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La femme papillon

Suzuki Harunobu (vers 1725-1770) Beauté sautant dans le vide depuis le balcon du temple Kiyomizu Image de calendrier, 1765Suzuki Harunobu, Beauté sautant dans le vide depuis le balcon du temple Kiyomizu, 1765

L’exposition d’estampes japonaises de la Bibliothèque Nationale de France se termine dimanche, mais son magnifique site internet permet une belle séance de rattrapage. Je ne sais pas vous, mais j’ai eu un coup de coeur pour cette estampe-ci, et pour l’oeuvre d’Harunobu en général.
Cet artiste japonais vivait au 18ème siècle. Il porte un regard tendre sur les femmes qu’il peint graciles, gracieuses, légères. La quintessence de la femme vue par Harunobu, c’est cette estampe où la jeune fille paraît voler au-dessus de l’arbre en fleurs.
Gisèle Lambert, la commissaire de l’exposition, donne cette explication :

Semblable à un oiseau ou plus encore à un papillon, la jeune fille suspendue à son ombrelle vient de sauter dans le vide, du haut de la terrasse du temple Kiyomizu. Si les dieux sont favorables à ses amours, elle arrivera sans mal, comme il se doit, sur le cerisier, au fond du vallon. Selon la légende, le souhait formulé pouvait aussi concerner une guérison.

Vous imaginez ? Vous êtes amoureuse, pour savoir si ça vaut le coup de continuer avec ce garçon il faut que vous alliez sauter à l’élastique avec le risque de vous écraser au fond. Charmant !
Ce qu’il y a de bien avec Harunobu, c’est qu’on n’est pas vraiment inquiet. Elle est tellement mignonne, rien ne peut lui arriver, n’est-ce pas ? Aidée de son parapluie et de son kimono, elle va se poser comme une fleur. D’ailleurs, regardez, elle n’a pas peur.
Est-ce la confiance ou l’inconscience qui la pousse et la soutient ? Elle est l’image même des choix que nous demande la vie. A chaque fois que nous nous engageons pour une orientation professionnelle ou avec un partenaire, nous ne cessons de nous lancer dans le vide, accrochés à des ombrelles dérisoires. Le métier et le conjoint vont prendre une importance extrême. Pourtant même lorsque nous croyons les connaître nous savons si peu d’eux et de nous-mêmes.
Que faire alors ? Sans hésitation, il faut sauter ! On verra bien comment on atterrira. En cette veille de Saint-Valentin, je vous souhaite de toucher terre en douceur sur un lit de mousse. A vos amours !


9 commentaires

  1. Merci et merci aussi de ce lien vers l’expo. J’en fais copie sur mon blog pour la séance de rattrapage.
    Vous illustrez agréablement "Saint Valentin" (bien vu)
    Je suis une "adepte" du Japon…alors…
    Bon week-end Ariane

  2. Le site de la bnf est une merveille ! Je le connaissais déjà, mais je le redécouvre avec jubilation.
    Merci pour le lien !
    Et je redécouvre aussi votre blog (par ricochets dans la blogosphère), toujours aussi intéressant !

  3. Proche du dilemme de l’oeuf et de la poule !
    Jean-Pierre Blanchard et André Garnerin ont eu l’idée sensiblement en même temps. Le premier a essayé son invention avec des animaux, le second l’imagina pour s’évader, puis l’expérimenta et le perfectionna pour sauter lui-même en 1797. Incontestablement, Blanchard et sa femme Marie-Madeleine ont mieux su "médiatiser" leurs exploits (comme on ne disait pas encore à l’époque).

  4. Bonjour,
    Je suis arrivée sur votre site en recherchant des estampes japonaises qui sont l’une de mes passions. J’explore votre blog avec gourmandise et je vous adresse toutes mes félicitations.
    La belle exposition d’été de ma région s’intitule : "De Turner à Monet" et se déroule au Musée des Beaux-Arts de Quimper. culturebox.france3.fr/all…
    Une idée pour un futur chapitre de votre blog : "Monet en Bretagne" ?
    Avec amitié.
    Nina

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Ariane.

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