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Affichage à Giverny

Affiches à Giverny

A Giverny, le café-restaurant Baudy prête aimablement ses vitrines à l'affichage des évènements du village. C'est comme un collage, de fenêtre en fenêtre, où les annonces ont d'étonnants dialogues. D'un côté, il y a la douceur et l'intériorité du merveilleux tableau de Whistler qui illustre l'affiche de l'exposition du musée des impressionnismes. De l'autre, le coup de Trumpette de ce Wouaow, l'humour de l'accroche : le peintre Francis Villard expose ses dernières toiles à la galerie du 60.

On n'a pas oublié à Giverny que le musée fut d'abord celui de l'art américain. L'hôtel Baudy lui-même logeait autrefois les peintres de la colonie, dont bon nombre venaient d'outre-Atlantique.

La campagne présidentielle américaine s'est déroulée juste avant la nôtre qu'elle a certainement influencée. Elle a été suivie avec intérêt en France, notamment à Giverny. En retour, les américains francophiles que je rencontre semblent avoir prêté une attention toute particulière aux rebondissements de la campagne française. Ils sont souvent démocrates et nous envient Emmanuel, à peu près autant qu'ils sont désespérés par l'intrônisation de Donald.  Le soir du second tour, j'ai eu la surprise de recevoir plusieurs messages de félicitations aux français, où perçait le soulagement.  

Je suis passée devant la mairie de Giverny. Les panneaux électoraux sont en place, cette fois pour les législatives. Quand tous les candidats auront collé leur affiche officielle, on verra si le dialogue entre leurs visages est aussi musicalo-théâtral que la vitrine du Baudy. 

Lever d’année

Aurore à Giverny

Pas besoin d'être ultra matinal en ce moment pour admirer le point du jour. Cela se passe vers 8h15 à peu près, à l'heure où demain les parents emmèneront leurs enfants à l'école.
Le charme des levers de soleil, c'est leur façon de donner dans le grandiose, dans la démesure. Cette débauche de couleurs, cette subtilité de nuances. L'irradiation de la lumière. On reste scotché, épaté par le message de l'univers : regarde comme je suis vaste et beau !

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Vendredi

Feuille rouge

Une semaine depuis les massacres. On a tous du mal avec les évènements de ces derniers jours. On fait comme on peut. Comment faire entrer cela dans notre vision du monde ? C'est du domaine de l'impensable. Et pourtant, c'est.
Je suis touchée par la gentillesse et la compassion des gens, ailleurs sur la planète. Certains des visiteurs de Giverny m'écrivent d'Australie, des Etats-Unis ou du Pays de Galles pour partager leur émotion et leurs prières.

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Luxembourg

Le jardin du Luxembourg à Paris

J’étais cet après-midi au jardin du Luxembourg à Paris, resplendissant de toute sa beauté estivale. De larges massifs de fleurs multicolores de petite taille courent autour de pelouses au tracé net, impeccablement vertes et tondues. Tout ici obéit à la main de l’homme, et tout est un peu artificiel, jusqu’à la présence de magnifiques palmiers cultivés dans des pots, qui étonnent sous notre climat.
On sent l’héritage d’une longue tradition. Et même si ce style est en recul, c’est malgré tout un archétype, et c’est cette image que de nombreux visiteurs associent au mot jardin. On comprend leur surprise en découvrant l’exubérance givernoise.
Tout semble si sage et ordonné au jardin du Luxembourg. Les enfants depuis toujours font voguer des bateaux sur le bassin. Ils étaient toute une flotille par ce beau temps. On s’asseoit avec un livre, on se promène en famille, on mange des glaces.
Derrière les grilles qui entourent le parc se déroulait un tout autre spectacle. C’était le jour de la gay pride, le défilé joyeux, carnavalesque des homos, leur parade multicolore et bruyante d’affirmation de soi.
Comme tout le monde je crois depuis que les homos n’ont plus besoin de se cacher, j’en fréquente beaucoup, notamment parce que notre profession très féminisée en compte un certain nombre. J’ai pensé à chacun et chacune d’eux, que je connais affables, professionnels et charmants. C’était difficile de les associer au grand mouvement de lâcher prise qui déroulait ses travestis sur le boulevard. Tout à coup j’ai réalisé que je n’avais pas la tenue adéquate, que tout le monde autour de moi était gay, et je me suis sentie un peu honteuse d’être différente. C’est un ressenti que les gays connaissent bien, hélas.
La police avait fermé les portes du Luxembourg, ce jardin si conservateur où les fleurs poussent droites, ce jardin du Sénat. De l’autre côté des grilles, une jeunesse provocatrice défilait dans le quartier latin, l’émotion à fleur de peau. J’ai pensé au chemin parcouru depuis Proust et Wilde, à celui qu’il reste à parcourir. Et à l’évolution des jardins, aux beaux jardins d’aujourd’hui où souffle sur les fleurs un vent de liberté.

