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C’est le pays des roses…

piliers-roses

Cela devait être une visite façon randonnée, à la découverte du village de Giverny. Mais le groupe parti d'un bon pas soudain n'avance plus. Il s'étire dans la rue Claude Monet.

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Myosotis

Myosotis bleu et tulipes roses et rouges à Giverny

Après le jaune des premières fleurs de printemps, les jonquilles, les primevères, vient le bleu des myosotis.

Devant la maison de Monet, les massifs sont des mousses légères d'où émergent les têtes de tulipes roses, rouges et corail.

Cette composition est un grand classique de l'horticulture, mais comment pourrait-on s'en lasser ? On rêve de la revoir au printemps suivant. A Giverny, la couleur des tulipes change un peu chaque année, histoire de créer un brin de surprise.

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Capter l’éphémère

Rose à Giverny

Monet à Clemenceau, 16 mai 1922 : Deux mots pour vous prévenir que la glycine est bien près d’être à point, qu’elle sera splendide d’ici peu de jours et que votre venue ici s’impose.

Monet à Clemenceau, 22 mai 1922 : J’espérais vous voir hier, vous n’êtes pas venu, ce que je regrette fort, car la glycine n’a jamais été aussi belle et, par cette chaleur, elle ne durera pas longtemps. Tout est admirable en ce moment et cette lumière m’aveugle…

Monet à Gillet, 24 mai 1924 : Le jardin est en effet plein de fleurs en ce moment, floraison de plantes printanières qui malheureusement passe trop vite. C’est vous dire que si vous le pouvez, le mieux sera de ne pas attendre longtemps. Voulez-vous venir déjeuner le mardi 3 juin ?

Les floraisons de printemps ne durent pas, remarquait avec justesse Monet en invitant ses amis à lui rendre visite. Il est bien court le temps des tulipes, des glycines ou des iris.
En ce moment c’est l’époque des roses, et quelle fleur mieux qu’elles symbolise cette brièveté de la beauté ?
En les cadrant dans leur objectif, les visiteurs de Giverny voudraient les retenir, les empêcher de faner. Arrêter le temps.
Se souvenir de leur impression de visite, de cet instant où ils étaient au milieu des roses.
C’est un geste si impressionniste de vouloir mémoriser l’instant fugace.
Capter l’éphémère.

Vent de printemps

Vent de printemps, Giverny

Gros coup de vent aujourd’hui à Giverny.
Un vent qui creusait des vagues dans l’étang, qui agitait les rameaux, secouait les arbres en fleurs et rappelait aux bambous qu’ils sont des herbes capables de plier.
Tout cela mugissait, gémissait, se tordait, s’entrechoquait et grinçait, de douleur peut-être.
Par là-dessus cet après-midi une lumière de fin mars, un de ces airs ultra-limpides qui sentent la peinture fraîche tellement tout paraît net dans cette atmosphère-là.
C’était spécial, frigorifiant et revigorant.
Les premières fleurs, les premières feuilles, si fraîches, luisantes, astiquées pour Pâques, dans cet empressement de la nature à croître et vivre.
Ca y est ! Ca y est ! semblent-elles dire, et l’on sent une griserie végétale dans l’air.
Le printemps est en marche, un printemps encore bourru et sauvage.

Avril à Giverny

GivernyDu jaune de chrome, du vermillon, du bleu cobalt, du vert émeraude… Avril dépose ses couleurs dans le jardin de Monet à Giverny comme un peintre sur une palette.
« C’est irréel tellement c’est beau ! » s’exclame une visiteuse émerveillée.
La grande floraison des bulbes de printemps fait rayonner des centaines de variétés de narcisses, de fritillaires, et surtout de tulipes aux formes et aux teintes les plus étonnantes et les plus variées.
Des tapis de pensées étalent leurs petites têtes vibrantes partout.
Des coussins d’aubriètes gonflent de mauve le bord des allées.
Nulle autre saison n’est plus colorée que celle-ci.
Il flotte autour de ce tableau des senteurs suaves, des parfums mêlés de jacinthes, d’oranger du Mexique, de laurier-tin et de spirée.
Dans le petit matin, les tulipes ont la tête encore fermée sur leurs rêves nocturnes. D’ici peu, elles les laisseront s’échapper pour ouvrir leurs pétales à la curiosité des insectes.
Pour l’heure, c’est le grand concert des oiseaux. Et puis voici le coq, soudain, qui claironne son chant de campagne, quand le soleil paraît au coin du grand atelier.

