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Giverny News

Le Blog d'Ariane,

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vendredi 20 août 2010

Roses blanches

Rosier blanc devant la maison de Claude MonetAoût voit remonter les rosiers de Giverny.
La floraison estivale est moins spectaculaire que celle de juin, mais bien présente tout de même.
La petite roseraie derrière les tilleuls a retrouvé sa raison d'être, avec ses buissons parfumés qui attendent les visiteurs les plus curieux.
Au-dessus de la grande allée, le beau rosier grimpant abricot a déjà semé une nouvelle fois ses pétales au pied des ifs.
Devant la maison, les rosiers blancs rayonnent. L'association de leurs fleurs immaculées avec le vert des feuillages et des boiseries est si fraîche, si éclatante, qu'elle donne envie de planter des roses blanches dans son jardin, en oubliant définitivement la larmoyante chanson de Berthe Sylva qui leur colle aux pétales.

vendredi 16 juillet 2010

L'entrée du temple

Portique d'entrée au jardin d'eau, GivernyAu début du mois de juillet, le rosier qui couvre l'arceau à l'entrée du jardin d'eau de Claude Monet est en pleine floraison.
C'est la porte du jardin, un effet renforcé par les deux grands frênes qui montent la garde de l'autre côté du petit pont.
Est-ce la proximité des bambous, qui donne à ce coin du jardin un petit air asiatique ? Pour la visiteuse japonaise que j'accompagne, une image s'impose :

- On dirait l'entrée d'un temple shinto, dit-elle.

L'arceau couvert de roses lui évoque un torii, ce portique rouge aux bords relevés qui sépare le monde des hommes du domaine sacré.

mercredi 23 juin 2010

La roseraie de Giverny

GivernyAu temps des roses, le jardin de Claude Monet devient une roseraie. Partout, elles s'enroulent à des trépieds, pendent aux arceaux, forment des arbres, courent sur la pergola, s'alignent sur la clôture, s'élancent à l'assaut des saules, ou bien se nichent, opulentes ou minuscules, dans les massifs.
A toutes ces formes différentes, rosiers grimpants, lianes, buissons, tiges, nains, pleureurs, s'ajoutent les multiples apparences de la fleur, simple, double, chiffonnée à l'ancienne ou superbement ourlée. Le tout décliné dans un festival de couleurs somptueuses, du blanc au violet, du jaune au vermillon.
La capacité du rosier à prendre de multiples apparences n'a d'égale que celle du jardin lui-même à se métamorphoser.
En avril, c'était un champ de tulipes. En mai, une prairie superbement fleurie. En juin, le voilà devenu roseraie.
C'est le moment où le clos normand dans toute sa gloire se montre généreux, quand les roses débordent des clôtures et s'offrent à la vue des passants, et que le vent porte au loin leurs effluves délicats et puissants.
Et puis, dès que les rosiers seront défleuris, d'ici quelques semaines, on oubliera les roses. Leurs feuillages se fondront dans le décor, en contrepoint vert aux fleurs d'été, les belles géantes estivales qui feront leur entrée en scène.

mercredi 16 juin 2010

Vue du premier atelier

Premier atelier de Monet à GivernyComme un tableau plus grand que les autres, la fenêtre du premier atelier de Monet découpe un coin de son jardin de Giverny.
Sous le rideau de la vigne vierge apparaissent à l'arrière plan les murs couverts de végétation du deuxième atelier.
Devant, la tache violette du rosier "lavender dream" fait vibrer tout ce vert, en écho aux floraisons de la petite roseraie sur la droite.
A gauche, la grappe blanche de l'eremurus apporte son accent vertical.
Tout est prêt. Le paysage a pris la pose pour se faire peindre.
Jusqu'aux lignes des carreaux qui dessinent un quadrillage pour faciliter le travail de l'artiste...

samedi 24 octobre 2009

Le jardin de Monet en 1961

Le jardin de Monet en 1961Le jardin de Monet en janvier 1961, photo Albert Pillon

En janvier 1961, voici comment se présentait le jardin d'eau de Claude Monet à Giverny, trente-cinq ans après la mort du peintre.
Cette photo d'un grand intérêt documentaire a été prise par Albert Pillon, un Givernois émigré au Québec cinq ans plus tôt. Lors d'une de ses visites dans son village natal, il a pensé à fixer sur la pellicule le fameux bassin aux Nymphéas, motif préféré du chef de file de l'impressionnisme.

Si vous agrandissez la photo, vous pourrez apercevoir les arceaux de l'embarcadère aux rosiers, à peu près au milieu du cliché. Ils permettent de situer l'angle de prise de vue et de comparer avec la restitution actuelle du jardin. Le pont, les bambous, le hêtre pourpre sont hors champ sur la droite.
Certes, c'est l'hiver, une époque où la végétation s'efface, mais le jardin paraît net et entretenu. On est loin de la jungle impénétrable, du bassin partiellement comblé, à l'eau noirâtre, que décrira Gérald van der Kemp quinze ans plus tard.
Les arbres échevelés qui se mirent dans l'étang ont l'air d'être des saules, aucun d'eux n'a survécu jusqu'à aujourd'hui. Mais un saule pleureur se devine sur la gauche, ainsi que des rosiers. Le jardin lui-même donne une impression de vide et de simplicité, loin de l'opulence actuelle.
La petite clôture de barbelés bien symbolique ne dissimule rien au regard des promeneurs qui se tiennent sur le talus de chemin de fer, une disposition fidèle à l'esprit de Monet.
J'imagine les passants de 1961, ceux qui croient apercevoir une banale mare de campagne, et ceux qui savent qu'ils ont sous les yeux le motif d'innombrables chefs-d'oeuvre.
Suspendu entre ce qu'il a été et ce qu'il va devenir, l'étang a déjà en lui ce magnétisme qui attirera bientôt des millions d'admirateurs de tous les coins de la planète.

