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C’est le pays des roses…

piliers-roses

Cela devait être une visite façon randonnée, à la découverte du village de Giverny. Mais le groupe parti d'un bon pas soudain n'avance plus. Il s'étire dans la rue Claude Monet.

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Les prés de Giverny

Eglise de Giverny vue depuis le Chemin du Roy

Un des aspects de Giverny les plus surprenants, c'est la présence de prés et de champs en plein milieu du village. On s'attendrait à un habitat groupé avec des maisons serrées autour de l'église, et l'on est tout étonné qu'il y ait tant d'endroits non bâtis.  

Cette disposition est héritée de l'histoire du village. Giverny se compose depuis toujours d'une succession de cinq hameaux séparés par des terres agricoles.  Ils s'échelonnent sur quatre kilomètres au pied de la colline, juste au-dessus des zones inondables. 

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Adieu Leny !

Leny Escudero à 81 ans

La triste nouvelle a fait le tour de Giverny comme une trainée de poudre. Leny Escudero a rendu son dernier souffle ce matin. Le chanteur s’est éteint à 82 ans des suites d’une insuffisance respiratoire sévère, a fait savoir Céleste, son épouse.
Je suis heureuse d’avoir eu la chance de connaître cet homme hors du commun. Jusqu’au bout, il est resté un indigné. Sur la photo il serre le poing, et c’est bien ainsi qu’il a traversé la vie, prompt à jouer du poing mais aussi à le lever haut. Toute injustice, toute compromission lui étaient insupportables.
C’était un lecteur passionné, amateur d’auteurs rudes, Céline, Henry Miller… qu’il défendait avec tant de passion qu’il donnait envie de les lire. Proust l’ennuyait. Comment ? Proust à l’ironie ravageuse, à la syntaxe magnifique ? C’était mon tour d’être enflammée. Je ne crois pas que je l’ai convaincu.
C’est un peu par hasard qu’il a jeté l’ancre à Giverny, à l’écart du village, au milieu des bois. Aux confins de la Normandie, le lieu était facilement accessible, mais aussi suffisamment rural et retiré, surtout en haut de la colline, où les touristes ne mettent pas les pieds.
Et très vite la star est devenue l’un de ces Givernois atypiques comme le village en compte plusieurs. On voyait Leny assis au bistrot Baudy, qui buvait un coup avec des amis. On allait l’écouter quand il chantait au profit de l’école du village ou du festival de Giverny. Il y a tout juste un an, Leny signait encore son dernier livre aux Automnales de Giverny. Pour les photos avec ses lecteurs, il avait la coquetterie de retirer son assistance respiratoire.
Son autobiographie « Ma vie n’a pas commencé » décrit le parcours de cet écorché vif depuis son arrivée en France jusqu’à ses derniers succès. A peine l’ouvrage paru, Leny s’est mis à en écrire un second, « Le début… La suite… La fin… ». Il aura eu la joie de le voir achevé et publié.

L’étole sous les étoiles

Giverny, prairies
Dans la prairie qui s’étend derrière le bassin aux Nymphéas, la brume est apparue avec l’aube.
Elle s’élève du sol, fantomatique, juste assez pour avaler les vaches qui sont déjà en train de vaquer en toute indifférence à leur occupation principale : paître. A croire qu’elles n’ont fait que ça toute la nuit.
On dirait un Monet, tant le peintre aimait l’atmosphère vaporeuse de cette heure à la lumière si douce, bleue, mauve, où perce la première pointe de rose.
Il aurait fait une image soyeuse de cette étole légère posée sur les épaules de la Terre, tandis que le froid tombe des étoiles.

L’étoile du berger

Giverny à l'aube

La rue Claude Monet à Giverny à 7 heures du matin, en direction de l’est.
A droite, à côté du deuxième atelier de Monet, la silhouette du grand magnolia se découpe en ombre chinoise.
Dans le ciel très clair brillent l’étoile du berger et la lune, aussi fine et recourbée qu’un cil.
C’est l’heure où les jardiniers de la Fondation Monet commencent leur travail.

