Giverny (presque) la nuit

Maison de Monet à Giverny à la nuit tombante

 Comme au temps de Monet, la maison avec les lampes allumées, quelques minutes avant la fermeture le 1er novembre. 

Giverny une dernière fois

fleurs d'automne à Giverny

Une température qui flirte avec les 20° l'après-midi, il n'en faut pas plus pour donner des envies de promenade dans les jardins. Il y avait foule le 1er novembre à Giverny, pour le dernier jour d'ouverture de la Fondation Monet. 

Eh oui ! Il faudra maintenant attendre jusqu'au 23 mars 2018 pour profiter à nouveau du chef d'oeuvre floral de Claude Monet. Malgré le pincement de tristesse que l'on éprouve à voir les jardins de Monet fermer pour cinq mois, c'en est fini de la saison 2017. les fleurs sont un peu moins belles chaque jour. On trouve encore de jolies scènes colorées comme celle ci-dessus, mais les nuits fraîches ont raison des fleurs les plus fragiles.      

Une consolation :  le musée des impressionnismes est ouvert jusqu'au dimanche 5 novembre. Il est encore temps de faire le plein de couleurs à l'exposition Manguin. L'année prochaine, le musée rouvrira avec une exposition sur le japonisme et l'impressionnisme qui promet d'être passionnante. Une belle sélection de tableaux de Monet est prévue, en compagnie de toiles de ses amis et de nombreuses oeuvres d'artistes japonais. Je me réjouis d'avance de cet éclairage sur l'influence du Japon dans la peinture du 19e siècle. 

Soleil rose à Giverny

Soleil rose à Giverny

Il paraît que ce sont des nuées de sable venues du Sahara qui ont donné cette couleur étrange au ciel en début de semaine. Une lumière de soleil couchant baignait Giverny dès cinq heures de l'après-midi et teignait le jardin de Monet d'un drôle de rose. L'air exceptionnellement doux prolongeait la sensation d'été. 

La température et la lumière sont redevenues normales. Le jardin est encore beau, mais il amorce son déclin. Du côté du jardin d'eau cela se fait avec panache. C'est ce moment de l'année que j'adore où les feuilles étoilées des liquidambars viennent se poser sur la surface du bassin, réveillant le vert des feuilles de nénuphars de rouges subtils.

Plus que dix jours pour se laisser ensorceler par la beauté de Giverny, avant que les jardins ne ferment pour l'hiver. 

Giverny en bouquet

 

Bouquet dans la salle à manger de Giverny

Un bouquet de fleurs fraîches orne la table de la salle à manger de Monet à Giverny. On sait que le peintre aimait s'entourer de fleurs jusque dans sa maison. Les jours de mauvais temps, (peut-être même s'il faisait beau ?) il lui arrivait d'arranger des bouquets avec les fleurs de son jardin pour les peindre. Mauves, hélianthes, chrysanthèmes, soleils, dahlias ont posé pour Claude Monet. 

Ce sont les jardiniers qui composent les bouquets, en leur donnant l'aspect des massifs qu'ils créent à l'extérieur. Dans le port très libre des fleurs qui trônent sur la table, on a l'impression de retrouver l'ambiance si particulière du jardin.

Les bouquets changent très souvent et mettent à l'honneur les floraisons du moment. Ces derniers jours, le bouquet imaginé par Claire-Hélène mêlait cosmos, asters et dahlias dans un camaïeu de roses, de mauves et de fuchsias. Je parle bien de noms de couleurs et non de fleurs, mais on a beau faire, ces dernières sont incontournables quand il s'agit de préciser des teintes. 

C'est toujours une surprise de découvrir le bouquet du jour. Quelquefois ce sont de splendides soleils, dont les tons lumineux répondent aux jaunes de la pièce. En ce moment les hélianthes dominent dans les massifs. Peut-être en verra-t-on bientôt dans la maison ? Les jardiniers sont obligés d'en retirer régulièrement pour laisser de la place aux autres fleurs. "Il faut savoir couper", disent-ils. C'est un crève-coeur de voir ces fleurs toutes fraîches finir dans la brouette, et tellement plus joli de les admirer encore dans la maison !

Ricin

Ricin à Giverny

Dans les jardins, le ricin est une belle plante ornementale de grande taille qui se pare de larges feuilles palmées rouges ou vertes. Elle attire l'oeil et elle évoque quelque chose de connu, si bien qu'il est intéressant de la présenter aux visiteurs de Giverny.