Je suis Charlie

Caricature de Jules Didier par Claude MonetCaricature de Jules Didier par Claude Monet vers 1860, Fusain sur papier, Art Institute of Chicago

Difficile de dormir cette nuit après cette abomination.
Cette sensation d’être atteints jusqu’au tréfonds dans ce que nous avons de plus beau et de plus cher, la liberté.
Le droit d’écrire, d’imprimer, de diffuser la pensée.

Face à cette abjection de la violence et de la haine, j’ai eu envie de voir des images plus douces.

Les âmes de nos Charlies sont allées droit au ciel, aussi légères que des papillons.
Et là haut, elles ont été accueillies par Claude Monet, heureux de souhaiter la bienvenue à des collègues.
N’a-t-il pas commencé sa carrière en caricaturant les bourgeois du Havre ?
Avec Charb, Cabu, Wolinski et les autres, ils imaginent des dessins, et ils se tiennent les côtes de rire.
C’est frais, Monet en est comme rajeuni.

Mes pensées vont aussi vers les vivants.
Les survivants.
Ceux qui sont dans la douleur du deuil.
Ceux qui ont charge de trouver les coupables.
Ceux qui ont la responsabilité d’assurer la sécurité du pays.
Et je prie pour ces trois âmes fourvoyées dans la haine, qui sont en grande difficulté.

Le tigre et l’ours

Clemenceau et MonetJe suis allée voir « La Colère du Tigre » au théâtre Montparnasse à Paris. La pièce signée Philippe Madral met en scène Georges Clemenceau et son grand ami Claude Monet, au soir de leurs vies.
Quand je suis arrivée, Claude Brasseur, qui incarne Clemenceau, était assis en terrasse à fumer une cigarette. Sa voix magnifique porte la marque de cette tabagie. Michel Aumont, le Monet de la pièce, a le timbre presque trop clair en comparaison.
Ils ont tous deux le même âge, 78 ans. On ne peut qu’être ébloui par leur performance. En ce sens, ils sont fidèles à leurs modèles : Clemenceau et Monet n’ont jamais décroché du boulot non plus.
Pendant la représentation, j’entendais rire autour de moi. Je ne suis pas la bonne personne pour faire une critique de la pièce : ses personnages et son argument me sont trop familiers, les effets de surprise n’agissent pas.
J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’illusion théâtrale, ce pacte qui lie l’auteur, les comédiens et leur metteur en scène avec les spectateurs. Accepter l’idée du rôle, qui nous vient de si loin : on dirait qu’on serait le Tigre et l’Ours de Giverny…
Ces êtres de chair et de sang sur la scène, comment pourrais-je les prendre pour Clemenceau et Monet ? Dès les premières phrases, l’auteur prend ses distances avec la réalité historique : il fait dire à Monet des formules qui sont celles de Clemenceau. C’est le Tigre qui taquine son ami en l’apostrophant d’un « Cher vieux crabe », et non l’inverse. Bon. On n’était pas à une lecture de correspondance non plus.
Si la pièce m’a tout de même captivée, c’est par l’interrogation qu’elle suscite pour moi sur le théâtre. Comment peut-on porter à la scène des êtres qui ont vraiment existé, et non pas seulement des « types », comme Monsieur Jourdain est le type du bourgeois pour Molière ? Qu’est-ce qui fait qu’une personne devient un personnage ? Quelle légitimité le théâtre offre-t-il à imaginer ce que nous ne savons pas, à remplir les blancs ?
J’ai été intéressée par le rapport du fictif au plausible. Par les contraintes du théâtre qui imposent qu’il se passe quelque chose, d’où la fameuse « colère », et une amusante bataille à coups de cannes. Au final, si je n’ai pas été emportée par la magie du théâtre comme d’autres fois, et même si l’émotion m’a passablement désertée, cela valait tout de même la peine de faire le déplacement. Pour me confronter à toutes ces questions.

Premier tour

Mairie de VernonLes Vernonnais vont-ils élire un maire de 28 ans à la tête d’une ville de 26000 habitants ? Hier le jeune Sébastien Lecornu, candidat de l’UMP, a fait le meilleur score avec près de 32% des voix. Il est suivi par le maire sortant du mandat précédent, battu sur le fil il y a six ans, Jean-Luc Miraux, ex-UMP, qui totalise 26% des suffrages.
Je suis curieuse de voir ce qui va l’emporter au second tour de la jeunesse ou de l’expérience. C’est l’une de ces nombreuses interrogations sur le report des voix qui donnent de l’intérêt aux élections, et doivent alimenter les conversations ce matin. Par le passé, Vernon s’est singularisée plusieurs fois, en particulier par une pentagulaire (5 listes avaient passé la barre des 10% et s’étaient maintenues). Il y a six ans, la ville traditionnellement conservatrice s’est surprise elle-même en portant à sa tête un maire socialiste, Philippe Nguyen Thanh, salué à l’époque comme l’un des rares maires de France issu de l’immigration asiatique. Son bilan paraît controversé (17 % hier). Mais naturellement rien n’est joué, car le scrutin de ce 23 mars est marqué par une forte absention (40 %).

