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Category Archives: Fleurs

Bidens

Bidens aurea Hannay's Lemon drop

Il reste encore quelques fleurs dans les rues de Giverny, alors même que la nature éteint peu à peu ses couleurs. Dans le très joli petit jardin de la boutique Emilio Robba, entretenu par les jardiniers de la Fondation Monet, ce Bidens lumineux nargue décembre qui vient.

(suite…)

Pavot bleu de l’Himalaya

Pavot bleu de l'Himalaya, Meconopsis betonicifolia, jardins de BellevueA l’heure où un séisme sans précédent fait tourner avec consternation tous les regards vers le Népal, les pavots bleus de l’Himalaya commencent paisiblement leur floraison en Normandie. J’ai photographié celui-ci aux jardins de Bellevue, en Seine-Maritime, qui s’est fait une spécialité de cette fleur.
En langage botanique, le pavot bleu de l’Himalaya se nomme Meconopsis Betonicifolia, c’est-à-dire le Meconopsis dont les feuilles ressemblent à la bétoine.
La culture de cette fleur est réservée à des jardiniers aguerris qui sauront lui donner le terrain qu’elle aime, la protéger des courants d’air et lui assurer la bonne dose d’ensoleillement et d’humidité, avec le dévouement du Petit Prince pour sa Rose.
Je crois en avoir vu l’an dernier à Giverny. Y en aura-t-il encore cette année ? Réponse dans quelques jours, car ici les pavots sont pour la plupart encore en boutons.

Leonotis

LeonotisLa Queue de lion fait partie de ces plantes courageuses qui décident de fleurir très tard dans la saison, à partir de début octobre.
C’est peut-être pour ça que le léonotis a pris la précaution de se vêtir d’un petit pull duveteux, mais c’est une protection illusoire.
Le premier coup de gel emportera la plante.
Dans son pays d’origine, l’Afrique du Sud, le leonotis est vivace et forme de beaux buissons.
A Giverny, il atteint une taille déjà impressionnante de près de deux mètres.
Il est cultivé pour sa floraison tardive, son allure étonnante en forme de candélabre, et son bel orange éclatant.
D’aucuns lui prêtent aussi des effets psychotropes dûs à la léonurine.
Si vous tenez à votre santé, il est préférable de le considérer comme toxique.
Pour les jeunes enfants, il vaut mieux caresser une sauge leucantha qu’un leonotis.

Physostegia

PhysostegiaLe nom de cette plante est un peu compliqué et donne envie de le noter pour s’en souvenir, car le physostegia est une fleur amusante. Oui, marrante, pas seulement jolie avec ses quantités de bractées roses du plus bel effet. Une fleur avec laquelle on peut jouer.
Les anglophones l’appellent fleur obéissante (obedient flower), et chez nous, pour faire simple, on la qualifie de cataleptique.
La catalepsie, souvenez-vous, c’est la perte de la contraction volontaire des muscles de l’organisme. Le corps s’arrête en plein mouvement et reste figé.
Bon, vous serez gentils de ne pas toucher les fleurs dans les jardins de Monet, on est trop nombreux, elles seraient trop sollicitées. Mais dans un jardin moins fréquenté vous pourrez essayer. Déplacez une ou plusieurs bractées autour de la tige, elles restent exactement là où vous les mettez. La fleur prend la position que vous lui donnez. On a l’impression de la sculpter, de faire de la pâte à modeler…
D’accord, à décrire ce n’est pas très convaincant. Pour tout savoir sur le physotegia, vous pouvez aussi aller voir cette petite vidéo. Le pépiniériste s’excuse presque en disant que ça amuse les enfants. Allons donc ! Il n’y a pas d’âge !