Aube

Giverny à l'aube

La rue Claude Monet de Giverny toute mauve à 7 heures du matin, quand l’aube pâlit le ciel.

Le moulin de Cossy

Le moulin de Cossy, Giverny
Depuis le coteau au-dessus de Giverny, la vue s’étend sur la plaine née du confluent de la Seine et de l’Epte. Nichée dans le vert, une grande bâtisse à colombage s’élève près de la route qui mène à Limetz-Villez. C’est le moulin de Cossy.
On parlait autrefois du moulin de Cossé, également dénommé l’usine, ce qui marque assez son importance. C’était au 19e siècle une minoterie qui comptait deux moulins côte à côte, alimentés par l’Epte. Elle fonctionnait encore à la veille de la Première Guerre mondiale. Le propriétaire de l’époque était d’ailleurs le maire de Giverny.
Le moulin de Cossy est aujourd’hui encore occupé par un maire, celui de Levallois-Perret. Pour les Givernois, il est devenu le « Moulin Balkany », une propriété cossue qui défraie parfois l’actualité et où l’on n’entre pas comme dans un moulin.

Le charme de Giverny

Giverny

A quelques centaines de mètres de la Fondation Monet où le printemps attire les visiteurs du monde entier, Giverny déroule des ruelles paisibles ignorées des touristes, qui ont gardé intact tout leur charme.
L’habitat reste un peu essaimé, en hameaux autrefois séparés par des champs ou des vergers, et il en demeure une impression d’espace. Dans nos agglomérations où chaque mètre carré est compté, on n’a plus l’habitude de cette place libre dévolue à la culture, au végétal.
A parcourir les ruelles et les sentes herbeuses du village, on est gagné par une douce quiétude. Le temps semble s’être arrêté parfois, et l’on ne serait pas surpris de voir surgir d’une de ces portes un personnage tel qu’on en observe sur les cartes postales anciennes.
Qu’y a-t-il sur cette photo que Monet n’y aurait pas vu ? Si peu de choses, me semble-t-il. L’antenne de télé, bien sûr, et puis, en y regardant bien, la petite tache jaune du champ de colza, dont la culture n’a été vraiment lancée en France que dans les années 1970. Tout le reste est intact, tout prêt à servir de décor pour un film en costumes.
Déambuler au hasard des rues est un bonheur que je ne saurais trop vous recommander si vous prévoyez de venir à Giverny. Tout est charmant et sans prétention, les glycines au-dessus des porches, les iris le long du trottoir, les chats qui vous guettent du haut des murets, les lilas, les pommiers en fleurs, les verrières d’anciens ateliers d’artistes qu’on aperçoit encore, les noms de maison dont certains sont en anglais, les barrières de bois, les roses, les murs de silex, les jolis rideaux, les haies d’aubépine, les coqs et les oiseaux qui chantent… C’est un village où l’on réapprend la flânerie, où l’on voit passer les saisons, un village qui évoque une certaine douceur de vivre.

