Home » Les jardins de Monet

Category Archives: Les jardins de Monet

Laurier du Caucase

Laurier du Caucase
Le jardin d’eau de Monet, 9 avril 2020

Voyez-vous cette masse de feuillage vert sombre à droite des arceaux, sous le saule ? C’est l’un des végétaux survivants du jardin d’eau de Giverny tel qu’il était avant sa restauration : un laurier du Caucase. J’ai eu du mal à trouver une photo où il figure, tant cette zone opaque et obscure n’attire pas l’objectif.

Selon le bilan arboré dressé dans les années 1970 par Gilbert Vahé, le chef-jardinier à qui l’on doit la restauration des jardins de Claude Monet, ce laurier du Caucase a été conservé. « Toujours vigoureux, il doit être périodiquement rabattu pour ne pas obstruer la vue sur l’étang. »

Laurier du Caucase
Claude Monet, Les Arceaux de roses, Giverny, 1913, collection privée

Est-ce Monet qui l’a planté ? A en juger par l’aspect qu’il avait en 1961, j’ai des doutes. Et en même temps, on croit l’apercevoir sur le tableau des Arceaux de roses peint par Monet en 1913. C’est lui, ou c’est autre chose d’un peu sombre.

Quand il a été planté, que ce soit par Monet ou par son fils, ce laurier n’avait sans doute rien d’imposant. C’était un contrepoint dans l’harmonie des verts telle qu’elle éclate dès le début du printemps. Mais avec le temps, le laurier a poussé, grandi, et il a fini par se marcotter. Des branches basses touchant le sol ont pris racine tout autour du tronc initial, formant une petite cabane.

Seuls les jardiniers qui s’occupent de prolonger la vie de ce laurier historique en le taillant de manière réfléchie ont le droit de se faufiler sous ses rameaux. Mais j’avoue que plus d’une fois, en passant à côté, j’ai été tentée de me glisser à l’intérieur et de retrouver ces sensations enfantines de cabane dans la verdure.

Laurier du Caucase
Giverny, 27 juin 2021, le vieux laurier en fin de floraison à droite des rosiers et des hémérocalles

Cela fait partie des choses qu’on ne fait pas dans un jardin comme celui-ci, avec l’envie de cueillir des fleurs, de s’asseoir sur la pelouse, de canoter sur l’eau ou de pique-niquer. L’usage que nous pouvons avoir d’un jardin ouvert au public obéit à des codes qui varient selon les lieux. Ici, en raison du nombre extraordinaire de visiteurs et de la délicatesse des plantations, la contrainte est maximale. Les promeneurs peuvent flâner dans les allées maçonnées, prendre des photos, sentir les fleurs et s’asseoir sur les bancs. Ce n’est pas beaucoup, peut-être, et c’est énorme. Ce privilège de savourer un jardin ouvert au public nous est apparu dès les premiers jours du premier confinement, quand cette possibilité nous a été retirée.

Les tilleuls de Monet

Les tilleuls de Monet
Jardin de Monet à Giverny, vue vers le deuxième atelier.
Les tilleuls de Monet
Le deuxième atelier (réservé à l’administration de la fondation Monet) est précédé d’une double rangée de tilleuls taillés. Deux d’entre eux ont le tronc ridé et sont d’un diamètre imposant : ce sont les plus anciens, ceux qui ont connu Claude Monet.

Le peintre et sa famille adoraient ce coin ombragé proche de la maison. Ils installaient les meubles en rotin sur ce qui est maintenant un bout de pelouse, à l’époque une allée sablée. Plusieurs photos les montre à cet endroit en compagnie d’invités, notamment le marchand Paul Durand-Ruel.

Les tilleuls de Monet
A l’arrière-plan de cette célèbre photo de famille qui rassemble tous les membres du clan Monet-Hoschedé, on reconnaît la volière, aujourd’hui contre le mur du deuxième atelier.

Des milliers d’étoiles

Des milliers d'étoiles
Enfin les voici, les asters si patientes qu’elles ne consentent à fleurir qu’à la toute fin de la saison ! Elles débordent, elles moussent d’une écume pâle que les barrières ne savent plus contenir.

