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Octave Mirbeau et Claude Monet

Correspondance d'Octave Mirbeau avec Claude MonetLe nom d’Octave Mirbeau est lié à celui d’une pièce de théâtre au titre devenu proverbial, Les affaires sont les affaires, et au roman Le journal d’une femme de chambre, deux oeuvres dont le succès ne s’est pas démenti depuis un siècle. En tant qu’homme de plume Mirbeau a aussi été un fervent défenseur des impressionnistes, dès 1884, où débute son amitié avec Claude Monet.
Suite à un papier élogieux de Mirbeau dans le journal « La France », Monet lui offre un tableau, une Cabane des Douaniers. L’un et l’autre se montrent également intuitifs, Mirbeau en défendant le peintre que le temps consacrera, Monet en remerciant avec largesse dès le premier article celui qui, par ses prises de position influentes, lui forgera une réputation de génie de la peinture. Une amitié indéfectible les liera jusqu’à la mort.
On lit avec plaisir les lettres de Mirbeau à Monet, publiées et abondamment annotées par les éditions du Lérot. La correspondance est lacunaire et à sens unique, mais elle laisse percevoir un drôle de bonhomme, sincère, enflammé, pessimiste, maladif, passionné d’horticulture, à l’humour enjoué ou corrosif, doté d’une admiration sans borne pour Claude Monet.
Pendant plusieurs années, Mirbeau s’installe aux Damps, un village de l’Eure tout comme Giverny. Voici comment il décrit le lieu, avant même de le louer, pour essayer d’éveiller en son ami et presque voisin l’envie de le peindre :

Camille Pissarro, Le Jardin de Mirbeau aux Damps, 1891, huile sur toileDans le plus admirable paysage qui puisse se voir, une maison, gentille d’aspect (…). Toute la vallée de la Seine, la vallée de l’Andelle, au loin s’ouvrant derrière le mont des Deux amants ; et, tout près de nous, l’embouchure de l’Eure. (…) Il faudrait venir vous installer quelques temps chez nous ; car des hauteurs du jardin, vous avez là, sept ou huit toiles extraordinaires. Des impressions de lointain ; des études d’eau, et de peupliers bien plus belles et d’un caractère bien plus poignant qu’à Giverny. C’est extraordinaire.

C’est finalement Camille Pissarro et non Claude Monet qui peindra le jardin de Mirbeau aux Damps.

Camille Pissarro, Le Jardin de Mirbeau aux Damps, 1891


4 commentaires

  1. patrice dit :

    ce sont vos articles qui m’ont donné l’envie de realiser ces 4 petits documentaires sur claude Monet que vous pouvez voir sur "youtube" en cliquant: "monet qlovis"
    Chaque épisode dure 5 minutes ,a voir dans l’ordre:
    1/ monet le havre
    2/ monet la gare st lazarre
    3/ vétheuil
    4/ giverny

    je serais tres heureux d’avoir vos avis!merci!

  2. Tania dit :

    Quand j’ai vu cette toile, elle m’en rappelait irrésistiblement une autre, fort semblable, où la maison apparaît davantage, et j’ai tout remué chez moi pour la retrouver… Erreur sur toute la ligne, c’est de Sisley, "Vue de Marly-le-roi depuis le Coeur-Volant" et s’il y a des points communs, les différences ne manquent pas. Vous voyez où la lecture de votre billet m’a emmenée ! Bonsoir, Ariane. (Le lien :
    http://www.insecula.com/oeuvre/O... )

  3. Ariane dit :

    Patrice, je viens de regarder vos quatre vidéos, vous avez tourné de très belles images et fait des montages très convaincants ! Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire une ou deux fois en reconnaissant des idées puisées dans Giverny News, ni de sursauter autant, pour des détails insignifiants… J’aimerais bien présenter vos vidéos dans le blog, m’y autorisez-vous ? Si oui, pourriez-vous évoquer leur making of ?
    Tania, merci pour cette confrontation, la parenté entre les deux tableaux est très curieuse ! Je me demande si les artistes le savaient, s’ils ont eu l’occasion de voir chacun l’oeuvre de l’autre.

  4. Thomas dit :

    Bonjour,

    Je viens de découvrir votre excellent blog en faisant des recherches sur Octave Mirbeau. En effet, je suis marchand de manuscrits et de lettres autographes et je viens de mettre en vente une très belle lettre de Sacha Guitry à Claude Monet citant Octave Mirbeau. J’ai d’ailleurs récupéré de passionnantes lettres d’Alice Hoschedé à Ernest Hoschedé. Je me ferai un grand plaisir de les communiquer à vos lecteurs si cela les intéressent. Encore bravo pour votre blog ! Bien amicalement. Thomas Vincent
    (PS : je passe tous mes été à Gloton en face de Bonnières et je suis un amoureux de Giverny !)

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