dimanche 6 septembre 2009

Le nom des fleurs

fleurs d'été à GivernyC'est un regret exprimé par de nombreux visiteurs de Giverny : la plupart du temps, quand on s'interroge sur le nom d'une fleur magnifique ou curieuse qu'on voit dans les jardins de Monet, on reste sur sa faim. Les étiquettes sont rares.
Il y en a pourtant quelques-unes, celles qui désignaient les semis dans leurs godets notamment, avant que les jeunes plants ne soient mis en place dans les bordures, mais elles semblent davantage à l'usage des jardiniers, comme dans n'importe quel jardin.
L'obstacle principal à l'étiquetage, c'est le fouillis végétal orchestré par Monet. Les fleurs ne sont pas regroupées comme on en a l'habitude par petits bouquets de la même espèce. Elles sont mélangées avec la dextérité d'un croupier de Las Vegas battant les cartes. C'est mission impossible de mettre une étiquette au pied des quelque 100 000 fleurs plantées chaque année.
Quand étiquette il y a, vous n'êtes pas très sûr qu'elle désigne la fleur qui vous intéresse. C'est peut-être sa voisine. Ou encore c'est une étiquette surgie de nulle part, arrachée par quelque visiteur à la vue basse et replantée au petit bonheur la chance. L'information est donc à prendre avec circonspection et à vérifier de retour à la maison.
Beaucoup de visiteurs s'imaginent ainsi que les pétasites s'appellent taxodium, parce que l'arbre qui porte ce nom émerge d'un massif de ces grosses feuilles rondes chères à Monet, et que son étiquette est plantée au milieu des pétasites.
On pourrait, c'est vrai, marquer les arbres de façon plus visible, sur leur tronc à hauteur des yeux. Mais ce côté arboretum, est-ce bien l'esprit du jardin de Monet ? Quand vous regardez un tableau, vous n'avez pas en sous-titres sous chaque touche bleu cobalt, jaune de chrome ou vermillon.
Oui, d'accord, j'exagère. J'adore connaître le nom des plantes, et je regrette souvent de ne pas le trouver. Mais le plus frustrant, c'est de s'approcher d'un rosier superbe, de se pencher sur sa belle étiquette verte, et de lire "Rosa" sans un mot de plus. Soit, mais laquelle ? Que c'était une rose, je le savais !

mercredi 15 juillet 2009

A tous les étages

Le vieux saule de Monet Bien qu'il ait été sévèrement élagué cet hiver pour cause de branches creuses, le vieux saule qui ferme le bassin de Claude Monet ne s'est pas départi de sa majesté. Les arbres centenaires ont un côté noble qui donne du caractère à n'importe quel jardin.
Cela vient peut-être de leur taille tellement plus haute que la nôtre. Ils font un lien entre le sol et le ciel, créant l'indispensable axe vertical.
Mais Monet n'aurait pu se satisfaire d'un aspect de parc à l'anglaise. Il lui fallait s'immerger dans le végétal. il a donc planté fleurs, arbustes et arbres les uns au-dessous des autres, en strates, pour que l'oeil rencontre pétales et feuilles partout où il se pose.
Le chemin qui fait le tour du bassin s'inscrit dans une luxuriance végétale qui atteint son apogée en été.
Pour les jardiniers, le tour de force consiste à faire fleurir des rosiers ou des arbustes à l'ombre d'arbres devenus immenses depuis l'époque de Monet, et qui ont tendance à écraser de leur imposante stature les plantes placées au-dessous d'eux.

samedi 20 juin 2009

Centenaire de Lourdes

rosier Centenaire de Lourdes à Giverny Claude Monet avait 17 ans en 1858, à peine plus que la petite Bernadette Soubirous à qui, cette année-là, la Vierge est apparue dans la grotte de Lourdes.
La Vierge exhale un parfum de roses, c'est bien connu. Cent ans plus tard l'évènement était enfin associé à une rose, la très répandue "Centenaire de Lourdes" obtenue en 1958.
Très florifère, légèrement parfumée, remontante, cette rose a beaucoup de qualités, dont celle très appréciable de garder un beau feuillage quel que soit le mauvais temps, comme si la pluie n'avait pas d'emprise sur sa santé. Une bénédiction pour les jardiniers normands !
Dans les jardins de Monet, ce sont des rosiers Centenaire de Lourdes greffés sur tiges qui ont été choisis pour évoquer la roseraie de la tante Lecadre.
Il y a quelques jours, le spectacle était si beau que je n'ai pu m'empêcher de le dire à un jardinier qui passait par là. Croyez-vous qu'il a partagé mon enthousiasme ? Ce ne serait pas d'un jardinier ! Selon lui, les rosiers étaient moins fleuris que l'année dernière. Surtout, ce qui le chagrinait, c'était le pied remplacé cet hiver et qui n'a pas repris.
Ce rosier mort, il ne voyait que ça, comme un reproche, alors qu'il passe complètement inaperçu pour les visiteurs au milieu de tant de splendeur.

jeudi 28 mai 2009

Rosier en arbre

Rosier en arbre, GivernyLes rosiers taillés en arbres sont une des splendeurs de Giverny. Dans le Clos Normand de Monet, ils ne fleurissent pas tous en même temps, prolongeant la fête. Celui-ci, aux tendres teintes jaunes qui s'éclaircissent à mesure que la fleur s'épanouit, est le premier à fleurir.

