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Georges Guynemer

Panorama de Château-Gaillard« C’est une vue qui donne envie de voler. »
Aux Andelys, le panorama que l’on découvre depuis les coteaux de la Seine embrasse toute la grande boucle du fleuve et se perd à l’ouest, où l’horizon se fond dans la brume. Le ciel s’étire, immense au-dessus de cette immensité.
La phrase de ma collègue m’a fait l’effet d’une révélation. Se pourrait-il que ce paysage si grandiose ait fait naître des rêves d’envol ? En tout cas l’histoire des Andelys est étrangement liée à celle de l’aviation. A des époques différentes, trois hommes s’y sont rendu célèbres par leurs exploits aéronautiques, coïncidence étonnante dans un bourg de quelques milliers d’habitants.
C’est d’abord Jean-Pierre Blanchard, natif des Andelys, qui s’illustre en traversant le premier la Manche en ballon, en 1785. Blanchard est célébré au Petit-Andely par un monument, une rue et une plaque sur sa maison natale.
Plus près de nous, l’Andelysien Marcel Lefèvre est un héros de la Seconde Guerre mondiale. Pilote de chasse, il faisait partie du fameux escadron Normandie-Niemen qui s’est battu sur le front russe. Marcel Lefèvre est mort au combat après 14 victoires aériennes. Grâce à son frère un musée, le Mémorial Normandie-Niemen, lui rend hommage ainsi qu’à ses compagnons d’armes.
Entre les deux s’intercale un mythe. Georges Guynemer, l’as de la Première Guerre mondiale, entré de son vivant dans la légende.
Le lien de Guynemer avec les Andelys est plus ténu. Né à Paris à la Noël 1894, il a été baptisé au Thuit, commune voisine des Andelys où sa famille possédait un château et 280 hectares de terres. Si Guynemer a ressenti ici l’appel du paysage ouvert sur le ciel, cela s’est produit quand il était tout enfant : sa grand-mère devenue veuve vend le château alors que Georges n’a que six ans.
Le père et l’arrière-grand-père de Georges Guynemer étaient tous deux officiers, mais son grand-père a été un temps sous-préfet de Louviers. Sa grand-mère la sous-préfète, dont le journal nous est parvenu, qualifie Le Thuit d’endroit « le plus beau et le plus ennuyeux du monde ».
On dirait que cette beauté a agi à la manière des sirènes. Séduits par l’ampleur du paysage, Blanchard, Guynemer et Lefèvre ont appris à voler, ce qui leur a valu la gloire. Mais ils s’y sont brûlé les ailes. Tous trois sont morts trop jeunes à cause de leur passion.
Peut-être se disaient-ils que mourir dans les airs, c’est raccourcir le chemin vers le ciel.


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