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Notre-Dame du Grand Andely

Collégiale Notre-Dame les AndelysLa collégiale Notre-Dame du Grand Andely présente la particularité d’avoir une abside plate. Sitôt la porte franchie le grand vitrail qui occupe tout l’arrière de l’autel saisit le visiteur, à la fois happé vers le haut par la verticalité de la nef et vers l’avant par la couleur.
Ce vitrail n’a rien d’ancien, il est dû au talent du maître verrier Gaudin et daté de 1952.
Bien qu’on ne voit que lui en entrant, les visiteurs du vieux continent ne passent généralement pas beaucoup de temps à l’observer. En effet l’église Notre-Dame des Andelys est renommée pour ses vitraux du 16ème siècle, de véritables joyaux aux couleurs merveilleuses, aux scènes riches de détails, aux visages expressifs. Et un vitrail contemporain aussi beau soit-il, à côté de vitraux du 16ème…
Nous avons intégré sans nous en rendre compte toute une échelle de valeur qui nous fait apprécier les monuments en fonction de leur ancienneté, avec une forte prédilection pour l’époque gothique et la Renaissance. Après cette période, les églises ne nous plaisent plus guère.
Cet après-midi, en compagnie d’un groupe d’Américains, j’ai eu l’occasion de jeter un oeil neuf sur le grand vitrail de l’abside de la collégiale Notre-Dame. Après avoir considéré avec un intérêt poli les merveilleuses verrières renaissantes, les visiteurs du Nouveau Monde se sont arrêtés devant l’oeuvre contemporaine et se sont mis à ma grande surprise à la couvrir de superlatifs.
Il faut croire que le langage pictural qu’elle utilise leur est plus familier, alors qu’il ne nous parle pas beaucoup.
Nous devrions peut-être faire cet effort de mettre de côté nos habitudes culturelles et nous ouvrir à l’art contemporain. Comme pour la ville du Havre, décriée par les Normands mais classée Patrimoine mondial par l’Unesco grâce à des sensibilités extérieures, nous sommes sans doute entourés d’oeuvres récentes d’un grand intérêt que nous dédaignons sans prendre la peine de les regarder, simplement parce qu’elles n’ont pas été anoblies par le temps.


5 commentaires

  1. jacadu dit :

    Biensûr s’agit-il là de votre point de vue et du constat que vous faites de votre esprit conservateur dans sa connotation la plus péjorative.
    Fort heureusement pour l’art contemporain, des esprits ouverts sans peur de la nouveauté sont capables de porter sans complexe, l’art de leur époque.
    Qu’il est étrange que les même esprits qui désirent consommer la nouveauté en matière de technique (nouveau modèle de voiture, portable dernier cri, etc…) puissent par ailleurs se montrer réfractaires à l’art contemporain qui propose en tout état de cause une vision actuelle au minimum, voire prémonitoire de notre monde.
    Le "beau" (restant éventuellement à définir, quoique…) reste une valeur éminemment subjective et personnelle et ne pourrait être érigé en loi pour "calibrer" l’art: c’est ce que nous a appris le XXième siècle.
    Par ailleurs, je vous rappelle que le vitrail dont vous parlez a plus de cinquante ans d’ages et qu’à mes yeux il ne peut plus être considéré comme une oeuvre d’art contemporaine.
    Vous le considérez ainsi parceque vous commencez à découvrir que l’art ne s’arrête pas au classicisme. C’est un bel effort, mais je crois qu’il faut aller beaucoup plus loin encore (lol).
    Ne prenez pas ce petit post pour une attaque personnelle; il s’agit d’une réaction d’humeur face à votre article qui révèle( même si l’intention est de vous en éloigner), malheureusement un état d’esprit général qui méprise à priori l’art du jour pour lui opposer l’art du passé qui a fait ses preuves. N’oublions jamais que ces oeuvres du passée furent un jour des oeuvres…contemporaines.
    Pour mieux comprendre sachez que je suis plasticien et maître-verrier, et je me bat depuis toujours avec quelques confrères en France pour proposer une expression contemporaine du vitrail, avec humilité et doute permanent, essayant de sortir cet art du conservatisme et du traditionnel dans lequel il est englué (pas toujours servi de ce point de vue par des serviteurs complaisants), travaillant en mode recherche et expérience, en apportant modestement mais avec perséverence, ma contribution sincère et éventuellement non comprise.
    Que votre article participe à cet effort de compréhension, c’est déjà ça.
    Nous sommes au XXIème siècle: Duchamp c’était il y a 100 ans…
    Il est grand temps de se réveiller…..
    Très cordialement.

  2. Ariane dit :

    Je crois que vous m’avez mal lue. Il ne s’agit pas de mon avis personnel, mais de ce que je constate au cours de mes visites guidées. Pourquoi prenez vous la mouche alors que j’abonde dans votre sens ?

  3. Marie-Claire dit :

    Pour moi, le vitrail de Gaudin me rappelle les années de guerre que j’ai vécues, petite fille, aux Andelys, quand l’église fut en grande partie touchée par les bombardements allemands, puis anglais. C’est un témoignage émouvant de la volonté des paroissiens que d’avoir voulu redonner l’éclat et la spiritualité des vitraux anciens à une ville endommagée à 80%. Car après le désastre de juin 40 et les bombes de 1944, il y eut longtemps un grand vide ; celui-ci fut remplacé par une haute vitre transparente qui dura des années avant la venue de l’oeuvre de Gaudin.
    On peut donc associer les heures les plus anciennes de l’architecture de la collégiale aux heures les plus violentes de son histoire, et saluer sa renaissance. Ne jamais oublier.

  4. Ariane dit :

    Merci Marie-Claire pour votre témoignage. C’est un magnifique vitrail bien dans le style de son époque.

  5. Jean-François Mathou dit :

    L’art contemporain n’est pas plus admirable a priori (tant il est fourre tout) que les œuvres du passé ne sont toutes d’égale et ou d’obligatoire qualité. Ici le vitrail de Gaudin semble tout à fait à la hauteur de ses ainés par le scrupule d’intégration au remplage et l’équilibre de la distribution des couleurs. Servir un monument en somme et non s’en servir. La cathédrale de Nevers n’a pas eu cette chance!

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