Conversation surprise en passant à côté :
- On dirait un rosier, dit une dame.
- Mais non, la reprend son amie, regarde le tronc ! C'est un pommier !

Les pommiers font de drôles de pommes en Normandie...

mardi 28 avril 2009

Tulipes et feuillages

tulipes orangeLes tulipes resplendissent en ce moment à Giverny. Quelquefois seules, souvent en mélange, elles obéissent à des principes de plantation différents.
Dans le bas du clos normand du jardin de Monet, ce petit carré de tulipes orange rappelle la couleur des feuilles de rosier naissantes avec lesquelles elles voisinent. De même, le massif à côté est un carré de tulipes roses qui répondent aux feuilles rosées des pivoines arbustives.
L'effet ton sur ton est très harmonieux. On n'aurait pas remarqué ces feuillages sans les tulipes utilisées à la fois pour leur beauté propre et comme exhausteur de couleur.
Pour adopter et adapter ce principe chez soi, il suffit de regarder en avril comment se colorent les jeunes feuilles des buissons voisins du futur massif de tulipes.

lundi 5 janvier 2009

Giverny sous la neige

Le jardin de Claude Monet sous la neigeIl neige. Vous me direz, l'évènement n'en est pas un : on doit friser les trois centimètres à peu près.
J'en entends déjà qui rigolent doucement du côté du Québec, comme cette dame charmante qui me racontait la saison dernière ses quatre mètres de neige, la lassitude que l'on éprouve à pelleter tous les matins devant sa porte et les problèmes rencontrés quand les parcs à neige sont pleins.
Des parcs à neige ! J'ouvrais des soucoupes. Voilà un équipement qui n'existe pas chez nous, où pourtant on s'y connaît en matière de parcs, des parcs à huîtres aux parcs à thèmes.
On a la neige modeste en Normandie. Et fugace.
Dès que le sol cesse d'être visible sous le tapis, il faut se précipiter pour faire des photos. On est chez Monet, et l'effet ne dure qu'un instant ! Voici donc son jardin sous la neige tel qu'il se présentait cet après-midi, alors que les flocons tombaient encore. Reconnaissez-vous le clos normand avec l'allée aux rosiers et la maison rose cachée derrière les ifs ? Un nuage a avalé la colline.
A voir le jardin aussi nu, aussi froid, cela paraît extraordinaire de penser qu'il redeviendra cet hymne aux fleurs et à la couleur dans quelques mois à peine.

vendredi 8 août 2008

Mer de fleurs

GivernyC'est peut-être le meilleur moment de l'année pour visiter les jardins de Monet à Giverny, plus éblouissants que jamais : tout est en fleur, les Nymphéas bien sûr, les capucines dans la grande allée, les rosiers remontants, les annuelles d'été éclatantes de couleurs.
Mais curieusement chaque année l'affluence marque le pas au début août.
On trouvera plus facilement un banc libre pour s'asseoir à l'ombre au milieu d'une mer de fleurs.

jeudi 31 juillet 2008

Après la pluie

reflet de la tonnelle de Claude Monet à GivernyIl faut les grosses chaleurs de l'été pour se souvenir comme c'est bon, la pluie, les gouttes fraîches qui vous criblent les bras nus et traversent les vêtements légers jusqu'à la peau, les filets d'eau qui ruissellent le long du visage ou des cheveux et vous chatouillent le creux du cou...
Le thermomètre affichait un bon 33° cet après-midi, un score inhabituel pour Vernon transformée en ville morte.
Et puis toute cette humidité puisée dans l'océan a fini par se déverser sur la Normandie, sur les vaches qui broutent imperturbables, sur les chemins poussiéreux et les humains alanguis.
Ouf ! On respire à nouveau, tandis que s'exhalent dans l'air du soir des parfums de terre et de foin.
Derrière les nuages qui se déchirent le ciel bleu refait son apparition.
Ce soir les flaques ouvrent des coins d'azur sous les pieds, où viennent se mirer les roses des tonnelles.

mercredi 11 juin 2008

Couleur changeante

rosier grimpant jaune et blancCe rosier grimpant aux jolies petites fleurs simples se trouve dans le jardin d'eau de Monet, près du "lac", comme disent les enfants.
Le mélange du blanc et du jaune est d'un effet très heureux, très frais.
Ce rosier a la particularité d'avoir des fleurs qui changent de couleur.
Les boutons floraux sont jaunes, de même que la fleur quand elle vient de s'ouvrir le matin, un ravissant jaune paille entourant un coeur aux riches étamines d'or.
Mais si on revient l'après-midi, surprise ! Toutes les fleurs sont blanches !
On dirait qu'elles pâlissent au soleil, comme si la lumière les décolorait.
Avec le temps les pétales changent encore, ils se couvrent de taches roses.
Le plus étonnant est de pouvoir observer presque à vue d'oeil la transformation de la fleur.
Las ! Voyez comme en peu d'espace, elle a dessus la place ses beautés laissé choir !

mardi 10 juin 2008

Support à rosier

Support à rosierDans les jardins de Monet à Giverny on utilise encore toutes sortes de supports métalliques pour les rosiers grimpants. Ils ont été dessinés il y a plus d'un siècle par Georges Truffaut.
Ce célèbre pépiniériste était un grand ami de Claude Monet. Il a imaginé des trépieds comme celui-ci, sur lesquels on enroule les branches des rosiers - une opération qui demande un réel savoir-faire - mais aussi d'autres modèles comme les classiques arceaux qui se répètent pour former une pergola.
Des parapluies d'environ deux mètres de haut sont destinés à conduire des rosiers en arbre. Les roses partent du centre et retombent en pluie vers les côtés.
Le modèle de support le plus étrange et le plus élevé est une tour qui se termine comme un jet d'eau, recouverte de petites roses roses.
Les rosiers grimpants ne sont pas réservés au clos fleuri. Au bord du bassin, au niveau de l'embarcadère, les arceaux sont disposés en croix. On se croirait dans le transept d'une église, entouré de tous côtés par des arcades.