J'avais pris l'habitude de dire : "et voici du ricin, dont on fait l'huile de ricin, un truc inventé pour torturer les enfants". Mais il y a quelques jours mon client m'a reprise d'un ton bougon. "C'est mal, ce que vous avez dit, j'en ai donné à mes mômes." Oups ! Les petits n'aimaient pas ça, mais quand même. Du coup j'ai changé de formule. Je dis "l'huile de ricin, qui est si délicieuse…" Vive les antiphrases.    

Ricin

Hubert Robert à La Roche-Guyon

Hubert Robert à La Roche-Guyon

Hubert Robert, Vue du château de La Roche-Guyon, vers 1773-1775, huile sur toile, H95;L276 cm, Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Les tableaux d'Hubert Robert regorgent de petits personnages et d'animaux pleins de vie. Diderot aurait préféré qu'il en fit moins, et mieux. Que cela eût été ennuyeux. Sur la grande toile qui représente le château de La Roche-Guyon, le peintre s'est figuré comme il en avait l'habitude avec un carton à dessins sous le bras. Il regarde une femme en train de crayonner sous un parasol rose : la duchesse de Chabot, dont c'est le château, s'applique. Quand elle n'est pas à La Roche mais à Paris, elle tient un salon où Robert donne des cours de peinture. Ils se connaissent et s'estiment, si bien que c'est Robert qui se verra chargé de concevoir les jardins anglais qu'elle projette à flanc de colline.    

Le jeune Mozart a gardé un souvenir cuisant de cette académie de peinture. Il avait été invité à venir jouer du pianoforte en l'hôtel particulier rue de Seine de la duchesse. Dans une lettre du 1er mai 1778 (il a 22 ans) il raconte à sa famille que la duchesse

s'assit et commença à dessiner, toute une heure durant, en compagnie d'autres Messieurs, qui étaient tous assis, en cercle autour d'une grande table (…) Pour abréger, je me mis enfin à jouer, sur ce misérable pianoforte. Mais le plus vexant c'est que Madame et tous ces Messieurs n'interrompaient pas un instant leur dessin, le continuèrent au contraire tout le temps, et je dus donc jouer pour les fauteuils, les tables et les murs. 

Je tire cette citation du catalogue de l'exposition qui a lieu en ce moment à la Roche-Guyon : Hubert Robert et la fabrique des jardins (jusqu'au 26 novembre 2017). Le catalogue est un régal de lecture, l'expo elle-même est superbe et les salles du château s'en trouvent magnifiées.

Exposition Blanche Hoschedé-Monet à Vernon

ffiche de l'exposition Blanche Hoschedé Monet à Vernon

Elle aurait pu se prénommer Rose, ou Violette, ce fut Blanche. Une couleur. La belle-fille de Monet, Blanche Hoschedé, est devenue Blanche Monet en épousant le fils du peintre Jean. Comme artiste, elle préférait utiliser son nom de jeune fille, parfois suivi de celui de Monet. 

Le musée de Vernon lui consacre une exposition, à voir jusqu'au 29 octobre 2017.

A travers une trentaine de toiles qui complètent celles présentes dans les collections, sept à ce jour, on suit le parcours de celle qui était "non pas dans l'ombre de Monet, mais dans sa lumière", pour reprendre le mot de son frère Jean-Pierre Hoschedé. Si le dessin manque parfois d'assurance, le coloris séduit, du plus évanescent au plus vibrant, comme sur le tableau de l'affiche réalisé dans la salle-à-manger de Giverny.

 Blanche peignait par plaisir et passion, mais sans chercher à en faire une activité professionnelle. Ses quelque deux cents toiles sont restées pour beaucoup dans la famille. Ses motifs pris à Giverny mais aussi à Rouen, Aix-les-Bains ou au Cap Ferrat ont toute la vibrance d'une impressionniste qui a su assimiler l'exemple de Claude Monet. 

La Poste aux chevaux à Vernon

La Poste aux chevaux à Vernon

Ancien hôtel du Grand Cerf à Vernon, place Chantereine

Du temps où Vernon était cernée de murailles, le Grand Chemin de Paris à Rouen traversait la ville de part en part. En venant de Mantes, on entrait dans Vernon par la porte de Gamilly, l'actuelle place de Paris, et on en sortait à la place Chantereine. Sur cette distance de moins d'un kilomètre le voyageur d'avant la Révolution trouvait pas moins de dix-huit établissements où il pouvait passer la nuit.  

