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A la vie à la mort

A la vie à la mort
Le magnifique plafond de l’église Notre-Dame de Lorette à Paris, où Monet a été baptisé

Claude Monet est né à Paris le 14 novembre 1840 au 45 rue Laffitte, juste en face de l’église Notre-Dame-de-Lorette, au pied de la butte Montmartre. Cette rue était alors connue comme « la rue des marchands de tableaux », ce que Monet n’omettait jamais de préciser à tous les journalistes qui se piquaient de vouloir l’interviewer pour raconter sa vie dans leurs colonnes, une fois la gloire venue. Georges Clemenceau lui-même se demandait s’il ne fallait pas y voir le signe d’une prédestination, et notait la coïncidence dans la biographie qu’il consacrait à son ami. Qu’on y croie ou non, c’était en tout cas un clin d’oeil du destin qui ne pouvait manquer d’amuser les lecteurs.

Mais Monet n’a jamais jugé utile de souligner une coïncidence encore plus troublante : très étrangement, quand Ernest Hoschedé est au plus mal et qu’Alice, la compagne de Monet, se rend au chevet de celui qui est encore son mari, elle le trouve dans une chambre du… 45 rue Laffitte ! C’est là qu’il meurt quelques jours plus tard, le 19 mars 1891. Selon la biographie de Daniel Wildenstein, ce ne serait pas la même maison, les numéros auraient été changés. N’empêche.

On peut chercher – et trouver – des raisons objectives pour tenter d’expliquer ce hasard : Ernest aime la peinture, il est logique qu’il loge dans le quartier des galeries… Il n’y a peut-être pas tellement de maisons qui proposent des chambres à louer dans la rue… Mais quand même. Paris est si grand.

C’est Monet qui règle les frais d’obsèques et d’inhumation de son ancien rival au cimetière de Giverny : les enfants ont réclamé d’avoir leur père auprès d’eux dans le village. Ernest est le premier à reposer dans ce qui va devenir le caveau familial.

Monet l’y rejoindra bien des années plus tard, le 5 décembre 1926. J’ai déjà parlé de cette succession de décisions et de non-décisions qui les conduit à cette proximité peu conventionnelle. Les voici côte à côte pour l’éternité… Il y a entre ces deux âmes un lien qui laisse sans voix, qui dépasse leur amour commun pour Alice et pour la peinture impressionniste. Ils se sont recherchés, aimés, puis ils se sont craints et fuis. Mais le lien était toujours là. Comme le lien indéfectible qui unit deux frères.


Un commentaire

  1. Il y a parfois des coïncidences ..naitre dans la rue des marchands de tableaux quand on connait la vie de Monet..
    Pour Ernest Hoschedé , ce n’est peut-être pas le même numéro mais la même rue!!
    Faits étranges…

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