vendredi 2 mai 2008

Monet et Clémentel

La grande allée du jardin de Monet, photo Etienne ClémentelOn trouve des documents incroyables sur le net, par exemple cette photo couleurs de la grande allée du jardin de Monet à son époque, plus exactement un autochrome pris par Etienne Clémentel.
Cet homme politique proche de Georges Clemenceau avait une passion pour les arts et la photographie. Il a utilisé la technique de l'autochrome pour prendre plusieurs vues du jardin de Monet, dont l'une, où Monet pose devant sa maison, est très célèbre.
Ce cliché-ci est moins connu mais tout aussi captivant. Clémentel s'est placé dans le clos normand en bas de la Grande Allée. Les épicéas sont encore là, mais Monet a déjà fait installer les arceaux pour les rosiers. Malgré l'opposition d'Alice qui veut conserver les arbres il ne tardera pas à étêter les conifères.
On a ici une idée de l'ombre qui régnait dans cette allée, de l'impression de chemin forestier qu'elle pouvait donner. Monet a voulu changer ce style. Il a opté pour une impression de tunnel qui démarre devant la maison par une pergola, se poursuit sous les arceaux de la grande allée puis, de l'autre côté de la route, avec le pont japonais recouvert d'une glycine pour finir sous le couvert des bambous et du hêtre pourpre.
Les massifs de fleurs travaillés en taches de couleurs claires ont été conçus pour éclaircir l'ombre des épicéas.
Je n'ai pas trouvé la date à laquelle cette photo a été prise. Je me demande si Monet a attendu la mort d'Alice pour couper ses arbres ou si c'est elle qui a fini par céder, en femme intelligente.

mercredi 9 avril 2008

Sous le saule

Avril chez Monet Le jardin d'eau de Monet a retrouvé ses couleurs de printemps. Vu de l'autre côté du bassin, le saule le plus proche du pont japonais tend son drapé vert tendre devant la passerelle plus verte que jamais, tandis que les bambous qui n'ont pas varié de l'hiver s'ébouriffent en grands plumets de l'autre côté.
Sur l'étang les nénuphars sont prêts à ressurgir des profondeurs. Leurs dernières feuilles de l'an passé devenues presque violettes se fondent à la surface.
Les rosiers bien taillés dardent leurs épines, ils n'attendent qu'un peu de douceur pour se mettre à pousser à toute vitesse. Viendra alors le grand spectacle des glycines lavande et blanche, dont les inflorescences légères répondront au balancement des branches de saule.
La scène est prête, le rideau s'ouvre. Le pont japonais est une estrade où chacun aime à se tenir l'espace d'un instant.

dimanche 9 mars 2008

Giverny

GivernyLa maison de Claude Monet à Giverny est une leçon de perspective.
Comme deux arbres sont plantés à quelques mètres du perron principal, il n'est pas facile d'avoir une vue d'ensemble de l'édifice. La masse sombre des ifs tronçonne la maison dans sa partie médiane, empêchant de saisir d'un coup d'oeil la silhouette du bâtiment.
Si on veut photographier la maison de Monet ou la peindre en gros plan, on est obligé de se placer de côté. Les lignes parallèles de l'arête du toit, de la gouttière, du rosier grimpant et du sol convergent alors vers un même point. L'impression de lignes de fuite est renforcée par la longueur importante du bâtiment et la nécessité de se tenir à proximité. En effet, il faut rester dans l'allée, pas question d'aller prendre un peu de recul dans les plates-bandes amoureusement entretenues par les jardiniers.
Tout porte à croire que cet effet a été recherché par Monet. L'installation de la pergola, la plantation de la vigne vierge, les couleurs mêmes qu'il a choisies pour la façade et les volets montrent qu'il souhaitait que le bâtiment se fonde dans le jardin. Imaginons qu'on supprime les ifs, la maison se dresserait à l'arrière-plan, barrant l'horizon de toute sa raideur géométrique.

mardi 13 novembre 2007

Automne à Giverny

Etang de MonetVoilà à quoi ressemblait l'étang du jardin de Claude Monet fin octobre à la veille de la fermeture.
Les plantes n'ont pas toutes les mêmes réactions face à l'arrivée de la fraîcheur et à la baisse de la luminosité. Chacune a son rythme pour piger que c'est l'automne.
Le liquidambar répond tout feu tout flamme ; les rosiers rosissent ; les saules pleureurs poursuivent leurs lamentations ; la glycine se sent encore pleine de verdeur.
Et le petit chemin chemine de pont en pont, à la jonction des végétaux et de leurs reflets.

mercredi 8 août 2007

Fenêtre de jardin

Fenêtre de jardin au Jardin plume Sommes-nous dedans ou dehors ? Inutile de mettre des carreaux à la fenêtre... Au Jardin Plume, ce drôle de mur marque la limite entre le potager et le verger. Le rosier grimpant qui le recouvre donne l'illusion d'un toit, et le banc placé devant renforce cette impression d'être face à un bout de maison.
Comme le peintre, l'art du paysagiste est d'apprivoiser l'oeil, de lui donner des lignes où s'appuyer, des points d'entrée pour s'approprier ce qui s'offre à la vue. La fenêtre attire le regard comme un aimant. Au jardin comme au mur, nous aimons bien que le paysage soit serti dans un cadre.

