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Les prés de Giverny

Eglise de Giverny vue depuis le Chemin du Roy

Un des aspects de Giverny les plus surprenants, c'est la présence de prés et de champs en plein milieu du village. On s'attendrait à un habitat groupé avec des maisons serrées autour de l'église, et l'on est tout étonné qu'il y ait tant d'endroits non bâtis.  

Cette disposition est héritée de l'histoire du village. Giverny se compose depuis toujours d'une succession de cinq hameaux séparés par des terres agricoles.  Ils s'échelonnent sur quatre kilomètres au pied de la colline, juste au-dessus des zones inondables. 

 En venant de Vernon, on rencontre successivement Manitôt, le Bout de Giverny, les Grands Jardins, le Pressoir, l'Amsicourt, les Becquettes et Falaise. Autrefois chaque hameau avait son café-épicerie, et les fermes étaient en mesure de vivre en quasi autarcie. L'église et son cimetière se trouvaient isolés sur un petit promontoire, en un lieu consacré depuis l'âge de pierre. 

A l'époque de Monet, Giverny comptait 300 habitants. Il n'y en a que 500 aujourd'hui, alors que la ville de Vernon juste à côté a multiplié sa population par trois dans le même temps. C'est parce qu'à Giverny, les municipalités successives se sont attachées à préserver la ruralité du village. Un village classé au titre du paysage, un village représenté par tant de peintres qu'il faut en garder intacts les motifs. 

L'exercice n'a rien de simple. En règle générale, les maires cherchent plutôt à accroître la population de leur commune de façon à augmenter leur budget et pouvoir offrir de nouveaux équipements à leurs administrés. C'est une logique de croissance. A Giverny, l'objectif de la municipalité est de rester au-dessus des 500 habitants (parce qu'en-dessous la dotation de l'Etat est vraiment minime) mais pas plus. Garder l'aspect d'autrefois tout en vivant au 21e siècle, donner du confort aux habitants et aux touristes sans toucher à l'âme de Giverny, cela demande du doigté, du goût, et même parfois un peu d'astuce. 

Par exemple, pour éviter que les prés ne se transforment en lotissements, il suffit qu'ils appartiennent à quelqu'un qui a intérêt à ce que Giverny garde son caractère rural. Je crois savoir que celui-ci avait été acheté par la Fondation Terra. Celui face à l'Hôtel Baudy a été acquis par une association de sauvegarde qui en a fait don à la commune. La Fondation Monet possède également quelques terrains à Giverny. 

Malgré l'afflux des visiteurs, grâce à cette verdure partout, la ruralité perdure. "Si on vient assez tôt, confie le maire Claude Landais, on peut voir des biches dans le Marais, des chevreuils… La semaine dernière il y avait deux lièvres dans la rue derrière la mairie." Rencontrer des lièvres en se rendant à son bureau à la mairie, on sent que c'est une de ces joies qui le confortent dans ses choix pour la commune. La nature n'est pas près de renoncer à ses droits à Giverny. 


2 commentaires

  1. Une sage décision qui a été prise par les représentants de cette commune et cela est si rare à présent….

    Un petit havre de paix pour les habitants!

     

  2. Bravo à la municipalité, c'est un choix courageux. J'admire souvent cette passion française de la conservation du patrimoine, qui fait trop souvent défaut en Belgique.
    Je découvre ta nouvelle présentation, la bannière fleurie, le plus grand format photo. Bonne continuation, Ariane !

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