Et à Giverny ? La campagne et les élections n’ont pas manqué d’intérêt là non plus. Si certaines petites communes de France peinent à constituer une liste et à trouver une bonne volonté pour assumer la charge souvent ingrate de maire, à Giverny, pas moins de 32 personnes se sont portées candidates au conseil municipal cette fois-ci. C’est le signe des enjeux qui animent ce village pas comme les autres. Un autre signe en est le taux de participation très élevé, près de 82 %.
Au final, le suspense n’aura pas été très long puisque 12 candidats sur les 15 membres qui composeront le conseil municipal sont élus dès le premier tour. Le meilleur score revient à… un jardinier de la Fondation Monet, Yves Hergoualc’h, qui rassemble 181 voix, soit 10 de plus que le maire sortant Claude Landais, lui aussi réélu. Bravo Yves !

Photo : détail de la mairie de Vernon


Résultat des urnes : eh bien oui, Vernon a un maire de 28 ans, et le maire de Giverny garde son siège.

Monumentale

Machine à coudre Singer ancienne

La scène se passe il y a quelques jours dans un hypermarché d’Ile de France, au rayon des machines à coudre. Je compare à haute voix les mérites des machines en soulignant la fabrication allemande de l’une d’elles, quand un monsieur qui vient d’arriver s’exclame : Ah non alors, je n’achèterai jamais une machine allemande ! Après ce qu’ils ont fait !
Je l’avoue, je n’ai pas su quoi dire. Quand elle atteint de tels sommets, la connerie me dépasse. J’étais stupéfaite, abasourdie. Incrédule : quoi, ça existe encore, des gens comme ça, avec ces idées moisies, aussi périmées que les machines à coudre à pédale ?
Et vous, auriez-vous trouvé une répartie « piquante » ? Et l’affaire Dieudonné, elle vous agace ou elle vous dépasse ?

Les couleurs de la rentrée

Crayons de couleurPlus que des souvenirs proprement dits, la rentrée scolaire réveille des sensations et des émotions d’enfance. Odeurs de cuir et de plastique, toucher du papier des cahiers qu’on ouvre et dont on appuie sur la tranche pour la marquer, et le stylo encore inconnu à la main qui s’applique à tracer les premières lignes…
Des sensations de neuf, de début, d’appréhension et d’attente mêlées, du sérieux et du festif tout à la fois, et cette impression un peu mélancolique de laisser les beaux jours derrière soi et d’entrer, en même temps qu’en classe, dans l’automne.
Impossible d’ignorer la rentrée scolaire. Toute la jeunesse d’un pays se plie à son calendrier, et avec elle ses parents. C’est sans doute cette énergie de la reprise qui m’a poussée à m’y associer par un acte régressif : tailler des crayons de couleur.
Vous vous souvenez comme c’était beau, les boîtes de couleur neuves, les crayons alignés dans leurs alvéoles offrant un arc-en-ciel de nuances qui contenaient tous les dessins possibles ?
Voici le reliquat des générations successives de boîtes de crayons utilisées au fil des années par mes quatre écoliers. Des séries de douze couleurs le plus souvent, dont beaucoup ont disparu, formant un ensemble disparate qui n’a que vaguement l’apparence des boîtes les plus fastueuses où logent 48 crayons.
Le désamour pour une couleur se lit dans la présence en nombre de crayons presque intacts, et à l’inverse la prédilection pour une teinte est marquée par l’usure ou l’absence des crayons correspondants. Sans grande surprise, c’est le rouge et l’orange qui ont toutes les faveurs : un seul malheureux rescapé ! Les bleus moyens ont disparu eux aussi, en revanche le rose n’a guère tenté mes garçons, et il reste assez de marron pour toute une forêt.
Avec la peinture, les contraintes liées à l’utilisation de couleurs ne sont pas les mêmes, puisqu’elles dérivent toutes des couleurs primaires, et que l’utilisation de couleurs prêtes à l’emploi ne s’impose pas. Monet trouvait que la question de savoir quelles teintes il employait était sans grand intérêt. L’essentiel étant d’avoir un panel de base et surtout beaucoup de blanc. Ses notes chez le marchand de couleurs atteignaient de coquettes sommes, souvent réglées directement par Paul Durand-Ruel, qui comptait bien vendre les tableaux produits.
On est frappé, sur les photos de Monet au travail qui nous sont parvenues, par la dimension considérable de sa palette, et la quantité de brosses à sa disposition dans des pots. Pourquoi autant ? J’imagine que c’était pour en avoir des propres tout au long de la journée, et les nettoyer toutes ensemble le soir. Si vous êtes peintre et que vous y voyez une autre raison, merci d’avance pour vos explications.

Bonne année 2013 !

Port de Barfleur

La traversée
d’une nouvelle année
commence !

Au moment de mettre le cap
vers douze mois tout neufs,
je vous souhaite
belle mer
et bon vent.

Tous mes voeux
pour une année
treize heureuse,
treize aventureuse,
treize amoureuse !