Des milliers d'étoiles

Encore quelques jours pour goûter la douceur de cet automne si chaud que le jardin de Monet ne donne aucun signe de fatigue. Tout luit dans la lumière qui se fait douce. C’est la grande parade des sauges au toucher de velours, des immenses hélianthes et des dahlias somptueux.
Des milliers d'étoiles

Le rosier survivant

Le rosier survivant
Que reste-t-il à Giverny du jardin d’origine de Claude Monet ? Quelles sont les plantes qui ont survécu pendant un siècle ou même davantage ? Cette question, une personne sait y répondre : Gilbert Vahé, chef-jardinier de la Fondation Monet depuis le début de la restauration et jusqu’en 2017. C’est lui qui a oeuvré pendant près de 40 ans pour restituer les jardins créés par le peintre et leur redonner toute leur splendeur.

Parmi les survivants toujours présents, on compte des arbres, des arbustes, une glycine, et aussi un rosier : le rosier Mermaid qui pousse juste sous la fenêtre de la chambre de Monet. Remontant, il produit des fleurs simples jaune pâle de juin à novembre.

Le rosier Mermaid a inspiré un tableau à Blanche Hoschedé-Monet, que l’on peut voir en ce moment au musée de Vernon dans le cadre de l’exposition Saga familiale :

Le rosier survivant
Blanche Hoschedé-Monet, Roses Mermaid, collection particulière

Blanche a posé son chevalet devant le premier atelier, dont on aperçoit la fenêtre en haut du tableau. Et il me semble reconnaître dans la partie supérieure à droite la porte ouverte de l’atelier, lampes allumées peut-être, émettant une lumière orangée. Difficile de dater cette toile, quelque part entre 1927 et 1947, entre la mort de Monet et celle de Blanche. La touche vibrante est impressionniste, l’utilisation de l’espace fait penser aux Clématites de Monet, à ses Chrysanthèmes, au Parterre de marguerites de Caillebotte, des vues plongeantes qui couvrent toute la surface du tableau. Ici, Blanche donne de la verticalité à la toile grâce à l’évocation de la fenêtre.

Gilbert Vahé aime bien raconter l’histoire de ce rosier. En tant que chef-jardinier, il a eu maintes fois l’occasion d’accompagner des personnalités dans le jardin ; déambulations ponctuées de brefs commentaires : Gilbert Vahé n’est pas un grand bavard. En 1985, se souvient-il, l’hiver avait été si glacial que le rosier avait gelé. Mais la plante est repartie des racines au printemps suivant !

On sent dans son intonation toute la surprise et la joie éprouvées au début de 1986, quand il s’est aperçu que le rosier Mermaid refaisait de nouvelles pousses, son émerveillement devant la puissance de ce rosier et la résilience de la nature. Des émotions qui venaient remplacer la désolation ressentie après le gel.

J’aime le fait qu’il aime raconter cette histoire. On y entend de la fierté d’avoir préservé un rosier historique, de l’humilité d’avoir failli le perdre. Faire le tour du jardin avec Gilbert Vahé, c’est découvrir les lieux de son point de vue, comprendre un tout petit peu ses responsabilités et son métier, à travers son ressenti.

Le rosier Mermaid symbolise l’histoire du jardin de Monet, qui a failli disparaître, et qui est reparti vigoureusement de ses racines, grâce à tous les jardiniers de Giverny.

Beauté de la pluie

Beauté de la pluie

En ces temps de canicule, je vous propose quelques images des jardins de Monet baignés d’humidité pour nous rafraîchir. Voilà déjà plusieurs années que les métamorphoses apportées par la pluie ou la rosée me fascinent.

Beauté de la pluie

Dans l’ombre du grand peuplier, un bouton de nymphéa patiente en périscope, tandis que ses feuilles flottent, tout à leur aise dans leur élément.
Beauté de la pluie

Et vous, aimez-vous la douce lumière argentée diffusée par les nuages, la géométrie des ronds dans l’eau qui se percutent, le relief créé par le choc des gouttes sur la surface du bassin ?

J’espère que le Paradis ressemblera à ça

J'espère que le Paradis ressemblera à ça
Giverny ce matin, dans l’éclat de la fin mai. Les roses et les bleus des fleurs aimées de Monet se mêlent dans l’abandon d’une nature conduite avec délicatesse.

De plus en plus de visiteurs entrent désormais dans le jardin par le bas, munis de leurs billets coupe-file. Leur première impression est beaucoup plus forte qu’en pénétrant dans le clos normand par le haut, où se trouve la caisse pour les individuels. « Estoy impactado », répétait hier mon client, un paysagiste mexicain qui en avait pourtant vu d’autres. Je suis impressionné, je suis sous le choc… Quand on aime les fleurs, on peut être submergé par l’émotion à la vue du printemps de Giverny.

