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Category Archives: Jardins

Mini jardin à Giverny

A côté des vastes jardins de Claude Monet, dont l'étendue dépasse ce qui peut se faire chez soi, Giverny récèle un petit bijou de mini jardin. C'est celui de la boutique Emilio Robba, en face de la maison de Monet.

Ce sont les jardiniers de la Fondation Monet qui cultivent ce jardin de poche, avec tout leur savoir-faire et les ressources de leurs serres. 

En ce moment, voici l'aspect qu'a le massif devant la boutique, orienté à l'est. Les tons jaunes dominent, avec des rudbeckias, des solidagos, des gaillardes, et quelques touches de rose apportées par les sedums, les mufliers et les dahlias.

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Gazon anglais

Pelouse à Sissinghurst

Les Anglais ont l'art du gazon. Chez nous, une merveille pareille serait protégée comme un massif de fleurs, avec interdiction de poser le pied dessus. Rien de tel outre-Manche. Fouler la pelouse fait partie du plaisir de la promenade au parc ou au jardin, une sorte de droit imprescriptible.

Celle que vous voyez ci-dessus se trouve à Sissinghurst, dans le Kent. Le jardin créé par la romancière et poétesse Vita Sackeville-West et son mari Harold Nicolson présente un certain nombre de points communs avec Giverny : surface, renom international, oeuvre personnelle d'un artiste…  et aussi un grand nombre de différences. Ce magnifique gazon, par exemple. 

Il est l'objet de tous les soins, naturellement. Même si le climat y est pour beaucoup, cela ne suffit pas. Il faut aussi tondre régulièrement. Tel qu'il était là, le jour de la photo, les brins d'herbe mesuraient 27 millimètres. C'est un peu long, vous en conviendrez. Mais c'était un lundi. Le jour de tonte de cette pelouse est le mardi, dès le lendemain on allait recouper le gazon à 22 millimètres. Ouf.

Dans chaque jardin anglais, on voit des jardiniers en train de tondre. Ils le font avec une grande précision, notamment dans les changements de sens. Le but est d'obtenir des rayures bien nettes. A Sissinghurst, ces rayures ne suivent pas le sens de la grande longueur, elles sont obliques. C'est parce que la pelouse n'est pas tout à fait rectangulaire, mais, selon Vita, en forme de cercueil. Si les rayures étaient parallèles à l'un des côtés, cette irrégularité sauterait aux yeux.

Je ferais bien de faire attention à ne pas dire pelouse, d'ailleurs, car cela sous-entend que le précieux gazon serait animé de pâquerettes ou de trèfle. Damned ! Pourquoi pas du pissenlit pendant qu'on y est ? Le gazon n'est pas partageur. Il veut régner en maître. Complimentez un jardinier anglais sur son merveilleux gazon, il s'excusera de la minuscule touffe de trèfle que vous n'aviez même pas remarquée. Lui ne voit que ça. Si vous n'étiez pas là, il serait déjà parti l'éradiquer. 

Pour son gazon, le jardinier anglais a l'oeil et les soins d'un coiffeur. Il repère les épis, les zones un peu trop piétinées où les brins ne se redressent plus, celles où la terre finit par être à nu. Il tient en réserve du gazon tout poussé dont il peut prélever des morceaux. Si un coin du tapis vert s'élime, il y pratique des greffes de moquette vivante. 

C'est culturel, cet amour du gazon et du jardinage. Dans l'une des citations que l'on peut lire à Sissinghurst, Vita dit qu'au bout de vingt ans, elle pense être arrivée à avoir "un jardin décent". J'adore cet emploi si british du mot décent. Cela m'a fait penser à une case d'Astérix chez les Bretons où l'on voit un jardinier anglais peaufiner un impeccable jardin tout en disant "Avec 2 000 ans de soin, je pense que mon gazon sera fort acceptable". A la case suivante, Astérix et Obélix déboulent avec un char lancé à vive allure qui laisse de profondes ornières dans le gazon. 

C'est culturel, c'est-à-dire qu'il y a quelque chose qui nous échappe et nous est étranger dans l'attention dont le gazon fait l'objet en Grande-Bretagne. Mais quand même, le climat anglais aide bien. Parmi les différences entre Giverny et Sissinghurst figure l'arrosage automatique. Le jardin anglais n'en a pas. Pas besoin. Si la saison est exceptionnellement sèche, on arrose à la main, massif après massif, pelouse après pelouse. Cela prend une semaine de couvrir toute la surface du jardin. Au bout d'une semaine, en général, il pleut. 

Les roses de Bagatelle

Quand on vient de Giverny, tout paraît démesuré à Bagatelle. Ce grand parc parisien couvre au total 24 hectares, contre 2 chez Claude Monet. C'est un peu comme si vous aviez l'habitude de faire vos courses au Monoprix et que vous vous retrouviez d'un seul coup dans un hypermarché. Vous avancez, un peu effaré d'avoir à parcourir de telles distances pour trouver ce que vous cherchez. 