Obama et Monet

Etretat, Claude Monet vers 1864, huile sur toile, 27 x 41 cm, collection Peindre en Normandie
Etretat, Claude Monet vers 1864, huile sur toile 27 x 41 cm, collection « Peindre en Normandie »

Ca vous dirait de découvrir un joli tableau de Claude Monet accroché dans votre chambre d’hôtel ? Un vrai, bien sûr, pas une reproduction encadrée comme il y en a sans doute des milliers dans les hôtels du monde. Disons, une belle huile sur toile qui représenterait un paysage emblématique de Normandie.
Cette expérience qui n’est pas celle de tout le monde a été réservée à quelqu’un qui n’est pas le premier venu non plus : Barack Obama, lors de sa visite à Deauville les 26 et 27 mai 2011, à l’occasion du G8.
Etretat, une oeuvre de Monet datée de 1864 environ, était suspendue dans la suite du président des Etats-Unis à l’hôtel Royal. Nicolas Sarkozy, qui séjournait dans le même hôtel, avait droit à un Courbet.
Les esprits les plus retors verront peut-être une signification politique à ces choix, comme une courbette de la France devant la puissance monétaire américaine. Gageons que cette interprétation n’a pas effleuré les organisateurs de cet accrochage exceptionnel, quand bien même le pilote de l’opération, Alain Tourret, Président de Peindre en Normandie est un homme politique aux idées radicalement à gauche.
Il s’agissait plutôt d’honorer les invités de marque de ce sommet, et de mettre l’accent sur le riche patrimoine pictural normand. Les oeuvres provenaient de la collection Peindre en Normandie créée par le conseil régional de Basse-Normandie et des mécènes privés. Depuis, elles sont reparties, en même temps que les 12 000 policiers et militaires qui assuraient la sécurité de ce sommet.

Hollande

Monet, champs de fleurs et moulins à vent près de Leiden

Monet, champs de fleurs et moulins à vent près de Leiden


En 1886, Monet peint des champs de tulipes en Hollande, près de Leiden.
Les rouges surtout lui plaisent.
Et les moulins à vent, qui brassent l’air pour pomper l’eau.
Le vent annonciateur d’un changement de temps est partout présent dans le tableau.
Il fait ployer les fleurs.
Va-t-il éloigner les nuages qui, pour l’instant, n’ont pas l’air bien dangereux ?
Ou au contraire en apportera-t-il de plus menaçants ?

Dites-le avec des timbres

timbre personnalisé amoureux à GivernyIl y avait le timbre en forme de coeur, décliné par les plus grands noms du graphisme ou de la mode, idéal pour affranchir les courriers tendres, un peu ironique pour régler les contraventions. Les Valentins et les Valentines d’aujourd’hui peuvent faire mieux encore : créer leurs propres timbres, en ligne, grâce au service de personnalisation proposé par la Poste.
J’ai été touchée de recevoir un faire-part de mariage orné du timbre ci-contre. Les amoureux ont choisi le pont japonais de Monet comme emblème à leur engagement, c’est une belle image, puisque le mariage unit deux familles, deux êtres qui se rencontrent à mi-chemin, au milieu du pont.
Je connais bien ce jeune couple-là, je me souviens de ce jour de printemps radieux à Giverny, où ils avaient mis spontanément un t-shirt de la même couleur. Rouge passion, au milieu de tout ce vert espoir.
A tous les couples, à toutes les amours naissantes, je souhaite une longue vie d’harmonie.
Et de planer un petit peu, au-dessus de la terre, au-dessus de l’eau.

Deux mille douce

Aurore à Giverny
Je vous souhaite une année 2012

rose et bleue,

douce comme le rose,

légère comme le bleu,

pleine de ciel et de roses.

Monet dans Secrets d’histoire

Stéphane Bern dans l'atelier de l'hôtel BaudyStéphane Bern dans l’atelier de l’hôtel Baudy, photo France Télévision

France 2 diffusait hier un long documentaire sur Claude Monet, présenté par Stéphane Bern dans son magazine Secrets d’histoire. (Il n’est plus possible de le visionner en ligne, mais le CD est disponible).
L’émission est excellente, avec beaucoup de bons intervenants historiens d’art comme Philippe Piguet, Marianne Alphant, Pascal Bonafoux…
Et puis, magie de la télé, on entre partout : dans la maison de Monet à Vétheuil, dans les archives du marchand de tableaux Paul Durand-Ruel, dans la salle de l’actuel Office de Tourisme de Rouen d’où Monet a peint les Cathédrales, chez Clemenceau, dans la chambre de Monet à l’hôtel Danieli à Venise
Les vues aériennes de Giverny, au-dessus du jardin ou de l’église, sont magnifiques. Le reportage a été tourné au printemps, à l’époque des tulipes et des juliennes, il offre de jolis plans du jardin.
Surtout, le documentaire est une mine d’informations, très vivantes, même si le format de Secrets d’histoire oblige à des impasses sur des pans entiers de la vie de Monet. Il faut bien faire des choix…
Je serai heureuse de connaître vos réactions sur cette émission.