(suite…)

Abutilon

Fleurs d'abutilon dans un vase, Claude Monet

Claude Monet 1882 Vase de fleurs 80 x 45 cm W810 Philadelphia Museum of Art, Pennsylvania

Selon Daniel Wildenstein, auteur du catalogue raisonné de Claude Monet, la fleur peinte par Monet dans cette nature morte est un abutilon à feuilles marbrées Abutilon striatum thompsonii. Bien qu'il porte le nom courant de lanterne chinoise, l'abutilon n'a rien d'asiatique. Il vient d'Amérique du Sud. 

(suite…)

Mini jardin à Giverny

Mini jardin à Giverny

A côté des vastes jardins de Claude Monet, dont l'étendue dépasse ce qui peut se faire chez soi, Giverny récèle un petit bijou de mini jardin. C'est celui de la boutique Emilio Robba, en face de la maison de Monet.

Ce sont les jardiniers de la Fondation Monet qui cultivent ce jardin de poche, avec tout leur savoir-faire et les ressources de leurs serres. 

En ce moment, voici l'aspect qu'a le massif devant la boutique, orienté à l'est. Les tons jaunes dominent, avec des rudbeckias, des solidagos, des gaillardes, et quelques touches de rose apportées par les sedums, les mufliers et les dahlias.

(suite…)

Retour à Giverny

Retour à Giverny

L'été s'avance, avec ses fleurs de plus en plus hautes qui jouent à cache-cache les unes avec les autres. Tout se brouille. On s'immerge dans le végétal, dans la couleur. 

Je retrouve le jardin de Monet, à peine changé, plus impressionniste que jamais. Déjà le souvenir s'estompe de ce que j'ai vu ailleurs. Dans l'oubli qui commence à faire son oeuvre, surnagent les éléments qui m'ont marquée : le gazon, les topiaires, les plantes exotiques, tous absents de Giverny. 

Je retrouve aussi les visiteurs. "Moi, de toute façon, je suis déjà venu, c'est la troisième fois," fanfaronne l'un d'eux, comme si cela lui conférait une quelconque supériorité sur le reste du groupe. Pourquoi revient-on à Giverny ? Pourquoi d'autres pensent-ils avoir "fait" Giverny et ne songent pas à le "refaire" ? Qu'est-ce qui nous attire, nous invite, nous incite, au moment d'opérer un choix de destination ?

Il y a le confort de revenir vers un endroit qui nous a ému, avec ce contrat implicite que nous attendons d'en être ému à nouveau. Et de l'autre côté, cet appétit de collectionneur qui nous pousse à cocher des lieux, des sites, des destinations, selfie à l'appui : j'y étais. Vite, avant de mourir. 

Gazon anglais

Pelouse à Sissinghurst

Les Anglais ont l'art du gazon. Chez nous, une merveille pareille serait protégée comme un massif de fleurs, avec interdiction de poser le pied dessus. Rien de tel outre-Manche. Fouler la pelouse fait partie du plaisir de la promenade au parc ou au jardin, une sorte de droit imprescriptible.

Celle que vous voyez ci-dessus se trouve à Sissinghurst, dans le Kent. Le jardin créé par la romancière et poétesse Vita Sackeville-West et son mari Harold Nicolson présente un certain nombre de points communs avec Giverny : surface, renom international, oeuvre personnelle d'un artiste…  et aussi un grand nombre de différences. Ce magnifique gazon, par exemple. 

Il est l'objet de tous les soins, naturellement. Même si le climat y est pour beaucoup, cela ne suffit pas. Il faut aussi tondre régulièrement. Tel qu'il était là, le jour de la photo, les brins d'herbe mesuraient 27 millimètres. C'est un peu long, vous en conviendrez. Mais c'était un lundi. Le jour de tonte de cette pelouse est le mardi, dès le lendemain on allait recouper le gazon à 22 millimètres. Ouf.

Dans chaque jardin anglais, on voit des jardiniers en train de tondre. Ils le font avec une grande précision, notamment dans les changements de sens. Le but est d'obtenir des rayures bien nettes. A Sissinghurst, ces rayures ne suivent pas le sens de la grande longueur, elles sont obliques. C'est parce que la pelouse n'est pas tout à fait rectangulaire, mais, selon Vita, en forme de cercueil. Si les rayures étaient parallèles à l'un des côtés, cette irrégularité sauterait aux yeux.

