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Les vivaces de l’été

Vivaces d'été à Giverny

 A Giverny comme ailleurs, quand on interroge un jardinier sur une fleur, la première chose qu'il vous dit, c'est  si vous avez affaire à une vivace ou à une annuelle. Si vous ne jardinez pas, ce n'est pas forcément ce que vous auriez envie de savoir,

mais peut-être combien de temps les fleurs restent épanouies ou si on peut en faire des bouquets. Alors que pour un jardinier la différence entre vivace et annuelle est fondamentale. 

Les annuelles sont des plantes qui vivent toute leur vie en un an. Elles germent, elles poussent, elles fleurissent, elles fructifient puis elles meurent. L'année suivante ce sont leurs filles qui prennent le relais, grâce aux graines tombées au sol.

Quand la Nature vous a donné ce programme-là, il est de la toute première importance pour vous de produire beaucoup, beaucoup de graines pour être sûre de perpétuer l'espèces. Et donc beaucoup, beaucoup de fleurs à faire visiter par les insectes.

Pour le jardinier, cette masse de fleurs est du pain bénit. Les annuelles fleurissent longtemps, parfois plusieurs mois. Jusqu'à être sûres qu'elles ont bien accompli leur mission, qu'elles ont donné toutes les graines dont elles étaient capables. 

Et pour peu que le jardinier prenne un malin plaisir à les empêcher de faire leurs graines en retirant les fleurs dès qu'elles sont fanées, la plante reste en mode "Vite ! je dois faire des fleurs !" et multiplie les boutons tout au long de la belle saison.

Les vivaces, en revanche, ont choisi un cycle de vie plus économique en efforts. Elles savent résister à l'hiver en cachant la vie sous terre, dans leurs racines. Quand la température du sol se réchauffe au printemps, les racines se réveillent. La partie aérienne de la plante se met à pousser. 

L'enjeu de reproduction par les fleurs est moins grand chez les vivaces. Elles ont des vies plus longues, donc elles font moins d'enfants. Leur floraison est plus brève.

Pour le jardinier, cet inconvénient est compensé par l'avantage qu'elles restent dans le sol et qu'on les retrouve chaque année. Pas besoin de les semer, repiquer et soigner constamment. Bien installées, elles ont aussi moins besoin d'arrosage, alors qu'une annuelle pardonne rarement un oubli.     

A Giverny, l'enjeu de la couleur est tel que le clos fleuri est essentiellement planté en annuelles que les jardiniers produisent en serres, repiquent dans le jardin et renouvellent à chaque saison. Des chiffres ? Autour de 100 000 fleurs par an ; 80% du jardin de fleurs est fait d'annuelles.

Mais les jardiniers de Giverny font tout de même une place aux vivaces pour leur beauté singulière. Près du Ru, dans le jardin d'eau, on peut voir en ce moment cette scène toute simple où se mêlent l'orange des hémérocalles, le rose quasi fluorescent des coquelourdes, le feuillage grisé des oreilles d'ours et la blancheur de la camomille. 

Le charme de la scène tient autant au mélange de tons des fleurs que des feuilles, à la présence d'un tronc rugueux au milieu pour plus de texture, et à la petite barrière en bambou à la japonaise. C'est une jolie idée de planter un peu au-devant de la barrière, pour qu'elle suscite davantage l'idée d'évasion que de contrainte.       


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