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Le jardin de Delacroix

C'est l'un des plus jolis petits jardins dont on puisse rêver à Paris. Pour le trouver, il faut d'abord dénicher la place Furstemberg, un bonheur de petite place en plein quartier Saint-Germain, où fleurit en ce moment un grand paulownia.

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Les jardins de Latour-Marliac

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Nous voici dans le sud de la France dans un village nommé Le Temple-sur-Lot, chez le pépiniériste Latour-Marliac.

C'est ici que Claude Monet se fournissait en nymphéas pour son bassin de Giverny. 

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Le jardin de l’ancien hôtel Baudy

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C'est l'un des trésors cachés de Giverny : à quelques pas des jardins de Monet, le restaurant Baudy ouvre son parc à ses clients. Ce lieu où le temps semble s'être arrêté fut autrefois un hôtel et le rendez-vous de la colonie de peintres du village. Il suffit de traverser la salle-à-manger pour accéder au jardin. 

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Les serres de Kew

Kew Gardens, la grande serre et le parterre de broderie

C'est en hiver qu'il est le plus agréable de visiter une serre.  On pousse la porte, on prend soin de bien la refermer, et on change d'univers. La douceur commande de déserrer l'écharpe et d'ouvrir le manteau, l'humidité aveugle les porteurs de lunettes. Est-ce qu'on se sent bien dans la chaleur retrouvée ? Il y a cette présence des plantes, cette impression d'entrer dans une forêt qui n'en est pas une. Le silence bizarre quand il faudrait des cris d'animaux et des chants d'oiseaux. 

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Le potager de Mesnil-Geoffroy

Le potager de Mesnil-Geoffroy, Seine-Maritime
En Seine-Maritime, le château de Mesnil-Geoffroy est réputé pour sa magnifique roseraie et son parc impeccablement entretenu. Il récèle aussi un petit bijou de potager.
Alors que, le plus souvent, les jardins potagers sont dévolus aux lignes droites, celui-ci serpente en courbes voluptueuses. Pas de rangées de poireaux alignés comme pour le défilé du 14 juillet, pas d’effet de masse de légumes identiques, mais des plates-bandes qui mêlent les fleurs et les plantes comestibles, les roses et les artichauts. Les allées aux bordures soigneusement marquées se détachent en surplomb des parties travaillées. On devine un important entretien quotidien.
Au fond, la serre ancienne adossée au mur de clôture est intacte, avec son élégant arrondi. Elle sert toujours au forçage des semis, et hormis les godets qui sont en plastique aujourd’hui, rien n’y a changé. Ces serres anciennes, avec leur atmosphère tiède et l’odeur de terreau humide qui les caractérise, leurs détails en fonte ouvragée et leurs astuces pratiques, sont parmi les lieux les plus évocateurs et les plus poétiques des jardins d’autrefois.

La roseraie de Grand-Quevilly

La roseraie de Grand-Quevilly, Seine-Maritime

Le Grand-Quevilly est situé dans la banlieue sud de Rouen. Dans cette ville qui a poussé vite pendant les Trente Glorieuses, les arbres ont grandi entre les immeubles et partout, le végétal a l’air de cohabiter avec le minéral.
Tout en haut de l’agglomération, là où s’élevait autrefois le château d’eau de la commune, un trésor incroyable attend le visiteur. La ville de Grand Quevilly a planté la bagatelle de 16 000 rosiers.
C’est un espace vert public gratuit, où l’on peut même venir avec son chien. Sur six hectares, le promeneur chemine en toute liberté entre les roses.
Chacune des centaines de variétés fait l’objet d’un panneau explicatif à hauteur des yeux. Contrairement aux roseraies classiques, on peut admirer des dizaines de plants du même rosier, ce qui permet de se faire une idée exacte de l’impact de la fleur.
Les massifs aux contours arrondis en forme de pétales regroupent plusieurs sortes de roses, en mélangeant les dernières obtentions et les roses anciennes. On ne saurait dire lesquelles sont les plus belles, les plus opulentes, les plus gracieuses ou les plus suaves. C’est une surenchère de pétales ourlés, incurvés, dentelés, qui s’empilent ou s’alignent sagement en formant la ronde, qui turbinent depuis le centre de la fleur, tourbillonnent et s’offrent au regard et aux abeilles. Et des couleurs ! Des couleurs de folie, comme par exemple le rosier Rio Samba dont « les pétales virevoltent en jupons jaunes bordés d’orange, comme au coeur d’une danse brésilienne » selon la description gentiment lyrique du cartel.
On est en ville, comme le rappelle le mobilier urbain, les jeux pour les enfants et la présence au loin d’immeubles plus hauts que les autres, qui ont la chance d’avoir leurs fenêtres sur la roseraie. Et pourtant, un samedi midi de juin, nous étions peut-être une dizaine à nous partager les 60 000 m2 de roseraie, dans un air délicieusement parfumé. Autant dire qu’on n’est pas gêné dans sa contemplation.