J'espère que le Paradis ressemblera à ça

A la fin de mes visites, tandis que je regagne la sortie, je me fonds au milieu des visiteurs et je capte des bribes de conversation. J’ai adoré entendre une jeune femme exprimer sa joie par ces mots : « J’espère que le Paradis ressemblera à ça. »

Dès l’époque de Monet, les visiteurs employaient les mots d’éden et de paradis pour décrire son jardin. Inverser le propos, voilà qui renouvelle cette comparaison entendue si souvent, et lui redonne toute sa force.

Le miracle du matin

Le miracle du matin
Lever de soleil sur le bassin aux nymphéas de Claude Monet.
Le miracle du matin
Comme il devait aimer ces instants.
Le miracle du matin

Giverny sous le soleil

Giverny sous le soleil

Les jardins de Monet ce matin : les dernières tulipes jouent leur symphonie en rose devant la maison…

Giverny sous le soleil

…tandis que les premiers iris s’ouvrent dans les bordures imaginées par Claude Monet.

Giverny sous le soleil

Les glycines rescapées du gel d’avril ornent gracieusement le pont japonais…

Giverny sous le soleil
… et le févier d’Amérique répand des reflets lumineux dans l’étang aux nymphéas.

Des perles sur ma robe

Des perles sur ma robe

Après la pluie, les fleurs rivalisent d’élégance. Elles tourbillonnent, parées de bijoux pour le bal. La rose rose fait gonfler ses jupons.

Des perles sur ma robe

La blanche lavatère s’anime de lumière.

Des perles sur ma robe

Le dahlia s’est mis un brillant derrière l’oreille.

Quelle chance, il pleut !

Quelle chance, il pleut !

Pour le chasseur d’images, la pluie offre des ressources que le temps sec n’a pas : il peut observer les métamorphoses dues à l’eau. Traquer les perles d’argent des gouttes, cueillir les ronds dans l’eau, s’émerveiller de la brillance nouvelle des feuilles.

Voici le reflet des bambous dans une toute petite flaque, car le sol est si bien drainé dans les jardins de Monet qu’elles ne sont ni grandes ni nombreuses. J’étais en train de soigner la mise au point, qui se dérobe dans les reflets, quand un surveillant de notre éden impressionniste m’a remarquée, de dos, dans cette position inconfortable. « Vous cherchez quelque chose, Madame Cauderlier ?  » a-t-il volé à mon secours.

Je cherche le bonheur, et je l’ai trouvé. Il ne me faut pas grand chose : un peu de pluie dans les jardins de Monet.

Monet était « fleur bleue »

Monet était "fleur bleue"

Le goût de Monet pour les fleurs bleues est attesté, car il a surpris plus d’un de ses contemporains. Le peintre avait ainsi une passion pour les immenses delphiniums, devenus difficiles à trouver.

Monet était "fleur bleue"

A Giverny, les jardiniers prennent soin de cultiver le plus possible de fleurs bleues, comme ici les sauges et les campanules de Canterbury. Le violet et le mauve sont également très présents et participent à l’impression bleue. Et vous, aimez-vous aussi voir les jardins en bleu ?

Jardinage en bateau

Jardinage en bateau
La pluie ne décourage pas les jardiniers de Giverny, qui continuent de planter les fleurs d’été. Certains massifs ne peuvent être atteints qu’en barque, et il faut une bonne dose d’équilibre pour travailler depuis un esquif mouvant.
J’ai pris cette photo mercredi dernier en pleine après-midi, dans le grand calme de ce printemps 2021… Seuls les week-ends sont animés.

