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Clemenceau par Troubetzkoy

Buste de Georges Clemenceau par Paul Troubetzkoy, bronze, 1926, musée Clemenceau, Paris

Qu’il est difficile d’accepter l’image que les autres nous proposent de nous-mêmes ! Georges Clemenceau détestait ce buste, et en le voyant, je me suis demandé en quoi son narcissisme s’en est trouvé blessé. L’artiste italo-russe Paul Troubetzkoy a parfaitement saisi la physionomie de l’homme d’Etat de 85 ans. Etait-ce cette apparence âgée de son visage qui choquait Clemenceau ? S’il a accepté les séances de pose, il a éprouvé du rejet pour l’oeuvre. Voici l’histoire telle que le Tigre l’a racontée :

Troubetzkoy « avait fait de petites esquisses de Tolstoï qui étaient très bien. Le buste fini (il était très mauvais) il eut le toupet de me demander de lui faire avoir la légion d’honneur. »

La décoration lui est passée sous le nez, c’est clair, et son buste a dû attendre la mort de son modèle pour sortir du placard, au sens propre : Clemenceau l’avait mis dans une armoire en compagnie de son buste exécuté par Rodin, victime de la même détestation, et disait : « Cette armoire, je ne l’ouvre jamais ».

Auguste Rodin, Buste de Georges Clemenceau, 1911, musée de l’Orangerie, Paris

Evidemment, on n’est pas obligé de partager l’avis de Clemenceau : « Il m’a toujours raté ». Les deux oeuvres m’ont parues magnifiques.

A Giverny, dans le salon-atelier de Monet, on peut en voir une troisième, qui avait l’heur de plaire à Clemenceau. Elle est due à François Sicard, son sculpteur favori. Pourquoi celle-ci et non les autres ?

François Sicard, Buste de Georges Clemenceau, 1919, maison de Claude Monet, Giverny


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