Visiter des jardins

Jardin du Château de Vauville, MancheJardin botanique du château de Vauville, Manche

Je rentre d’un voyage d’une semaine en Basse-Normandie et en Bretagne, une semaine à visiter des jardins. Parce que pour mieux cerner l’unicité de celui de Monet j’ai aussi besoin d’en découvrir d’autres, créés à d’autres époques, avec des intentions différentes, où le végétal est mis en scène autrement ; parce que les jardins ne se visitent pas en hiver, et qu’année après année il devenait plus frustrant de passer toute la belle saison à travailler en continu sans aller admirer ce qui pousse ailleurs, je me suis offert le luxe d’une semaine de congé en été pour ce « voyage d’études ».
Il y a eu de la griserie, de l’émerveillement, de l’admiration pour la créativité humaine qui sous-tend ces jardins, pour les prouesses horticoles. De la déception aussi, parfois. Et partout, des parcs quasi vides de visiteurs, même dans les lieux les plus réputés.
C’est agréable, habituée comme je peux l’être à louvoyer entre les promeneurs dans les allées étroites de Giverny. Et en même temps, je ressens une profonde injustice. Pourquoi Giverny, et Giverny seulement ? C’est l’effet grand homme, l’effet nymphéas. Ailleurs, les jardins sont plus vastes, plus variés, plus époustouflants peut-être, mais ils n’ont pas été peints par le père de l’impressionnisme. Et tous, nous allons d’abord vers ce que nous connaissons, vers l’image déjà vue, dans un musée, un magazine, un reportage ou un livre d’enfants, une carte postale reçue ou une brochure publicitaire, voire un panneau sur l’autoroute.
Libre de faire mon choix parmi tous les jardins possibles dans ce coin de France, j’ai tendu l’oreille à ces désirs de visites nés il y a plusieurs décennies parfois. Aller voir des jardins, c’est aussi devenir visiteur de jardin, et en me glissant dans ce costume-là, en savourant le plaisir de la première fois, du vieux rêve qui se réalise, je comprends et partage ce que ressentent mes clients à Giverny.

Les Jardins Agapanthe

Les Jardins AgapantheL’adorable village de Grigneuseville se trouve en Seine-Maritime, entre Rouen et Dieppe. C’est là, dans l’humidité du pays de Bray, que s’épanouissent les plantes des Jardins Agapanthe.
Le concepteur de ce jardin, Alexandre Thomas, est architecte-paysagiste, et on est ici chez lui. Son jardin personnel est aussi sa vitrine professionnelle, bien sûr, mais il va bien au-delà d’un jardin-témoin ou d’un exercice de style. On y sent de la passion et de l’imagination, de la poésie et du lyrisme à tous les détours de sentier.
C’est un jardin qui s’explore, dans une délicieuse impression de dédale et de surprises.
On se faufile entre des masses végétales exubérantes, du vert qui prend toutes les formes possibles, au travers de végétaux venus de tous les continents. Certains intriguent, d’autres se laissent reconnaître.
Partout, des buis et des ifs taillés structurent le jardin, qui s’orne de mobilier ancien et de potées.
On pousse des portails art nouveau vénérables, on descend dans des minis vallons, on suit des chemins d’eau… Et, chance insigne, les jardins agapanthe font aussi pépinière. Attention, le coffre risque d’être trop petit !

Land art à Chaumont-sur-Loire

Installation de coloquintes à Chaumont-sur-Loire Le château de Chaumont-sur-Loire est réputé pour son Festival des Jardins qui réunit chaque année une vingtaine de projets paysagers extraordinaires, entre horticulture et art contemporain.
L’édition 2012 s’est close il y a quelques jours, mais on peut toujours visiter le parc et le château, qui fait partie, comme son nom l’indique, des châteaux de la Loire.
Pour fêter Halloween, une installation de coloquintes et de potirons accueille les visiteurs ce week-end.
Les couleurs des cucurbitacées contrastent avec celle de la pelouse.
Les coloquintes fichées en terre grâce à des piques font l’effet d’une armée de petits lutins. Certaines poussent la ressemblance jusqu’à se terminer en pointe à la manière d’un bonnet.
La masse et la rondeur des citrouilles fait contrepoint.
Peut-être que cette mise en scène vous inspirera pour la déco de votre jardin, ou de votre balcon…
Giverny est maintenant fermé pour cinq mois. Profitons-en pour aller voir ailleurs ! Réouverture avancée exceptionnellement au 30 mars 2013, Pâques oblige.

