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Rosa Bonheur

Rosa Bonheur

Marie-Rosalie Bonheur, dite Rosa Bonheur – Lapins (détail. Cliquez pour voir l’oeuvre) vers 1840. Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, sa ville natale.

Le musée de Vernon présente jusqu’au 20 septembre 2015 une exposition intitulée « Rosa Bonheur, l’éloge du monde animal« . La raison : le musée Poulain, outre l’impressionnisme, est aussi spécialisé dans l’art animalier. Le prétexte : les collections vernonnaises comportent une étude de paysage de Rosa Bonheur, qui aimait s’inspirer de lieux réels pour placer ses animaux en situation. Un bronze, le Bélier couché, figure également dans les collections.
Si vous en avez l’occasion, ne manquez pas la visite guidée gratuite proposée le premier dimanche du mois à 15h. L’intérêt de l’exposition est décuplé par l’évocation de la personnalité hors du commun de l’artiste.
Si la peinture de Rosa Bonheur est passablement passée de mode – des animaux traités avec un admirable réalisme – en revanche la femme qu’elle a été reste un modèle pour celles d’aujourd’hui. Avec doigté, elle a su vaincre les préjugés de son époque et fait voler en éclats toutes les limites alors imposées à son sexe (elle est née en 1822).
Rosa Bonheur travaillait avec puissance. Très jeune elle a obtenu la reconnaissance officielle et l’indépendance financière qui l’accompagnait. Elle allait dans les abattoirs procéder à des dissections pour mieux comprendre l’anatomie des animaux qu’elle peignait. Elle portait le pantalon grâce à une autorisation préfectorale de travestissement qu’elle faisait renouveler tous les six mois. Elle vivait en concubinage avec une femme. Elle fumait. Elle montait à cheval à califourchon et non pas en amazone. Elle voyageait. Elle enseignait… Elle est même devenue l’une des premières femmes décorée de la Légion d’honneur.
Rosa Bonheur vivait dans une grande demeure près de Fontainebleau entourée d’animaux, y compris un couple de lions. Le mâle était en cage mais la femelle apprivoisée se promenait en liberté. Une photo étonnante montre l’artiste allongée côte à côte avec le fauve.
En 1889, à l’occasion de l’exposition universelle de Paris, Rosa Bonheur rencontre Buffalo Bill en tournée en Europe avec le Wild West Show. Elle est émue par la cause des Indiens : proche de la nature comme eux, elle ressent le tort qui est fait à ce peuple par « le Blanc usurpateur ».
Ce qui fait rêver dans sa personnalité, c’est son assurance que tout est possible. Rien ne l’arrête, elle peut tout faire, et elle a l’énergie de tout faire. Quel charisme elle devait avoir !
Pas vraiment féministe, Rosa Bonheur ne se bat pas pour ses soeurs (on n’a qu’à faire comme elle, sans doute ! Où est le problème ?) mais pour les animaux. Pour elle, il est évident qu’ils ont une âme. Elle transcrit cette conviction en avance sur son temps dans ses tableaux, en attachant une grande importance à leur regard.


3 commentaires

  1. maricaillou dit :

    Merci Ariane pour tous ces jolis petits billets , c’est un vrai plaisir de vous lire et de suivre l’actualité de Giverny !
    Vous avez attisé ma curiosité et demain je rendrai visite à Rosa Bonheur !
    Bien amicalement

  2. Ariane dit :

    Bonne visite maricaillou, c’est une expo où l’on n’est pas bousculé, on peut rêver tranquille devant les oeuvres.

  3. maricaillou dit :

    Bonjour Ariane
    Quel beau dimanche !!
    A Giverny tout d’abord,on ne se lasse pas de toutes ces couleurs et ces parfums et puis Vernon avec cette expo très intéressante ( et commentée !) sur l’oeuvre de Rosa Bonheur.
    Bonne journée

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