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Faire et défaire

Palais de VersaillesA voir la façade du palais de Versailles, si régulière, ordonnée, aboutie dans son unité, on ne devinerait jamais par quels soubresauts architecturaux le bâtiment en est passé avant de parvenir à ce qu’il est aujourd’hui. On croit être face à l’oeuvre d’un homme mégalomane et visionnaire. On s’aperçoit, en découvrant l’histoire du château, que Louis XIV et ses architectes naviguaient à vue.
Les grands travaux commencés en 1661 vont se poursuivre jusqu’à la mort du roi en 1715. Cinquante-quatre ans de chantier, c’est long et c’est court en même temps étant donnée l’ampleur du bâti. Un mot revient sans cesse : remaniement. On enveloppe des façades, on ferme des terrasses, on démolit des toitures pour les refaire, parce qu’elles n’étaient pas assez gaies. On casse des pièces à peine achevées avec autant de désinvolture que s’il s’agissait de Legos. La chapelle ne cesse de changer de place. Des balustrades, des volières somptueuses, apparaissent puis disparaissent sans remords.
C’est le pouvoir absolu, ce mépris des efforts des autres par pur caprice. Le coût supporté par le peuple fait frémir, le coût de la construction surdimensionnée elle-même et celui du gaspillage.
C’est effrayant, cette fuite en avant d’un roi à qui son orgueil ne laisse pas de repos. Cette anxiété du paraître.
Un petit détail en dit long. Au moment où la galerie des Glaces est bâtie dans le corps central du château, l’architecte Hardouin-Mansart opte pour des ouvertures en plein cintre. Les ailes situées de chaque côté étaient antérieures, et elles avaient des ouvertures rectangulaires. Par respect pour la symétrie, Mansart fait substituer des fenêtres en plein cintre à toutes les ouvertures des façades sur les jardins. C’est coûteux et ça ne sert à rien, mais il ne faudrait pas qu’on puisse trouver un détail à critiquer dans l’agencement général du château.
Si on gratte un peu le vernis, on s’aperçoit du trompe-l’oeil. Dans cinq pièces de l’appartement du Roi, il y a désaccord entre l’intérieur et l’extérieur des fenêtres. A l’intérieur, elles sont restées rectangulaires. Leur cintre est aveugle, il est habillé de vitrages qui donnent sur le mur.

Porphyre

Grand TrianonUn des bonheurs du métier de guide est le temps que l’on passe à étudier, chaque visite nouvelle demandant beaucoup de préparation. Une source ne suffit pas, il faut les croiser, les empiler, les décanter, les laisser se répondre les unes aux autres jusqu’à s’approprier un sujet, avant de songer à le restituer. La remarque vaut aussi pour le blog.
C’est en me penchant sur une description du Grand Trianon que j’ai fait une découverte amusante.
Le caprice de Louis XIV, son palais « à faire des collations » est orné de « marbre rose du Languedoc et de porphyre ». Du porphyre ? De quelle couleur est-ce donc ? Un petit tour dans Google image… En même temps que la réponse (pourpre : on dirait bien que ce sont les grosses colonnes que voici qui sont en porphyre) j’ai eu la surprise de découvrir que le porphyre est aussi une algue au détour de cette délicieuse apologie de l’artichaut : allez-y, Hooly a l’art de la comparaison décalée, humoristique et tendre. Du coup j’en ai oublié le Grand Trianon….

Topiaire

If taillé dans le parc du château de VersaillesQuand il ne monte pas la garde à l’entrée des cimetières, l’if est un végétal des plus accommodants qui se laisse tailler sans faire de façons.
Avec le buis, il est l’incontournable des jardins à la française, auxquels il apporte la rigueur géométrique jusque dans le végétal.
A Versailles, on en trouve partout dans le parc. Le long du grand canal, des topiaires sont intercalées entre les arbres. Leur taille évoque alternativement un monsieur et une dame, et c’est tout un peuple de courtisans qui semble attendre le passage du roi.
Devant le château, de plus traditionnels alignements de cônes soulignent des perspectives, tandis que des banquettes délimitent les parterres.
Mais ce sont les topiaires les plus fantaisistes qui arrêtent les visiteurs. Au bout de l’esplanade, les Martiens ont débarqué. Les petits hommes verts paraissent immobiles, mais il ne faut pas s’y fier. Leurs cinq sphères décroissantes dressées le long d’une antenne, ils marquent un temps. Ils s’orientent. La nuit, c’est sûr, ils doivent décoller et explorer les environs. Qui sait, vous les verrez peut-être atterrir dans votre jardin…

Pédiluve de ferme

Pédiluve de ferme au Hameau de la Reine, VersaillesAu château de Versailles, la ferme du Hameau de la Reine a encore son pédiluve. La Reine Marie-Antoinette pouvait y conduire les bêtes pour les faire boire, ou encore demander qu’on y lave les chevaux.
La construction de ce pédiluve champêtre est faite d’une maçonnerie assez grossière, avec un accès en pente douce à chaque extrémité. Les abords sont couverts de gros pavés rustiques pour éviter la boue.
Aujourd’hui, C’est le Bénarès des pigeons, qui se pressent en foule là où ils ont patte pour y faire leurs ablutions.