mercredi 25 juillet 2007

Chambre de verdure

chambres de verdure dans le jardin du musée d'art américain de Giverny Au musée d'art américain de Giverny, le jardin se décompose en petites chambres de verdure dont les murs sont faits de charmilles. Ces haies évoquent pour les uns celles du bocage normand, pour les autres les bosquets de Versailles. Leur opacité est telle qu'on ne peut deviner ce qu'elles cachent. On chemine d'une chambre à l'autre, chacune réservant une nouvelle surprise.
Ici, c'est une pièce de dimensions réduites, organisée autour de végétaux bien taillés. Là, une symphonie de tons oranges. Plus loin, on découvre un tout petit parterre à la française aux buis minuscules plantés de rosiers. Ailleurs, de puissantes senteurs de plantes condimentaires vous assaillent, puis c'est le clapotis d'un petit bassin au milieu d'un massif de fleurs blanches.
On déambule. On n'a pas tellement envie d'entrer dans les jardinets, mais on passe devant en jetant un coup d'oeil à l'intérieur, et l'on en retient une image fugitive et colorée qui impressionne la rétine.

samedi 21 juillet 2007

Albizia

albizia
Ce ne sont pas ses pétales, mais ses étamines roses qui font tout le charme de l'albizia et lui valent le nom d'arbre de soie.
Celui du jardin de Monet est en fleurs, une floraison qui va se prolonger pendant plusieurs semaines.
Il est planté entre des rosiers conduits en arbres, et son rose répond au rose des roses.
L'albizia est tellement beau avec ses fleurs soyeuses, son port de pin parasol et son feuillage léger, qu'il peut se permettre quelques défauts.
D'abord, il ne pousse qu'en climat assez doux, ou alors bien protégé. Si l'on déroge à cette règle, le pauvre va stresser et se mettre à se fissurer ou sécréter de la sève ou autre symptôme de mal être.
Ensuite, même s'il ne vous fait pas le coup de la sève collante sous les semelles, il faut s'attendre à ce qu'il perde ses feuilles, ses fleurs, ses tiges, ses fruits et les gousses qui les entourent, puisque c'est une légumineuse. Autant dire qu'il vaut mieux l'admirer de loin, au milieu de la pelouse. Planté près d'une terrasse, il vous imposera un balayage quotidien.

samedi 23 juin 2007

Combien coûte un Monet ?

Les arceaux fleuris, GivernyPlusieurs toiles de Monet ont changé de main cette semaine. Cela n'était pas arrivé depuis longtemps et permet de mesurer la cote d'amour du chef de file de l'impressionnisme auprès des investisseurs.
Le feu d'artifice a commencé lundi chez Christie's, à Londres. Les arceaux de roses, Giverny (1913), ont été adjugés pour 8 millions de livres. C'est une vue du débarcadère du bassin aux nymphéas prise au moment où les rosiers grimpants sont en fleurs, exactement comme maintenant. Elle ressemble beaucoup à celle-ci, qui se trouve au Phoenix Art Museum, dans l'Arizona.

Un autre Monet, Waterloo bridge, temps couvert (1901) a triplé son estimation en atteignant 17,9 millions de livres sterling (26,5 millions d'euros). Waterloo Bridge, Temps couvert, par Claude Monet, 1901 En 1899 et en 1901, Monet séjourne à Londres au Savoy Hotel d'où il peint la vue sur le pont Waterloo qui s'offre à lui par la fenêtre. Il est pris d'une frénésie de série, cet ensemble de toiles compte plus d'une quarantaine de tableaux du même motif, retraçant les variations de la lumière et des conditions atmosphériques.

Mais le record de vente était encore à venir. Mardi, le concurrent de Christie's, Sotheby's, mettait en vente un Nymphéas qui n'avait pas été montré au public depuis 1936.
Devinez combien il s'est vendu ? 18,5 millions de livres. Soit 27,4 millions d'euros, ou si vous trouvez ça plus parlant, 180 millions de francs.
C'est le deuxième Monet le plus cher de toute l'histoire de la peinture.

Nympheas Claude Monet Je ne sais pas si ça vous cause, tous ces chiffres, personnellement quelle que soit la monnaie je n'arrive pas à imaginer une pareille somme d'argent. A la louche, ça représente une centaine de maisons au prix moyen de l'immobilier à Vernon. Ou plus d'un millier de voitures flambant neuves. Ou plusieurs vies de labeur.
Vous voulez que je vous dise ? Ca fait cher. Faudrait voir à faire attention, la prochaine fois au musée, de pas rayer la peinture.

mercredi 20 juin 2007

Mais alors, vous répétez toujours la même chose ?

Lysimaque et rosier lianeLes lysimaques, ces belles vivaces jaunes d'un mètre de haut, sont en fleurs à Giverny. J'avais oublié leur nom appris l'an dernier. A force de passer devant le massif, il m'est revenu tout seul. La vue de la plante a dû solliciter la bonne case dans la mémoire, je suppose. Au bout de quelques jours le nom de lysimaque s'est imposé aussi clairement qu'une étiquette.
Pour les guides, la mémoire est aussi essentielle que la voix. J'explore, en même temps que ce métier, le fonctionnement mystérieux du souvenir.

Parler sans notes devant un public a une façon particulière de solliciter la mémoire. C'est un peu s'élancer sans filet pour un numéro de trapèze volant, le risque physique en moins. On vient d'exécuter une figure, le temps d'une respiration et il faut enchaîner pendant que le public est attentif. Qu'est-ce qui vient après, déjà ? Des groupes de mots ou des images apparaissent, évoquant une anecdote, un point à expliquer. Des enchaînements logiques permettent de poursuivre sans effort. Une idée en appelle une autre. Des formulations heureuses trouvées lors de visites précédentes ressurgissent spontanément.