Le marais de Giverny

Le marais de GivernyA Giverny, le chemin des Marais s’ouvre à l’ancienne gare – à présent reconvertie en salle des fêtes – et s’étire en contrebas de la départementale 5 qu’il finit par rejoindre à la sortie du village, là où la route file vers Sainte-Geneviève-les-Gasny. Des pavillons aux jardins tirés à quatre épingles bordent la rue d’un côté, tandis que de l’autre s’ouvre un espace naturel quasi sauvage, le marais.
Des peupliers et des saules têtards, dont certains très âgés, témoignent de plantations. Ils se mêlent à d’autres essences venues là sans doute par hasard, telles que frênes ou aulnes. Entre ces arbres, le terrain humide est le domaine de quantités de plantes, parmi lesquelles l’ortie domine.
De nos jours, le marais n’est guère accessible. Au-delà du fossé qui le borde, on devine un monde grouillant de vies bien cachées, étrangères à nous autres les humains, et, pour moi du moins, pas très invitant.
Autrefois, en particulier au 19e siècle, le marais de Giverny n’était pas un no man’s land. C’était un terrain pauvre, mais exploité autant qu’il se pouvait. En été les bêtes y paissaient. La commune de Giverny, propriétaire du marais, le louait à des éleveurs et concédait par adjudication le droit de ramasser les bouses. Les branches des peupliers étaient taillées pour en faire des fagots. Une autre source de revenus pour la commune était la concession du droit de pêcher les sangsues.
Depuis que j’ai eu connaissance de cette pratique à Giverny, en découvrant un pot à sangsues présenté dans une exposition sur le village de Giverny au musée de Vernon, je me demandais comment cette pêche se pratiquait. De façon rudimentaire, hélas, comme l’explique le rédacteur de la page d’Objets d’hier : dans les familles pauvres, on envoyait les jeunes filles se faire mordre par les sangsues dans le marais. Leurs jambes servaient d’appât.
Je me demande si on s’habitue à cette douleur, à la façon dont les apiculteurs finissent par souffrir moins des piqûres d’abeilles. Roselyne, qui s’est fait piquer par une sangsue en Australie (je crois qu’il n’y en a plus en Europe) témoigne qu’elle a saigné longtemps et que la morsure l’a démangée pendant plusieurs jours.

Selon une étude réalisée par les Ponts et Chaussées en 1898, la pêche aux sangsues, bien qu’elle eût donné de bons résultats au milieu du siècle, avait totalement cessé à Giverny à la Belle Epoque.

A vol d’oiseau

Vue aérienne de Giverny

Vus de la colline, la Fondation Monet et son jardin se détachent par leurs couleurs.
On reconnaît vite le rose de la maison et sa forme si particulière tout en longueur.
Dans le jardin, le jaune du ginkgo biloba rayonne près du troisième atelier.
On repère aussi la touche marron des érables du Japon, et l’orange du cerisier fleurs.
Encore un dernier souffle, et ce sera l’hiver.
Plus loin, derrière les peupliers couverts de gui, se dessine l’éventail du parking de la Prairie, puis la plaine des Ajoux et son captage caché par un rempart d’arbres, enfin, tout au fond, les arbres qui bordent la Seine et l’île aux Orties.

Les lavoirs de Giverny

Lavoir des Chennevières, Giverny

Autrefois Giverny, village tout en longueur, disposait de cinq lavoirs sur le Ru. Ces petits bâtiments avaient été construits par la municipalité pour donner un minimum de confort aux femmes qui venaient laver le linge dans le ruisseau, le leur ou celui des autres.
Il reste quatre de ces édicules aujourd’hui, dont trois sont bien visibles depuis la route. Le quatrième est plus retiré, le cinquième a disparu.
Celui-ci, qui se trouve en face du moulin des Chennevières, date de 1903.
On découvre tout sur le financement de la construction des lavoirs, et leur aspect quand ils étaient flambant neufs et en activité, sur le site de cartes postales anciennes Giverny autrefois.
Claude Monet, bienfaiteur de la commune, avait fait un don important pour l’assainissement du marais de Giverny. Les intérêts produits par ce capital ont permis de boucler le budget de la construction de trois des lavoirs.

