
Le musée du Petit-Palais à Paris applique une généreuse politique de gratuité : on peut librement accéder aux collections permanentes, et cette image est placée sous licence CC0.
La scène est prise à Lavacourt, et on a le sentiment que Monet nous rejoue avec un peu de nostalgie la partition d‘Impression, soleil levant peint huit ans plus tôt au Havre. Même soleil orangé, même teinte corail du reflet, mêmes barques tout juste esquissées. Mais cette fois, nous ne sommes plus face au port du Havre mais à Vétheuil, au bord de la Seine et Monet fixe l’image du hameau de Lavacourt dans la brume du soir, probablement assis dans son bateau-atelier.
La toile est de grandes dimensions : 1 m de haut par 1,50 m de large. Au Petit-Palais, elle est mise en valeur toute seule sur une cimaise, et un banc permet aux visiteurs de se plonger à loisir dans cette image du temps suspendu. On croit sentir sur sa peau l’air frais, l’humidité qui flotte, on croit entendre le bruit des vaguelettes et le cri d’alerte d’un merle qui s’envole. Les îlots couverts de végétation du premier plan guident le regard vers les lointains flous, encadrant la scène centrale comme un rideau de théâtre. Il fait très beau, pas un nuage au ciel pour accrocher les rayons du soleil couchant. Les couleurs sont-elles chaudes ou froides ? Le visiteur est bien en peine de trancher.