Quand j'évoque mon métier, une phrase revient souvent chez mes interlocuteurs : "mais alors, vous répétez toujours la même chose ?" Bizarrement, ils ont tous un ton un peu horrifié pour dire cela.
Nous vivons dans un monde qui abuse de la répétition - les mêmes chansons, les mêmes informations, les mêmes publicités, les mêmes sketches, les mêmes conseils inlassablement répétés, nous la subissons sans penser à nous en plaindre, et pourtant redire la même chose deux fois de suite nous fait peur.
C'est étrange à quel point nous sommes programmés pour ne pas nous répéter. Combien cela nous met mal à l'aise de nous apercevoir que nous avons déjà dit cela tout à l'heure, même si c'était à d'autres personnes. J'imagine que cela doit avoir un sens profond vraiment important, évoquer le gâtisme du grand âge et de la proximité de la mort, peut-être, ces vieillards qui radotent à n'en plus finir...
S'il n'y avait ce malaise, je trouverais cela très confortable de répéter toujours la même chose. Peut-être qu'il finira par disparaître. J'imagine que les profs qui ont des classes de même niveau, ou les médecins en cas d'épidémie de grippe, finissent par s'habituer à ce ronron du rabâchage. Pour l'instant je louvoie. Certaines parties bien rôdées, bien ficelées, je n'y touche plus. Mais entre elles il y a une marge d'improvisation, du discours à construire au fur et à mesure. Cela me permet de ruser, de ne pas faire deux fois de suite la même visite. Et de ne pas répéter toujours la même chose.

lundi 28 mai 2007

Histoire de couple

La grande allée du jardin de Monet J'aime bien raconter l'histoire de la grande allée. Tout le monde s'y projette volontiers, et elle suscite souvent des commentaires ou au moins un sourire de la part des visiteurs.
La grande allée existait déjà à l'arrivée de Monet et sa famille, divisant le jardin en deux parties égales. Elle était bordée de grands sapins et se terminait par les deux ifs que l'on voit toujours.
L'ombre donnée par les arbres en jetait une sur le couple de Claude et d'Alice, la future femme de Monet : ils étaient très divisés sur la question.
Alice appréciait beaucoup cette allée ombragée qui lui permettait de sortir dans le jardin sans ombrelle. Monet ne l'aimait guère parce que les fleurs refusaient d'y pousser.
Vous pouvez voir sur la photo qui a gagné. De disputes en négociations, Monet a obtenu ce qui a dû lui paraître un compromis. Il a conservé les ifs, et il a fait couper les sapins à trois ou quatre mètres de hauteur.
Vous imaginez ce que cela donne de couper des sapins adultes à trois mètres du sol : il ne reste que des troncs dénudés, des sortes de colonnes sur lesquelles Monet a fait pousser des rosiers grimpants. Entre ces piliers, il a installé les arches métalliques qui servent également de supports à des rosiers.
L'effet était assez joli, même si les fûts couverts de roses faisaient un peu bizarre. Au fil du temps, les arbres privés de branches et de faîte ont fini par pourrir. Monet les a fait abattre définitivement et l'allée a pris son aspect d'aujourd'hui.

dimanche 20 mai 2007

Souvenir de jardin

Massif de pelargonium et de rosiers tiges dans le jardin de Monet à Giverny C'est la pleine floraison des roses à Giverny. Devant la maison de Monet, le massif de rosiers tiges et de pelargoniums est au mieux de sa beauté.
L'espace qui s'étend devant la demeure a conservé quelque chose des parterres à la française qui s'y trouvaient avant l'arrivée de Monet.
C'est une zone plus formelle que le reste du jardin, avec des plates-bandes composées de fleurs d'une seule variété et d'une seule couleur, contrastant avec la profusion qui règne ailleurs. Au printemps, ce sont des tulipes roses surgissant de myosotis bleus. En été, des étendues de géraniums roses ou rouges.
J'ai déjà parlé de ce massif de géraniums et de rosiers devant lequel Monet aimait se faire prendre en photo.
Ce parterre semble d'un autre style, d'une autre patte que la sienne, et pour cause : le peintre a reproduit un souvenir de jardin. Le massif est une copie de celui de son enfance dans le jardin de sa tante Lecadre près du Havre.
Alors qu'il était âgé d'une vingtaine d'années, Monet a peint à plusieurs reprises le jardin de Sainte-Adresse. Quand on regarde bien le fond de ce tableau on reconnaît le massif qui a servi de modèle pour celui de Giverny.
Ainsi se balance l'espace devant la maison : devant l'aile droite, sous les fenêtres de la chambre du peintre, le parterre qui lui évoque son enfance. Au bout de l'aile gauche, côté cuisine et chambre des filles d'Alice, l'enclos aux dindons chargé de souvenirs pour Alice.

samedi 19 mai 2007

Rose simple

Rose simple dans le jardin de Monet à GivernyMonet préférait les fleurs simples, c'est-à-dire avec une seule rangée de pétales, aux fleurs doubles froufroutantes de pétales bien serrés.
Parmi toutes les roses qui fleurissent cette semaine à Giverny, il s'en trouve beaucoup qui ressemblent à celles-ci.
Ces variétés simples sont proches de l'églantine sauvage, l'aïeule de tous les rosiers. En mai l'églantine étale ses fleurs aux délicates teintes nacrées le long des chemins, leur offrant pendant quelques jours des allures de jardin.
Réciproquement, accueillir des roses simples dans un jardin de fleurs lui donne aussitôt un je ne sais quoi de rustique qui rappelle les chemins creux.
C'était peut-être l'effet que recherchait Monet à Giverny, un côté naturel un peu sauvage, un peu campagne, qui cadre avec le lieu et l'amour du peintre pour les paysages de Normandie.