Libres !

Affiche des otages Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière taguée libres !, mairie de VernonA l’écriture hésitante du tag placé n’importe comment sur les visages trop familiers de Stéphane Taponier et d’Hervé Ghesquière, on imagine que quelqu’un s’est penché depuis le balcon de l’hôtel de ville de Vernon pour bomber à l’envers le mot grisant : LIBRES !
En fait ce sont des enfants qui ont tagué l’affiche, au sol, avant qu’elle soit remise en place.
J’avais hâte, après l’annonce de la bonne nouvelle hier, de voir le changement s’opérer sur cette affiche trop vue. Ici, chez nous, dans notre petite ville de province.
A la libération d’Ingrid Bétancourt, la ville de Vernon s’était montrée très réactive. Cela n’a pas manqué cette fois-ci non plus. Le geste tenait de l’urgence : marquer la fin d’un calvaire.
Depuis dix-huit mois, comme mes collègues ailleurs en France, j’ai expliqué tant de fois le sens de cette affiche qui intrigue les visiteurs étrangers. Toujours, quelqu’ait été leur nationalité, les touristes se sont montrés désolés et compatissants. Ce matin enfin, sous un soleil radieux, est venu le moment de raconter le happy end. De lire ensemble le joli mot tremblé.
Les deux journalistes de France télévision avaient fini par faire partie de notre quotidien. A cause d’eux, partis pour nous informer, nous étions tous un peu otages. Un peu culpabilisés d’être libres, à chaque fin de journal télévisuel, à chaque passage devant la mairie. Grâce à leur libération, nous voilà libres aussi. La joie explose !
Si j’ai un voeu à faire, c’est que plus jamais une telle affiche ne vienne fleurir sur les mairies de France.
Non pas que j’imagine l’avènement soudain d’un monde où les prises d’otages n’existeraient plus. Comment ce moyen si commode de lever des fonds en faveur de mouvements de guerilla, procédé vieux comme le monde, pourrait-il disparaître ?
Ce n’est pas davantage de l’indifférence. En tant qu’ancienne journaliste – à ma modeste échelle -, en tant que femme, ou pour avoir vécu en Colombie, la détention d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, de Florence Aubenas, d’Ingrid Bétancourt m’est insupportable.
C’est plutôt qu’il y a des questions qui dérangent.
« A quoi ça sert, cette affiche ? » me demandent les étrangers. Je ne sais que répondre. Les intéressés ne la voient pas. Les ravisseurs non plus. Il est peu probable qu’elle ait une action quelconque pour faire avancer la libération des otages.
Ou alors, pas forcément dans le bon sens :
« La médiatisation fait monter les enchères dans les négociations », avancent les touristes. J’ai bien peur qu’ils aient raison.
Le débat s’amorce. Les façades de nos monuments doivent-elles vraiment servir de panneau d’affichage ? Les causes à défendre sont légion. Y en aurait-il de meilleures que d’autres, qui auraient droit au devant de la scène ? Politiquement correctes ?
Le débat, pour moi, c’est celui-ci : jusqu’à quel point peut-on nous imposer l’irruption de l’horreur du monde dans notre quotidien ? Avons-nous le droit à l’oubli ? Avons-nous le choix de préférer célébrer la beauté et l’harmonie, et de croire que c’est une façon qui en vaut une autre de faire avancer le monde ?
Si nous n’avons pas ce choix d’éteindre la télé, de refuser le spectacle de l’horreur, c’est nous qui devenons, à notre tour, prisonniers. Otages des otages.

Dans Marianne il y a Ariane

Monet, Monet, money...  Marianne du 28 août au 3 septembre 2010 L’exposition Monet qui ouvrira ses portes dans moins d’un mois au Grand Palais suscite déjà des articles. Cette semaine, l’hebdomadaire Marianne consacre trois pages à la Monet mania, dans un reportage qui a conduit le journaliste Vincent Huguet à Monetland, comme il dit : comprenez Giverny.
Pour préparer son papier, Vincent Huguet a fureté sur la toile, et il est tombé sur Giverny News, où visiblement ma boutade gentiment ironique sur Carla Bruni l’a amusé.

Woody Allen (…) le 6 août dernier, est venu tourner une scène de son film chez Monet. Un épisode relaté avec un humour ravageur sur Giverny News (http://givernews.com), l’irrésistible blog tenu par Ariane Cauderlier, guide indépendante à Giverny qui épingle les excès du culte. Rappelant les 32 prises nécessaires auparavant, à Paris, pour filmer Carla Bruni « en train d’acheter une baguette de pain rue Mouffetard » (« Ça n’a l’air de rien, mais ce n’est pas si facile quand vous ne l’avez jamais fait. Un vrai rôle de composition. ») la bloggeuse aux nymphéas ajoute : « Heureusement, Madame Sarkozy n’est pas venue à Giverny. On aurait risqué d’avoir à fermer les jardins de Monet tout le week-end si ce perfectionniste de cinéaste lui avait demandé, disons, de jouer la belle jardinière et d’arroser un massif. »