Je ferais bien de faire attention à ne pas dire pelouse, d'ailleurs, car cela sous-entend que le précieux gazon serait animé de pâquerettes ou de trèfle. Damned ! Pourquoi pas du pissenlit pendant qu'on y est ? Le gazon n'est pas partageur. Il veut régner en maître. Complimentez un jardinier anglais sur son merveilleux gazon, il s'excusera de la minuscule touffe de trèfle que vous n'aviez même pas remarquée. Lui ne voit que ça. Si vous n'étiez pas là, il serait déjà parti l'éradiquer. 

Pour son gazon, le jardinier anglais a l'oeil et les soins d'un coiffeur. Il repère les épis, les zones un peu trop piétinées où les brins ne se redressent plus, celles où la terre finit par être à nu. Il tient en réserve du gazon tout poussé dont il peut prélever des morceaux. Si un coin du tapis vert s'élime, il y pratique des greffes de moquette vivante. 

C'est culturel, cet amour du gazon et du jardinage. Dans l'une des citations que l'on peut lire à Sissinghurst, Vita dit qu'au bout de vingt ans, elle pense être arrivée à avoir "un jardin décent". J'adore cet emploi si british du mot décent. Cela m'a fait penser à une case d'Astérix chez les Bretons où l'on voit un jardinier anglais peaufiner un impeccable jardin tout en disant "Avec 2 000 ans de soin, je pense que mon gazon sera fort acceptable". A la case suivante, Astérix et Obélix déboulent avec un char lancé à vive allure qui laisse de profondes ornières dans le gazon. 

C'est culturel, c'est-à-dire qu'il y a quelque chose qui nous échappe et nous est étranger dans l'attention dont le gazon fait l'objet en Grande-Bretagne. Mais quand même, le climat anglais aide bien. Parmi les différences entre Giverny et Sissinghurst figure l'arrosage automatique. Le jardin anglais n'en a pas. Pas besoin. Si la saison est exceptionnellement sèche, on arrose à la main, massif après massif, pelouse après pelouse. Cela prend une semaine de couvrir toute la surface du jardin. Au bout d'une semaine, en général, il pleut. 

Exposition Manguin à Giverny

Henri Manguin les Estampes

Henri Manguin, "Les Gravures" 1905 Huile sur toile 81 x 100 cm Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza. 

Le musée des impressionnismes de Giverny célèbre la couleur à travers une exposition à voir jusqu'au 5 novembre 2017 dédiée à Henri Manguin, l'une des figures du fauvisme. On a un peu oublié aujourd'hui ce grand peintre ami de Matisse, de Marquet ou de Camoin, très célèbre il y a un siècle. 

Près d'une centaine d'oeuvres retrace le parcours de ce "peintre voluptueux", pour reprendre le mot de Guillaume Appolinaire, des années de formation sous l'égide de Gustave Moreau jusqu'aux audaces chromatiques les plus vibrantes. Manguin revient ensuite à une peinture plus mesurée qui célèbre le bonheur de vivre, la beauté des paysages de la Côte d'Azur, et son amour pour sa femme Jeanne et leur fils Claude. 

C'est Jeanne, justement, qui pose deux fois dans le tableau ci-dessus, les Gravures.  Certes, la scène qui réunit autour d'un album de lithographies une femme nue et une autre sagement habillée n'est guère vraisemblable, mais quel régal pour les yeux dans le contraste des couleurs, l'expression douce des visages et la rondeur enveloppante des courbes. 

(suite…)

Giverny 365 fleurs

Giverny 365 fleurs calendrier perpétuel Ariane Cauderlier

Si vous avez toujours rêvé de connaître le nom des fleurs qui poussent à Giverny, voici un calendrier perpétuel qui devrait vous plaire. "Giverny 365 fleurs " présente chaque jour une nouvelle fleur de Giverny, avec son nom botanique, son nom en français et en anglais, et la date de la photo comme indication de la période de floraison. 

Toutes les photos ont été prises dans les jardins de Claude Monet. Quand c'était possible j'ai préféré les photos où on reconnaît les lieux, comme sur celle de la couverture. Cela donne à ces portraits de fleurs un certain charme différent d'une encyclopédie. 

J'ai passé plusieurs mois à identifier les fleurs, avec l'aide des jardiniers de Giverny.  Parfois nous avons réussi à aller jusqu'au nom commercial du cultivar, mais pas toujours. En cas de doute sur la variété nous avons préféré n'indiquer que le nom de l'espèce. 