Le jardin de Valérianes

Le jardin de ValérianesHier j’ai visité, sous la pluie, le jardin de valérianes. Il se trouve en Seine-Maritime près de Buchy, à une bonne heure de route de Giverny.
Ce jardin privé qui s’étend sur 12000 m2 est l’oeuvre d’un couple qui l’embellit depuis trente ans. Il se compose en grande partie de vivaces et d’arbustes originaux, et d’une multitude de digitales qui ont trouvé dans la terre limoneuse et acide du plateau leur terrain de prédilection.
J’ai déambulé entre les masses de feuilles et de fleurs avec le regard des visiteurs de Giverny qui s’étonnent et s’émerveillent, en nommant au passage les plantes que je reconnaissais. Ce petit jeu m’a valu d’être qualifiée de geek par le jeune informaticien qui m’accompagnait.
Je suis frappée, quand je passe du côté du visiteur, par la nécessité de mettre des mots sur l’expérience de la visite. Sans mots, la vision glisse et s’échappe, le cerveau n’arrive pas à organiser les images qu’il reçoit en leur donnant du sens. On s’exclame un peu machinalement, c’est beau ! c’est beau ! mais on oublie tout de suite ce qu’on a vu.
J’ai regretté, donc, de ne pas avoir de guide. Ce qui m’a manqué plus encore que des détails sur les végétaux, c’est de découvrir l’intention. J’ai besoin de rembobiner la pelote du fil d’Ariane, de comprendre par quel cheminement on est arrivé à ce résultat.
Une petite vidéo donne un début d’explication sur le développement du jardin de valérianes.
Allez-y, c’est un rêve de jardin, subtil et intime. Vous y passerez un moment harmonieux de dialogue avec la nature, sans être troublé par des cohortes de visiteurs.

Les jardins d’Angélique

Les jardins d'Angélique, Montmain, Seine-MaritimePour ceux qui ont envie de prolonger la visite de Giverny par celle d’autres jardins, plusieurs endroits enchanteurs les attendent en direction de Rouen : le jardin plume, le parc du château de Vandrimare, et les jardins d’Angélique sont tous trois situés dans le même secteur en pleine campagne, à quelques kilomètres de la capitale normande.
Vandrimare est un jardin puissant, tout en arbres majestueux. Plume, un endroit sensuel et tactile, où la vue invite au toucher. Les jardins d’Angélique sont un rêve de jardin, un paradis doux et poétique à la touche très féminine.
Angélique était la fille des propriétaires. Elle a rejoint les anges, mais son souvenir flotte partout au coin des massifs : harmonies tendres blanches ou de tons pastels, statuettes d’angelots disposées deci-delà, délicat mobilier…
Le jardin a été créé par les parents pour tromper leur deuil, travailler le vivant. Ce sont aujourd’hui la mère et la soeur d’Angélique qui l’entretiennent avec une énergie et un goût admirables.
Il faut sans doute voir ces jardins à la saison des roses, partout présentes. En ce début d’automne, un air de mélancolie les gagne, qui leur va bien.
Au centre de la propriété, un manoir du 17e siècle est précédé d’une vaste pelouse. Derrière la bâtisse, on découvre un jardin de buis taillés entourant des carrés de vivaces. Une grande fontaine affirme le classicisme du lieu.
Devant le manoir, on entre dans la partie la plus magique, des ruelles de gazon donnant sur des massifs de fleurs aux accords subtils. Madame Le Bellegard est là, occupée à jardiner mais disponible, prête à renseigner. Encore plus qu’ailleurs chez d’autres passionnés, on sent que son jardin est l’objet de sa tendre attention.
On prend le temps de flâner pour découvrir toute la finesse de ses compositions, la rareté de certains spécimens, les surprises ménagées ça et là. Rien de plus simple : on n’a pas envie de partir…

Jardins d’Angélique Hameau du Pigrard 76520 Montmain (10km à l’est de Rouen)
02 35 79 08 12, ouverts toute l’année de 10h00 à 19h00.
Du 1er juillet au 15 octobre, fermés le mardi.
Entrée 5€, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Hydrangéas de collection

