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Tulipes anciennes

Tulipe ancienneLa saison des tulipes est superbe à Giverny. Chaque printemps, les visiteurs des jardins de Monet s’émerveillent devant la diversité infinie des variétés présentées, leur taille gigantesque, leurs couleurs sublimes, leurs formes étranges…
Monet n’avait pas toutes ces variétés modernes à sa disposition. Si on replantait le jardin comme il l’était au tournant du siècle dernier, le visiteur du vingt-et-unième siècle ferait la moue.
Arrêtons-nous un instant sur la terrasse devant la maison, d’où l’on domine l’un des massifs les plus spectaculaires, d’immenses tulipes roses qui se dressent au-dessus d’un lit de myosotis bleus. Un précieux trésor est accroché à la rambarde du balcon.
Dans des jardinières, voici des tulipes historiques. Des variétés mythiques, affirme le petit panneau explicatif.
C’est un cadeau des bulbiculteurs hollandais, l’International Bloembollen Centrum, à la Fondation Monet. Cadeau précieux de bulbes très rares. Ces tulipes datent du 19ème siècle, elles se sont multipliées d’année en année sans rien changer à leurs caractères : tout à fait le genre de tulipes cultivées à l’époque de Monet.
Elles sont charmantes, oui, on les prendrait volontiers pour des modèles réduits des tulipes d’aujourd’hui si ce n’était pas le contraire qui s’est produit. Elles font vingt centimètres peut-être, avec de petites têtes mignonnes mais discrètes.
C’est la limite de l’exercice dans la restitution à l’identique des jardins. Faut-il aller chercher les variétés historiques pour reproduire exactement les massifs de Monet ?
Au-delà de l’infaisabilité pratique du concept, cela n’aurait pas beaucoup de sens. Car ce sont des yeux du 21ème siècle qui se posent sur les massifs, des yeux habitués aux fleurs d’aujourd’hui.
La culture des bulbes a fait de gros progrès en cent cinquante ans. Les tulipes actuelles ont des floraisons plus longues, des têtes plus grosses, des tiges plus hautes. Ces caractères nous sont familiers.
Dans la restitution des jardins de Giverny, plutôt que la lettre, c’est l’esprit qui prévaut. Monet aurait adoré les catalogues des producteurs contemporains. Quel choix infini, que de merveilles ! Il aurait pioché avec délice dans toutes ces variétés pour obtenir des effets de couleurs sans doute assez proches de ceux que les jardiniers de Giverny s’attachent à imaginer de nos jours. Avec au final, aujourd’hui comme hier, un résultat commun : l’éblouissement des visiteurs.


Un commentaire

  1. La fargussienne dit :

    L’éblouissement des visiteurs commence encore une fois par l’éblouissement des lecteurs. Suivons le fil…

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