Don de l’artiste

Oeuvres pour le souterrain de Giverny, Michel DebullyLe cartel ne le précise pas, mais j’en suis presque sûre, les oeuvres qui ornent le souterrain de Giverny sont un don de l’artiste. Pas moins de trois créations numériques de grand format ont été réalisées par Michel Debully, plasticien givernois, à la demande de l’association des Amis de Giverny. La mise en place s’est faite en mars dernier.
Egayer ce passage obscur tout en restant dans l’esprit du village était un vrai challenge, en même temps qu’une nécessité. La réalisation évoque un tryptique contemporain.
Au bout de chaque rampe du souterrain, un tableau de Monet réinterprété par pixellisation est un hommage aux séries peintes par Monet tout près de là. D’un côté des peupliers, La Prairie, de l’autre une meule, Le Clos Morin. L’effet optique rappelle celui produit par les tableaux impressionnistes : on voit mieux l’oeuvre de loin. De près, c’est une juxtaposition de touches colorées.
Dans la partie la plus sombre, Michel Debully a voulu faire sentir Le souffle du printemps grâce à une vaste peinture murale aux tons clairs et frais. Sur 14 mètres de long par 1,25 m de haut, des lignes droites colorées rythment les pas des visiteurs.
A Giverny, d’autres artistes ont fait don d’oeuvres importantes à la communauté. Claude Cambour a offert un spectaculaire tableau du Christ en croix à l’église de Giverny, Daniel Goupil le buste de Monet qui se trouve dans la Prairie, Blanche Hoschedé-Monet une toile présentée au musée des impressionnismes…
C’est une longue tradition, partout, parmi les artistes. Vernon a eu la bonne fortune de recevoir des oeuvres de Claude Monet, des MacMonnies ou plus près de nous, d’Olivier Gerval.
Ce n’est pas dans toutes les professions qu’on pratique si généreusement le don. On peut s’interroger sur la récurrence des dons d’artistes. Ils ont sans doute des motivations variées. Pour ma part, j’y vois celle-ci : quand on a reçu, nul ne sait d’où ni par quel miracle, un talent, un don, on se sent un peu débiteur. On a besoin de donner de son oeuvre pour rétablir l’équilibre.

Alpaga

Alpaga
A Giverny, les alpagas du moulin des Chennevières ont un petit !
Toute la famille reste groupée dans le grand pré, le jeune au milieu des adultes.
Les alpagas (alpacas en anglais, Alpakas en allemand) peuvent avoir un petit par an, au terme d’une gestation de 11 mois.
Elevé pour sa laine très fine et chaude, l’alpaga est aussi un animal de compagnie et d’ornement, comme dans le petit zoo privé de Giverny.
On dirait un gros mouton au long cou, avec des oreilles en forme de lance, tandis que les lamas, les vrais, sont plus grands et ont des oreilles en parenthèses.

Au pas du cheval

Promenade en calèche à cheval à Giverny Il n’en faut pas beaucoup pour embellir sa vie, il suffit d’oser dire oui plutôt que non. Hier, à l’instigation de l’office du tourisme, la voiture à cheval de Jean-Yves Bigarré était à nouveau à Giverny, attendant patiemment d’emmener les vacanciers de la maison Monet jusqu’à l’église, et retour.
Costumé en Normand, Jean-Yves aborde les passants d’un « Vous ne voulez pas faire un tour ? » souvent décliné. Pourquoi pas ? Moi je veux bien. Une famille nous rejoint, à la grande joie de la petite Jade.
« Marcher!  » ordonne le maître. J’admire la façon dont Odilon, le cheval breton, obtempère sur le champ. De quoi faire rêver n’importe quel parent, comme devant les étonnantes facultés de la fleur obéissante.
Clipiclop, clipiclop. Au passage devant l’Office de Tourisme, Claire monte pour assurer le commentaire. Musée des Impressionnismes, Hôtel Baudy, la rue Claude-Monet défile. Dans la pente, Jean-Yves lance « Trotter ! » Instantanément, nous filons à belle allure. Cette impression de vitesse d’il y a cent ans, comme à vélo…
Stop stop stop ! La petite Jade est en larmes, elle a perdu une ballerine. Vite on arrête le cheval, vite on court rechercher le soulier de Cendrillon, qui reprend sa place et miracle lui va comme un gant. Jade a retrouvé le sourire.
On repart. Je poursuis ma conversation avec Jean-Yves sur les joies qu’on éprouve à exercer un métier qui donne du plaisir aux gens. Odilon et sa carriole bâchée font le bonheur des résidents des maisons de retraite, on peut même faire monter un fauteuil roulant. Une autre calèche, plus chic, sert pour les mariages. La nôtre emmène 14 personnes pour un poids de deux tonnes au total avec le véhicule.
« Reculer ! » A l’église, on fait demi-tour. La rue Claude-Monet repasse en sens inverse. Clipiclop, clipiclop. Stop stop stop ! Le cheval a perdu un fer, sans doute par sympathie pour Jade. Pas grave, dit son maître. Ca porte bonheur… Que de péripéties pendant cette paisible balade !

