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Libellule

libellule Le corps fuselé comme une flûte traversière, et des couleurs de pierres précieuses sous des ailes de fée Clochette : les libellules sont les plus gracieuses des habitantes du jardin d’eau de Claude Monet à Giverny.
Les plus courantes ne sont pas plus longues que le petit doigt, transparentes, aussi légères que le vent. Turquoise un peu fluo, rouge grenat, bleu outremer, on dirait qu’elles sont allées se servir dans la palette de Monet avant de venir tourbillonner au-dessus de ses Nymphéas.
Certains jours on en voit passer des maousses toutes vrombissantes, style mon papa est un hélicoptère. Difficile de ne pas les remarquer, mais pas très envie qu’elles s’approchent trop près.
Rien n’est plus insaisissable qu’une libellule. Elles ne tiennent pas en place, tout leur être est vol, mouvement.
J’avais quasiment renoncé à arriver jamais à en photographier une quand ce matin celle-ci a bien voulu poser longuement sur sa feuille d’iris.
Les photos valent par ce qu’elles montrent mais aussi par ce qu’elles nous rappellent, les images, les sensations qu’elles font revenir à la mémoire. Derrière la libellule je vois mes visiteurs de ce matin, au moment où j’ai pris la photo, un jeune couple en compagnie de deux enfants de 4 et 6 ans.
Une visite guidée avec des petits, il y a de quoi hésiter. Mais les parents, passionnés par Monet, ont tenté le coup.
Comme d’habitude je me suis régalée à donner la main, à porter pour faire voir des trucs. Entre deux explications pour adultes (pendant lesquelles les enfants alignaient avec concentration des gravillons sur un mouchoir en papier), on a regardé les poules, cherché les dindons, les poissons, décrit les couleurs des fleurs, appris à reconnaître le vrai bambou du faux, joué aux devinettes, raconté l’histoire du chat en porcelaine, senti les phlox, les lavandes, compté les abeilles et les casseroles en cuivre, admiré la marqueterie du bureau de Monet, on est descendu dans un tunnel et passé sur des ponts… et on a vu des libellules.
A la fin de la visite je serrais la main des parents pour prendre congé quand la petite de six ans m’a enlacé les jambes, un geste tendre et spontané qui m’a fait fondre. Vous en connaissez d’autres, des métiers où ce genre de choses risque de vous arriver, un câlin enfantin impromptu alors qu’on se connaît depuis deux heures ?
Cette petite fille, c’est elle, ma libellule du jour, ma petite fée Clochette.


Un commentaire

  1. Muriell Smeets dit :

    Bonjour,

    Je vous avais écris voici quelques mois pour avoir votre autorisation d’utiliser une de vos photos en échange de conserver vos droits d’images, c’est chose faite sur notre site.
    Un tout grand merci.

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Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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