Le parcours à sens unique

Le parcours à sens unique
L’entrée aux jardins de Monet se fait par la ruelle Leroy, où a lieu le contrôle des billets électroniques, celui du port du masque et des sacs et la désinfection des mains. Les guichets sont fermés, il n’y a pas de vente de billets sur place.
Le parcours à sens unique
La visite commence par le jardin d’eau. La portion entre le pont japonais et le petit pont à droite sur la photo n’est pas accessible, ni dans un sens ni dans l’autre. C’est le seul regret dans un parcours qui est vraiment très bien conçu.
Le parcours à sens unique
On aperçoit le chemin le long du Ru, et on tourne à gauche sous l’arceau aux roses.
Le parcours à sens unique
Au hêtre pourpre, on prend tout droit. Les bancs de pierre et le plan sont en place.
Le parcours à sens unique
On peut monter sur le pont, mais pas le franchir. A l’autre bout, un gardien attend les visiteurs qui achèvent leur tour de bassin pour leur faire traverser la route vers le clos. Ainsi on ne se croise pas dans le souterrain.
Le parcours à sens unique
Sens obligatoire pour faire le tour du bassin. L’avantage de toutes ces contraintes est qu’il y a très peu de monde. Pour l’instant, seulement 30 personnes maxi toutes les 20 minutes, je crois.
Le parcours à sens unique
Au bout du bassin, l’allée vers le petit pont sur le Ru est barrée elle aussi. Ce n’est jamais très fréquenté par là…
Le parcours à sens unique
Côté jardin de fleurs, la visite commence au pied de la grande allée, et de là on part à gauche.
Le parcours à sens unique
On remonte vers la maison par l’ouest, du côté de la serre.
Le parcours à sens unique
L’accès à la maison se fait par le premier atelier. Pschitt obligatoire sur les mains. Accéder par le salon-atelier est très sympa et évite de monter des marches pour les redescendre ensuite, ainsi que la bousculade dans l’escalier. Si cela pouvait se pérenniser…
Le parcours à sens unique
Après l’atelier, on monte vers les chambres avec un coup d’oeil sur le salon bleu. Le reste est inchangé.
Le parcours à sens unique
A la sortie, les deux allées à l’est du jardin sont facultatives. On commence par descendre dans la « boîte de peinture, » sous les supports métalliques.
Le parcours à sens unique
On remonte vers la boutique et la sortie par l’allée du rond des dames. Tous les bancs de bois ont été supprimés. Malgré ces contraintes, la visite donne une très bonne impression d’avoir tout vu et de profiter réellement du jardin, surtout grâce à la faible affluence. Ces photos ont été prises lundi 8 juin, jour de l’ouverture un peu maussade. Comme toujours, les floraisons sont un enchantement, faut-il le dire ?

Transparences

Transparences

Voici revenu le beau mois d’octobre, une merveille à Giverny. Le soleil est plus bas sur l’horizon ; le matin ou en fin de journée, ses rayons éclairent les pétales comme autant de petits lampions accrochés dans les massifs exubérants des jardins de Monet.

On dit que c’est un effet que Monet aimait. Il privilégiait les fleurs simples pour avoir le plaisir de voir la lumière passer à travers.

Transparences

Giverny au temps des iris

Giverny au temps des iris

 Les jardiniers de Giverny ont beaucoup travaillé sur les iris l’an dernier. Les visiteurs en bénéficient cette année avec une floraison spectaculaire, éclatante, qui donne à voir quantité d’iris extraordinaires, noirs, orange, à petits points et j’en passe.

La rangée d’iris réticulés blancs qui danse le long d’un très long massif de haut en bas du jardin me paraît une nouveauté.

Et les roses, les roses ! Elles commencent tout juste et déjà elles embaument, en compétition avec les pivoines. Côté couleurs, ce sont les juliennes qui donnent le ton avec leurs gros bouquets mauves. 

L’esprit du Japon à Giverny

Le jardin japonais de Monet

Claude Monet n’est jamais allé au Japon. Mais comme ses contemporains, il est tombé sous le charme du pays du Soleil-Levant. Il collectionnait les estampes japonaises, il a peint Camille dans un costume rouge à motif de samouraï avec des éventails sur le mur, sa maison débordait de meubles en faux (et parfois en vrai) bambou, son service de table s’appelait Japon, et ainsi de suite. Il n’est pas surprenant que l’on retrouve cette inspiration japonisante dans son jardin.

Qu’est-ce qui fait qu’un jardin évoque le Japon ?

(suite…)

Palette d’été à Giverny

Massif de fleurs d'été à Giverny

Pas de doute, cette fois c’est l’été au calendrier des fleurs. A Giverny elles rivalisent de couleurs pour aguicher les insectes qui viennent se rouler dans leurs étamines et en ressortent tout poudrés de pollen. Au pied des rosiers, les premiers dahlias sont là. Les delphiniums exposent leurs bleus violacés. Les alliums ont gardé toute leur tête. Et les lis éblouissent, plantés serrés dans une palette qui va du jaune au pourpre. 

Giverny aux mille couleurs

Giverny 23 avril
C’est le moment de l’année où le jardin de Monet à Giverny étincelle. Tout autour de soi, des massifs multicolores débordant de tulipes, de giroflées, de juliennes des dames, de pensées, qui restituent cette impression de marcher dans un tableau impressionniste voulue par le peintre.