Lavatère

Lavatère annuelCe qu’il y a de bien avec la fleur de lavatère, c’est qu’on peut choisir. Décider de dire le ou la lavatère, par exemple. Le masculin évite la répétition du ‘la’ façon chansonnette, mais le féminin colle mieux à l’aspect très gracieux de la fleur.
On peut choisir aussi de cultiver la lavatère sous forme d’annuelle ou de vivace. Entendez : soit vous semez les graines au printemps, et vous aurez des lavatères annuelles qui pousseront, fleuriront et mourront dans l’année, soit vous plantez un pied de lavatère vivace, et vous le regarderez croître et embellir, faire semblant de disparaître puis refleurir chaque année pendant cinq ou six ans.
On a souvent l’impression de faire une bonne affaire avec les vivaces, parce qu’elles durent et qu’il semble qu’on peut les oublier. Mais en ce qui concerne celle-ci, elle demande quand même qu’on s’occupe d’elle un minimum. Il faut la rabattre en hiver et l’arroser en été.
La lavatère vivace appartient à la famille des mauves, et elle leur ressemble tellement qu’il faut un oeil exercé pour les distinguer. Elle a le même port un peu foufou en buisson, avec des fleurs piquetées le long de tiges couvertes de feuilles rugueuses.
Un truc pour les distinguer : regarder derrière le calice pour voir si le calicule a les folioles soudés ou libres. Chez la mauve le calicule a trois folioles libres, chez la lavatère ils sont soudés. Et si vous en comptez entre six et neuf, c’est qu’il s’agit d’une guimauve.
Dans l’hypothèse où comme moi vous venez de découvrir l’existence de ce mot à l’euphonie douteuse, voici sa définition : en botanique, le calicule désigne l’ensemble de pièces doublant parfois le calice à l’extérieur.
Je sens que ça y est, ça vous démange de filer au jardin regarder ce qui se cache derrière les calices des fleurs pour trier mauves et guimauves. Mais on n’a pas tout ce mal avec la lavatère annuelle, qui se reconnaît au premier coup d’oeil.
Perso, c’est l’annuelle, comme sur cette photo prise à Giverny, que je préfère. Elle évoque la forme de l’hibiscus, avec des pétales d’une délicatesse telle qu’on a l’impression qu’un souffle va les froisser. Et regardez l’élégance de ces rayures, la subtilité de l’harmonie colorée !

Fée des Neiges

Rosier fée des neiges, iceberg, schneewittchenBlanche-Neige est la fille de la Vierge et de Robin des Bois. Pas pour les frères Grimm, naturellement, mais au pays des roses, un monde parallèle qui cousine avec les contes de fées.
Blanche-Neige, c’est le nom choisi en 1958 par l’obtenteur allemand Kordes pour ce rosier qui allait atteindre la gloire suprême, la distinction ultime, le titre de rose préférée au monde : un hommage rendu à une seule rose chaque année par la Fédération mondiale des sociétés de roses.
Plus exactement, Korbes a baptisé sa jeune beauté à la blancheur virginale Schneewittchen, soit Blanche-Neige en allemand. Pour une raison qui m’est obscure le rosier est devenu Fée des neiges en français, et Iceberg en anglais. Trois noms différents qui surfent sur sa blancheur nivéale, mais qui peuvent prêter à confusion.
A en croire les pros, Fée des Neiges, donc, a toutes les qualités de la terre.
Elle fleurit abondamment jusqu’aux gelées, elle résiste impeccablement à la pluie, elle fait de belles fleurs bien pleines… Ils disent vrais, ces qualités se manifestent sur les sujets plantés dans le jardin de Monet.
Les forums d’amateurs de rose, en revanche, se montrent plus nuancés. Untel pointe le côté grêle des rameaux, tel autre la sensibilité du feuillage aux maladies… Le troisième a la solution : une taille sévère pour obliger le rosier à se développer de la base.
Monet n’aurait pas pu contribuer à ces fructueux échanges, car Fée des Neiges a été obtenue des décennies après sa mort. C’est certainement sa longue durée de floraison qui a été déterminante pour l’introduire à Giverny, puisque le jardin ouvert au public se doit d’être fleuri tout au long de la saison.
Si Fée des Neiges n’existait pas il y a cent ans, Monet n’en avait pas moins, déjà, un choix immense pour fleurir son jardin. A l’Haÿ-les-Roses, on se souvient qu’en 1910 le collectionneur Jules Gravereaux avait rassemblé dans sa roseraie la bagatelle de 8000 types de roses différents, soit toutes les roses de son époque.

Photo : Un rosier tige Fée des neiges (iceberg) dans le jardin de Claude Monet à Giverny

Balsamine

BalsamineSe plaindre de son jardin est un filon intarissable, qui peut devenir comique si on a le talent d’Octave Mirbeau.
La correspondance de l’écrivain avec Claude Monet regorge d’allusions au jardinage et aux fleurs. Mais Mirbeau, si fin jardinier, ne peut se départir d’un sentiment d’infériorité par rapport aux gens qu’il admire et qu’il déifie. Il met souvent une certaine complaisance à l’auto-dénigrement, et son humour finit par avoir des accents touchants. Voici ce qu’il répond à Monet depuis sa propriété des Damps à la mi-juillet 1890, une période où le peintre en pleine crise morale vient de lui écrire qu’il est « foutu » :

