans la collection permanente figure ce beau portrait du fils aîné de Claude Monet, le petit Jean, peint par son papa. Né le 8 août 1867, il aurait donc deux ans seulement et déjà une certaine expérience de la pose. Jean sait qu’il faut rester bien tranquille. Il se perd dans sa rêverie de bambin. Peut-être, comme chez les Renoir, écoute-t-il une histoire racontée par sa maman hors champ ? C’est Camille, certainement, qui a choisi cette tenue qui nous étonne aujourd’hui. Qu’a-t-il donc sur la tête ? Le titre n’aide pas beaucoup car ce que nous voyons ne correspond pas à l’idée que nous avons d’un bonnet à pompon.
Claude Monet, Portrait de Jean Monet en bonnet à pompon (détail), 1869, Fondation Bemberg, Toulouse
Pour Monet, il faut faire vite. Les coups de brosse sont rapides, la veste à peine esquissée. Il s’attache à la ressemblance, à la lumière qui joue sur le blond des cheveux. Il insiste sur le rose des joues, signe de bonne santé. Se reconnaît-il dans les traits du petit ? Il contemple son fils qui grandit tellement vite. Dans ce regard qu’ils échangent passe tout l’amour d’un enfant pour son père et d’un père pour son enfant.
A droite au niveau du chapeau, on dirait que Monet a écrit quelque chose. Selon Daniel Wildenstein, il s’agit des lettres C. M. L’oeuvre n’est pas signée en plein car elle est restée dans la famille, malgré les nombreux déménagements, les saisies et toutes les vicissitudes de l’existence, malgré les offres d’achats des amateurs à la fin de la vie de l’artiste. Elle n’était pas à vendre, point. Elle apparaît au catalogue raisonné avec Blanche Hoschedé-Monet, l’épouse de Jean, comme provenance : Monet a dû l’offrir soit à Jean, soit à Blanche, soit, pourquoi pas, aux deux au moment de leur mariage.
Le biographe de Monet a classé l’oeuvre parmi des natures mortes et des paysages enneigés à Bougival. Pour Monet et Camille, c’est l’époque difficile des vaches maigres. Une grande partie de leurs ressources est consommée par l’achat de toiles et de tubes de peinture. Qu’ils aient, dans ces conditions, réussi à garder ce portrait du petit Jean montre tout l’attachement qu’ils lui portaient.
Portrait de Jean Monet enfant
La fondation Bemberg, à Toulouse, est logée dans le magnifique hôtel d’Assézat, l’un des plus beaux bâtiments Renaissance de la ville rose, construit au milieu du 16e siècle par le marchand de pastel Pierre d’Assézat. C’est un écrin idéal offert par la ville à la collection de Georges Bemberg, fils d’industriel argentin d’origine allemande passionné par les arts. Les choix du mécène sont le reflet de son goût très sûr, et la visite du musée en devient, encore plus qu’ailleurs, une merveilleuse déambulation dans la beauté.
Dans la collection permanente figure ce beau portrait du fils aîné de Claude Monet, le petit Jean, peint par son papa. Né le 8 août 1867, il aurait donc deux ans seulement et déjà une certaine expérience de la pose. Jean sait qu’il faut rester bien tranquille. Il se perd dans sa rêverie de bambin. Peut-être, comme chez les Renoir, écoute-t-il une histoire racontée par sa maman hors champ ? C’est Camille, certainement, qui a choisi cette tenue qui nous étonne aujourd’hui. Qu’a-t-il donc sur la tête ? Le titre n’aide pas beaucoup car ce que nous voyons ne correspond pas à l’idée que nous avons d’un bonnet à pompon.
Pour Monet, il faut faire vite. Les coups de brosse sont rapides, la veste à peine esquissée. Il s’attache à la ressemblance, à la lumière qui joue sur le blond des cheveux. Il insiste sur le rose des joues, signe de bonne santé. Se reconnaît-il dans les traits du petit ? Il contemple son fils qui grandit tellement vite. Dans ce regard qu’ils échangent passe tout l’amour d’un enfant pour son père et d’un père pour son enfant.
A droite au niveau du chapeau, on dirait que Monet a écrit quelque chose. Selon Daniel Wildenstein, il s’agit des lettres C. M. L’oeuvre n’est pas signée en plein car elle est restée dans la famille, malgré les nombreux déménagements, les saisies et toutes les vicissitudes de l’existence, malgré les offres d’achats des amateurs à la fin de la vie de l’artiste. Elle n’était pas à vendre, point. Elle apparaît au catalogue raisonné avec Blanche Hoschedé-Monet, l’épouse de Jean, comme provenance : Monet a dû l’offrir soit à Jean, soit à Blanche, soit, pourquoi pas, aux deux au moment de leur mariage.
Le biographe de Monet a classé l’oeuvre parmi des natures mortes et des paysages enneigés à Bougival. Pour Monet et Camille, c’est l’époque difficile des vaches maigres. Une grande partie de leurs ressources est consommée par l’achat de toiles et de tubes de peinture. Qu’ils aient, dans ces conditions, réussi à garder ce portrait du petit Jean montre tout l’attachement qu’ils lui portaient.