L’heure du printemps

Jardin de Monet, GivernyLa discussion fait rage dans les allées du jardin de Monet à Giverny : le printemps est-il en retard ? Ou bien était-il en avance ces dernières années ? Selon les jardiniers, les pendules sont à l’heure cette année. Enfin.
Certains signes ne trompent pas : les narcisses, d’habitude déjà en train de défleurir dès le début avril, rayonnent encore de tous leurs blancs, offrant une image presque insolite du clos normand. Ils s’étendent par nappes au milieu des pelouses, où de petites tulipes botaniques les accompagnent.
L’image de leurs îlots clairs au milieu du vert des gazons évoque comme une réminiscence une autre vue familière à Giverny, celle des radeaux de nymphéas à la surface du bassin, au coeur de l’été. Deux compositions qui se répondent, se superposent dans la rétine, accompagnées d’impressions opposées, la fraîcheur printanière d’avril pour l’une, la chaleur estivale tempérée par le bord de l’eau pour l’autre.
L’effet des narcisses est si joli qu’il vaut la peine de venir dès maintenant à Giverny.
Une autre discussion enflamme les jardiniers amateurs séduits par la composition, qui se verraient bien avec la même chose dans leur jardin. Que faire quand les fleurs fanent ? Car tout le monde le sait, il faut laisser aux bulbes le temps de se régénérer pour qu’ils refleurissent l’année prochaine. Ceci impose de laisser les feuilles en place jusqu’à ce qu’elles jaunissent. Non seulement il faut habilement manier la tondeuse pour faire le tour des narcisses, mais encore l’effet, cette fois, est-il loin d’être charmant.
Tout à fait entre nous, voici le truc trouvé à Giverny : des bordures de fleurs sont installées autour des pelouses, avec des fleurs un peu hautes. A peine les narcisses fanés, voilà l’inesthétique tableau qu’ils laissent derrière eux caché par un écran de superbes floraisons de lunaires ou de juliennes des dames, qui en ont profité pour pousser entre-temps.

A l’ombre des cerisiers en fleurs

cerisier du Japon, jardin de Monet à GivernyParmi les fleurs qu’on peut voir au tout début de la saison dans les jardins de Giverny, et qui disparaissent définitivement par la suite, on compte le somptueux cerisier du Japon, dont le rose répond au rose de la façade de la maison de Monet. C’est en ce moment qu’il éblouit les visiteurs dès leur arrivée sur le parking, et sème en leur absence des pétales sur leur pare-brise.
Les touches jaune vif des forsythias étincellent aux abords du pont japonais, elles qui deviendront banalement vertes par la suite.
Autour de l’embarcadère, les roses de Noël durent jusqu’à Pâques, mais guère au-delà. Elles fleurissent encore ces jours-ci en bouquets pourpres ou blancs.
Et puis, au milieu des pétasites encore minuscules – mais cela non plus ne durera pas – je guette les cônes chargés de pinceaux blancs de leur floraison.
Toutes ces fleurs réservées aux tout premiers visiteurs de la saison seront bientôt passées, remerciées de leurs bons et loyaux services, remplacées par les suivantes en troupes de plus en plus nombreuses et fournies. Mais les plus précoces ont quelque chose de vaillant qui attendrit, messagères fidèles des premiers jours de printemps.

Sous le soleil

Giverny, 1er avrilAprès le sommeil, le soleil. Pour l’ouverture des jardins de Monet et du musée des Impressionnismes, Giverny s’est réveillé ce matin sous un beau ciel tout bleu, agrémenté de quelques nuages à la Magritte. Oubliées, la pluie et la grêle des derniers jours ! Tout brille, jusqu’à l’air encore froid qui est d’une incroyable transparence.
Rien d’impressionniste dans ce jardin de début de saison où les contours se dessinent avec netteté, si ce n’est la promesse des fleurs à venir, et la brise qui donne du flou aux reflets de l’étang.
Dans les allées, les graviers blancs sont tout neufs, parfaitement ratissés. Les pensées sont à la fête en grandes nappes colorées, bien peu d’autres fleurs viennent leur voler la vedette. Les visiteurs se penchent pour observer les modulations de leurs velours et de leurs satins.
Les cerisiers du Japon si hâtifs tendent leurs bouquets rose pâle contre le bleu du ciel.
Tout près, le musée des Impressionnismes offre une autre fête pour les yeux : sa somptueuse exposition retrace toute l’histoire de l’impressionnisme, avec la Seine pour fil conducteur.
L’expo rassemble une bonne cinquantaine de toiles de Monet, Sisley, Pissarro, Renoir, Caillebotte, Boudin, jusqu’aux néo-impressionnistes comme Seurat et Signac, Matisse, Bonnard, Luce, et d’autres un peu moins connus. C’est superbe !
Et cette année, on peut acheter un billet couplé pour la fondation Monet et le musée des impressionnismes, ce qui évite de faire deux fois la queue. Comme quoi, tout arrive !

