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Silo

Silo dans le port de Rouen

Le port de Rouen peut se visiter en bateau, tout comme celui du Havre. Enfin, une petite partie du port, car il s'étend sur 120 kilomètres vers l'aval, de Rouen à Honfleur. Toute la basse Seine jusqu'à la mer est rythmée de terminaux. C'est un port fluvio-marin, qui s'arrête net au premier pont urbain de Rouen, le pont Guillaume le Conquérant.


Au-delà, seules les barges et les automoteurs, entendez les péniches, sont assez basses pour se glisser sous les ponts, et assez plates pour ne pas risquer de toucher le fond du fleuve. A Paris, le tirant d'eau n'est que de 3 mètres, alors qu'il est de plus de 10 mètres à Rouen, où le phénomène de marée est encore perceptible.
C'est au cours de cette visite du port en bateau que j'ai entendu pour la première fois le joli terme de tirant d'air, qui désigne l'espace entre l'eau et le pont. En cas de crue, quand il devient trop étroit, la navigation s'arrête.
La balade permet de passer tout près d'imposants silos. Ils contiennent surtout des céréales et font de Rouen le plus grand port céréalier d'Europe, adossé aux grandes terres à blé de la Beauce, de la Brie ou du Vexin. Beaucoup de ces céréales partent vers le Maghreb, mais la Chine est désormais le plus gros client. Parmi les céréales on compte aussi l'orge, essentiel à la fabrication de la bière.
La campagne autour de Vernon est parsemée de silos, qui paraissent de taille modeste par rapport à ceux de Rouen. Le mot silo est étonnant dans le lexique français avec sa terminaison en o, on dirait une abréviation, mais ce n'est pas le cas. Il vient de l'espagnol el silo et il est passé dans le français depuis mille ans. On le trouve aussi en anglais (silo – prononcer saïlo) et en allemand (das Silo) et je parie qu'il existe aussi dans bien d'autres langues, ce qui en fait un mot aussi international que les exportations qu'il permet.
L'ambiance du port a bien changé depuis le temps des trimardeurs ou des bateaux à voiles peints par Monet. Gigantisme et automatisme, pourtant, n'ont pas totalement tué le rêve d'horizons lointains que les navires portent avec eux. Cet air de n'être que de passage, cette hâte à repartir pour ailleurs.


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