Bras de Seine

Bras de Seine à GivernyIl m’a fallu du temps pour comprendre le réseau hydrographique de Giverny, qui compte la Seine, son affluent l’Epte, et de multiples bras et dérivations, mais cette fois je suis sûre de moi : ce coin d’eau quasi stagnante où poussent des nénuphars, c’est un bras de la Seine. Je le sais de source sûre car je l’ai suivi de bout en bout, dimanche dernier où il faisait presque beau, depuis l’endroit où il prend naissance à Giverny jusqu’à celui où il rejoint la route. Après, il n’y a plus de mystère. Le bras finit d’enserrer Grande Ile, et retourne à la Seine.
Tandis que j’avançais solitaire le long des maïs sur un chemin impeccablement tondu, les pieds trempés, avec la vague inquiétude qu’il puisse m’arriver quelque chose, je ressentais un sentiment d’aventure oublié depuis longtemps. Comment est-il possible qu’il y ait des lieux si près de chez soi qu’on puisse y aller à pied, des chemins, des rues, des bois, que nous n’ayons jamais explorés ? On n’y pense pas. On peut y aller n’importe quand, alors on n’y va jamais. On creuse inlassablement les mêmes sillons, cent, mille, dix mille fois, et ces sillons nous empêchent de dévier vers d’autres lieux juste à côté.
Il a fallu un petit papier du journal local le Démocrate vernonnais sur la « plage de Giverny » (les guillemets ne sont pas de trop) et le souvenir d’un compte-rendu paru dans le journal municipal du village sur le nettoyage du bras de Seine pour m’aiguillonner. Changer d’aiguillage. Enfin piquée au vif de ne pas connaître ces endroits.
Bras de Seine à GivernyUne heure et demie de marche dans la nature, ça donne le temps de s’interroger sur ces étonnantes oeillères qui nous poussent si on n’y prend garde. Je ne sais pas tout de Giverny et de Vernon, loin de là, et je constate même que beaucoup d’informations m’échappent. Mais cette année j’ai décidé d’explorer ce qui est là devant, juste à ma porte, à ma portée. Ce n’est pas aussi exotique que de remonter vers les sources du Nil pour finir par un mémorable « Mister Livingstone, I presume ? » – aujourd’hui mon client m’a abordée par un « Ariane, I assume? » qui m’a fait penser à cette salutation mythique – mais tout le monde n’est pas taillé pour affronter les crocodiles.
En descendant le bras de Seine j’ai repensé à la première fois où j’ai longé sa partie ultime, de Manitôt jusqu’à la confluence avec le fleuve. Ce jour-là les animaux se montraient. Héron, rats musqués, grenouilles, canards… une vraie fête. De la vie partout.

Giverny

Giverny

Le jardin de Giverny tel qu’il est en ce moment, éblouissant de couleurs…
Dix mille bulbes de tulipes, de jacinthes des bois, de fritillaires, de camassias, étincellent dans les massifs, au dessus des pensées, des myosotis, des pâquerettes pompons et des giroflées.
C’est lumineux, vif, doux aussi, comme jamais.
En cette époque de l’année où le regard parcourt encore toute l’étendue du jardin de Claude Monet, celui-ci apparaît comme une immense prairie de fleurs éclatantes, gorgées d’eau et de soleil.