Sympa, non ? Il est clair que chez Marianne, faire partie de la blogosphère, donc être une voix indépendante, originale et sincère vous fait d’emblée marquer des points.
Merci, monsieur Huguet, ce coup de projo, c’est très aimable à vous.
Mais, comment dire ? je ressens un léger malaise. Si les lecteurs de Marianne ont la curiosité de venir se promener par ici, alléchés par la citation, ils risquent bien d’être déçus de tomber sur des fleurs et des petits oiseaux.
Je ne donne pas dans le sarcasme politique, et à y réfléchir, celui-ci, je le regrette. Car pourquoi Woody Allen s’est-il « acharné » sur Carla Bruni, en lui faisant répéter sa prise 32 fois ? Pour le buzz ? C’est mesquin. Pour humilier notre première dame ? C’est bas. Non, je ne vois qu’une explication, puisque Carla débute il a voulu lui donner un cours de cinéma, patiemment, pour qu’elle soit la meilleure possible. Comme Monet, il a poussé le travail au maximum, jusqu’à ne plus pouvoir ajouter de force au tableau.
Et puis, faut-il le préciser, c’est de la pure fiction d’imaginer la Fondation Monet fermée pendant deux jours. Woody Allen a obtenu une privatisation d’une heure et demi, si je me rappelle bien, sur la moitié du jardin, en fin de journée, quand il n’y a de toutes façons plus personne ou presque : c’est déjà beaucoup. On a le sens du service public à Giverny, pas question de fermer inconsidérément les lieux aux visiteurs, fut-ce pour encourager la création artistique.
Quoi d’autre ? Je ne crois pas épingler les excès du culte. Si culte il y a, je crains fort, au contraire, d’en être l’une des modestes prêtresses, et tout à fait excessive. Un blog entier sur Giverny !
Enfin, ça fait toujours bizarre de se retrouver dans la presse, qu’elle soit écrite, radiophonique ou télévisuelle. J’en ai fait plusieurs fois l’expérience à des titres divers, je l’ai infligée autrefois aux personnes que j’ai interviewées, on se trouve soudainement face à une image de soi vue à travers le prisme de quelqu’un d’autre, qui opère des choix subjectifs.
Voyez la légende de l’illustration, par exemple. Un bonbon rose, moi, j’ai dit ça ? J’ai du mal à y croire, tant, dans le contexte de l’article, l’expression passe pour distanciée et un peu moqueuse.
Vérification faite, oui, bien sûr, c’est dans givernews. C’était à propos de la neige à Giverny, une métaphore filée. « Ici, tout juste un peu de sucre glace. La maison de Claude Monet en devient une confiserie géante, un énorme bonbon rose. « 
C’était un regard tendre. Rose bonbon.

Woody Allen à Giverny

Clair de lune à GivernyMidnight à Giverny

Rien de tel que le cinéma pour transformer un lieu en camp retranché. Woody Allen était en tournage à Giverny vendredi dernier : barrières, police, déviation, il fallait montrer patte blanche pour rentrer chez soi.
Chez Monet, le jardin d’eau était inaccessible en fin d’après-midi. Selon le quotidien Paris-Normandie, le réalisateur n’a passé que deux heures à Giverny. Une scène assez courte et assez facile sans doute, pour laquelle les acteurs aguerris qu’il a engagés n’ont pas eu besoin de s’y reprendre à 36 fois, j’imagine.
Non, j’exagère : 32 fois seulement. Vous avez suivi les exploits de Carla Bruni pour ses débuts au cinéma sous la direction de Woody ? Trente-deux prises pour acheter une baguette de pain rue Mouffetard ! Ça n’a l’air de rien, mais ce n’est pas si facile quand vous ne l’avez jamais fait. Un vrai rôle de composition.
Heureusement, Madame Sarkozy n’est pas venue à Giverny. On aurait risqué d’avoir à fermer les jardins de Monet tout le week-end si ce perfectionniste de cinéaste lui avait demandé, disons, de jouer la belle jardinière et d’arroser un massif.
Évidemment, j’irai voir Midnight in Paris quand il sortira. Comme beaucoup de Français, Woody Allen est l’un de mes réalisateurs préférés. Bien que je ne sois pas certaine qu’il brosse un tableau très flatteur de notre capitale. Le réalisateur new-yorkais est tellement sûr de son public en France qu’il se permet des remarques un peu aigres-douces, bien faites pour plaire aux Américains. Qui aime bien châtie bien, n’est-ce pas.
En ce qui concerne Giverny, Woody est un habitué des lieux, m’a-t-on confié. C’est certainement un plus qu’il associe les jardins de Monet à un film sur Paris. Qu’il en dise du bien ou du mal, ce sera toujours une irremplaçable publicité.