Le fer à cheval du Grand Canal de Versailles

Le fer à cheval du Grand Canal au château de VersaillesLe Grand Canal du parc du château de Versailles vient buter contre les terrasses du Grand Trianon. Oui, Louis XIV aimait beaucoup la grandeur… et ce fer à cheval où le plan d’eau prend naissance n’en manque pas.
Les pierres des murs sont sculptées en forme de gouttes d’eau, comme si toute la paroi n’était qu’une cascade.
De chaque côté du fer à cheval, un escalier descend vers la berge. Il faut choisir judicieusement son côté : si l’on veut se rendre au château de Versailles en une vingtaine de minutes, c’est celui de gauche. Sinon, il faudra faire tout le tour de la croix formée par les deux branches du Grand Canal. Ce sera trois fois plus long.

Citrouille

Carré de plantes aromatiques dans un potager du Hameau de la Reine à VersaillesDepuis qu’elles grimacent un peu moins, les citrouilles ont conquis leurs lettres de noblesse.
Ces trois potirons se hissent au rang de sculptures pour orner un carré de simples dans un jardin potager du Hameau de la Reine à Versailles.
Grosses comme des roues de carrosse (je sais, j’exagère un tout petit peu) elles paraissent avoir conduit Cendrillon au bal de la Reine fermière.

Bien à l’abri derrière sa peau épaisse, la chair de la citrouille se conserve bien. Alors pourquoi ne pas profiter un peu de la couleur flamboyante de votre légume avant de le passer à la casserole ?

Le Petit Trianon

Le Petit Trianon, VersaillesLouis XIV a fait bâtir le Château de Versailles, son successeur Louis XV est le commanditaire du Petit Trianon. Retour à une échelle plus humaine, ce n’est qu’un pavillon (d’une certaine importance tout de même !) réservé au Roi et à Madame de Pompadour.
A l’époque de Louis XV, il était entouré d’un jardin botanique très raffiné. Il ne reste rien de ce jardin. Car à la génération suivante, la reine Marie-Antoinette a beaucoup aimé séjourner au Petit Trianon. Elle a imprimé sa marque dans les jardins, qu’elle a transformés en parc à l’Anglaise.
Selon la mode du temps, l’épouse de Louis XVI aimait les parcs aux chemins et cours d’eau sinueux, animés de perspectives insolites sur des fabriques antiques ou exotiques. Le Hameau de la Reine, ensemble de petites constructions de style normand formant un village de campagne, est sans doute la plus insolite de ces fabriques.

Adopter une statue de Versailles

Statues dans le parc du château de VersaillesDès qu’on commence à parler chiffres à Versailles, on est pris de vertige. Le château : 700 pièces, 67 escaliers, 2 153 fenêtres, 11 hectares de toitures. Les jardins : 800 hectares de parc, 132 km d’alignements d’arbres, 620 jets d’eau.
Les millions de visiteurs paient, bien sûr, mais ils coûtent aussi en entretien et en gardiennage.
La conservation, la sauvegarde de Versailles sont un casse-tête permanent. L’Etat ne saurait y suffire. On a donc recours au mécénat privé.
L’opération de rénovation la plus spectaculaire concerne la Galerie des Glaces, actuellement en cours de réfection grâce aux fonds d’une grande entreprise.
Mais les particuliers un peu fortunés ou les PME peuvent aussi apporter leur pierre à l’édifice en adoptant une statue pour permettre sa restauration.
33 des 286 vases, groupes sculptés et statues signés Tuby, Girardon, Coysevox… sont à parrainer cette année. Les dons sont déductibles, ils commencent à 2 800 euros. Le nom de chaque mécène figure sur un cartel au pied de l’oeuvre restaurée.
Ce n’est pas dans mes moyens, mais je suis tout de même contente de savoir qu’ Ariane endormie, de Corneille Van Cleve (1684) a été sauvée…

Le Hameau de la Reine

Le Hameau de la Reine, Domaine de Marie-Antoinette, Château de VersaillesA l’extrémité du parc du Château de Versailles opposée au palais de Louis XIV, se trouve une curiosité qui surprend les visiteurs aux yeux encore pleins des fastes royaux : le Hameau de la Reine.
On est aussi loin de la magnificence du Château qu’on peut l’être. Des maisonnettes aux toits de chaume se pressent autour d’un étang. Petit pont de pierre. Canards qui barbotent au milieu des nénuphars. Jardinets potagers, vigne, glycine.
Marie-Antoinette, l’épouse de Louis XVI, a fait créer de toutes pièces ce coin de campagne, avec son moulin, sa laiterie, son pigeonnier, sa ferme.
Elle aimait jouer à la bergère dans son hameau. Elle y prenait même ses repas, grâce au Réchauffoir, une petite maison où on pouvait réchauffer les plats, et où étaient rangés l’argenterie, la vaisselle et le linge de table. On voit que la simplicité n’était qu’apparente…
Aujourd’hui la ferme est devenue pédagogique, elle est très prisée des écoliers citadins qui peuvent y voir en vrai des ânes, chèvres, oies, truies, poneys et autres brebis et agneaux, et s’initier aux travaux agricoles.

Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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