Si vous faites une petite interruption dans votre travail, c’est vous qui devriez venir en famille passer une journée ici. Nous essaierions de nous remonter réciproquement le moral, et, quoi que vous en disiez, mon bon Monet, j’en ai bien plus besoin que vous, parce que vous c’est vous, et que moi c’est personne, parce que vous au moins, vous avez la consolation d’un beau jardin, et que moi… Ah ! il se passe dans le mien des choses véritablement extraordinaires. Dieu sait si les plantes étaient mesquines. Eh bien, au lieu de pousser, les voilà qui rapetissent. Chaque jour je constate une diminution de un ou deux centimètres. Et je m’attends, un de ces matins, à ce qu’elles vont rentrer en terre complètement.
Il ya là un phénomène surprenant. La terre a été abondamment fumée ; durant la sècheresse, l’arrosoir a fait rage. Peut-être qu’elles poussent par en bas, et que je vais avoir un jardin souterrain. Et pour comble d’infortune, Vilmorin s’est moqué de moi d’une façon outrageante. Je lui demande des capucines naines, il m’envoie des capucines grimpantes. Je ne sais plus que faire de celles qui me restent, ni comment les diriger. C’est absurde. Et voilà une maladie inconnue qui s’abat sur mes 50 tristes reines-Marguerite. Elles poussent sans feuilles, une hampe dépourvue de tout, une hampe qui ressemble à un bout de bois mort. Comme tout a crevé, pour occuper les places vides, le jardinier m’apporte des balsamines. Des balsamines ! La fleur la plus bête que je sache. Ah ! je suis bien loti, et tout s’acharne pour me rendre fou. Enfin, mon ami, le jardin est des plus curieux, en ce sens qu’il n’y a rien, et que ce qu’il y a est moins que rien. Il faut voir cela.

Et vous, vous reconnaissez-vous en Mirbeau ? Vous arrive-t-il de vous plaindre de vos plantes ?

Photo : La balsamine, « la fleur la plus bête » qui soit, selon Mirbeau.

Anémone de Caen

Anémone de Caen Son nom pourrait faire croire que l’anémone de Caen est normande. C’est plutôt un hasard de l’appellation du cultivar, car c’est près de la Méditerranée que l’anémone se sent tout à fait chez elle, au point de pousser à l’état sauvage dans les prairies et les oliveraies. Elle garde quelques traits de caractère de cette origine : l’anémone apprécie le soleil et la lumière et elle n’a pas peur d’un peu de sécheresse.
Depuis au moins vingt-cinq siècles qu’on la connaît, l’anémone a conquis le coeur des jardiniers et des fleuristes qui l’on sacrée anémone coronaire. Sa couronne d’étamines bleues entourant une petite tête sombre coiffée en brosse est irrésistible. Tout autour, l’anémone déploie un jupon de pétale patriotique bleu, blanc ou rouge, ou encore violet.
Quand elle se plaît, dans une terre de jardin alcaline et pas trop riche, en bonne vivace l’anémone de Caen fleurit imperturbablement chaque printemps, et parfois aussi à l’automne. Son tubercule passe tranquillement l’hiver au jardin puis, quand le sol se réchauffe, apparaissent de jolies feuilles dentelées et une fleur unique.
C’est le défaut de l’anémone, cette fleur solitaire qui oblige à la planter en groupe pour un peu d’effet. Si tout va bien, l’anémone se rachète en se mutipliant du pied et de la tête. Après la floraison, des bulbilles poussent autour du tubercule, et peuvent être replantés. Pendant ce temps, le coeur de la fleur s’est transformé en dizaines de graines duveteuses qui n’attendent que la première brise pour s’envoler et se ressemer plus loin. Qaund les anémomètres s’affolent, l’anémone mérite bien son nom de « fleur du vent ».

Bleu lin

La fleur de linA moins que vous ne soyez en train de surfer depuis votre portable, cette fleur doit vous apparaître nettement plus grosse qu’au naturel, où elle fait la taille d’un ongle, perchée toute seule au bout de sa tige.
En plus d’être d’une petitesse insignifiante, elle se paie le luxe d’une floraison ultra éphémère, quelques heures à peine. Alors, pourquoi la cultiver, en particulier à Giverny ?
Peut-être pour son joli bleu délavé comme le ciel normand, finement strié de sombre.
Ou peut-être parce que c’est une fleur de lin, l’une des cultures emblématiques de la Haute-Normandie.
C’est à la mi-juin qu’il faut aller se balader dans la campagne de l’Eure et de la Seine-Maritime pour admirer les nappes bleues des champs de lin, tout en délicatesse.
Là où le colza fait claquer son jaune jusqu’à la stridence pendant plusieurs semaines, le lin joue l’élégance dès sa floraison.