Hydrangea de la collection ShamrockJe viens de voir les plus beaux hydrangéas de ma vie. Ces petites merveilles s’épanouissent dans « le jardin des Hortensias », à Varengeville-sur-Mer, en Seine-Maritime, à quelques kilomètres de Dieppe.
Corinne Mallet, spécialiste du genre, y a planté sa collection de quelque 1200 hydrangéas différents. C’est, dit-elle, la plus grande collection au monde, distinguée en France par le titre de collection nationale.
Je n’ai pas eu la présence d’esprit de lui demander pourquoi elle a nommé sa collection « Shamrock », comme le trèfle irlandais. Pour se porter chance ? En tout cas l’endroit, à la terre curieusement acide en plein plateau calcaire du pays de Caux, plaît aux hydrangéas.
Ils prospèrent à l’ombre des paulownias, offrant leur diversité étourdissante aux promeneurs. Inflorescences rondes, plates, en cornets, pétales plats ou frangés, en forme d’étoiles, empilés les uns sur les autres comme les brochettes de l’apéro, étamines contrastantes, duveteuses, branches gracieusement ployées, lianes parties à l’assaut des arbres, bouquets denses…
Il y a un ordre derrière ce foisonnement. A l’entrée, Corinne Mallet explique comment elle a classé chaque hydrangéa : par continent, selon qu’il s’agit d’une espèce trouvée dans la nature ou d’un hybride obtenu par la main de l’homme, par date d’introduction, etc.
Plan du jardin à la main, on déambule, fasciné par les curieuses feuilles en forme de chêne américain de variétés d’outre-Atlantique, par l’exotisme des fleurs japonaises que Corinne Mallet va chercher sur place, par l’inventivité de la nature.
Comme on aimerait, en partant, pouvoir emporter un hydrangéa à planter dans son jardin en souvenir de la visite !

D’autres photos de Shamrock dans le blog d’Aifelle

Reflet à Majorelle

Bassin aux nymphéas, Jardin Majorelle, MarrakechIl y a même un bassin aux nymphéas ! A la fin de ma visite du jardin Majorelle à Marrakech, découvrir ce plan d’eau de la taille d’une piscine où flottent des feuilles de nénuphars encore dépourvus de fleurs me réjouit. C’est absurde, mais j’ai l’impression que le jardin m’a réservé une surprise pour me faire plaisir, comme si ma grand-mère m’avait préparé mon dessert préféré. Quelque chose de familier, et que j’aime.
Chaque visiteur fait sa propre visite d’un lieu, avec toute son histoire personnelle, ses références, ses connaissances, son vécu. Les lieux changent un peu, les visiteurs plus encore. La perception d’une scène est par essence unique. Les réflexions des visiteurs de Giverny, quand ils m’en font part au cours des visites, me passionnent.
Qu’est-ce qui m’enchante devant le bassin de Majorelle ? Le familier allié au décalé, la variance du connu, essence de la collection, notamment la collection photographique. Je retrouve les reflets d’arbres dans le bassin, mais ce sont des palmiers et non des hêtres ou des saules. L’effet, rapporté au bassin de Monet, est presque humoristique.
Que vient faire ici ce bassin aux nymphéas ? Je ne sais s’il y a une explication officielle. Je présume que Jacques Majorelle, qui tenait à donner une impression de fraîcheur à son jardin souvent caniculaire, a voulu utiliser différentes ressources des jeux d’eau, fontaines, jets, bassins.
Quand il crée son jardin de Marrakech, dans l’entre-deux guerres, celui de Monet est archi connu par le biais de ses tableaux de nymphéas. Impossible de savoir si Jacques Majorelle pense à Giverny en créant son bassin. Monet n’est pas propriétaire du concept, le nénuphar a été une fleur en vogue à la Belle-Epoque, décliné sur tous les supports par l’Art Nouveau. Et Jacques Majorelle, fils d’un des ébénistes les plus talentueux de l’école de Nancy, a engrangé le vocabulaire artistique de l’époque dès son berceau.
C’est peut-être simplement la valeur d’exotisme de la fleur qui a séduit le peintre. Le nénuphar coloré arrive d’ailleurs, et c’est ce qui lui donne sa place dans ce jardin de collectionneur où sont réunies des espèces végétales venues de tous les horizons.