Premiers jours de printemps

Giverny, 1er avril
Quelles fleurs seront au rendez-vous du premier avril dans les jardins de Monet ? A trois jours de l’ouverture il paraît acquis que le rideau se lèvera sur un décor très semblable à celui de l’année dernière.
Les saules ont secoué leur tristesse hivernale et viennent d’ouvrir leurs bourgeons, les pensées, après mûre réflexion, ont décidé qu’il était temps de s’épanouir, les prunus voient la vie en rose, les jonquilles et les narcisses trompettent dans les massifs.
En dehors des saules toujours pressés, peu d’arbres ont l’inconscience d’offrir leurs tendres petites feuilles nouvelles à la morsure du froid nocturne. Ce sont encore des silhouettes nues qui se reflètent dans le bassin, des squelettes d’arbres que le courant fait frissonner.
Les premières feuilles de nénuphars flottent à la surface. Il a fallu casser la glace cet hiver pour libérer les plus précoces, quand le gel de la nuit succédait au soleil de la journée. Auront-ils bien supporté le chaud et froid ?
C’est cette année que l’on va vraiment mesurer l’impact de la disparition des peupliers à l’arrière du jardin d’eau. Les grands arbres donnaient trop d’ombre au bassin, mais ils avaient le mérite de stopper le vent. Comment l’écosystème va-t-il se rééquilibrer ? Les nénuphars si sensibles vont-ils exulter de toute cette lumière, ou grelotter sous la bise ?
La réponse s’inscrira à la surface du bassin de Monet d’ici peu. En attendant, je me réjouis de retrouver bientôt la sérénité des premiers jours, la netteté des parterres au tout début de leur cycle de floraison.
L’hiver fait un grand nettoyage par le vide. Le printemps, habile décorateur, va venir mettre de la couleur partout.

Clématites

clématites, GivernyC’est le meilleur moment pour admirer les clématites dans le jardin fleuri de Claude Monet à Giverny.
Les vigoureuses clematis montana installées sur des supports métalliques croulent en ce moment sous les fleurs et la végétation. Elles cascadent en rideaux de dentelles blanches et roses au-dessus des passants dans le Clos Normand, créant cette sensation d’être totalement immergé dans la nature que Monet aimait.
C’est irrésistible, on a envie de passer dessous, si bien que j’ai changé mon parcours habituel de visite, tant pis pour le rond des dames et pour le poulailler.
Le jardin est tellement splendide en ce moment que les visiteurs se félicitent d’avoir choisi ce premier week-end de mai. « Quelle chance d’être venus la bonne semaine voir le spectacle du printemps !  » me disait une dame aujourd’hui. « Bientôt tout sera passé ! »
Il n’en sera rien, bien entendu. Dans quelques semaines le jardin sera tellement plein de roses que les visiteurs l’appelleront la roseraie. Les iris et les pivoines étaleront leurs atours somptueux le long des allées en défilé de mode. On ne saura plus où donner des yeux.
Parmi tout ce que je raconte aux visiteurs, je crois que c’est le tour de force du spectacle permanent qui les étonne le plus. Qu’on retire les fleurs passées pour en planter d’autres de la saison à venir, sur une telle surface, ils n’en reviennent pas. Et quand je leur décris l’aspect des autres saisons, les murs de fleurs de l’été, les reflets chauds de l’automne, le tapis de capucines dans la grande allée, ils sont stupéfaits. Waou ! disent-ils. Il faut qu’on revienne plus tard dans l’année !
De mois en mois, ce n’est pas le même jardin que l’on visite. Comme sur la scène d’un théâtre, le décor a changé.

Narcisses et tulipes

GivernyCette année les premières tulipes sont arrivées à l’heure à leur rendez-vous avec les narcisses.
En général, les narcisses se précipitent pour fleurir dès les premiers jours un peu tièdes, tandis que les tulipes attendent sagement le mois d’avril.
Mais cet hiver la température est descendue à un niveau inhabituel, jusqu’à -14°. Le gel a persisté jour et nuit pendant trois semaines. Tout ce froid a calmé les ardeurs des jonquilles et des narcisses. Ouh là là ! se sont-ils dit, ça pince ! Attendons un peu.
Lièvres et tortues ont fini par prendre le même départ, et voilà les narcisses et les jonquilles côte à côte avec les tulipes dans les jardins de Monet, en taches blanches, jaunes et rouges qui réveillent le vert des gazons.
Ces belles plantes à bulbes sont plantées par bouquets dans les pelouses du clos normand. C’est le moment de l’année où l’on se rend compte que Monet avait prévu des carrés d’herbe dans son jardin fleuri, comme une respiration entre les massifs, un gazon bien vert sous les arbres fruitiers et à fleurs.
Bientôt les bordures vont devenir si hautes et si éclatantes qu’on ne remarquera plus les carrés de pelouse. Ce sera le moment de les oublier, quand les longues feuilles du narcisse se dessèchent peu à peu, le temps que le bulbe fasse des réserves pour l’année prochaine.

