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Bonnard en Normandie au Musée des Impressionnismes

Exposition Bonnard en Normandie au Musée des ImpressionnismesPierre Bonnard émerveille ou déconcerte. On peut à nouveau en faire l’expérience en visitant la belle exposition que lui consacre le Musée des Impressionnismes de Giverny jusqu’au 3 juillet 2011.
La sélection de 80 oeuvres présentée, accompagnée de photos et d’archives, se concentre sur une partie du travail de Bonnard qui n’est pas la plus étudiée : celle réalisée en Normandie, principalement à Vernon, de 1910 à 1938.
Le rayonnement de Monet à Giverny est tel qu’il éclipse celui de Bonnard, qui résida à cinq kilomètres. C’est dans un hameau de la rive droite de la Seine que le peintre discret a élu domicile. Le lieu s’appelle Ma Campagne, du nom de l’auberge voisine. La maison de Bonnard, baptisée La Roulotte par son propriétaire précédent, peintre lui-aussi, s’accroche au coteau et domine la Seine.
Outre le voisinage de son ami Monet, c’est la situation de la maison, certainement, qui a séduit Bonnard. Lui qui aimait séjourner dans plusieurs maisons différentes, au point que ses amis l’appellaient Cadet Roussel, choisissait toujours des lieux à l’écart des choses. Bonnard ne descendait pas à Deauville mais à Trouville, il préférait le Cannet à Cannes, il a évité l’agitation de la colonie picturale de Giverny pour s’installer à Vernonnet. Et toujours, ses maisons dominaient le paysage, offrant une vue magnifique.
Peintre nomade, Bonnard dessinait ou peignait dans des chambres, sans atelier. Pour travailler, il punaisait la toile sans cadre au mur. Au bout de quelques semaines, quand il pliait bagages pour aller séjourner ailleurs, les toiles en cours étaient roulées et accrochées au toit de la voiture, pour les poursuivre ailleurs, interminablement.
Car Bonnard n’est pas, dans sa période normande, un impressionniste, peignant sur le motif l’effet fugitif de la lumière. Au contraire, Bonnard absorbe le motif, le mâchouille dans son imaginaire, l’élabore, et le restitue magnifié, transfiguré de son art minutieux et savant.
Ainsi, les impressions lumineuses ressenties sur la Côte d’Azur se déposent sur le paysage de la vallée de la Seine, lui donnant des bleus intenses inattendus, des vibrations de violet et d’orange qui évoquent le soleil du Midi.
Enchanté ou dérouté, le spectateur scrute la toile. La peinture de Bonnard demande qu’on prenne le temps, elle ne se livre pas au premier coup d’oeil. Au bout d’un moment, la vie d’abord dissimulée sourd du tableau. Tiens ! Un petit chien était caché derrière la table ! Oh ! Un personnage apparaît sur le balcon ! Pierre Bonnard mettait beaucoup de temps à peindre ses toiles. On peut bien en prendre un peu à les regarder.


5 commentaires

  1. Aifelle dit :

    Je ne connaissais pas la plupart des toiles présentes de Bonnard et je pensais en regardant les paysages de Seine qu’il en avait presque fait une jungle luxuriante. J’ai aimé.

  2. Ariane dit :

    Oui, on dirait une jungle, son jardin ! Bonnard, qui aimait le jardinage, était adepte d’une certaine spontanéité et laissait pousser les plantes. Pas du genre à tout contrôler dans les moindres détails comme Monet.

  3. Bernard Olaf dit :

    Je n’aime pas la plupart des toiles exposées, à l’exception peut-être des fleurs sauvages dans un vase. Et pourtant, j’ai fait effort et suis resté longtemps devant les tableaux… malgré le monde et la bousculade.
    J’aimerais qu’un artiste contemporain et inconnu peigne de la même manière. Quel serait le verdict des critiques aujourd’hui ???
    Aucun rapport mais une curiosité : quand un ancien Président visite Giverny (comme aujourd’hui), fait-il appel à Ariane ?

  4. Ariane dit :

    Non, je n’ai pas guidé VGE aujourd’hui. Je ne crois pas d’ailleurs qu’il était guidé.

  5. Yann dit :

    Il n’y a pas de doute ces peintures expriment une forte sensibilité. Si un contemporain les réalise aujourd’hui, elle seront aussi belles et séduiront un certain public.

    Si on parle du prix, il faudra sans doute comme d’autres peintres contemporains un certain temps.

    En attendant on va considérer ces aspects ridicules, des personnes qui ne savent que compter :
    – Le nombre d’œuvres réalisées,
    – Le coût de fabrication,
    – Si le peintre a fait de nombreuses expositions,
    – Quel est le prix maximum atteint par une vente,
    – etc…

    Un logiciel serait capable de calculer ces facteurs.

    Heureusement, quel que soit le résultat, au bout de quelques années ces toiles reviendront dans des musées et seront reconnues pour leur vrai valeur, les émotions qu’elles évoquent pour un grand nombre de personnes.

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Ariane.

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