Un bouquet de nymphéas

nymphéas à GivernyCombien de temps nous reste-t-il à vivre ? Comment allons-nous employer ce temps-là ?
Il y a cent ans, en 1910, Monet était dans sa 70e année. Il avait une immense carrière derrière lui, et pourtant il lui restait à peindre ses plus grands chefs d’oeuvre, le cycle des Nymphéas. S’en doutait-il, alors qu’en mars il se lamentait au bord de son bassin dévasté par la crue de la Seine ?
L’étang aux nymphéas est un lieu propice à la méditation, métaphore de la vie et de l’apparence des choses. Il me manque, aujourd’hui où je suis allée accompagner une vieille dame dans son dernier voyage.
Elle s’appelait Simone. Douce, discrète, aimante. Nos roses faisaient un horrible bruit sourd en tombant sur le cercueil.
Au même instant, ou presque, une autre Simone entrait sous la coupole. Forte, ardente. La sixième académicienne, en lutte pour les femmes jusqu’au bout.
Peut-être qu’on lui a offert des roses, à cette occasion. Que lui reste-t-il à accomplir, elle qui a déjà tant oeuvré ?
Il y a des questions qui n’ont de réponses que dans les profondeurs du bassin où se mire le saule agité par le vent.
A tous ceux qui trouvent qu’il y a des jours plus difficiles à passer que d’autres, et que celui-ci en était un, permettez-moi d’offrir, par la présente, un bouquet de nymphéas.

Depardieu sera Monet

Gérard Depardieu, DR Rencontre de deux monstres : Gérard Depardieu interprétera Claude Monet dans un film dont le tournage est prévu pour le printemps 2010.
Je brûle déjà de voir comment Depardieu incarnera le peintre. L’aspect bourru et enflammé lui va bien, il a tout le charisme nécessaire, et n’aura pas à composer pour jouer les amateurs de bonne chère !
La réalisatrice de ce biografilm est Chantal Picault. Ce sera intéressant de voir comment elle va condenser la longue vie de Monet, quels évènements elle va mettre en avant, lesquels seront passés sous silence. Comment donnera-t-elle du rythme à l’histoire ? Quelle sera l’image de Monet porté à l’écran ? L’analyse subjective du personnage ?
Un indice, d’ores et déjà : Depardieu ne vient pas seul, le casting propose d’autres stars telles que Michel Galabru dans le rôle de Georges Clemenceau et Sandrine Bonnaire dans celui de Blanche Hoschedé-Monet.
On ne sait pas encore qui jouera Camille, Alice, ou Durand-Ruel… Mais on peut imaginer que l’aspect people de Monet sera mis en avant avec ce choix d’une star pour interpréter l’ami le plus illustre du peintre. Et il faudra bien un peu de glamour aussi. A ce titre la dévotion de Blanche à l’égard de son beau-père ne manque pas de passion, mais sans doute de chair. La femme de sa vie, c’est Alice.
Bref ! Un grand film sur Monet, c’est merveilleux, et tous les guides qui traitent de l’impressionnisme vont se précipiter pour le voir dès sa sortie. Parce que les clients nous en parleront, et parce que notre travail s’en rapproche. En guidage aussi, il s’agit de donner en deux heures une certaine idée de Claude Monet.

Giverny sur Télématin

Giverny début août Aifelle a la gentillesse de me signaler que la maison et les jardins de Monet ont fait l’objet d’un reportage aujourd’hui dans Télématin. Si comme moi vous avez raté le magazine, la séance de rattrapage est ici en fin d’émission. Placez le curseur sur 1h45.
Le reportage est assez bien fait pour atteindre son but, donner envie de venir à Giverny, et c’est là l’essentiel.
L’enthousiasme de Damien Thévenot n’y est sans doute pas pour rien. Il a le ton et presque le timbre de Nicolas Hulot, et un sourire à faire de la pub pour du dentifrice.
On voit l’intérieur de la maison avec un enchaînement entre les photos d’époque et les vues d’aujourd’hui, le jardin de fleurs, le jardin d’eau… Avec des trouvailles très cinéma, les volets qui s’ouvrent, le reflet de la porte dans le miroir, le soleil qui joue à travers les feuilles : pas facile de filmer du mouvement dans un lieu conçu comme un tableau.
Gilbert Vahé, le chef-jardinier, est interviewé. Dommage de l’interroger sur la vie de Monet, même s’il la connaît très bien, alors qu’il est un très grand professionnel avec une profonde sensibilité artistique, et la mémoire vivante de la restauration des jardins.
Passons sur l’envahissante bande sonore. Le plus étrange, c’est le choix des tableaux pour illustrer ce reportage. Impression, Soleil levant (Le Havre), les Glaçons et le Jardin de l’artiste (Vétheuil), le Déjeuner, la Liseuse (Argenteuil)… Les seuls tableaux faits à Giverny sont deux Nymphéas et un pont japonais. Il y avait pourtant le choix entre près de 500 toiles !
Évidemment, j’ai remarqué quelques inexactitudes, elles sont inévitables, mais des dates fausses par-ci par-là, qu’est-ce que ça peut faire ? Des bêtises, on en dit tous.
C’est la rançon du rythme de la télé, pas le temps de tout vérifier. Il en découle forcément de la banalité et de la superficialité, mais comme il faut faire court, ce n’est pas bien grave.
C’est précisément ce qui capte mon attention. Ce sujet que je connais trop bien, qu’en retient l’oeil neuf d’un journaliste qui le découvre ? Comment résumer Giverny en quelques mots, sans omettre ce qui paraît trop évident ? Qu’ajouter aux images ?