Oeillet de poète

oeillet de poète L’oeillet, c’est un petit oeil. L’image n’est pas très parlante avec les variétés unies, mais elle le devient pour les oeillets bicolores, où la couleur dessine une cible.
Le nom botanique de l’oeillet, dianthus, en fait la fleur des dieux, pas moins. Pourquoi est-elle plus qu’une autre dédiée au poète ? Mystère.
Dans le langage des fleurs l’oeillet de poète désigne l’amour. C’est l’une des raisons pour laquelle, blanc comme celui-ci, il a trouvé sa place dans le bouquet de mariage de la princesse Kate. On ne voit pas trop comment elle aurait pu s’en passer, en fait, car le nom anglais de l’oeillet de poète est Sweet William, justement le prénom de son charmant mari.
On se creuse la tête depuis belle lurette pour savoir qui pouvait bien être ce fameux doux William qui a donné son prénom à la fleur. Pour les uns, c’est par ironie, un noble particulièrement cruel. Pour les autres, c’est le Conquérant, à moins qu’il ne s’agisse de Shakespeare (tiens ! tiens ! revoilà le poète !).
Perso, l’explication que je trouve la plus convaincante est celle-ci : william serait une déformation du français oeillet, tout bêtement.
Un billet dédié à la famille royale anglaise, jubilé oblige.

Nicandra Physaloides

Nicandra PhysaloidesOn ne sait pas trop par quel bout photographier cette plante parfois haute comme un homme qui égrène ses grâces au bout de ses rameaux.
Pour illuminer son abondante verdure, le nicandra allume chaque jour d’éphémères petites fleurs mauves au coeur blanc de-ci delà parmi les feuilles. Les corolles épanouies font face au soleil pour mieux se faire admirer, non sans une pointe de vanité. Si fragiles elles se croient éternelles, avec l’insouciance de la jeunesse. Dès le soir, regardez ce qui se passe ! Leur pétiole se recourbe, leurs pétales se replient. Elles ont appris la modestie, elles baissent les yeux, la mine déconfite.
Leurs froufrous ne servaient qu’à séduire les insectes. Les voilà grosses sans le savoir.
Leur descendance mûrit sous les sépales qui enflent et gonflent comme de petits lampions. Ils dissimulent une baie bourrée à craquer de graines qui n’aiment rien tant que de se ressemer partout dans votre jardin.
Malgré sa ressemblance avec l’amour en cage, le délicieux physalis, il ne faudrait pas s’aviser de goûter aux fruits du nicandra qui cousine paraît-il avec la redoutable belladone.
C’est donc du regard que l’on goûte aux charmes de cette plante qui cache ses trésors sous le plus léger bouclier qui soit.

Hydrangea

hortensia bleuCe n’est un secret pour personne, l’hydrangéa (ou hortensia si vous préférez) change de couleur selon la nature du sol. En sol très acide il est bleu, ailleurs il est rose, ce qui révèle un goût certain pour les coloris layette. Pourtant il semblerait que ce ne soit pas entre des pétales d’hortensia que naissent les bébés, même si ce serait assez chou. Et regardez quel petit nid douillet cela ferait !
Je manque à vrai dire de précisions sur la conception potagère et florale des poupons, si vous avez été mieux renseigné que moi par vos parents n’hésitez pas à m’apporter enfin les éclaircissements qui m’ont toujours fait défaut.
On apprend en revanche tout ce que l’on pourrait souhaiter savoir sur les hortensias en parcourant le site web de la plus grande collection de cette fleur au monde. La collection Shamrock se trouve à Varengeville-sur-Mer, en Seine-Maritime, et présente pas moins de 1200 variétés différentes. De quoi faire tourner la tête ! Si la visite vous tente, dépêchez-vous, le jardin est ouvert jusqu’à la fin septembre.

Riche idée

Nom des fleurs dans les massifs de Saint-MarcelLa ville de Saint-Marcel, à côté de Vernon, a décidé de ne pas fleurir idiot.
Dans chaque massif municipal on trouve un panonceau explicatif qui détaille les variétés de plantes fleuries présentes dans le parterre. Connaissiez-vous le nom latin de l’oeillet (dianthus), saviez-vous à quoi ressemblent des gazanias ?
Il y a parfois dans certaines démarches municipales une volonté didactique. Les noms de rue, par exemple, sont parfois assortis d’explications. On situe en deux mots un personnage, un lieu. Des dates, un grade, une fonction, un métier… L’intention est claire, hommage, devoir de mémoire.
Ici, avec les petits panneaux au milieu des fleurs, on est plutôt dans le domaine du service. Vous voulez savoir comment s’appellent ces belles fleurs ? Voici leur nom.
La pancarte souligne du même coup la diversité des plantes choisies, leur beauté, leur bonne santé. Une façon discrète de mettre en avant le travail des jardiniers municipaux.

