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Présences

Astilbes Dans ce métier fait de rencontres, on ne sait jamais à quelles émotions s’attendre. Chaque visiteur vient avec tout ce qu’il est et reçoit à sa façon le lieu. Giverny est un lieu fort, assez puissant pour avoir su autrefois stabiliser un Monet jusqu’alors nomade et pour aujourd’hui attirer comme un aimant des visiteurs de toute la planète.
Je ne crois pas que ce soit Giverny en tant que tel qui soit à l’origine de ce magnétisme, mais plutôt l’alliance entre Monet et le lieu, tout comme l’alliance entre deux êtres qui se sont bien trouvés peut être puissante et féconde.
Cette force-là rend humble. Face à l’attraction exercée par le bassin aux Nymphéas, le guide est peu de chose. Un petit catalyseur peut-être.
Chacun arrive avec tout ce qu’il est, ses souvenirs et ses rêves, et ce désir de venir à Giverny souvent très ancien. Quand l’émotion déferle, elle me touche moi aussi, pour ma plus grande joie.
Il y a quelques jours je venais de parler des séries de Monet, notamment celle de la cathédrale de Rouen, quand cette évocation a rappelé à ma cliente un souvenir d’enfance. La directrice de son école religieuse avait emmené les élèves voir une exposition de ces Cathédrales, dans l’espoir de faire partager son admiration pour Monet aux écolières. Enthousiasme de la directrice, indifférence des petites… Un souvenir qui paraît drôle à ma cliente avec le recul, surtout quand elle essaie de transmettre ses émerveillements à ses petits-enfants pas forcément conquis. « Je garde d’excellents souvenirs de cette école », conclut-elle avec un sourire rayonnant.
A cet instant, il se passe quelque chose d’étonnant. Je sens sa joie entrer en moi, un frisson de chair de poule me parcourt, et je lui dis en souriant : « Cette dame est là avec nous, elle est très heureuse que vous soyez venue ». Ma cliente remarque qu’elle aussi a la chair de poule. C’est une expérience que nous ne sommes pas près d’oublier toutes les deux, je parie.
J’hésitais à en parler ici, et sans doute je ne l’aurais pas fait, quand quelques jours plus tard une histoire un peu semblable s’est reproduite, m’incitant à partager. Deux soeurs en larmes sur le pont japonais. « Maman aimait tellement Monet ! Elle aurait tellement aimé être ici ! » Elle était avec nous, bien sûr.

Astilbes et reflets d’astilbes dans le bassin de Monet


2 commentaires

  1. Aifelle dit :

    Ce sont des moments très réels pour qui les a vécus au moins une fois … il est de bon ton de ne pas les évoquer en effet, pour ne pas passer pour un peu illuminée, c’est dommage, on devrait faire plus confiance à nos sensations et à nos intuitions. Bonne journée Ariane.

  2. Ariane dit :

    Aifelle, on dirait que cela t’arrive aussi…

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