Le jardin Majorelle

Le jardin Majorelle, Marrakech Le bassin de Monet à Giverny n’est pas le seul jardin de peintre qui soit célèbre. A Marrakech, le jardin conçu par le peintre Jacques Majorelle (fils de l’ébéniste art nouveau Louis Majorelle) attire 600 000 visiteurs par an.
C’est plus que Giverny, mais sur douze mois et non sur sept. Bon, c’est idiot de comparer, ce sont deux lieux uniques et magiques, envoûtants. Mais même en disant cela, je suis encore en train de comparer. Impossible de faire autrement : le parallèle entre les deux sites est assez troublant, tout en coïncidences et correspondances.
L’histoire commence presque pareil. Jacques Majorelle, peintre, tombe amoureux d’un lieu, décide de s’y installer, achète un terrain, puis l’agrandit, en fait un jardin par passion, par plaisir et pour l’inspiration, y a son logement et son atelier. A sa mort, le jardin souffre du manque d’entretien, jusqu’à ce que le mécénat le sauve et le rende célèbre.
Le plus intéressant, ce sont les différences, qui donnent une image en creux de l’autre jardin, révélant ce qu’il est et ce qu’il n’est pas. Différences d’abord dans la conception du jardin, et donc des perceptions du visiteur.
Si Giverny est voué au reflet, à Majorelle ce sont les jeux d’ombre et de lumière qui dominent. Profondeur des ombrages, luminosité des parties exposées au soleil : on ne sait jamais s’il faut garder les lunettes teintées ou les ôter, dans ce jardin où l’intensité de la lumière est si contrastée. Ces flashes lumineux suivis d’ombre apaisante sont une autre façon de troubler l’oeil, effet que Monet obtenait dans le jeu infini des reflets de son étang.
La forme, ensuite. A Majorelle, dès l’entrée, le promeneur se sent avalé par les bambous géants, puis il avance dans la fraîcheur d’arbres de toutes sortes, une nécessité dans un pays où la chaleur peut devenir écrasante. Le visiteur est happé vers le haut, son regard glisse le long des troncs lisses des palmiers dont la couronne se détache sur le bleu du ciel.
A Giverny, en revanche, on ne passe pas vraiment sous les arbres. On les longe. L’impression d’enveloppement est fournie par l’effet de clairière autour du bassin, et par les fleurs du clos normand, surtout quand elles deviennent géantes à la fin de l’été.
Si le climat de la Normandie est idéal pour les fleurs, celui de Marrakech, trop chaud, est plus difficile. Elles sont rares à Majorelle, et les taches colorées des bougainvillées n’en sont que plus saisissantes.
Jardin Majorelle, MarrakechCe sont les apports de couleur des éléments peints qui font vibrer les verts. Jacques Majorelle est réputé pour son bleu, dont il a orné sa maison et les pots et maçonneries de son jardin, un magnifique bleu cobalt intense découvert par lui dans les villages de l’Atlas. Il l’a complété d’un jaune vif, une association qui est un régal pour l’oeil.
Et puis, parmi toutes les émotions qui submergent le visiteur de beaux jardins, joie esthétique, surprises, émerveillement, on trouve aussi des peurs. C’est un mot un peu fort, je veux parler de ces craintes vagues et informulées dont on a à peine conscience, qui transforment le cheminement en parcours d’Alice au Pays des Merveilles, délicieux et un peu effrayant.
Pour le visiteur occidental, la luxuriance même du jardin Majorelle est aussi fascinante qu’inquiétante, avec son effet de jungle, ses plantes inconnues, bizarres, qui vivent leur vie tout autour de lui. Cachent-elles un danger ? A peine débouche-t-on « à l’air libre », devant la maison, qu’une collection de cactus assaille les perceptions. Inaccessibles, intouchables, les épines dardées transmettent pourtant, par l’oeil, une impression piquante.
D’autres craintes encore s’immiscent, celle de se perdre au milieu du dédale végétal, inquiétude liée à la profusion du jardin, que l’on n’aurait pas à Versailles, par exemple, un parc infiniment plus grand mais où l’oeil embrasse d’un coup tout l’espace. Et puis, de la désorientation induite par le jardin découle la peur de tomber, à force de regarder partout, crainte de trébucher sur un obstacle, et même de tomber dans l’eau.
Au fil de la déambulation, ces angoisses discrètes s’estompent et se dissolvent. Le visiteur s’approprie l’espace, l’inconnu devient connu, l’impression de danger devient ridicule.
Et en même temps, c’est un peu de la magie du jardin qui disparaît.

Vandrimare

Jardin de VandrimareA environ 45 minutes de Giverny en direction de Rouen, le château de Vandrimare est entouré d’un parc dessiné sous le 1er Empire.
Ses arbres deux fois centenaires, parmi lesquels le plus vieux et plus grand magnolia d’Europe justifieraient déjà son titre de « jardin remarquable ». Mais l’intérêt ne s’arrête pas là.
Sous les frondaisons a été aménagé un jardin contemporain voué aux cinq sens.
Des chambres de verdure proposent des collections de vivaces colorées.
On chemine à travers le jardin des baies, on médite sous la pergola du cloître aux herbes aromatiques, on joue à se perdre dans le labyrinthe de charmilles où les araignées tissent des cloisons supplémentaires, on tourne dans les bosquets du mouvement perpétuel à la recherche de la lumière, on pénètre en catimini dans l’orangerie et la serre, fort anciennes, on lorgne sur le verger typiquement normand, on guette les grenouilles au bord du bassin…
Partout des odeurs étonnantes, des plantes rares, des arbustes jamais vus… Cinq mille végétaux différents paraît-il on été acclimatés dans ce jardin, à découvrir dans la grande paix d’un parc de six hectares qui, cet après-midi, n’était guère envahi de promeneurs.

Jardin japonais

Le jardin japonais de San FranciscoParce que Claude Monet y a planté des bambous et des azalées, et placé de petits ponts de bois arqués, le jardin aquatique du peintre à Giverny s’est attiré l’appellation de jardin japonais. Une étiquette à ne pas prendre pour argent comptant. Il suffit de visiter des jardins japonais plus authentiquement nippons pour percevoir l’océan qui les sépare du bassin aux nymphéas de Monet.