Cosmos

Fleur de CosmosEn toute simplicité, cette fleur s’appelle Cosmos.
Quand on porte un nom aussi démesuré, tout l’art consiste à garder des dehors modestes.
Aussi le cosmos s’applique-t-il à ne pas en faire trop. Ses pétales ne la ramènent pas, ni par l’ampleur ni par le volume, un petit plissé tout simple, pas de froufrous superflus. La tige est toute fine comme un trait de crayon, le feuillage, une brume légère qui ne fait d’ombre à personne.
Côté couleur le cosmos a une préférence pour les roses vifs ou le blanc frais, les deux se mêlant parfois à la façon d’une aquarelle.
Surtout le cosmos a oublié d’être capricieux, et sa culture enfantine le fait aimer des jardiniers débutants qui découvrent avec lui le bonheur de se créer un univers.

Forsythia

ForsythiaLe nom même du forsythia sonne comme une invitation à le forcer. C’est un jeu : en février, quand les bourgeons tout gonflés semblent n’attendre que le premier rayon tiède pour éclater, on cueille quelques tiges. A l’intérieur, le forsythia, berné, ne tarde pas à exploser de couleur.
Les premières fleurs du printemps sont jaunes, les primevères, les jonquilles, même les tulipes sauvages qui tapissaient les vignes, à l’époque où le désherbage se faisait sans herbicides, à la charrue. Le forsythia n’échappe pas à la règle. C’est un jaune qui réchauffe, une petite boule de soleil dans chaque jardin.
Promenez-vous en mars dans un quartier résidentiel, et cherchez les maisons qui n’ont pas de forsythia. Tous les jardiniers, ou presque, en ont planté un, sans la moindre réticence à l’idée de copier sur les voisins.
Pas seulement parce que c’est un arbuste d’une culture enfantine, qui s’accommode aussi bien d’un oubli complet que d’une taille maniaque : le forsythia est un must. Il répond à l’impatience que nous éprouvons dans l’attente du printemps. Sa floraison précoce est un cri de joie muet : « l’hiver se termine ! »
Son heure de gloire terminée, le forsythia rentre dans l’ombre. Les feuilles prennent le relais des fleurs fanées. Elles offrent un écran de verdure agréable mais si banal qu’on oublie la plante le reste de l’année. On peut lui redonner de l’intérêt en y faisant grimper des pois de senteur, dans une floraison rose du plus bel effet.

Perilla nankinensis

Perilla nankinensis, périlleLa pérille de nankin est une plante condimentaire qui nous vient tout droit du Japon. Elle est à la cuisine nippone ce que le persil est à la nôtre, mais ce sont plutôt ses qualités décoratives qui l’ont fait adopter depuis peu par les jardiniers européens dans les massifs.
Au potager du château de la Roche-Guyon, elle est plantée si serrée qu’elle forme une masse dense verte et pourpre.
Ses feuilles finement dentées et sa taille rappellent l’ortie, tandis que sa couleur évoque les salades rouges. Au Japon, on consomme les feuilles crues ou séchées, en tempura, avec du tofu, des sushis… On utilise aussi les graines et l’huile qui en est extraite.
Le week-end prochain (du 8 au 10 septembre 2006), on pourra en cueillir et y goûter à l’occasion de la « Fête du jardin gourmand dans le verger-potager du château de La Roche-Guyon ». Les massifs de sauge sclarée, de cerfeuil musqué, de pérille de nankin et d’agastache vont venir parfumer des salades à accompagner d’un petit vin d’aspérule. La jardinière Noémie Vialard vous donnera les recettes et de bons conseils pour cultiver les aromatiques en pot.
Le potager du château de la Roche-Guyon est ouvert tous les jours de 10 h à 17 h jusqu’au 5 novembre.

Rose orange

Rose orange dans les jardins de Monet à GivernyDans les jardins de Monet à Giverny, ce buisson de roses se taille un beau succès. Impossible de passer à proximité sans entendre des exclamations d’admiration dans toutes les langues. C’est la star, tout le monde le prend en photo.
C’est sa couleur qui remporte tous les suffrages. Ce rose un peu saumonné, un peu orange. Original, non ?
Si vous voulez retrouver ce rosier lors de votre prochaine visite, vous ne pouvez pas le rater, il se trouve entre la maison de Claude Monet et la boutique.

Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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