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Hellébore

Ellébore, Rose de NoëlY a-t-il des roses de Noël (c’est-à-dire des hellébores, ou ellébores, selon votre humeur) dans le jardin de Claude Monet ? On peut en douter, car pourquoi cultiverait-on des plantes qui fleurissent pendant la période de fermeture ? On est pourtant surpris quand le printemps est précoce de découvrir le jour même de l’ouverture, le 1er avril, des crocus et d’autres bulbes déjà passés. Alors pourquoi pas ?
Difficile de résister à la grâce de l’hellébore, qui a l’élégance de fleurir en plein hiver, à partir de la mi-janvier, en ouvrant une corolle qui ne ressemble pas beaucoup à une rose, mais à l’idée même qu’on se fait d’une fleur.
J’ai photographié celui-ci à la devanture d’un fleuriste. Je n’en ai pas dans mon jardin. Pas encore.
L’été dernier, Birgit est arrivée de l’est de l’Allemagne les bras chargés de boutures. Elle les a plantées un peu partout dans mon jardin, en espérant que certaines finiraient par se plaire quelque part. Il paraît que c’est ainsi qu’il faut procéder avec les ellébores.
Chaque fois que je regarde les petites feuilles vertes des roses de Noël, je pense à Birgit.
Je couve les jeunes plants du regard. Certains ont poussé beaucoup, d’autres pas du tout. Combien de temps faudra-t-il avant les premières fleurs ?
Birgit m’a expliqué qu’elle avait trouvé les pieds mères de ses hellébores il y a des années dans les Vosges, sur un tas de déchets verts. Avec une logique qui me ravit, elle s’était jurée que ces hellébores reviendraient un jour en France. C’est moi qui en ai été l’heureuse bénéficiaire.
Les jardins se font comme cela. Dans celui de Jacques Prévert, dans la Manche, à Omonville-la-Petite, la plupart des végétaux ont été apportés et plantés par des amis. Je ne me souviens plus si c’était du vivant de Jacques ou à titre posthume. Peu importe. Monet aussi pratiquait beaucoup le don de végétaux avec ses amis comme Clemenceau et Caillebotte. Les fleurs sont encore plus belles quand elles enracinent l’amitié, et qu’on peut voir en elles le sourire de celui qui vous les a données.

Fuchsia

FuchsiaLes fuchsias sont encore couverts de fleurs le long des rues de Giverny. Ils tiennent compagnie aux dernières roses qui s’entêtent à fleurir.
Ce Fuchsia de Magellan pousse dans la bordure fleurie devant le Musée d’Art Américain. On le reconnaît à ses longues fleurs effilées. Il vient de la Terre de Feu, ce qui en fait une plante très rustique, qui passe l’hiver en pleine terre sans problème.
La société horticole britannique du fuchsia recense plus de deux cents cultivars susceptibles de résister à cinq hivers consécutifs et refleurir fidèlement l’été.
L’entretien se limite alors à attendre le printemps, où on coupe les brindilles sèches. Si le gel a été rude, on rabat tout au ras du sol, et normalement, ça repousse vigoureusement.
Tous les fuchsias ne sont pas aussi faciles à vivre. La plupart descendent d’aïeux subtropicaux. Ils aiment être rentrés l’hiver, ce qui impose de les cultiver en pots.

Anémone du Japon

Anémone du Japon, jardin du Musée d'Art Américain à GivernyL’anémone du Japon est la princesse de l’automne. Des pétales veloutés d’un rose nacré, doux comme de la soie, entourent sa couronne touffue d’étamines jaune d’or.
Les fleurs se balancent gracieusement au bout d’une longue tige. Très nombreuses, elles forment un nuage coloré mis en valeur par le vert dense du feuillage. Il en existe une variété blanche, tout aussi belle.
L’Anémone du Japon est la providence des jardiniers débutants. Elle pousse de très bonne grâce sans entretien, et ne demande qu’à être rabattue après la floraison. Généreuse en jeunes plants, elle permet de constituer des allées entières, ou d’opérer de fructueux échanges avec ses amis.

Valériane

valérianeA la Roche-Guyon, près de Giverny, voilà longtemps que plus personne ne passe par ce portail. Une touffe de valériane lui donne un air champêtre, qui sied bien à ce modèle ancien en bois.
On n’est pas plus accommodante que la valériane, qui n’a besoin ni de terre ni d’arrosage, et semble d’autant plus heureuse qu’elle colonise des endroits inaccessibles ou inhospitaliers. Quelle autre plante voudrait de ce coin compacté par le passage des roues ?
Quand on la bichonne, la valériane ne se sent plus d’aise et récompense le jardinier par des plants de près d’un mètre de haut. Chouchoutée ou pas, elle fleurit généreusement deux fois, au printemps et à la fin de l’été, en rose, rouge ou blanc.

La salicaire

salicaireTrois semaines d’une floraison étourdissante : comme toutes les vivaces, la salicaire ne dure qu’un temps, mais quelle profusion d’épis colorés rouge rosé !
Dans la grande allée du jardin de Monet à Giverny, c’est elle qui fait le spectacle en ce moment, en compagnie des dahlias et des glaïeuls.
La salicaire se présente en grosses touffes d’un mètre de haut, qui apprécient le bord de l’eau et les jardins marécageux. Elle fleurit du milieu à la fin de l’été. Son nom latin est Lythrum salicaria.

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