Giverny en vidéo

Qlovis production, Claude Monet, Les années Giverny Si vous avez envie de voir des images animées sur le thème de Monet, quatre vidéos de quelques minutes chacunes viennent d’être mises en ligne sur YouTube. Elles sont signées Qlovis Production et vous entrainent du Havre à la gare Saint-Lazare, de Vétheuil à Giverny.
Patrice Velut, le réalisateur, affirme qu’il a puisé dans Giverny News un peu de son inspiration. Il a en tout cas tourné de très belles images, comme le lever de soleil sur le port du Havre ou la neige à Vétheuil.
Jean-François Balmer a prêté sa voix à Monet, et c’est un des moments du film sur les années Giverny que je préfère, cette citation bien connue interprétée avec beaucoup de charisme par l’acteur.
Sinon, n’allez pas croire que Monet faisait chauffer l’eau de son bassin, sauf peut-être le 1er avril…

Les camions en moins

Nymphea, pluie Le bonheur aura duré quatre jours. Vendredi dernier, un joli panneau « interdit aux camions » a fleuri à Vernonnet, au bout de la route de Giverny. Quelle joie ! Enfin les poids lourds étaient priés d’emprunter un autre itinéraire, rejoindre Gasny par le plateau du Vexin ! Enfin ils cessaient de vrombir dans les jardins de Monet !
J’avais déjà écrit un billet enthousiaste où je me demandais à qui, parmi nos édiles, nous devions cette bénédiction, quand mardi, le panneau a été retiré.
Bien qu’elle ait eu toutes les caractéristiques d’une signalisation définitive, il faut croire que l’interdiction de circulation des camions était en lien avec les travaux en cours, à savoir la création de brise-vitesse.
Pourquoi ce qui avait été possible pendant quatre jours ne pouvait pas s’inscrire dans la durée ? Le résultat avait été immédiat, beaucoup moins de bruit et de nuisances dans les jardins de Monet. La route qui traverse la propriété du maître de l’impressionnisme avait retrouvé un peu de calme, sans les très nombreux poids lourds qui l’empruntent chaque jour pour gagner Pontoise et s’éviter l’autoroute payante.
Je n’ai rien contre les camions, ils sont indispensables. Mais chaque année, pour 500 000 personnes venues de loin goûter la sérénité de l’univers créé par Monet, ils sont insupportables. Quand il pleut, on ne s’entend plus.
Ô chers maires Noël, conseiller général génial, ministre de la Culture adoré, quand vous descendrez du ciel de vos hautes responsabilités, pensez s’il vous plaît à prendre ou à solliciter une mesure de bon sens, dévier le fret routier de Giverny. Même si les touristes ne sont pas vos électeurs, ils ont droit à la considération.

La Maison du Tourisme

La Maison du Tourisme de GivernySi vous n’avez pas mis les pieds à Giverny depuis deux ans, vous ne reconnaîtrez pas cet endroit. C’était naguère une propriété rurale assez délabrée, située entre la fondation Claude Monet et le musée des Impressionnismes.
Cet emplacement stratégique et sa disponibilité ont valu une seconde jeunesse à l’ancienne maison Boutisseau. La vieille bâtisse qui abritait un pressoir et ses annexes ont pris du galon. On y trouve maintenant une terrasse, une boutique cadeaux, des plantes, de la brocante et même, tout au fond, une maison du tourisme.
Oui, la vitrine régionale qui doit donner envie aux visiteurs de Giverny de prolonger leur séjour en Normandie ou en Ile de France, c’est cette grange derrière les parasols.
Cet improbable emplacement de la maison du tourisme de Giverny en fond de cour a été l’objet d’une vive polémique, au moins autant que le curieux montage financier qui sous-tend le projet. Le bon sens voudrait que les visiteurs ne puissent pas manquer le local où on va les renseigner. A Giverny, ils devront commencer par se renseigner pour trouver le local.
Combien en pousseront la porte ? 1 sur 50 ? 1 sur 100 ? C’est clair, il fallait une maison du tourisme, mais étant donné le coût de celle-ci pour le contribuable, ce même contribuable est en droit de se demander si elle n’aurait pas été plus efficace ailleurs.
Quant aux professionnels du tourisme, ils s’étonnent des priorités des pouvoirs publics. Une maison du tourisme, c’est bien, mais… Un demi-million de visiteurs chaque année à Giverny, et toujours pas de toilettes publiques.
C’est sans doute parce qu’à la campagne, on a des buissons.