Pour la présentation, Giverny 365 fleurs est le frère jumeau de Giverny 365 photos, publié en 2015. Même format et même prix de vente de 19 euros. 

Si vous souhaitez commander l'un ou l'autre, la livraison est gratuite jusqu'au 1er août 2017 pour les lecteurs du blog. Il vous suffit de me laisser un commentaire et je prendrai contact avec vous. 

Les roses de Bagatelle

Les roses de Bagatelle

Quand on vient de Giverny, tout paraît démesuré à Bagatelle. Ce grand parc parisien couvre au total 24 hectares, contre 2 chez Claude Monet. C'est un peu comme si vous aviez l'habitude de faire vos courses au Monoprix et que vous vous retrouviez d'un seul coup dans un hypermarché. Vous avancez, un peu effaré d'avoir à parcourir de telles distances pour trouver ce que vous cherchez. 

(suite…)

Tigridia

Tigridia

Avez-vous déjà vu cette bête-là ? Qu'on le nomme oeil de paon ou lis de tigre, le tigridia est une fleur qui laisse béat. Dans le genre m'as-tu-vu, il se pose un peu là. 

Cela vaut mieux pour lui de se faire remarquer, car sa floraison ne dure qu'une journée. Et encore, pas toute une journée. A cinq heures de l'après-midi, le tigridia a déjà plié bagage. Le matin, il n'est pas encore ouvert. Pour le voir et le photographier, il faut viser la mi-journée. 

Et puis, le tigridia ne fleurit pas tout l'été non plus. Sa tige porte au mieux quatre boutons. En une semaine, l'oeil de paon a tiré toutes ses cartouches. Rien à voir avec la floraison interminable des orchidées auxquelles ses couleurs font penser. 

Les jardiniers de Giverny le cultivent pour son côté spectaculaire. Monet aimait bien que ses fleurs fassent de l'effet, et ses contemporains rapportent combien ils étaient impressionnés par son jardin. 

Si vous aussi vous ne cherchez pas à ménager votre peine pour vos massifs, ce bulbe d'été qui se décline en toute une gamme de couleurs du jaune au rouge y fera sensation. 

Monet et les hémérocalles

Monet et les hémérocalles

Les Hémérocalles, Claude Monet. Huile sur toile

C'est au musée Marmottan-Monet à Paris qu'on se trouve face à face avec cette toile de grandes dimensions : 150 x 140 cm. Aussi hauts que nature, les hémérocalles flamboient avec grâce, émergeant de leur masse de feuilles d'un vert vif.

(suite…)

Palette d’été à Giverny

Massif de fleurs d'été à Giverny

Pas de doute, cette fois c'est l'été au calendrier des fleurs. A Giverny elles rivalisent de couleurs pour aguicher les insectes qui viennent se rouler dans leurs étamines et en ressortent tout poudrés de pollen. Au pied des rosiers, les premiers dahlias sont là. Les delphiniums exposent leurs bleus violacés. Les alliums ont gardé toute leur tête. Et les lis éblouissent, plantés serrés dans une palette qui va du jaune au pourpre. 

Canicule à Giverny

Arrosage à Giverny

Juin a été chaud à Giverny. Le thermomètre qui affiche 40°, je crois que c'était la première fois que je voyais ça ici. Ce qu'il y a de bien, c'est qu'on sait que ça ne va pas durer très longtemps. Les vagues de chaleur ne s'installent jamais pour des semaines en Normandie.

(suite…)

Roses d’Inde

Avouez-le : vous aussi, il y a très longtemps, vous vous êtes demandé pourquoi le cousin du hamster portait ce nom étrange de cochon-dinde. Bien des années plus tard, ou peut-être tout de suite si vous avez eu l'audace de demander à un grand, vous avez résolu une partie du mystère. Le volatile est devenu d'Inde. Pour le cochon, vous vous demandez toujours. Il y a quand même un problème d'échelle.

 

Roses d'Inde
Oeillets d'Inde

 

(suite…)

Les coquelicots sont-ils gentils ?

Avec son rouge incandescent et ses pétales chiffonnés, le coquelicot tient une place à part parmi les fleurs sauvages. La chanson qui le célèbre prétend qu'il est gentil, ce qui m'a longtemps laissée perplexe. Je crois comprendre que c'était autrefois un synonyme de joli, de la même façon qu'on utilise sympa aujourd'hui. Dans cent ans on se demandera quelle mouche piquait les gens au début du 21e siècle pour qualifier de sympa toutes sortes d'objets bien incapables de faire preuve de sympathie.