(suite…)

Giverny déjà très fleuri

Giverny déjà très fleuri

"Comment trouvez-vous le jardin ?" m'a demandé l'un des jardiniers de Giverny ce matin. J'adore cette question. S'ils vont à la pêche aux compliments chez moi, les jardiniers ne vont pas ramener du menu fretin. En fait, je n'ai même pas besoin qu'ils me la posent pour m'extasier. 

Et vous, comment trouvez-vous le jardin de Monet en ce début avril ? Bon, c'est vrai, la photo est bien en-dessous de la réalité.

Giverny cet après-midi

Giverny

Giverny avait un air de printemps aujourd'hui sous un soleil radieux et des températures très douces.

Magnolias et prunus sont déjà en fleurs, et les saules ne perdent pas une minute pour bourgeonner.

Dans les massifs, narcisses et pensées lancent le bal.

Les jardins de Monet rouvrent la semaine prochaine, le vendredi 24 mars. C'est la date la plus précoce jamais tentée, mais le pari est gagné. Grâce à la tiédeur de ces derniers jours, il y aura des fleurs dès l'ouverture.  

Impressions printanières

pelouse-fleurie , 

C’est le plus joli moment de l’année pour voir les pelouses du jardin de Monet, avant que les massifs ne leur volent la vedette. Le matin, la rosée fait scintiller le velours du gazon. Sur ce tapis de soie qu’on rêverait de fouler se dressent les silhouettes élancées des narcisses et des premières tulipes. Elégantes, apprêtées, elles ont l’air de débutantes hésitant à s’élancer sur la piste de danse pour leur premier bal.

Admirez au passage l’habileté du jardinier qui entretient cette pelouse avec une mini tondeuse en contournant les îlots de fleurs. 

(suite…)

Confusion

Cerisier

Les températures ont enfin chuté, heureusement. Voici ce que le cerisier du Japon devant le 3e atelier de Monet était en train de faire à la faveur d'un automne trop doux, des fleurs alors même que ses feuilles d'automne n'avaient pas fini de tomber. Encore plus fort que ceux du parking.

(suite…)

Place nette

Place nette

Depuis la fermeture de la Fondation Monet il y a dix jours, les jardiniers de Giverny s'emploient à faire place nette. Il ne reste déjà presque rien des massifs du clos normand. Les annuelles ont été arrachées, les vivaces taillées, et petit à petit toutes les plates-bandes sont bêchées, amendées au biopost, et prêtes à être replantées.

(suite…)

Giverny début octobre

Giverny début octobre

Les mots me manquent pour décrire l’envoûtante beauté du jardin de Giverny en ce moment. La pluie de mi-septembre avait un peu terni son éclat. On s’imaginait déjà que c’était le début de la fin, l’adieu à la belle saison marqué par la rouille des feuilles et la chute des pétales. Et puis non. Il a suffi d’une semaine de soleil pour qu’un nouvel élan vienne ranimer les fleurs d’automne. Surgies de leurs boutons comme des diables de leurs boîtes, elles n’attendaient que ça. Et d’un coup de rayon, le jardin de Monet se pare de couleurs plus étincelantes que jamais.
Pour qui sait déambuler avec lenteur dans les allées, c’est un parcours très sensuel qui s’offre. Les fleurs devenues gigantesques s’épanouissent à hauteur des yeux, débordant des massifs jusqu’à frôler les visiteurs, tandis que des odeurs acides de feuillages et de terre mouillée se répandent. Les arbres fruitiers du jardin, pommiers et poiriers, exhibent leurs beaux fruits mûrs avec la fierté de jeunes mères promenant leurs enfants au parc. Je ne sais si certains se laissent tenter, mais c’est probable. Dans les allées ouvertes au public, tous les fruits ont disparu.

Un coup de projecteur

Giverny
A 9 heures, le soleil se lève enfin derrière l’imposante colline qui surplombe Giverny.
Le pinceau de son phare touche d’abord les arbres du bout du bassin, qu’il éclaire par en-dessous comme les feux de la rampe dans les tableaux de Degas.
Les feuillages qui sommeillaient dans des tons gris-verts se réveillent sous ce baiser.
Dans cette brève ivresse matinale ils s’illuminent des couleurs chaudes des vins, verts acidulés des frênes, rouge boisé des prunus.
A côté du petit pont, le grand gunnera s’avance sur la scène, dans des vapeurs dorées que le soleil fait naître.
Bientôt ce sera tout le jardin qui rayonnera dans la gloire du matin.

Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

Commentaires récents

Catégories