Giverny

GivernyVoici le jardin de Giverny en fin d’après-midi, quand le soleil plus bas éclaire les arbres à l’est du bassin et que les reflets révèlent leurs sortilèges.
L’image inversée du marronnier blanc en fleurs frissonne à côté de celles du saule à osier et du vieux saule pleureur.
Les premiers iris, d’un beau bleu roi, sont là, mais pas encore les premiers nénuphars.

Dans la rue Claude Monet

Rue Claude Monet, le musée des Impressionnismes GivernyA deux pas de la maison de Monet, le musée des Impressionnismes Giverny fait déborder son jardin jusque dans la rue.
Du printemps à l’automne, une profusion d’iris, de fuchsias, d’asters se dressent ou dégringolent le long de la chaussée, offrant une haie d’honneur colorée aux passants.
A la mi-octobre, le spectacle est plus impressionniste que jamais, et même, néo-impressionniste.
Les petites têtes blanches des asters n’ont-elles pas l’air de répondre aux touches pointillistes de Maximilien Luce, dont l’exposition vient de s’achever à Giverny ?

Les fidèles de Giverny

Nymphéas et carpe sous les saules, GivernyLa chaleur caniculaire des derniers jours vide le Clos normand de tous ses visiteurs. Le jardin de fleurs de Monet, en plein soleil, est bien trop chaud pour qu’on ait envie d’y rester, alors qu’il fait bon au bord de l’étang aux Nymphéas, à l’ombre des grands arbres.
Concentrés dans la moitié du jardin, les visiteurs s’étonnent de se retrouver si nombreux. Ils questionnent sur la fréquentation, n’en reviennent pas des 480 000 visiteurs en sept mois, et se posent inévitablement la question : qu’est-ce qui fait venir tout ce monde à Giverny ?
Les raisons de l’affluence tiennent à une multiplicité de facteurs qui, pris isolément, ne suffiraient pas à l’expliquer, mais qui se conjuguent tant et si bien que la visite des jardins de Monet devient incontournable.
La plus évidente, qui attire les voisins, les Franciliens et les Normands, est toute simple : le clos normand et le bassin aux Nymphéas sont de magnifiques jardins. C’est un but de promenade consensuel, qui plaît à tout âge. Même si on est déjà venu, on y revient avec plaisir.
Les férus de jardinage, pour leur part, sont attirés par les plantations, les variétés originales, l’organisation des massifs. Peu d’entre eux, pourtant, savent que le jardin est en lui-même une oeuvre impressionniste composée par Claude Monet.
Mais de beaux jardins, il y en a beaucoup d’autres. Ceux-ci jouissent d’une notoriété sans pareille grâce aux meilleurs des ambassadeurs, les tableaux que Monet en a fait . Quand on a vu ses Nymphéas, si on apprend que leur modèle existe toujours et se visite, on a envie de le voir en vrai.
Avoir été le motif obsessionnel des toiles de Monet donne à la visite du jardin du peintre une coloration culturelle, propre à séduire les particuliers comme les organisateurs de voyages. Percera-t-on, au bord du bassin de Monet, le secret des Nymphéas ?
Dans le même registre, les fidèles qui font le pèlerinage à Giverny, selon le mot de Gérald van der Kemp, viennent découvrir un lieu de mémoire. Plongeon dans le 19e siècle, dans le quotidien familier du peintre… Dans la maison, tout est tellement identique à l’époque du maître qu’on croirait presque entendre les pas de Monet, rentrant déjeuner à l’appel de l’horloge du salon.

C’est peut-être cela, au fond, le mystère de Giverny, un lieu à la beauté inépuisable, un jardin qui a une âme.

