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La couleur des ponts japonais

Pont au parc botanique de Haute-BretagnePont dans le jardin oriental du parc botanique de Haute-Bretagne

De quelle teinte sont les ponts en Extrême-Orient ? La couleur de celui de Monet ne cesse de faire débat, non seulement parce qu’il paraît plus bleuté sur les tableaux, mais aussi parce que, si c’était un vrai pont japonais, un pont vraiment japonais, il ne serait pas vert.
De quelle couleur serait-il alors ? Rouge, affirment certains. Et regardez comme c’est splendide, un pont rouge, et comme cette couleur complémentaire fait chanter les verts autour.
Mais voilà que j’ai des doutes. Des visiteurs de Giverny m’ont précisé que ce ne sont pas les ponts japonais qui sont rouges, mais les ponts chinois. J’en appelle à vous, chers amis globe-trotters, chers lecteurs de Chine, du Japon et d’ailleurs, merci de m’apporter vos lumières. Quelle est vraiment la vraie couleur des ponts authentiques de l’empire du Milieu et du pays du Soleil-Levant, et qui a influencé qui ?
C’est un débat, et ce n’en est pas un. Dans leur livre « Modes et tendances au jardin des années 60 à nos jours »*, Philippe Bonduel et Georges Lévêque analysent le goût pour le japonisme et l’exotisme extrême-oriental.

« Le jardin japonais est tellement pittoresque qu’il ne peut s’intégrer nulle part, sauf au Japon. Paradoxalement, c’est pourtant ce qui lui permet de figurer… partout, avec deux tendances principales : le faire figurer dans un jardin clos, (…) ou l’européaniser. »

Vouloir copier fidèlement le Japon, « ne serait-ce que pour des raisons purement climatiques, c’est de toute façon une mission impossible, l’Europe, à la différence du Japon, ne connaissant pas les moussons. »
Quoi qu’on fasse, beaucoup de plantes ne se plairont pas, il faudra adapter. Là encore, comme dans la restitution contemporaine de jardins du passé, c’est l’esprit qui importe, « le graphisme et les lumières comptent plus pour la vision purement paysagère souhaitée dans ce cas ».
Cette distance-là, c’était bien le goût de Monet. Dans ses créations horticoles et picturales, l’artiste s’inspire avec beaucoup de liberté des modèles japonais. En dépit des bambous, son jardin reste européen et même normand. Ses Meules qui adoptent les compositions données au mont Fuji par les artistes japonais, ne revendiquent rien du Japon. Elles restent des meules. Dans ce contexte, quelle importance peut avoir la couleur du pont ?

*Un régal, ce livre ! (éditions Ulmer) Les merveilleuses photos de Georges Lévêque illustrent magnifiquement le propos de Philippe Bonduel. On retrouve nombre de visions familières, par exemple pour le style années 60 « les massifs incrustés comme au scalpel dans un tapis vert sans défaut » ou encore « la supposée rocaille faite de vivaces perdues dans un éboulis de moellons ». On chemine à travers les tendances pastel et mixed-border, potager fleuri, vers le goût d’aujourd’hui pour la Prairie américaine et la conscience écologique. Que réservera demain ?


2 commentaires

  1. clo dit :

    Question posée à une amie japonaise qui m’a répondu que beaucoup de choses au japon trouvaient leur "source" en chine et que donc Rouge était probablement là bas aussi la bonne couleur… (elle vit en France mais va régulièrement au Japon)

  2. Ariane dit :

    Merci pour ces précisions, Clo ! Quelle coïncidence, j’étais hier soir faire le tour de tes sites que je n’avais pas visité depuis longtemps… C’est chouette, ça !

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Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

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