Prenez celui-ci, à San Francisco, une ville fière de sa communauté venue d’Extrême-Orient :
la main de l’homme y est partout présente.
Les arbres soigneusement conduits, taillés, deviennent des sculptures végétales, souvent nanifiées.
Des pas japonais se cachent dans les pelouses, permettent de franchir les ruisseaux.
Des lanternes de pierre animent les points stratégiques.
Surgissent aussi, ça et là, des pagodes rouges, des portiques aux ailes recourbées, des maisons de thé aux murs de papier.
La netteté règne. Pas un brin d’herbe qui dépasse. Ça file droit, autant que dans un jardin à la française aux fines broderies de buis taillé.
La nature résumée en modèle réduit est sous contrôle. Harmonisée, apaisante.
C’est de l’art, ou de l’artifice.

Et chez Monet ? Les plantations sont pensées, elles aussi, mais conduite avec plus de flou, l’envie de faire croire que tout a poussé tout seul. De la nature au naturel.
Les arbres ont le droit de grandir. La taille est discrète.
Hormis les passerelles, pas l’ombre d’une fabrique.
Pas la moindre sculpture.
Le mobilier de jardin se fond dans le décor vert.
L’élan de la nature est sensible, dans son extravagance estivale.
Si le jardin offre un résumé de la nature, c’est à travers les reflets du bassin, qui captent les nuages qui passent, le vent, les arbres.
L’artificiel se fait oublier.
C’est sous le pinceau de Monet que le jardin, de paysage, deviendra oeuvre d’art.

Photo : jardin japonais de San Francisco

Le cloître du Mont-Saint-Michel

Le cloître du Mont-Saint-MichelC’est un jardin improbable, juché tout en haut d’un rocher aride. Plat comme la main, alors qu’ici tout n’est que pentes escarpées. Si loin de la terre, à quatre-vingts mètres au-dessus du sol, ce jardin plane en plein ciel, ouvert sur l’immense baie où le sable et la mer s’entremêlent.
Les bâtisseurs du Mont-Saint-Michel ont tout inventé, dès le début du 13ème siècle, à l’époque de Philippe-Auguste. Ils ont imaginé un gratte-ciel de pierres dont le cloître est le toit, un toit terrasse engazonné. C’est un tel tour de force qu’il n’a jamais été copié nulle part.
Le cloître repose sur deux étages de vastes salles, à la structure massive en bas, puis plus légère à mesure que l’on s’élève. Depuis toujours les visiteurs éblouis nomment cet empilement extraordinaire la Merveille. Le cloître en est le couronnement.
Un jardin surgit de nulle part, donc, une étonnante petite parcelle émeraude dans un univers minéral tout de gris et de bleu. Autour de ces précieux brins d’herbe, de ces buis toujours verts, la pierre évoque les féeries de la nature. De frêles colonnes supportent une délicate frise végétale. Du bout de leurs ciseaux, les sculpteurs du Moyen-âge ont fait fleurir la pierre de Caen. Tout un Éden symbolique a surgi en relief des blocs de calcaire.
Les colonnes disposées sur deux rangées, en quinconce, soutiennent la petite toiture du cloître, sous laquelle on chemine à l’abri de la pluie. On dénombre 137 colonnes, et chacun de ces chiffres, le un, le trois et le sept, est à lui seul un mystère religieux offert à la méditation.

Cache-cache

Lampadaire discretDans le jardin de la Maison Rose, à Giverny, ce lampadaire ne prend pas sa fonction d’éclairage du public très au sérieux.
Sans doute un peu tire-au-flanc, il s’est caché dans ce conifère en espérant qu’on allait l’oublier.
Vous l’avez débusqué ?
Chttt !! a-t-il l’air de dire, la tête un peu penchée, ne vendez pas la mèche !
On ne dira rien.
Il est trop bien comme il est, tout droit venu de l’époque où le jardin servait de modèle aux impressionnistes.
Et si, sorti de sa cachette, on allait nous le repeindre ?
Damned !

Cactus

CactusRêve de voyages… Au jardin public de Louviers, cet étonnant parterre vous transporte instantanément bien loin des bords de l’Eure. Vous voilà dans une contrée aride où les plantes doivent livrer un combat sans merci contre la chaleur et la sécheresse.
Elles ont des airs redoutables derrière leur blindage épais, avec leurs piquants dardés, leurs aiguilles acérées, leurs tentacules bordées de dents…
Le cactus n’est pas partageur. Il tient à garder son eau pour lui seul. Dans la lutte pour la vie, il se fiche du sort des autres.
Toutes ces précautions paraissent hors de saison sous nos climats. Ici, seules les ronces et les roses ont opté pour les épines, par pure méchanceté sans doute. Quand l’eau est abondante, le climat tempéré, les plantes prennent généralement un air bonasse, à l’image de l’herbe que broutent les vaches.

