Claude Monet, Arbres en hiver, vue sur Bennecourt, 1887, Columbus Museum of Art
Voici l’un des Monet actuellement exposés au musée des impressionnismes Giverny. De format carré, il présente une vue du village de Bennecourt, distant de 4 kilomètres de Giverny. Monet s’est placé sur une île de la Seine et a tourné son regard vers le clocher, qui se dresse derrière un rideau d’arbres encore dépourvus de feuilles. L’île surplombe le lit du fleuve de plusieurs mètres, si bien qu’on ne peut voir l’eau couler de l’endroit où le peintre se trouve. On aperçoit à droite une embarcation, peut-être une péniche ou un bateau-lavoir, à moins qu’il ne s’agisse d’une construction sur la rive.
Les carnets de croquis de Monet conservés au musée Marmottan-Monet à Paris révèlent que le peintre a d’abord exécuté un croquis du motif de Bennecourt vu à travers les arbres avant de revenir peindre l’endroit.
Claude Monet, carnet de croquis VI, folio 30v, musée Marmottan-Monet, Paris
On peut ainsi comparer l’intention et l’exécution. Le crayonné de l’église est net, déterminé, alors que l’édifice se distingue à peine sur la toile, comme fondu dans un environnement de tons roses. Les arbres, plus nombreux, offrent plus de régularité sur la peinture. S’ils gardent une certaine souplesse, leurs ombres très contrastées deviennent soudain l’élément le plus original du tableau.
Monet est d’avis qu’en art il faut chercher, toujours. Il est à l’affut de motifs innovants. Ici, il se place face à un paysage qui se divise en bandes horizontales : l’île, le village, le ciel. La profondeur est suggérée par la petitesse des éléments lointains, à la manière des estampes japonaises. « Que se passe-t-il si je dissimule le village derrière un rideau d’arbres ? » semble se dire Monet. Il obtient un effet géométrique très décoratif qui vole la vedette à l’arrière-plan. Pour lui donner toute sa portée, il lui faut adoucir les contours de l’église qui sinon viendraient brouiller le jeu des lignes des arbres et de leurs ombres. Il est possible que Monet ait pleinement senti le paysage et la façon dont il devait le prendre au moment de le peindre seulement, à force de le regarder.
Arbres en hiver, vue sur Bennecourt
Voici l’un des Monet actuellement exposés au musée des impressionnismes Giverny. De format carré, il présente une vue du village de Bennecourt, distant de 4 kilomètres de Giverny. Monet s’est placé sur une île de la Seine et a tourné son regard vers le clocher, qui se dresse derrière un rideau d’arbres encore dépourvus de feuilles. L’île surplombe le lit du fleuve de plusieurs mètres, si bien qu’on ne peut voir l’eau couler de l’endroit où le peintre se trouve. On aperçoit à droite une embarcation, peut-être une péniche ou un bateau-lavoir, à moins qu’il ne s’agisse d’une construction sur la rive.
Les carnets de croquis de Monet conservés au musée Marmottan-Monet à Paris révèlent que le peintre a d’abord exécuté un croquis du motif de Bennecourt vu à travers les arbres avant de revenir peindre l’endroit.
On peut ainsi comparer l’intention et l’exécution. Le crayonné de l’église est net, déterminé, alors que l’édifice se distingue à peine sur la toile, comme fondu dans un environnement de tons roses. Les arbres, plus nombreux, offrent plus de régularité sur la peinture. S’ils gardent une certaine souplesse, leurs ombres très contrastées deviennent soudain l’élément le plus original du tableau.
Monet est d’avis qu’en art il faut chercher, toujours. Il est à l’affut de motifs innovants. Ici, il se place face à un paysage qui se divise en bandes horizontales : l’île, le village, le ciel. La profondeur est suggérée par la petitesse des éléments lointains, à la manière des estampes japonaises. « Que se passe-t-il si je dissimule le village derrière un rideau d’arbres ? » semble se dire Monet. Il obtient un effet géométrique très décoratif qui vole la vedette à l’arrière-plan. Pour lui donner toute sa portée, il lui faut adoucir les contours de l’église qui sinon viendraient brouiller le jeu des lignes des arbres et de leurs ombres. Il est possible que Monet ait pleinement senti le paysage et la façon dont il devait le prendre au moment de le peindre seulement, à force de le regarder.
Les ombres des arbres sont un motif récurrent chez Monet, déjà traité en 1886 dans Prairie à Giverny, et qu’il reprendra en 1894 dans Paysage de printemps à Giverny.