Giverny Capital

GivernyMalgré sa petite taille, le village de Giverny est souvent associé au mot capitale. De l’impressionnisme, ça va de soi. Plus rarement à capital au masculin.
Des financiers canadiens ont pourtant choisi l’appellation « Giverny Capital » pour nommer leur société de conseil en placements boursiers. Hommage à Monet, certes, qui compte beaucoup d’admirateurs dans le monde, mais pas seulement.
Selon le président de la société, François Rochon, l’art de la gestion de portefeuilles a de nombreux points communs avec le jardinage. Il faut comprendre les conditions environnementales, le sol, la température, l’orientation du terrain, etc. Et prendre soin sans relâche de ses plantations.
Mais surtout, selon lui, le placement requiert, comme le jardin, une bonne dose de patience. Les meilleurs profits se font sur le long terme, de même qu’un arbre met des décennies à pousser.
La société canadienne vient de s’implanter à Princeton, aux États-Unis, et j’ai le plaisir de voir une de mes photos illustrer son beau site internet tout neuf. Depuis le temps que je les connais par Google, cela m’amuse beaucoup.

Bientôt le printemps

GivernyÇa y est, on est en mars ! En mars, en Normandie, après le sommeil hivernal, la nature a la tête de quelqu’un qui sort du lit : ébouriffée et souriante certains jours, grognon et peu amène certains autres.
Le vent de ce week-end a dégagé le ciel. Le soleil brille sur les premières fleurs, les tapis de nivéoles, les crocus, les petites touffes de cyclamens, les ellébores, les bruyères… Une harmonie jaune et violette qui se marie bien avec la première herbe vert tendre.
Partout, les jardiniers sont dans les jardins, heureux de pouvoir s’y activer à nouveau.
A Giverny, le compte à rebours s’accélère. Plus qu’un petit mois avant l’ouverture, avant de revoir les arbres en fleurs !
La photo, quant à elle, n’a que l’apparence du printemps. Elle a été prise en décembre, certains arbres exotiques ayant la bonne idée de fleurir deux fois.

L’île aux orties

ile aux orties, Giverny Claude Monet était propriétaire d’un bout de terrain à l’île aux Orties, sur la commune de Giverny. C’est là, au confluent de l’Epte avec la Seine, qu’il a peint ses fameuses Matinées sur la Seine. Il possédait un hangar où il entreposait ses toiles et ses bateaux. Une aquarelle accrochée dans sa chambre le représente.
Voici ce que je peux vous proposer de mieux comme photo de l’île aux Orties, car l’endroit ne doit pas son nom au hasard. Cette zone humide en bordure de rivière est un petit bout de nature sauvage, où les orties atteignent deux mètres de haut, et où les arbres abattus par les dernières tempêtes pourrissent tranquillement, dans un chaos de troncs brisés. Pas très photogénique. A se demander comment Monet a pu décider de le peindre…
Je me suis avancée avec précaution sur ce sol incertain pour approcher du bord de l’eau. Le confluent lui-même est un peu décevant, peut-être parce que ce n’est pas la bonne saison, mais quand la végétation est vigoureuse le lieu doit être inaccessible. L’Epte arrive presque parallèle au fleuve et se jette dedans sans même que les flots de la Seine paraissent remarquer ce renfort.
Les deux cours d’eau sont invisibles sur la photo, la Seine passe en contrebas de la colline et l’Epte juste derrière les arbres.
Ce que l’on voit bien, en revanche, ce sont les boules de gui qui garnissent les branches de cet arbre, le long d’un champ où la prochaine récolte pousse déjà dru.
Cela me rappelle de jeunes visiteurs irlandais, en avril dernier, avant que les feuilles ne poussent aux arbres. « Qu’est-ce que c’est, ces machins ? » avaient-ils demandé. A l’annonce qu’il s’agissait de gui leurs yeux se sont mis à briller. « On viendra avec un camion et on va faire fortune ! » ont-ils rigolé. On dirait que le gui n’est pas si courant sur leur île.
Sur celle de Monet, il pousse aussi volontiers que les orties.

Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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