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L’orgue de Notre-Dame du Grand Andely

L'orgue de Notre-Dame du Grand-Andely

La commune des Andelys, qui compte 8000 habitants, a la chance de posséder deux grandes orgues classées Monuments Historiques. La ville avait autrefois deux paroisses, donc deux églises, Saint-Sauveur au Petit Andely et la collégiale Notre-Dame au Grand Andely. Chacune a gardé son instrument. Celui de Saint-Sauveur, presque inchangé depuis sa construction au 17e siècle, est d'une musicalité remarquable. Celui de la collégiale, un Cavaillé-Coll, a un buffet 16e de toute beauté.


Un site internet est dédié aux orgues des Andelys. On peut même y entendre de petits enregistrements de celui de Saint-Sauveur, sur lequel les plus grands organistes ont joué, de Maurice Duruflé à Marie-Claire Alain. Parce qu'il date de 1674, il permet d'apprécier les oeuvres baroques avec les sonorités de l'époque, telles qu'elles ont été composées.

Les allégories du buffet de l'orgue de Notre-Dame du Grand-Andely

Mais au moment où Robert Ingout construit l'orgue de Saint-Sauveur, le buffet de celui de Notre-Dame est déjà en place depuis un siècle. L'année de construction est gravée en plein milieu (en bas à droite de la photo). La date de 1573 est reprise en clin d'oeil à côté, dans le tableau de chiffres de la "Géométrie". Je mets des guillemets, car le titulaire de l'orgue Fabien Desseaux a établi que

les panneaux s’inspirent d’un cycle d’allégories du graveur Etienne Delaune, édité à Paris en 1569. Ces panneaux sont dans un certain désordre et ne correspondent pas systématiquement à l’allégorie qui leur est attribuée.

C'est ballot. Mais il est vrai que chaque allégorie joue d'un instrument, ce qui ne facilite pas son identification. Cette Géométrie serait plutôt l'Arithmétique.
Peu importe. Qu'il s'agisse de la Dialectique, de la Phisique (sic), de la Gramatique ou de l'Astronomie, ces figures d'une grande finesse d'exécution sont plaisantes à regarder. L'artiste a pris prétexte de l'allégorie pour dévoiler des jambes, des seins, pour montrer des nombrils en transparence. C'est un répertoire étonnament profane pour une église, encore bien dans le goût de la Renaissance. Il s'inscrit dans un débat entre jansénistes et jésuites, les premiers prônant de s'en tenir à la Bible, les seconds suggérant que l'Antiquité annonce le Christ.


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