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Guénar et florette

Le trésor d'EvreuxL’énorme trésor d’Evreux dont voici la petite portion présentée au musée de l’Evêché, date de l’époque gallo-romaine et n’a jamais été étudié en détail. C’est dommage, car c’est incroyable tout ce que les érudits arrivent à faire dire à quelques pièces de monnaie. Alors a fortiori un tel magot !
Je suis tombée aujourd’hui sur une analyse publiée par le Cercle d’Etudes Vernonnais en 1995 sur le trésor de Vernon. Vous pensez que la numismatique vous ennuie ? L’auteur, Jens Christian Moesgaard, est de taille à vous faire changer d’avis. Son enquête est aussi palpitante qu’un roman policier. Résumé du début :

Le trésor de Vernon, conservé au musée A.G. Poulain, a été découvert à l’occasion de la démolition d’une vieille maison en centre ville, il y a de cela une bonne centaine d’années. Il se compose de 149 pièces de monnaies, qu’on peut classer en deux catégories : les guénars et les florettes. Jolis noms, n’est-ce pas ? Qui nous sont totalement inconnus aujourd’hui parce que ce sont les pièces qui avaient cours au début du 15ème siècle, nettement avant les sols, les pistoles et les livres qui nous sont plus familiers grâce à Molière.
La première question est de savoir quand le trésor a été caché, donc de trouver la pièce la plus récente dans le tas. C’est, nous renseigne l’auteur, une émission du 19 septembre 1419. Vous apprécierez la précision. Or le trésor ne comporte aucune pièce d’une émission très proche dans le temps, du 25 septembre 1419, et dans l’espace, à Rouen, signe indubitable que l’enfouissement du trésor a eu lieu à l’automne 1419.
Après le quand, le pourquoi. Il y a deux raisons de cacher ses sous, on devine aisément lesquelles. Soit ce sont des économies, une cagnotte constituée patiemment et qu’on ne veut pas se faire voler, façon bas de laine ou billets sous le matelas. Soit un danger menace et on cache en vitesse le contenu de sa bourse. Comment fait-on la différence ?
Dans le cas où il s’agit d’une cagnotte, le propriétaire conserve de préférence des grosses pièces dont les émissions s’étalent sur une longue période. S’il s’agit d’une urgence dans une période troublée, on va trouver des pièces de moindre valeur et surtout des émissions récentes.
Dans le cas du trésor de Vernon, c’est la seconde hypothèse qui est la plus probable. En 1419, on est à un tournant de la Guerre de Cent Ans. Les Anglais repoussés quelques décennies plus tôt par du Guesclin reviennent à la faveur d’une guerre civile en France entre deux prétendants au trône. En 1419 ils reprennent Vernon.


2 commentaires

  1. C’est le trésor de Vernon qui compte 149 pièces. Celui d’Evreux, photographié ici, infiniment plus. Personne ne les a comptées, beaucoup sont prises en bloc.

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Ariane.

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