
Un petit attroupement s’était formé avant-hier à la sortie du passage souterrain qui mène au jardin d’eau de Claude Monet. Oh ! Des cygnes !
Je crois que c’est la première fois que j’en vois à Giverny. Le couple est accompagné de trois petits. Il est possible qu’ils aient été attirés par les hémérocalles, ces jolies fleurs orange qui illuminent en ce moment les berges du Ru. Le jardinier responsable du côté bassin a remarqué qu’ils les mangent. Ce n’est pas très grave : leur floraison est éphémère de toute façon, et ils y en a des masses.

Hier, j’ai eu la surprise de retrouver les cygnes juste sous le petit pont qui mène à la bambouseraie, indifférents au public pourtant proche à les toucher. Ils étaient occupés à brouter les plantes aquatiques qui poussent dans le courant. Les petits dégustaient leur salade eux aussi. Ils sont encore tout couverts d’un joli duvet gris et doux, comme de petites peluches. J’ai eu du mal à m’arracher à ce spectacle adorable.
Les jardiniers ne sont pas insensibles à leur mignonnerie, mais ils appréhendent les dégâts que les parents peuvent faire dans les plantations toutes fraîches. « Ils sont lourds, ils écrasent les fleurs », déplorent-ils. Vont-ils rester ? La nourriture abonde, la foule n’a pas l’air de les déranger. En revanche, pas question de s’approcher. Ils défendent leurs petits du bec, avec des feulements d’intimidation qui ont fait leurs preuves.