lundi 14 mai 2007

Exposition Monet chez Wildenstein

Adolphe Monet lisant dans un jardin, Claude Monet 1866, collection particulièreLa moitié des Monet environ se trouve dans des collections privées : un millier de toiles inconnues ou presque du public, rarement présentées dans des livres. La seule occasion d'admirer ces oeuvres appartenant à des particuliers est d'aller voir les expositions où, parfois, elles sont prêtées.
Les New-Yorkais ont cette chance en ce moment. Jusqu'au 15 juin, la galerie Wildenstein organise une exposition consacrée à Monet (Wildenstein & Co. 19 East 64th St New York, NY, Lundi - Samedi 10h-17h - Entrée 10$ - Senior/Etudiant 5$).
62 tableaux, la plupart sortis des coffres ou décrochés des murs de belles demeures, dressent un portrait insolite de l'oeuvre du peintre de Giverny.
Pour rassembler autant de trésors dans une galerie privée, il ne fallait pas moins que le nom et l'entregent de Guy Wildenstein. Son père Daniel Wildenstein a consacré une grande partie de sa vie à dresser le catalogue raisonné de l'oeuvre de Monet, suivant à la trace le devenir de chacune des 2000 toiles. Il a écrit une biographie du peintre qui fait autorité. Cette exposition est donc un double hommage, à Claude Monet et à Daniel Wildenstein, décédé il y a cinq ans.
La toile ci-dessus s'intitule "Adolphe Monet lisant dans un jardin". Elle représente le père de Claude Monet et a appartenu à son frère Léon. C'est une oeuvre de jeunesse, peinte par Monet en 1866, à l'âge de 26 ans. On reconnaît à l'arrière plan le massif de pélargoniums et de rosiers conduits en arbres qui figure dans "Jardin en fleurs" exécuté le même été (musée d'Orsay). Monet a reproduit ce massif devant sa maison de Giverny.

mercredi 29 novembre 2006

La grande allée fin novembre

La grande allée du jardin de Monet, fin novembreFini, les splendeurs colorées des jardins de Monet à Giverny, les flots de capucines dans la grande allée... En un clin d'oeil, tout a disparu.
Il n'a pas encore gelé pourtant, ce qui est inhabituel si tard en saison. Mais les jardiniers de la Fondation Monet ont profité du temps clément pour nettoyer les plates-bandes, tailler les rosiers, diviser et replanter les vivaces, mettre en terre les bulbes...
D'autres équipes s'occupent de repeindre les bancs du jardin et les ponts japonais.
Le temps presse pour préparer le jardin en vue du printemps. Le travail ne manque pas, d'ici l'ouverture le 1er avril prochain.

jeudi 26 octobre 2006

La Grande Allée fin octobre

La Grande Allée du jardin de Monet, fin octobreSous le ciel bleu de l'automne, la grande allée déverse sa rivière de capucines.
Les massifs de rudbéckias ont perdu leur couleur éblouissante, mais le jardin présente encore une large palette de dahlias, de cosmos, ou d'amarantes queue de renard.
Sur les arceaux, les rosiers grimpants refleurissent, donnant à l'arrière-saison quelques accents printaniers.

mardi 1 août 2006

Massif de géraniums

massif de géraniums et de roses dans les jardins de Monet à Giverny La photo numérique ci-contre, prise cet été devant la maison de Monet à Giverny, me fait penser à l'autochrome de 1923 ci-dessous. Le peintre se trouve dans son jardin, entre deux massifs de fleurs. Sa main qui tient la cigarette reste en suspens pendant le temps de pose prolongé.
On possède plusieurs photos couleur des jardins de Monet. Elles ont le charme inimitable des autochromes, un procédé inventé par les frères Lumière au début du siècle pour capturer la couleur sur des plaques de verre recouvertes de fécule de pomme de terre.
A gauche de Monet, des rosiers taillés en arbres dominent un massif de géraniums (ou de pélargoniums si vous préférez). A droite, des tuteurs de bois servent de support à des plantes grimpantes rouges, sans doute des haricots d'Espagne. A leur base s'étend un massif de pélargoniums roses et rouges bordé de plantes à feuillage gris, peut-être des oeillets.
Monet dans son jardin à Giverny vers 1923, autochromeQuand, à la fin des années 70, il a fallu recréer les jardins retournés à l'état de friche, les jardiniers se sont appuyés sur les photos d'époque, les souvenirs des visiteurs contemporains et des documents d'archives. On peut voir ici avec quelle fidélité l'esprit des jardins de Monet a été restitué.

lundi 3 juillet 2006

Rose Mermaid

Rose MermaidUne séduisante sirène sous la fenêtre de la chambre de Claude Monet, à Giverny : ce rosier à fleurs simples, jaune pâle, se nomme Mermaid (sirène en anglais). Il devait plaire beaucoup au maître des lieux pour avoir droit à cet emplacement privilégié.
Tout le long de la terrasse, des rosiers grimpants s'appuient sur des armatures métalliques placées le long de la balustrade, formant une guirlande fleurie à la maison.
Ce n'est pas vraiment une pergola, il manque les croisillons qui formeraient le toit de verdure. Mais vus du jardin, les rosiers grimpants qui courent devant la maison en donnent l'illusion.
Les murs en eux-mêmes sont recouverts de vigne vierge. Ils flambloieront à l'automne, quand les roses seront passées.

