Winslow Homer

Three Boys, Winslow HomerPour beaucoup, c’est le plus grand peintre américain du 19e siècle : Winslow Homer est à découvrir au Musée d’Art Américain Giverny jusqu’au 8 octobre 2006.
L’exposition est centrée sur le thème de l’eau, aussi récurrent chez Homer que chez Monet.
Pendant une grande partie de sa carrière, Homer s’est attaché à représenter la mer, aimable et riante comme dans cette aquarelle des « Trois garçons au bord de la mer », ou au contraire dangereuse et menaçante. Ce sont des femmes de pêcheurs qui guettent le retour des bateaux, c’est le canot de sauvetage qu’on met à l’eau, c’est la côte hivernale, ou encore cette femme qui paraît évanouie dans les bras de l’homme qui la sauve, glissant avec elle le long d’un filin, au-dessus des flots en furie.
Une toile évoque irrésistiblement la Vague d’Hokusai : au milieu de vagues creusées par une forte houle, les bustes de pêcheurs apparaissent. On ne voit pas leur embarcation, cachée par une vague au premier plan. Dissimulé à notre regard, le bateau paraît bien prêt d’être englouti. L’impression de vulnérabilité transmise au spectateur contraste avec le regard impassible de ces hommes qui en ont vu d’autres.


5 commentaires

  1. Il faut courir voir cette exposition. Mes amis américains me disent qu’il est rare de parvenir à rassembler autant de toiles de Homer en un seul lieu, les journaux locaux nous apprennent qu’il a fallu 5 années de préparatifs et de tractations diverses pour préparer cette expo. Il faut voir aussi le documentaire diffusé sur place à certaines heures pour commencer d’appréhender la difficulté, la complexité du personnage. Homer était très mal à l’aise avec les femmes. Il ne peint jamais leur visage, sauf en de rares expressions. Surtout, Homer est un autodidacte, et un précurseur. Il a, dans certaines toiles, une vision cinématographique qui me fait penser à Hitchcock, sauf que le vieil Alfred choisissait d’apparaître dans ses films, clin d’oeil cocasse, mise en abyme. Chez Homer, la tension dramatique est prête, mais c’est le spectateur qui investit émotionnellement l’image, on peut presque entendre l’accompagnement musical lyrique et y répondre, mais le peintre s’est comme retiré de l’humain.

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