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La grenouille qui se prend pour un taureau

Grenouille dans le bassin de MonetPhoto : grenouille rieuse dans le bassin de Monet

Le dernier roman de Katarina Hagena, « l’Envol du héron », met en scène une bestiole assez inquiétante : la grenouille-taureau. (Katarina Hagena, rappelez-vous, « le Goût des pépins de pommes », déjà un million trois cent mille exemplaires vendus, le film sort en Allemagne le 26 septembre, il a l’air bien).
Quand je dis une bestiole, c’est une façon de parler. L’animal peut atteindre les deux kilos, il est très carnassier et dévore tout sur son passage, n’hésitant pas à avaler un canard tout cru.
Dans son pays d’origine, la Floride, la grenouille-taureau se nourrit de jeunes caïmans, tandis que les adultes deviennent prédateurs du batracien. Ailleurs aux Etats-Unis et en Europe, pas de prédateurs, si bien que la bête prolifère et se répand à raison de cinq kilomètres par an.
Je ne crois pas qu’il y en ait déjà en Normandie, même si le froid n’a pas l’air de l’arrêter, puisque l’Allemagne est touchée par l’invasion. Mais il m’est revenu en lisant le roman d’Hagena que de nombreux visiteurs américains de Giverny, en entendant coasser nos grenouilles, m’ont demandé s’il s’agissait de bullfrogs. Ils n’y mettaient aucune espèce d’inquiétude, et je ne sais s’il faut l’attribuer à la banalisation de la bête sur leur territoire ou à leur indifférence pour les périls écologiques.
Selon un rapport du Muséum d’histoire naturelle, on trouve en Normandie 17 sortes d’amphibiens. Six espèces de tritons, et des espèces qui ressemblent à des crapauds : l’alyte accoucheur, le pélodyte ponctué, le sonneur à ventre jaune, plus le crapaud commun et le crapaud calamite, et enfin cinq sortes de grenouilles, verte, rieuse, agile, rousse, verte de Lessona, et la rainette des arbres.
Le rapport expose les limites et les difficultés du recensement des amphibiens, mais il semble que la grenouille rieuse gagne du terrain depuis les années soixante-dix, par pollution génétique. Elle s’accouple avec les populations locales de grenouilles, et les descendants lui ressemblent.
A Giverny, au printemps, il y en a beaucoup, même si la grenouille rieuse (marsh frog) n’est pas la seule des espèces présentes dans le bassin de Monet. Le concert des grenouilles offre plusieurs voix. Je suis allée écouter les chants de chacune en ligne, mais c’est la seule que j’ai identifiée à coup sûr. L’affaire se corse car il semble que chaque espèce dispose de plusieurs coassements pour différentes situations, un peu comme les oiseaux.


5 commentaires

  1. Aifelle dit :

    Tiens, c’est amusant, je parle de ce roman aujourd’hui, qui est une déception pour moi après le délicieux "goût des pépins de pomme". Mais je reconnais à l’auteur, talent certain pour évoquer la nature, la faune et la flore.

  2. Ariane dit :

    La note est plus pesante, c’est vrai.

  3. Theoma dit :

    un canard entier ? ça laisse songeur !

  4. orchis dit :

    s, "le Goût des pépins de pommes", déjà un million trois cent mille exemplaires vendus, le film sort en Allemagne le 26 septembre, il a l’air bien).
    un peu plus de détails à ce sujet ?
    merci

  5. Ariane dit :

    Sur le film ? Pour tout savoir, surfez sur « der Geschmack von Apfelkernen ». En fait la critique fait un peu la fine bouche, film pour femmes, etc. Suis pas sûre qu’il passera la frontière.

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