Déjeuner au jardin
Aujourd’hui pour la première fois de l’année nous avons mangé dehors. Il faisait une température idéale, juste chaude comme il faut. Bientôt il faudra tirer la table à l’ombre, et en plein été on se trouvera mieux à l’intérieur de la maison.
En savourant ce premier repas au jardin, on ne peut s’empêcher de penser au tableau de Monet « Le Déjeuner » si fascinant au musée d’Orsay. Cette oisiveté d’après repas, cette nonchalance… L’oeil cherche les détails qui retranscrivent si bien l’instant. Est-ce l’ombrelle oubliée sur le banc, le chapeau accroché dans l’arbre, Camille qui passe au fond dans sa robe blanche ? Ou la belle cafetière en argent sur la table, les tasses japonaises que personne ne s’est hâté de débarasser ? Le petit Jean qui joue par terre ? Ou simplement le contraste de l’ombre et de la lumière qui revient si souvent dans les oeuvres de Monet à Argenteuil ?
Cet après-midi le soleil s’est voilé, et un orage a éclaté sur Giverny.
Un rallye de 2CV à Giverny
Rencontre de deux mythes ce matin à Giverny : la voiture mythique de Citroën au pays du père de l’impressionnisme ! Ca peut paraître incongru, mais pas tant que ça si on pense à la passion de Monet pour les voitures. Il n’aurait raté pour rien au monde la course de côte de Gaillon. Il a eu dès décembre 1900 une des premières voitures du village, …
… et même s’il n’a jamais eu envie d’apprendre à conduire, il adorait les grandes virées le dimanche dans sa Panhard-Levassor. Ce matin, il serait sûrement venu faire un tour en voisin pour voir les 2CV de compétition qui s’alignent dans « son » parking.
La prairie sert de point de ralliement à un raid de 2CV. 18 équipages participent pendant deux jours à un rallye tout terrain réservé aux deuches. Il fait un soleil radieux, ce qui contrarie les organisateurs : ils auraient préféré de la boue, histoire de pimenter l’affaire. Il paraît que les deux pattes passent partout, « à 80 là où un 4×4 passe à 30 ! » Les voitures datent des années 70 – 80, elles ont été préparées pour le raid tout terrain. Celle ci-dessus a même fait un rallye en Egypte et repart en Iran dans quelques mois. Les concurrents viennent surtout de la région, mais aussi de plus loin, Le Havre, Paris ou Bordeaux.
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La Grande Allée fin avril 2006
Retour devant la grande allée du jardin de Monet ce matin à 9h30, juste à l’ouverture. Cette fois le printemps est arrivé. Les tulipes explosent en grandes taches de couleur orangée et jaune, bordées par de petites pensées discrètes. Ailleurs dans le clos fleurissent les narcisses, les jonquilles, les fritillaires. Les aubriètes s’ouvrent peu à peu et soulignent de mauve les allées.
Le mois de mai promet d’être grandiose : les pivoines sortent du sol en masses presque pourpres, les iris préparent leurs hampes chargées de boutons.
Les parkings de Giverny
Je ne connais pas d’autre endroit comme ça : à Giverny, l’enchantement commence dès le parking. Un soin tout spécial a été apporté à tous les parcs de stationnement du village pour qu’ils s’intègrent dans le paysage.
Le plus ancien, celui juste en face de la billeterie de la Fondation Monet, s’étage à flanc de colline au milieu des narcisses. A l’entrée, un viburnum magnifique accueille les automobilistes à coup de boules de neige.
Celui du Musée d’Art Américain ressemble à un verger. On se gare sous les grappes roses des cerisiers du Japon.
Le plus grand, le plus récent, a été aménagé dans la plaine des Ajoux derrière l’étang aux nymphéas. C’est une zone qui devient vite marécageuse. Les paysagistes ont imaginé d’y faire pousser des collections d’herbes et de graminées. Pour l’instant tout est encore ras. Il sera beau cet été.
La Grande Allée début avril 2006
Voici la grande allée telle qu’elle se présente cette année à l’ouverture de la Fondation Monet à Giverny. L’hiver s’est un peu éternisé. La végétation a environ deux semaines de retard.
Les couleurs vont arriver dans quelques jours s’il se met à faire chaud. En attendant, on peut observer les structures métalliques qui servent de support aux rosiers grimpants. Ces arceaux ont été imaginés par Truffaut pour Claude Monet afin de mettre en valeur les roses et de forcer la plante à produire. Les arcades, mais aussi les trépieds qu’on voit ailleurs dans le clos, les supports en forme de parasol, sont en fer peint. Ils rappellent la passion du 19e siècle pour ce matériau qui s’est exprimée dans les grandes choses comme dans les petites, de la tour Eiffel aux gares parisiennes, et jusque dans les jardins…
Ouverture
Samedi 1er avril 2006 : ouverture de ce blog en même temps que de la Fondation Claude Monet à Giverny.
9h32 : la première minute d'ouverture de la Fondation Claude Monet à Giverny cette année ! J'imaginais la grande foule prête à se précipiter dans les jardins. En fait de file d'attente, il y a quatre personnes : un monsieur japonais, deux blondes qui ont l'air de parler allemand, et une autre dame à l'origine mystérieuse. Je me sens prise de timidité pour aller lui demander d'où elle vient. C'est pour le journal… poisson d'avril !