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L’ère Meiji

Yoshitora Utagawa, Un dimanche avec des étrangers de cinq pays, vers 1870. Collection Claude Monet, Fondation Claude Monet à Giverny.

Yoshitora Utagawa, Un dimanche avec des étrangers de cinq pays, vers 1870. Collection Claude Monet, Fondation Claude Monet à Giverny.

A Giverny, la plupart des visiteurs de la maison de Claude Monet sont surpris par sa vaste collection d’estampes japonaises. On a un peu oublié aujourd’hui à quel point le japonisme a été à la mode à la fin du 19e siècle. L’art et la culture du Japon ont déferlé sur l’Occident, comme une vague trop longtemps contenue.
Depuis plus de deux cents ans, on ne savait rien du Japon. Entrer dans le pays ou en sortir était passible de peine de mort. Seuls les navires de la Compagnie des Indes battant pavillon hollandais étaient autorisés à accoster, dans un seul port. Cet isolationnisme extrême a pris fin en 1854.
Cettte année-là, le Japon signe un traité commercial avec les Etats-Unis. Bien obligé : l’US Navy, en la personne du commodore Perry, menace la ville d’Edo (aujourd’hui Tokyo) avec des navires de guerre. Surprenante façon de nouer des liens commerciaux ! Tu joues avec moi ou je te tue… Mais toutes les tentatives pacifiques précédentes ont échoué.
Le Japon signe donc sous la menace des canons ce qui s’intitule avec une certaine ironie un « traité de paix et d’amitié ». Des échanges encore timides débutent. La question de l’ouverture à l’Occident divise le Japon, certains sont pour, d’autres contre.
Tout bascule en 1868, avec l’arrivée au pouvoir d’un très jeune empereur, Mutsuhito, dit plus tard Meiji. Il réforme à grande vitesse le pays, l’ouvre et le modernise. Il a compris que le Japon doit rattraper son retard, sinon le pays risque de se retrouver colonisé.
On imagine la surprise des Japonais en découvrant l’allure et l’accoutrement des Occidentaux. Les artistes nippons n’ont pas manqué de représenter ces étrangers si étranges.
La fascination est réciproque, et l’art et la culture du pays du soleil levant envahissent bientôt les intérieurs européens et américains. Des estampes, importées par cargaisons entières, trouvent de nombreux amateurs à Paris.
On ne s’étonnera pas que la préférence des acheteurs aille à des sujets typiquement orientaux. Les collectionneurs ne raffolent pas des représentations d’Occidentaux, qu’ils jugent caricaturales.
Pourquoi Monet fait-il exception ? Mystère. Il n’en a jamais rien dit. Mais il a grandi au Havre, ce qui pourrait expliquer qu’il ne dédaigne pas ces scènes portuaires et cosmopolites, comme une réminiscence de sa jeunesse.


2 commentaires

  1. Yann dit :

    Bonjour Ariane,

    Je trouve que cette série d’estampes a une vraie force historique, elle pourrait facilement illustrer un livre d’histoire.

  2. Ariane dit :

    C’est vrai ! Surtout si on arrive à déterminer quelles sont les cinq nations représentées.

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