samedi 24 juin 2006

Rose orange

Rose orange dans les jardins de Monet à GivernyDans les jardins de Monet à Giverny, ce buisson de roses se taille un beau succès. Impossible de passer à proximité sans entendre des exclamations d'admiration dans toutes les langues. C'est la star, tout le monde le prend en photo.
C'est sa couleur qui remporte tous les suffrages. Ce rose un peu saumonné, un peu orange. Original, non ?
Si vous voulez retrouver ce rosier lors de votre prochaine visite, vous ne pouvez pas le rater, il se trouve entre la maison de Claude Monet et la boutique.

jeudi 15 juin 2006

Boîte aux lettres

Boîte aux lettres à GivernyUne idée à prendre si une boîte aux lettres de la Poste orne votre mur : elle devient très romantique encadrée par un rosier rouge grimpant. On imagine aussitôt des lettres enflammées et parfumées...
Cette boîte est la plus proche de la maison de Monet à Giverny. Etait-elle déjà là quand Alice entretenait une correspondance quotidienne avec Claude, pendant ses longues campagnes de peinture ?
Aujourd'hui les lettres postées dans cette boîte ne portent pas le cachet de Giverny, elles sont oblitérées au bureau voisin de Gasny, dont la flamme est à l'effigie de Claude Monet.

vendredi 9 juin 2006

Rosier grimpant

Rosier grimpant dans le jardin de MonetUne harmonie de fin de printemps règne en ce moment à Giverny. Le jardin fleuri qui s'étend devant la maison de Monet est éblouissant de couleurs.
Les rosiers grimpants savamment taillés et conduits en arbres, en arceaux, en tonnelles, en haies, déversent leur pluie de fleurs, en écho aux pivoines, leurs cousines des plates-bandes.
Les supports des clématites maintenant défleuries s'illuminent à nouveau de la floraison des roses.
Les variétés sont choisies pour s'échelonner. Alors que certaines resplendissent, d'autres, couvertes de rangs serrés de boutons, promettent des délices futures.
C'est une des caractéristiques du jardin de Monet. Le coeur tressaille devant le spectacle qui constitue le clou du moment, la glycine au-dessus du pont japonais, l'allée des iris, les rideaux de clématites, les rosiers-arbres... Mais en même temps, on a toujours l'impression d'arriver trop tôt ou trop tard pour quelque chose.
Le goût de la collection propre à Monet devient une nécessité pour donner à voir tout au long des sept mois d'ouverture. Si bien que pour admirer toutes les roses, ou tous les iris, il faudrait venir chaque semaine tout au long de leur période de floraison.

jeudi 8 juin 2006

La Grande Allée début juin 2006

La Grande Allée début juin 2006Juin est le mois des roses, et d'habitude les arceaux qui surplombent la grande allée du jardin de Monet se recouvrent de fleurs, dans une explosion de couleurs du meilleur effet.
Que s'est-il passé cette année ? Les rosiers grimpants ont l'air malades. Ils peinent à s'étirer le long des arceaux. On aperçoit, tout au bout de l'allée, une maigre floraison.
Heureusement, le clos normand ne manque pas de rosiers en pleine forme et très en beauté en ce moment.
Dans les plates-bandes de la grande allée, quelques nouveautés : pivoines, bleuets, campanules, et les capucines encore petites mais prêtes à s'élancer à l'assaut de l'allée.

jeudi 25 mai 2006

La Grande Allée fin mai 2006

La Grande Allée fin mai 2006 Les pensées et les myosotis roses achèvent leur floraison, ils seront bientôt remplacés par les capucines. Les taches de couleurs sont données par des plantes un peu plus hautes comme des giroflées.
C'est une période intermédiaire où les tulipes sont passées, les rosiers sur les arceaux encore en bouton.
La fleur reine dans le jardin cette semaine, c'est l'iris, mais il n'y en a pas dans la grande allée.

mercredi 24 mai 2006

La glycine du musée d'art américain

glycineLa floraison des glycines mauves se termine, laissant place à l'heure de gloire des glycines blanches.
A Giverny, le musée d'art américain est situé à 100 mètres de la maison et des jardins de Monet. Les bâtiments du musée, très contemporains, aussi bien que ses jardins sont traités dans un tout autre style que chez le père de l'impressionnisme. Mais l'entrée du musée de beaux arts rend doublement hommage à Monet.
On accède au musée d'art américain par une allée terminée par une passerelle. Cette allée passe sous une pergola couverte de glycines blanches.
Passerelle et glycine, voilà qui évoque irrésistiblement le pont japonais de Monet. Les arceaux qui supportent la glycine font pour leur part penser à ceux de la Grande Allée, où ils sont ornés de rosiers.
Pour le plaisir de l'oeil, le flou de la glycine est compensé par la rigueur du buis et des lavandes taillés, dans un subtil dégradé de verts.

dimanche 2 avril 2006

La Grande Allée début avril 2006

Voici la grande allée telle qu'elle se présente cette année à l'ouverture de la Fondation Monet à Giverny. L'hiver s'est un peu éternisé. La végétation a environ deux semaines de retard.
Les couleurs vont arriver dans quelques jours s'il se met à faire chaud. En attendant, on peut observer les structures métalliques qui servent de support aux rosiers grimpants. Ces arceaux ont été imaginés par Truffaut pour Claude Monet afin de mettre en valeur les roses et de forcer la plante à produire. Les arcades, mais aussi les trépieds qu'on voit ailleurs dans le clos, les supports en forme de parasol, sont en fer peint. Ils rappellent la passion du 19e siècle pour ce matériau qui s'est exprimée dans les grandes choses comme dans les petites, de la tour Eiffel aux gares parisiennes, et jusque dans les jardins...


Références :

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