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Sur les pas de Monet au Havre et à Sainte-Adresse

Ariane Cauderlier, Sur les pas de Monet au Havre et à Sainte-Adresse, éditions Orep, 12,90 euros

Mon 6e titre vient de paraître aux éditions Orep. Dans l’esprit de Sur les pas de Monet à Giverny et Vernon publié en 2025, Sur les pas de Monet au Havre et à Sainte-Adresse est un petit guide qui confronte les toiles de Monet et des photos des endroits où elles ont été faites, tels qu’on peut les découvrir aujourd’hui.

Par chance, Monet a parsemé ses tableaux de quelques repères qui existent toujours : la chapelle Notre-Dame des Flots, le clocher de l’église Saint-Vincent, le Pain de SucreDes cartes postales anciennes m’ont permis de restituer les lieux au début du XXe siècle, une trentaine d’années environ après les tableaux.

En effet, plus tôt, les photos sont rares. C’est tout jeune que Monet a peint le Havre et la ville voisine de Sainte-Adresse. Reprendre une à une ses toiles exécutées entre 1858 et 1874, c’est retracer ses débuts aux côtés de Boudin, son apprentissage du métier, ses tentatives d’être sélectionné pour le Salon parisien.

Etant données les destructions de 1944 au Havre et l’urbanisation de la côte, chercher à photographier des lieux peints il y a plus de 150 ans pouvait paraître une gageure. Mais la lumière mouvante, l’atmosphère maritime de ces deux villes de bord de mer sont restées intactes. J’ai adoré m’y plonger. A chacune de mes visites à travers les saisons, j’ai retrouvé avec bonheur le cadre de la jeunesse du peintre. Travailler à ce guide m’a aidée à mieux comprendre qui était le jeune Monet. Il y a quelque chose d’enivrant à ce paysage baigné d’argent, grand ouvert sur le large, contemplé depuis des belvédères. L’exaltation que procurent ses effets de lumière toujours changeants est bien de nature à faire de vous un impressionniste, si vous avez du talent.

J’ai été saisie quelquefois par la ressemblance entre la côte d’aujourd’hui et celle retranscrite sur les tableaux. Comme le montre la photo de couverture prise au lever du soleil dans le port du Havre, tout a changé, et pourtant rien n’a changé. Quelle émotion quand le paysage donne l’impression de contracter le temps. Et qu’importe alors si Monet ne s’était pas placé exactement là, mais à quelques centaines de mètres. Le jour où j’ai ressenti ce choc de croire reconnaître la plage de Monet, avec son escarpement rocheux et ses épis, décrite dans ses pointes de la Hève, tous mes doutes se sont envolés. On pouvait réellement aller sur les pas de Monet au Havre et à Sainte-Adresse : il était toujours inscrit dans le paysage.

Cerise sur le gâteau, le musée d’art moderne André Malraux du Havre, le Muma, possède dans sa magnifique collection impressionniste pas moins de six très beaux Monet, présentés à la fin du livre. Merci encore à Géraldine Lefebvre, directrice du musée, pour son aide précieuse, ainsi qu’à Rémy Dufour, de l’association pour le patrimoine de Sainte-Adresse, qui m’a aimablement emmenée sur les points de vue de Monet, y compris dans un domaine privé où je n’aurais pas pu pénétrer sans lui. Et enfin un grand merci à Daniel Haté, qui anime depuis de longues années le blog Havrais-dire et pour qui les modifications du port n’ont aucun secret. Quelle chance de rencontrer ces passionnés d’une grande érudition, qui ont eu l’immense gentillesse de se montrer disponibles !


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