Pavot rose en train de défleurir

Dans le jardin de Monet les coquelicots voisinent avec leurs cousins les pavots roses, à la stature plus imposante. Leur tige élancée les place pile à portée des yeux, ce qui est bien sympa, disons-le. 

(suite…)

Astrance

Astrance

Jolie comme un astre ! C'est l'astrance, une vivace robuste qui trouve sa place dans tous les jardins. Elle fleurit pendant tout l'été de juin à septembre, à condition qu'elle n'ait pas trop chaud et qu'on n'oublie pas de l'arroser. Elle tient bien en bouquet. 

Impossible de savoir si Monet en avait. L'astrance ne figure pas dans la liste de Jean-Pierre Hoschedé, et elle est trop peu volumineuse pour qu'on puisse la reconnaître sur une photo d'époque. Mais pourquoi le peintre n'en aurait-il pas eu ? C'est au départ une fleur de montagne, une plante sauvage comme il les aimait. 

De nos jours il n'y a pas beaucoup d'astrancias à Giverny. J'ai photographié celles-ci dans le très charmant jardin du musée de l'Outil à Wy-Dit-Joli-Village, à une trentaine de kilomètres dans le Parc naturel du Vexin français. 

Le jardin anglais de la Roche-Guyon

Le jardin anglais de la Roche-Guyon

Que reste-t-il d'un jardin après deux siècles d'abandon ? On serait tenté de penser qu'il n'en reste rien du tout. Pourtant, pour qui sait voir, ce n'est pas tout à fait vrai. 

Malgré le processus naturel de régénération du jardin, rien ne fascine davantage que la persistance, aussi infime soit-elle, des traces légères de l'intervention humaine. Elle sont seules à susciter en nous les visions fugaces et les perceptions, réelles ou imaginaires, des êtres qui ont vécu dans ces lieux.

 Ces mots sont ceux de Gabriel Wick, historien des jardins, qui a examiné les vestiges des Promenades de La Roche-Guyon conçues dans les années 1770.

(suite…)

Affichage à Giverny

Affiches à Giverny

A Giverny, le café-restaurant Baudy prête aimablement ses vitrines à l'affichage des évènements du village. C'est comme un collage, de fenêtre en fenêtre, où les annonces ont d'étonnants dialogues. D'un côté, il y a la douceur et l'intériorité du merveilleux tableau de Whistler qui illustre l'affiche de l'exposition du musée des impressionnismes. De l'autre, le coup de Trumpette de ce Wouaow, l'humour de l'accroche : le peintre Francis Villard expose ses dernières toiles à la galerie du 60.

On n'a pas oublié à Giverny que le musée fut d'abord celui de l'art américain. L'hôtel Baudy lui-même logeait autrefois les peintres de la colonie, dont bon nombre venaient d'outre-Atlantique.

La campagne présidentielle américaine s'est déroulée juste avant la nôtre qu'elle a certainement influencée. Elle a été suivie avec intérêt en France, notamment à Giverny. En retour, les américains francophiles que je rencontre semblent avoir prêté une attention toute particulière aux rebondissements de la campagne française. Ils sont souvent démocrates et nous envient Emmanuel, à peu près autant qu'ils sont désespérés par l'intrônisation de Donald.  Le soir du second tour, j'ai eu la surprise de recevoir plusieurs messages de félicitations aux français, où perçait le soulagement.  

Je suis passée devant la mairie de Giverny. Les panneaux électoraux sont en place, cette fois pour les législatives. Quand tous les candidats auront collé leur affiche officielle, on verra si le dialogue entre leurs visages est aussi musicalo-théâtral que la vitrine du Baudy. 

Un air de Giverny

Un air de Giverny

Comme chaque année c'est un nénuphar blanc qui s'est ouvert le premier sur le bassin de Monet à Giverny, le 13 mai. Peu après, les nymphéas de toutes les autres couleurs ont suivi, encouragés par la vague de chaleur de la fin mai. Les très nombreux visiteurs de ces dernières semaines ont pu voir un étang en tous points semblable aux tableaux de Monet. 

(suite…)

Cher lecteur, ces textes et ces photos ne sont pas libres de droits.
Merci de respecter mon travail en ne les copiant pas sans mon accord.
Ariane.

Commentaires récents

Catégories

Archives