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Le regard de Blanche

Le regard de Blanche
Blanche Hoschedé-Monet, Le jardin et la maison de Monet à Giverny, l’allée des rosiers.
Non daté, huile sur toile, 72×43 cm. Musée des Augustins, Toulouse (don de Robert Piguet)

On a l’impression de connaître le jardin de Claude Monet par coeur tellement il l’a peint, mais c’est une impression trompeuse. Sa prédilection pour quelques motifs inlassablement répétés nous en donne une image lacunaire. Blanche Hoschedé-Monet, la belle-fille du peintre, en peignant le même jardin, arrive ainsi à nous surprendre et nous ravir, par la beauté plastique de ses toiles autant que par leur valeur documentaire.

Voici par exemple la grande allée telle que la voient et la photographient encore les visiteurs, une vue que Monet ne nous livre que déformée par la cataracte. Finesse des couleurs, vibration de la touche impressionniste, sujet familier : l’élève rend ici un bel hommage au maître.

Blanche ne datait pas ses toiles, il nous faut donc nous livrer à des conjectures. La maison a été agrandie à gauche à sa taille définitive, les épicéas ont disparu de l’allée : on peut supposer que l’oeuvre est peinte après la mort de Monet, quand Blanche reprend les pinceaux et que le chef-jardinier est toujours là pour entretenir le jardin à la façon de Monet. Eclatante beauté de cette grande allée au début de l’automne, alors que la colline (celle du belvédère) a roussi de sécheresse et que la vigne vierge pare de tons rouille les murs de la maison.

Les vagues de capucines lèchent le sable de l’allée, mais derrière elles, les massifs de fleurs très hautes que Monet aimait sont plus difficile à identifier. Des asters ? des anémones du Japon ? des dahlias ?

A l’arrière-plan, les deux ifs qui montent toujours la garde devant la maison ont déjà une taille imposante. Devant eux se dessine la masse plus claire d’un arceau de rosiers grimpants. Le détail le plus curieux, c’est l’arceau interrompu, à gauche. Pourquoi Blanche n’a-t-elle fait qu’ébaucher son départ, sans lui faire enjamber l’allée ? Peint-elle ce qu’elle voit, et dans ce cas que voit-elle ? Un arceau cassé ou un tronc tellement couvert de végétation qu’elle déborde ? Ou bien au contraire l’artiste se permet-elle de prendre des libertés avec le réel, une démarche bien loin de l’impressionnisme ?


2 commentaires

  1. Ce musée a été en réfection pendant quelques temps,il en avait sérieusement besoin…
    Je ne manquerai pas lors d’une prochaine visite d’aller admirer cette toile de Blanche et j’aurai bien sûr une pensée pour toi!

    • Quand j’ai vu où était conservée cette toile j’ai bien sûr tout de suite pensé à toi et à tous ceux qui ont la chance de la voir en vrai !

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Ariane.

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