Jardin Plume

Jardin PlumeLe nom est déjà toute une promesse de légèreté duveteuse. A une cinquantaine de kilomètres de Giverny en direction de Rouen, le Jardin Plume fête ses dix ans, un laps de temps qui lui a permis de s’en faire un, de nom, des deux côtés de la Manche et jusqu’au Japon. Et pourtant, il a encore tout un charme champêtre qui donne au visiteur l’impression d’avoir le privilège de le découvrir, au bout de son chemin de terre. On se gare face au champ de maïs, on pousse un portillon dans la haie, et on traverse le miroir. Tout devient soudainement léger, coloré, harmonieux.
Plusieurs espaces à thèmes se succèdent, jardins des saisons, verger, potager fleuri, et jardin plume en tant que tel, un délicat et savant mélange de graminées de tous poils et de fleurs aux couleurs éclatantes…
Ses créateurs sont aussi pépiniéristes, une façon de faire partager leur passion pour les merveilleuses graminées qui enchantent leur domaine.
En ce moment, le jardin d’été est en pleine gloire, avec ses hautes haies de buis parfaitement taillées qui contiennent l’exubérance des fleurs estivales aux teintes de feu.
Mais c’est le jardin plume qui m’a le plus retenue. Dans les allées au gazon aussi fin qu’un green, c’était un délice de marcher pieds nus. Il soufflait une petite brise qui faisait onduler les herbes comme des vagues, et ces masses mousseuses brillaient dans le soleil en tissus précieux, évoquant des sensations tactiles de frôlements et de caresses.

Le jardinier de Clemenceau

Jardin normand Par le plus grand des hasards, j’ai rencontré la petite-fille du jardinier de Clemenceau. C’est une dame qui n’est plus toute jeune, mais dont l’énergie pourrait faire envie à pas mal de monde. Comme elle a de qui tenir, voici le beau jardin qu’elle s’est créé dans un petit village normand.
Son grand-père se nommait François Rousseau et officiait dans le château que Georges Clemenceau possédait à Bernouville, près de Gisors. Quand Clemenceau y séjournait, il ne manquait pas de rendre visite à Monet à Giverny, à moins que ce ne soit Monet qui ne se déplace.
Quelques souvenirs de famille : Clemenceau arpentait le jardin avec son jardinier et lui désignait du bout de sa canne l’emplacement où il fallait planter les arbres.
L’épouse du jardinier, très dévouée, faisait office de gardienne. Elle s’occupait de faire prendre sa tisane au Tigre, et elle avait bien du mal à le localiser dans la propriété tant il ne tenait pas en place.
Ce n’est qu’en 1908 que Clemenceau a acheté le petit château bourgeois de Bernouville, assorti d’une ferme. La présence de Monet à une vingtaine de kilomètres a sûrement compté dans l’affaire.
C’est aujourd’hui une propriété privée. L’étrange de l’histoire est que je suis passée souvent à Bernouville sans jamais faire le lien avec Clemenceau. Il y a tant de noms de villages qui se ressemblent en Normandie, et la finale gallo-romaine -ville, pour villa, la ferme, fait qu’on a tendance à tous les confondre. Quelle surprise de faire le rapprochement entre le réel, ce village que j’ai traversé bien des fois, et quelque chose qui était abstrait jusque là, le domaine de Clemenceau. Le lieu cesse d’être sans histoire, banal, le voici soudain riche de tout ce vécu qui l’inscrit dans le cours d’une histoire plus vaste.

Le jardin des arts, vue plongeante

Le jardin des arts à Vernon Un plaisir dont on ne se lasse pas quand, comme moi, on habite au rez-de-chaussée : monter tout en haut d’une tour et regarder en bas.
L’avouer vous donne immanquablement un côté provincial, tout comme reconnaître que vous trouvez encore cela ludique de prendre des escalators, un tapis roulant, voire, honte absolue ! l’ascenseur.
A l’inverse, remarquer le calme, s’étonner de la présence d’une vache vous désigne comme citadin.
C’est la merveille d’un oeil neuf, de sensations dont on n’est pas blasé. Du haut de la tour des Archives, à Vernon, le jardin des Arts dévoile toute la finesse de sa géométrie. Le regard s’attarde à détailler les bicyclettes abandonnées, les flâneurs étendus sur la pelouse, les enfants qui jouent avec les jets d’eau…
La distance idéalise la scène, lui donne cette abstraction intemporelle des illustrations de livres pour enfants. Les personnes deviennent personnages, des Playmobils sortis tout droit de la boîte « jardin public ».
Pourquoi ? Est-ce de la voir de l’extérieur qui permet de mieux s’y projeter ? Faut-il prendre ce recul ?
Depuis le sommet des tours, le monde cesse d’être un lieu où l’on vit, il devient un tableau que l’on contemple.

Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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