mardi 8 mai 2007
La qualité des estampes de Monet
Aujourd'hui, il y avait dans le groupe que je guidais à Giverny un collectionneur d'estampes japonaises.
Cela se voit vite : à la place du regard intéressé, admiratif, recueilli ou curieux qu'ont généralement les visiteurs, celui-ci éprouvait une réelle jubilation devant l'impressionnante collection de gravures rassemblée par Monet.
Il m'a désigné l'estampe d'Hiroshige "Ohashi, averse soudaine à Atake" comme l'une des plus célèbres, m'a montré celles qu'il possédait et s'est extasié sur la qualité de la collection Monet.
De l'avis de ce connaisseur, Monet achetait ce qu'il y avait de mieux, non seulement les meilleurs artistes japonais mais aussi les meilleurs tirages.
Les estampes sont des impressions à l'encre à partir d'une gravure sur bois. On peut effectuer une centaine de tirages de chaque bois gravé, mais la finesse des contours diminue à la longue. Monet choisissait des tirages de tête, les toutes premières feuilles tirées des gravures, qui gardent la trace des veines du bois. C'est aussi émouvant que les empreintes digitales d'un sculpteur dans la glaise ou que les grains de sable collés dans la peinture de Camille sur la plage de Trouville par Monet.
L'état de conservation de la collection d'estampes japonaises de Monet est remarquable. Celles à dominante bleue ont bien traversé les décennies, et même si quelques-unes comme "Chrysanthèmes et abeille" d'Hokusai ont vu leur rouge pâlir, elles restent fort belles.
Ce billet, écrit à 20:47 par Ariane dans la catégorie Estampes japonaises a suscité :