Jardin de roses

Jardin de Monet à GivernyGiverny croule sous les roses. On ne voit qu’elles partout, elles cascadent depuis les supports en forme de parapluies, elles embellissent la façade de la maison de Claude Monet, elles partent à l’assaut des arceaux de la grande allée, des trépieds, des grillages, elles buissonnent, elles grimpent à côté des clématites, elles s’enroulent autour des arbres du jardin d’eau jusqu’à des hauteurs incroyables, elles se fondent dans les massifs au milieu des pivoines et des juliennes…
Il y en a de toutes simples, proches parentes de l’églantine dont elles ont gardé le petit air sauvage, d’autres mousseuses, ou fripées, ou généreuses, des discrètes, des éclatantes.
Les couleurs ? Blanc pur ou crème avec des étamines d’or, rose pâle ou rose vif, rouge sang, jaune tendre, orangé, ou encore d’un mauve violacé étonnant. Certaines sont jaunes quand elles s’ouvrent et deviennent blanches ensuite, comme si la lumière les faisait déteindre.
Et avec tout cela des parfums, des parfums…

Lumière d’avril

Le pont japonais de Monet en avrilSoudainement le printemps déferle. Pour la première fois de l’année il a fallu aller fouiller dans les gardes-robes d’été, et ce geste avait un goût de fête.
La lumière d’avril a une qualité particulière. Elle pétille, on dirait du champagne. La douceur de l’air (25 degrés cet après-midi !) et le soleil aguicheur exercent une attraction irrésistible, faisant naître des envies de promenades dans les jardins.

De même qu’il nous précipite hors des maisons, le soleil printanier fait jaillir les feuilles de leurs bourgeons. Il aspire les végétaux hors du sol. Chaque jour les pivoines gagnent en taille et en vigueur, et elles ne sont pas les seules.

Le jardin de Monet resplendit de toute sa beauté de début de saison, éclatant de couleurs dans les massifs, fragile et tendre dans les ramures.
Dans le clos normand les parterres couverts de tulipes, de pensées et de giroflées sont peut-être les plus somptueux de l’année. Plus que jamais les pétales soyeux, satinés ou d’une douceur de velours accrochent la lumière à la manière d’un tableau impressionniste.

Du côté du jardin d’eau quelque chose semble en suspens, comme une promesse.
Le hêtre pourpre a déplié les éventails de ses feuillettes en un éclair. On les voit grossir presque à vue d’oeil depuis le début de la semaine. Elles sont d’un roux pâle mêlé de vert, et n’ont pas encore passé leur brevet de magiciennes.
Les buissons d’azalées bien taillées resplendissent de rouges profonds et d’orange velouté.
Mais on attend toujours que les nénuphars se réveillent, et que la glycine pare le pont japonais de sa délicate étole.

Tout frais tout neuf

Jardin de MonetLa maison et les jardins de Monet à Giverny rouvriront dans trois semaines, le mardi premier avril. Ce jour-là, le domaine du maître impressionniste va se réveiller après un sommeil hivernal de cinq mois.
Voici l’aspect du jardin auquel on peut s’attendre à l’ouverture. Des coulées de narcisses à travers des pelouses bien vertes, des tapis de pensées et de pâquerettes éclatants de couleurs, des jacinthes parfumées, des fritillaires intrigantes, les premières tulipes qui pointent dans des parterres bêchés de frais…
Les bancs, tout le jardin tout neuf a l’air d’attendre ses premiers visiteurs.

Ceux qui viendront dès le premier jour aiment les commencements, la plage au mois de juin, l’aurore plutôt que le crépuscule, la neige vierge, les cahiers neufs… Ils aiment se lever à l’heure où tout le monde dort encore, sauf les oiseaux.
Ils seront les premiers cette année à marcher dans les allées bien ratissées, à passer sous la tonnelle du pont japonais où la glycine sera tout en bourgeons.
Le saule, toujours précurseur des autres arbres, balancera ses longues branches emplumées de vert tendre.
A la surface du bassin les nénuphars n’auront pas encore réagi à la nouvelle douceur de l’air.
En avance de quelques jours sur les hirondelles qui laboureront bientôt le ciel normand de leurs socs pointus, les premiers visiteurs allongeront leurs reflets à la surface de l’eau, comme un signal à l’attention des nymphéas.
A Giverny, ce sont les promeneurs qui font le printemps.

Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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