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L’odeur du sol mouillé

Bord de Seine à VernonLes pelouses du bord de Seine, Vernon

J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer : la pluie a fait son come back à Giverny.
Sérieux, c’est une bonne nouvelle. La chanson des gouttes dans les feuilles, la délicieuse odeur de tisane qui s’exhale des prairies, depuis trois mois, pour ainsi dire on avait oublié ce que c’était. L’archiduchesse était peut-être contente pour ses chaussettes, mais les vaches faisaient la moue dans les prés transformés en paillassons jaunâtres. Et quand même, on préfère quand elles rient, les vaches.
Remarquez, je comprends les prés. Je serais un brin d’herbe, j’aurais séché sur place tout autant : une seule journée de pluie en trois mois ! Avec la meilleure bonne volonté du monde, comment voulez-vous résister ?
C’est une sécheresse localisée sur laquelle les médias sont restés secs. Parce que tout le monde a eu de la pluie, sauf l’Eure que les nuages ont soigneusement évitée pour une raison obscure.
Les perturbations tournaient autour du département avec une constance stupéfiante, bien exaspérante pour les jardiniers et les agriculteurs. Ou bien les cumulus passaient, stériles, au-dessus de nos têtes. Le baromètre baissait, on annonçait avec optimisme de la pluie, et puis… rien.
Tout a jauni. Le vent soulevait des tourbillons de poussière, on se serait crû dans une contrée aride du sud. La végétation paraissait décalée, tous ces saules, ces aulnes, ces peupliers buveurs impénitents subitement réduits au régime sec.
Si on faisait encore du vin dans le val de Seine, la vendange aurait été exceptionnelle.
La belle saison a bien porté son nom, et cela a fait l’affaire des vacanciers, qui ne raffolent pas des visites sous les parapluies, ça cache le paysage.
Ce matin, donc, enfin, il a fallu ressortir l’imper du coin où il était allé se cacher. Je vous laisse imaginer la tête que faisaient mes clients qui avaient traversé les océans pour découvrir la Normandie et se retrouvaient à patauger dans les flaques, tandis que j’essayais de leur expliquer, extatique, à quel point cette pluie était une bénédiction.
Quand même, on préfère quand ils sourient, les clients.


3 commentaires

  1. Annamartyne dit :

    Je fus sous la pluie inondée lors de mon passage à Giverny le 8 juin dernier mais mes souvenirs sont très ensoleillés dans mon coeur.

  2. Ariane dit :

    Il pleuvait très fort sur Giverny ce jour-là…

  3. madame de K dit :

    Des vaches qui rient ou des clients qui sourient, il faut choisir ! 😉

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