Choisis son camp

Mur à Montmartre, ParisJ’aime bien les pochoirs sur les murs des villes. A force d’avoir des oreilles ceux-ci méritent bien une voix, et les dessins au pochoir leur offrent ce moyen d’expression qui leur manquait.
La grande qualité graphique de ces peintures leur donne un impact incroyable. J’ai photographié ce mur à Montmartre il y a deux ans, mais il est d’une brûlante actualité.
4 novembre ! Ce soir ce n’est pas Big Brother qui nous regarde, je veux dire pas plus que d’habitude, c’est le monde entier qui a les yeux fixés sur le grand frère d’Amérique. Quelle sera la couleur du prochain président des Etats-Unis ? Les urnes vont-elles confirmer les sondages ou réserver une surprise ? De quel côté penchera la balance, celui des porteurs d’arme ou celui de la résistance à la guerre ?
Le mur a son idée. Il la chuchote en légende à l’image de Jean Moulin : choisis son camp ! Et si le conseil se répétait de mur en mur jusqu’aux isoloirs… Réponse demain.

Ingrid libre !

Affiche Ingrid Betancourt à VernonQuelques heures à peine après l’annonce de la libération d’Ingrid Bétancourt en Colombie, une nouvelle affiche flotte déjà sur la façade de la mairie de Vernon.
Depuis des mois, c’était l’image poignante de l’otage au regard abattu qui interpellait les passants.
Avec une réactivité extraordinaire, voici le sourire d’Ingrid. La ville de Vernon a coiffé sur le poteau la municipalité de Paris, qui s’est contentée de rajouter le mot « libre ».
Mais le message reste toujours aussi sibyllin pour qui n’est pas au courant des affaires franco-colombiennes. Les touristes étrangers s’interrogeaient sur la première affiche. La nouvelle, plus souriante, va les laisser guère moins perplexes.

Derrière le buisson

buisson à Giverny Comment ça se traduirait, Bush, en français ? Buisson, sans doute, ou encore broussailles, taillis, fourré. Il y a aussi cette expression géniale de hair bush, une tignasse. J’espère que cette photo prise dans un angle du jardin fleuri de Monet est assez évocatrice d’un bush. Ce qui est sûr, c’est que Monet ne cherchait pas à faire un jardin bien peigné.

J’aurais pu vous parler plus tôt de la visite de la First Lady à Giverny. Mais pour une fois que mon petit sujet de blog rejoint l’actualité journalistique, ça coince, plus envie de parler de news, malgré ce titre de Giverny News choisi il y a très longtemps.
Samedi dernier j’ai croisé à Vernon tout un cortège de voitures officielles emmenées par des motards, et il m’a fait perdre le feu vert. Mon sentiment égalitaire s’agace de ce genre de choses. Les VIP sont-ils vraiment si pressés ?
Qu’est-ce que c’est que ces huiles, me suis-je demandé. Ils vont sûrement à Giverny.
Une heure et demi plus tard, le cortège est repassé dans l’autre sens, alors que je me rendais à mon tour à la Fondation Monet. C’est là que j’ai appris l’identité de la personnalité. Madame Bush soi-même ! Elle est venue (presque) toute seule, elle faisait du tourisme pendant que son petit mari faisait de la politique à Paris, chacun son truc.
Personne ne la reconnaît en France, elle pourrait profiter de cette impression grisante d’incognito, mais c’est bien trop dangereux puisque ses ennemis éventuels la connaissent, eux, quel que soit l’endroit où elle se trouve.
C’est le poids de la haine, tout ce déploiement de force. Laura Bush ne se déplace pas sans une bonne escorte. Ses gardes du corps sont essentiellement des femmes, d’ailleurs.
Madame Bush est efficace. En une heure et demie, elle a réussi à voir à la fois le musée d’art américain et le musée Monet. Elle s’est beaucoup intéressée aux expositions de peintures présentées dans le premier, car elle a retrouvé des noms d’artistes qu’elle connaissait pour avoir déjà vu des toiles d’eux à la Maison Blanche. Ça doit faire un peu le même effet qu’à la brocante quand on reconnaît le service à thé de sa grand-mère, j’imagine.
Après 45 minutes devant les tableaux, Madame Bush n’a pas traîné chez Monet. Dans la maison, elle a zappé les chambres à l’étage, elle n’a vu que le rez-de-chaussée. Tant pis pour la vue sur le jardin.
Et pas le temps d’aller regarder de près ce qui se cache derrière les buissons.

Verlaine

giverny L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…

Rêvons, c’est l’heure.

Paul Verlaine

Le saule noir où le vent pleure, ce soir, vous voyez qui c’est ? Allez les Bleus !

Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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