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Files d’attente

Ca y est, l’Orangerie a rouvert ! Le musée parisien qui abrite les Grandes Décorations de Monet, plus une belle collection de chefs-d’oeuvres, était fermé depuis six ans. Les maîtres d’ouvrages prévoyaient une réouverture pour 2005, mais des découvertes archéologiques ont retardé les travaux.
Depuis deux jours, on peut enfin revoir toutes ces merveilles. Tout a été repensé pour rendre aux grandes décorations la place centrale et la lumière naturelle qu’elles méritent. J’avais hâte d’aller admirer cela.
Mais l’heure et demie d’attente m’a découragée. Jusqu’à dimanche, l’entrée est gratuite, ce qui explique partiellement l’affluence.
J’ai traversé la Seine et je suis remontée jusqu’au musée d’Orsay, en me disant que si tout le monde était en train d’attendre à l’Orangerie, la voie serait libre pour l’expo Cézanne et Pissarro. Cet optimisme n’était que modérément justifié : 45 minutes de queue !
Y a-t-il une ruée vers l’art ? Un intérêt orchestré par les médias autour d’évènements culturels inscrits dans le temps ? Un effet 35 heures ? Une démocratisation de la culture ?
Pendant que la file serpente à la vitesse de chez Disney, vous avez le temps de vous poser des tonnes de questions sans réponse. Ou si vous préférez, vous pouvez aussi observer vos compagnons d’attente, tenter de deviner leur nationalité, leur emploi du temps de la matinée. Certains stakhanovistes sortent du Louvre, ils enchaînent, c’est pratique c’est en face.
Je regarde comment les touristes professionnels s’habillent pour aller dans les musées, quelles chaussures ils ont enfilées ce matin en se disant qu’il fallait qu’elles soient confortables. Tout à coup, il se met à pleuvoir. Hop ! Ces dames ont des parapluies à fleurs, des capuches en plastique. Et voilà que surgit un marchand à la sauvette. Il propose des parapluies pliants ; l’instant d’avant il vendait des bouteilles d’eau.
Son opportunisme peut en agacer certains, les mêmes qui ne supportent pas le joueur de clarinette, qui fait pourtant ce qu’il peut pour rendre l’attente plus agréable. Leur débrouillardise me les rend plutôt sympathiques. C’est le besoin et la réponse au besoin, le b a ba de l’économie.
Mais est-ce que ces petits métiers à la sauvette traduisent une paupérisation de la société ? Une faillite du système de protection sociale ? Une société à deux vitesses, d’un côté les nantis qui se bourrent de peinture, de l’autre les laissés pour compte qui survivent comme ils peuvent ? D’autres questions sans réponse… Allez, voilà l’entrée du musée.


Un commentaire

  1. la dilettante dit :

    Pourquoi ne pas choisir son heure et son jour de visite à l’avance en achetant son billet par Internet ou à la Fnac. C’est comme cela que je procède, car habitant en province, je ne peux me payer le luxe de 2 heures de queue, je trouve cela inutile.

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